Conversations de Malines

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Les conversations de Malines est le nom qu'a retenu l'histoire pour désigner les cinq réunions entre diverses personnalités anglicanes et catholiques, qui se sont tenues de 1921 et 1925 à l'archevêché de Malines à l'initiative Charles Lindley Wood, vicomte d'Halifax et du lazariste Fernand Portal, sous la direction du primat de Belgique, le cardinal Désiré-Joseph Mercier.

Un processus inédit[modifier | modifier le code]

Ces rencontres constituent un premier échange officieux et audacieux entre catholiques et anglicans avec l'accord semi-tacite des autorités des deux parties, l'Archevêque de Cantorbéry Randall Thomas Davidson et le Pape Pie XI, à une époque où l'Église catholique est pourtant obsédée par la crainte du modernisme[1].

La mort du cardinal Mercier en 1926 porte un coup fatal au processus. Les réticences de plus en plus marquées de l'archevêque de Cantorbéry, et l'hostilité de la hiérarchie catholique anglaise, notamment des cardinaux Francis Bourne et Francis Aidan Gasquet font le reste[2].

L'encyclique Mortalium Animos (1928) bloquera peu après l'entreprise œcuménique du côté catholique et il faudra attendre Vatican II pour qu'un dialogue œcuménique puisse reprendre. En mars 1966 Paul VI et l'archevêque de Cantorbéry Michael Ramsey décident de reprendre un dialogue officiel entre l'Église catholique et la communion anglicane.

Néanmoins, certains considèrent que les conversations de Malines sont une étape cruciale dans l'histoire contemporaine de l'œcuménisme[1]. Un large éventail de points y avait été abordé (la primauté d'honneur, la présence réelle, l'eucharistie, l'épiscopat,...) qui préfigurent les discussions ultérieures entre anglicans et catholiques qui se poursuivent de nos jours avec la Commission internationale anglicane-catholique romaine (discussions conclues par les accords dits ARCIC I et II). Par ailleurs, les contacts œcuméniques se sont toujours poursuivis entre Belges et Anglais, depuis Malines[3].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Gilles Routhier, recension de l'ouvrage d'A. Denaux et J. Dick, From Malines to ARCIC, cf bibliographie
  2. Samuel J. Miller, Malines Conversations, in New Catholic Encyclopedia, cité par Stanley L. Jaki, cf sources
  3. J. Dick, op. cit.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Les Conversations de Malines de Désiré-Joseph Mercier, éd. de la Revue des jeunes, 1921.
  • Les Conversations de Malines, 1923. Lettres de S. E. le Card. D. J. Mercier à son Clergé, éd. de la "Revue des jeunes", 1924.
  • (en) Lord Halifax, The Conversations at Malines, 1921-1925 : Original Documents,éd. Peter Allan & Co., 1930
  • (en) Emmanuel Lanne, The United Anglican Church Unabsorbed and the Oecumenical Context of the Malines Conversations, in Irenikon, 1996, vol. 69, no1, pp. 5-45
  • (en) A. Denaux et J. Dick, éd., From Malines to ARCIC. The Malines Conversations Commemorated, éd. Leuven University Press/Peeters, coll. Bibliotheca Ephemeridum Theologicarum Lovaniensium, CXXX), 1997, recension en ligne

Sources partielles[modifier | modifier le code]

  • Article Malines Conversations, in An Episcopal Dictionary of the Church, A User Friendly Reference for Episcopalians," éd. Church Publishing Incorporated, New York, en ligne
  • Stanley L. Jaki, The Malines Conversations & What Was Malign There,in New Oxford Revue, juillet-août 2002, En ligne

Voir aussi[modifier | modifier le code]