Walter Kasper

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Walter Kasper
Image illustrative de l'article Walter Kasper
Les cardinaux Kasper (à gauche) et Danneels
Biographie
Naissance 5 mars 1933
à Heidenheim (Allemagne)
Ordination sacerdotale 6 avril 1957 par
Mgr Carl Leiprecht
Cardinal de l’Église catholique
Créé
cardinal
21 février 2001 par le
pape Jean-Paul II
Titre cardinalice
Évêque de l’Église catholique
Consécration épiscopale 17 juin 1989 par
Mgr Oskar Saier
Dernier titre ou fonction Président émérite du Conseil pontifical pour la promotion de l'unité des chrétiens
Président du Conseil pontifical pour la promotion de l'unité des chrétiens
3 mars 2001 – 1er juillet 2010
Précédent Edward Idris Cassidy Kurt Koch Suivant
Secrétaire du Conseil pontifical pour la promotion de l'unité des chrétiens
16 mars 1999 – 3 mars 2001
Précédent Pierre Duprey Marc Ouellet Suivant
Évêque de Rottenburg-Stuttgart (Allemagne)
17 avril 1989 – 16 mars 1999
Précédent Georg Moser Gebhard Fürst Suivant

Blason
« Veritatem In Caritate »
(« La vérité dans la charité »)
(it) Notice sur www.vatican.va
(en) Notice sur www.catholic-hierarchy.org

Walter Kasper, né le 5 mars 1933 à Heidenheim en Allemagne, est un théologien et un cardinal catholique allemand, président émérite du Conseil pontifical pour la promotion de l'unité des chrétiens depuis juillet 2010.

Biographie[modifier | modifier le code]

Formation[modifier | modifier le code]

Après son baccalauréat obtenu en 1952, Walter Kasper commence des études de philosophie et de théologie à Tübingen et Munich. Il est ordonné prêtre pour le diocèse de Rottenburg-Stuttgart le 6 avril 1957 et obtient son doctorat en théologie à l'université de Tübingen en 1961, avec une thèse sur « la doctrine de la Tradition sous l'École romaine ».

Prêtre et théologien[modifier | modifier le code]

Il consacre l'essentiel de son ministère sacerdotal à l'enseignement. D'abord assistant des professeurs Leo Scheffczyk et Hans Küng (entre 1961 et 1964), il soutient sa thèse d'habilitation en 1964 sur la philosophie et la théologie de l'histoire dans la philosophie du dernier Schelling (« Philosophie und Theologie der Geschichte in der Spätphilosophie Schellings »). Il devient professeur de théologie dogmatique à la faculté théologique de Münster (de 1964 à 1970), dont il sera doyen, puis professeur de dogmatique à l'université de Tübingen (de 1970 à 1989). Il est reconnu comme un théologien marquant dès son ouvrage intitulé « Jésus, le Christ » (1974, tr. fr. 1976).

Il est secrétaire du synode extraordinaire des évêques à Rome en 1985.

Il a été membre de la Commission théologique internationale et a été le rédacteur principal de « La Foi de l'Église » (catéchisme allemand des adultes). Il a participé à la commission de dialogue théologique Foi et Constitution du Conseil œcuménique des Églises.

Il est généralement considéré comme un théologien catholique à la fois ouvert, solide et sûr. D'après le professeur Gilles Routhier, de l'Université Laval (Québec) : « Amorcée dans le sillage du concile Vatican II, l’œuvre théologique du professeur Kasper reflète bien les débats qui ont cours dans l’Église catholique depuis le concile. Tour à tour au comité de rédaction des deux grandes revues qui ont alimenté ce débat — Concilium (1970-1977) et Communio (à partir de 1983) —, le professeur Kasper a tenté de concilier la liberté du théologien et la référence au magistère, les questions et les requêtes de nos contemporains et la fidélité à la tradition. »[1]

Évêque[modifier | modifier le code]

Nommé évêque de Rottenburg-Stuttgart le 17 avril 1989, il est consacré le 17 juin suivant.

En 1993, avec Mgr Karl Lehmann, évêque de Mayence et Mgr Oskar Saier, archevêque de Fribourg-en-Brisgau, il demande qu'en certaines circonstances l’accès à la communion eucharistique puisse être ouvert à des divorcés remariés, ce qui est refusé par Rome[2].

En 1994, Mgr Kasper copréside la Commission internationale du dialogue catholiques-luthériens. Il fait beaucoup pour parvenir à la signature de l'accord entre luthérien-catholique sur la justification par la foi qui sera signé à Augsbourg le 31 octobre 1999. Cette déclaration commune sur la justification est le résultat de plus de trente ans de dialogue luthérien-catholique[3].

Le 16 mars 1999, il est nommé à Rome comme secrétaire du Conseil pontifical pour la promotion de l'unité des chrétiens.

Cardinal[modifier | modifier le code]

Il est créé cardinal par le pape Jean-Paul II lors du consistoire du 21 février 2001 avec le titre de cardinal-diacre d'Ognissanti in Via Appia Nuova à l'église Ognissanti et devient président du Conseil pontifical pour la promotion de l'unité des chrétiens le 3 mars 2001. Il participe au conclave de 2005 qui élit Benoît XVI ; le nouveau pape le confirme dans sa charge le 21 avril 2005.

Frappé par la limite d'âge, il est remplacé le 1er juillet 2010 à la présidence du conseil pontifical par Mgr Kurt Koch, jusqu'alors évêque de Bâle. Le 21 février 2011, comme le lui permet le code de droit canonique après 10 ans dans l'ordre des cardinaux-diacre, il opte pour l'ordre des cardinaux-prêtres, conservant pro hac vice le titre d'Ognissanti in Via Appia Nuova.

Au sein de la curie romaine, il est également jusqu'à son quatre-vingtième anniversaire, membre de la Congrégation pour la doctrine de la foi, de la Congrégation pour les Églises orientales, du Conseil pontifical pour la culture, du Conseil pontifical pour les textes législatifs, du Conseil pontifical pour le dialogue inter-religieux et du Tribunal suprême de la Signature apostolique.

Il atteint l'âge de 80 ans le 5 mars 2013, au cours de la période de vacance du siège apostolique consécutive à la renonciation de Benoît XVI. Conformément à la constitution apostolique Universi Dominici Gregis, il prend part au conclave qui s'ouvre le 12 mars et ne perd sa qualité d'électeur qu'à l'issue de celui-ci, après l'élection du pape François.

Sa mission internationale « conduit ce baroudeur de l'œcuménisme à aller à la rencontre des responsables des Églises et des Communautés ecclésiales du monde protestant, orthodoxe et anglican »[4].

Positions[modifier | modifier le code]

En 2000-2001, il eut un débat avec Joseph Ratzinger sur la relation entre les Églises locales et l'Église universelle[5]. À cette occasion, W. Kasper insiste sur l'existence simultanée de l'unité de l'Église et de sa diversité manifestée dans les différentes Églises locales.

Les traditionalistes de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie-X (FSSPX) entretiennent des rapports difficiles avec lui.

Il est généralement apprécié par les milieux œcuméniques[6].

Il provoque la polémique et son exclusion de l'escorte papale prévue le 16 septembre 2010 lors de la visite de Benoît XVI au Royaume-Uni en déclarant dans un hebdomadaire allemand : « Lorsque vous atterrissez à l'aéroport d'Heathrow, parfois vous avez l'impression d'avoir atterri dans un pays du Tiers-Monde », en ajoutant qu'« en Angleterre, un néo-athéisme agressif s'est répandu » et dénonçant les discriminations à l'encontre des catholiques[7].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Walter Kasper, Dogme et Évangile (avec René Marlé), Paris, Cerf, 1967
  • Walter Kasper, Renouveau de la méthode théologique, Paris, Cerf, 1968
  • Walter Kasper, Jésus le Christ, Paris, Cerf, 1976
  • Walter Kasper et Arno Schilson, Théologiens du Christ aujourd'hui, Desclée, Cerf, 1978
  • Walter Kasper, Le Dieu des chrétiens, Paris, Cerf, 1985
  • Walter Kasper, La Foi au défi, Paris, Nouvelle Cité, 1989
  • Walter Kasper, La Théologie et l'Église, Paris, Cerf, 1990
  • Walter Kasper, L'Espérance est possible, Paris, Parole et silence, 2002
  • Walter Kasper, Sacrement de l'unité, eucharistie et Église, Paris, Cerf, 2005
  • Walter Kasper, Serviteur de la joie, La vie de prêtre – Service sacerdotal, Paris, Cerf, 2007
  • Walter Kasper, Manuel d'œcuménisme spirituel, Paris, Nouvelle Cité, 2007

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Cf. Le cardinal Walter Kasper sur le site de l'Université Laval (Québec).
  2. Il indiquera de nouveau en 2005 : « Je ne peux pas imaginer que la discussion soit close »... « C'est une question qui existe et sur laquelle on doit réfléchir pour pouvoir y répondre » et c'est « un problème pastoral constant. J'ai été évêque pendant dix ans et chaque évêque dans chaque pays occidentaux sait ce qu'est ce grave problème ». Cf. La question de l'accès à la communion des divorcés-remariés est encore ouverte du 24 octobre 2005.
    Pour un historique sur les questions de pastorale des divorcés remariés, cf. L’Église et le divorce.
  3. Cf. les diverses déclarations sur le site du Saint-Siège.
    Cf. « L'accord catholique-luthérien sur la justification » par Daniel Olivier.
  4. Cf. La Documentation catholique, no 2397 du 2/03/2008.
  5. (en) Retranscription du débat.
    Cf. aussi « Le rapport entre Église universelle et Église locale » par Walter Kasper, sur le site Catho-théo.net.
  6. Cf. par exemple « Manuel d’œcuménisme spirituel du cardinal Walter Kasper » sur le site de Fédération protestante de France (Service œcuménique).
  7. [1]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]