Fraternité remonstrante

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Église de Remonstrants à Groningue.
Église de Remonstrants à Friedrichstadt (Schleswig-Holstein).

La Fraternité remonstrante est un mouvement protestant fondé en Hollande à la fin du XVIe siècle par Jacobus Arminius. Elle est membre de l'Alliance réformée mondiale.

Histoire[modifier | modifier le code]

Fondation[modifier | modifier le code]

En formulant l'arminianisme, Jacobus Arminius se met en désaccord par rapport à Calvin sur la prédestination.

Il défend le libre examen comme supérieur aux doctrines des Églises établies. En cela, il se montre un précurseur du libéralisme théologique, notamment du protestantisme libéral. D'abord nommés « arminiens », ses partisans soumirent une « remonstrance » aux gouvernements et aux Assemblées de Frise et de Hollande afin d'obtenir plus de tolérance à leur égard, en particulier de la part des « gomaristes » (du nom de François Gomar). D'où le nom de « remonstrants ».

Institualisation[modifier | modifier le code]

Simon Bischop (dit Episcopius) gagne l'appui de Maurice de Nassau suite à la décision de Johan van Oldenbarnevelt, grand pensionnaire (gouverneur) de Hollande. Après l'exécution de Johan van Oldenbarnevelt, Bischop est destitué et doit s'exiler avec douze ministres du culte sous l'accusation de semi-pélagianisme. Voir Canons de Dordrecht.

Il rédige alors la Confession des remonstrants, qui sert de base à l'église remonstrante depuis son retour aux Pays-Bas en 1626.

  1. S'opposent à la prédestination absolue (de Calvin).
  2. D'abord que le Salut est donné par le Christ pour toute l'humanité, quoique seuls les croyants puissent en bénéficier. Ultérieurement le Salut est gratuit et universel,
  3. L'homme pour exercer sa foi doit être régénéré par l'Esprit Saint, qui est un don de Dieu.
  4. L'homme peut résister à la grâce divine.
  5. L'homme peut rechuter malgré la grâce

Antipredestinatienne, sa théologie subit l'influence de l'œuvre de Sébastien Castellion. C'est au cours de discussions avec les remonstrants que Baruch Spinoza élabora son traité théologico-politique.

Libéralisme[modifier | modifier le code]

Avec Petrus Hofstede de Groot (1802-1886), le mouvement évolue dans un sens libéral.

Sa théologie eut une large audience en Europe, ce qui est caractéristique de la phase romantique de l'humanisme chrétien ; aux Pays-Bas, ce courant de pensée est représenté par les « théologiens de Groningue », ceci depuis 1830.

De Groot résume le propos de ce mouvement dont il est le leader en écrivant que « le plus important dans le christianisme est la révélation et l'éducation comme étant données par Dieu en Jésus-Christ, de manière à nous rendre de plus en plus semblables à Dieu ». Les « Groningers » rejettent le dogme de la Trinité, de la prédestination et de la justice expiatoire de Dieu. Ils reconnaissent la double nature divine et humaine et la capacité de l'homme à accomplir la volonté de Dieu avec Son aide.

Pour eux, la crucifixion de Jésus fut une révélation de l'amour de Dieu, de la perfection de Jésus et de la culpabilité des hommes, afin de les amener à être admiratifs devant Jésus. Contrairement à la position d'Anselme de Cantorbéry sur la réconciliation, les « Groningers » pensent que Dieu n'a pas envoyé son fils dans le monde pour qu'il meure afin d'expier le péché des hommes mais pour qu'il les fasse naître à Dieu. C'est la méchanceté des hommes qui a entraîné la crucifixion de Jésus ; les hommes ont besoin du pouvoir moral, refondateur de la croix pour être conduits à Dieu.

Confession des remonstrants[modifier | modifier le code]

Article 1[modifier | modifier le code]

Ce Dieu, par un but éternel et immuable en Jésus le Christ son fils, avant la fondation du monde, a déterminé, de sauver dans la race déchue et pécheresse des hommes ceux qui, en Christ et par le Christ par la grâce du Saint-Esprit, croiront son fils Jésus, et persévéreront dans cette foi et dans l'obéissance à la foi, par cette grâce, même en situation extrême ; et, d'autre part, pour laisser l'incorrigible et l'incroyant dans le péché et sous sa colère, et pour les condamner comme éloignés du Christ, selon la parole de Jean 3:36 : « Celui qui croit au Fils a la vie éternelle ; celui qui ne croit pas au Fils ne verra point la vie, mais la colère de Dieu demeure sur lui », et selon d'autres passages d'Écriture également.

Article 2[modifier | modifier le code]

C'est par sa volonté, que Jésus le Christ le Sauveur du monde, est mort pour tous les hommes et pour chaque homme, en sorte qu'il ait obtenu pour eux tous, par sa mort sur la croix, le rachat et la rémission des péchés; pourtant personne n'apprécie réellement cette rémission des péchés excepté le croyant, selon la parole de l'évangile de Jean 3:16, « Car Dieu a tant aimé le monde qu'il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne périsse point, mais qu'il ait la vie éternelle. » Et dans la Première Épître de Jean 2:2 : « à cause de la vérité qui demeure en nous, et qui sera avec nous pour l'éternité », mais également pour les péchés du monde entier?

Article 3[modifier | modifier le code]

Que l'homme n'a la grâce suffisante pour se sauver lui-même, ni par l'énergie de son libre arbitre, puisque dans l'état d'apostasie et du péché, il ne peut tout seul ni une pensée, ni une volonté, ni quoi que ce soit de vraiment bon (comme la foi salvatrice l'est éminemment) ; encore est-il nécessaire qu'il soit soutenu de Dieu en Christ, par son Esprit Saint, et renouvelé dans sa compréhension, inclination, ou volonté, et tous ses pouvoirs, pour qu'il puisse correctement comprendre, penser, faire ce qui est vraiment bon, selon la parole du Christ, Jean 15:5 : « Je suis le cep, vous êtes les sarments. Celui qui demeure en moi et en qui je demeure porte beaucoup de fruit, car sans moi vous ne pouvez rien faire. »

Article 4[modifier | modifier le code]

Que cette grâce de Dieu est le commencement, la continuation, et l'accomplissement de tout le bien, même jusqu'à ce degré, que l'homme régénéré lui-même, sans sa providence, son aide, son réveil, le suivi de cette grâce coopérative, ne peut rien penser de bon, ni résister à toutes les tentations du mal ; en sorte que tous les bonnes actions ou mouvements, parmi ceux qui puissent être conçus, doivent être attribués à la grâce de Dieu en Christ mais du fait du mode d'opération de cette grâce, elle n'est pas irrésistible ; comme beaucoup l'écrivent; certains résistent au saint Esprit comme le montre Actes 7, et beaucoup d'autres endroits.

Article 5[modifier | modifier le code]

Que ceux qui sont incorporés au Christ par la foi vraie, et, de ce fait, sont devenus membres de son esprit engendrant la vie, ont plein droit et pouvoir de lutter contre Satan, le péché, le monde, et leur propre chair, et d'obtenir la victoire, étant entendu que la grâce agissante de l'Esprit saint et que l'aide de Jésus le Christ devant toutes les tentations, prolonge leurs mains, et si seulement elles sont prêtes pour le conflit, et désirent son aide, et ne sont pas inertes, les préserve de choir, en sorte qu'elles, sans aucun artifice ou puissance de Satan, ne puissent être trompées ni jetées hors des mains du Christ, selon la Parole du Christ, Jean 10:28 : « Je leur donne la vie éternelle ; et ils ne périront jamais, et personne ne les ravira de ma main. » Mais s'ils sont capables, par négligence, de l'abandon au début de leur vie en Christ, ou encore du retour à ce monde actuel et mauvais, de se détouner de la doctrine sainte qui leur était enseignée, de perdre leur bonne conscience, devenant exempt de grâce, qui doit en particulier être déterminée hors de l'Écriture sainte, avant que nous puissions l'enseigner nous-mêmes avec la pleine persuasion de notre esprit.

Ces articles, ainsi déterminés et enseignés, les remonstrants les considèrent comme étant en accord avec la Parole de Dieu, tendant à l'édification, et, en ce qui concerne cet argument, suffisants pour le Salut, de sorte qu'il ne soit pas nécessaire ou édifiant de chercher plus loin ou de creuser plus profond.

Remonstrants renommés[modifier | modifier le code]

  • Jean Le Clerc, dit Johannes Clericus, 1657-1736; exégète, il remet en cause le fait que Moïse soit l'auteur du Pentateuque.
  • Hugo Grotius
  • John Tideman
  • Philipp van Limborch, théologien, (1633-1712)
  • Charles d'Immeselle, garde des monnaies royales à Anvers (pour le compte du roi d'Espagne)

Annexes[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]