Tarcisio Bertone

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Tarcisio Bertone
Image illustrative de l'article Tarcisio Bertone
Cardinal Tarcisio Bertone au Congrès Eucharistique Slovène en 2010
Biographie
Nom de naissance Tarcisio Pietro Evasio Bertone
Naissance (79 ans)
à Romano Canavese (Italie)
Ordination sacerdotale par
Mgr Albino Mensa
Cardinal de l’Église catholique
Créé
cardinal
par le
pape Jean-Paul II
Titre cardinalice Cardinal-prêtre de S. Maria Auxiliatrice in via Tuscolana (2003-2008)
Cardinal-évêque de Frascati (2008-)
Évêque de l’Église catholique
Consécration épiscopale par
Mgr Albino Mensa
Dernier titre ou fonction Régent du palais apostolique du Vatican, du palais du Latran et de Castel Gandolfo depuis le 28 février 2013 jusqu'à la fin du Sede vacante[1].
Camerlingue de la Sainte Église romaine
Depuis le
Précédent Eduardo Martinez Somalo
Cardinal secrétaire d'État
Précédent Angelo Sodano Pietro Parolin Suivant
Archevêque de Gênes (Italie)
Précédent Dionigi Tettamanzi Angelo Bagnasco Suivant
Secrétaire de la Congrégation pour la doctrine de la foi
Précédent Alberto Bovone Angelo Amato Suivant
Archevêque de Verceil (Italie)
Précédent Albino Mensa Enrico Masseroni Suivant

Signature

Blason
« Fidem Custodire Concordiam Servare »
(it) Notice sur www.vatican.va
(en) Notice sur www.catholic-hierarchy.org
(en) Articles sur www.cardinalrating.com

Tarcisio Bertone, né le à Romano Canavese dans la province de Turin, au Piémont, est un religieux salésien, cardinal secrétaire d'État du Saint-Siège du au .

Biographie[modifier | modifier le code]

Prêtre[modifier | modifier le code]

Tarcisio Pietro Evasio Bertone fait sa profession religieuse chez les salésiens de saint Jean Bosco le avant d'être ordonné prêtre le .

Il est titulaire d'une licence en théologie et d'un doctorat en droit canon.

Comme prêtre, il enseigne la théologie morale, le droit canon avant de devenir doyen puis recteur de l'université pontificale salésienne[2].

Évêque[modifier | modifier le code]

Nommé archevêque de Verceil le , il est consacré le 1er août suivant. Le , il est nommé secrétaire de la Congrégation pour la doctrine de la foi où il seconde le cardinal préfet Joseph Ratzinger, futur pape Benoît XVI.

En 2000, il est responsable du dévoilement des secrets de Fatima[2].

Il devient archevêque de Gênes le , charge qu'il assume jusqu'à son installation comme secrétaire d'État, le .

Le cardinal Bertone (centre) au côté de Benoît XVI en mai 2007 lors d'un voyage au Brésil

Il est créé cardinal par le pape Jean-Paul II lors du consistoire du avec le titre de cardinal-diacre de Santa Maria Auxiliatrice in via Tuscolana. Il participe au conclave de 2005 qui élit le pape Benoît XVI.

En 2005, il prend la parole contre l'influence exercée par le roman Da Vinci Code : « je suis effaré qu'autant de gens puissent croire ces mensonges. » Il organise une série de conférences-débats intitulées l'Histoire sans histoires pour mettre en évidence à quel point les affirmations du livre sont « honteuses et sans fondement »[3].

Secrétaire d'État[modifier | modifier le code]

Armoires du cardinal Tarcisio Bertone en tant que camerlingue.

Le , Benoît XVI le rappelle à Rome comme secrétaire d'État, l'équivalent d'un Premier ministre du pape. Après avoir été le bras droit du cardinal Ratzinger quand celui-ci était préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi, il devient ainsi le bras droit de Benoît XVI. Il dirige la diplomatie du Saint-Siège et vient directement après le pape dans la hiérarchie du Vatican.

Il exerce la fonction de secrétaire d'Etat jusqu'à la fin du pontificat de Benoît XVI. Le 16 mars suivant, le pape François le confirme provisoirement dans cette même fonction ainsi que l'ensemble des responsables de la Curie romaine[4]. Le 31 août 2013, le Vatican annonce que le pape a nommé secrétaire d’État Mgr Pietro Parolin, nonce apostolique, à compter du 15 octobre suivant.

Il est également nommé par Benoît XVI camerlingue de la Sainte Église romaine en 2007, ce qui en fait un acteur très important du conclave de 2013 qui élit le pape François.

Jusqu'en décembre 2009, il est aidé dans sa tâche par un secrétaire particulier français, le père Nicolas Thévenin, membre de la communauté sacerdotale Saint-Martin. Ce dernier est nommé en janvier 2010 protonotaire apostolique participant, la plus haute dignité pour un prélat non-évêque. Depuis décembre 2009, le secrétaire particulier du cardinal est un prêtre italien, Roberto Lucchini[5].

Dans l'entourage du numéro deux du Saint-Siège, on trouve aussi un autre Français, Mgr Dominique Mamberti, secrétaire pour les relations avec les États, ce qui correspond au ministre des Affaires étrangères.

Armes du cardinal-évêque Bertone sur la façade de la cathédrale San Pietro de Frascati.

Au sein de la Curie romaine, il est également membre de la Congrégation pour la doctrine de la foi, de la Congrégation pour le clergé, de la Congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements, de la Congrégation pour les Églises orientales de la Congrégation des évêques et de la Congrégation pour l'évangélisation des peuples.

Il est élevé au rang de cardinal-évêque de l'évêché suburbicaire de Frascati le , succédant au cardinal Alfonso López Trujillo.

Prises de position en tant que secrétaire d'État[modifier | modifier le code]

Un programme d'affirmation et de lutte contre la sécularisation[modifier | modifier le code]

En avril 2007, dans une interview au Figaro Magazine réalisée par Nicolas Diat et Jean Sévilia, le cardinal Bertone évoque la publication du motu proprio de Benoît XVI libéralisant le rite de Saint Pie V (il paraîtra sous le titre Summorum Pontificum le 7 juillet). Il y passe en revue les enjeux du pontificat : retrouver la dimension sacrée de la liturgie catholique, améliorer la formation des séminaristes, lutter contre la sécularisation de la société et le relativisme, montrer la compatibilité du dialogue inter-religieux avec l'affirmation de l'identité catholique. Il souligne son refus d'une appréhension de la laïcité qui ferait de la foi un fait purement privé. Interrogé sur les relations du Saint-Siège avec les médias, il les critique avec virulence : « Les messages de l’Église sont soumis à une forme de manipulation et de falsification de la part d’un certain nombre de médias occidentaux. J’observe une fixation de certains journalistes sur les thèmes moraux, comme l’avortement ou les unions homosexuelles, qui sont bien sûr des enjeux très importants, mais qui ne résument absolument pas la pensée et l’œuvre de l'Église. »[6].

Certains commentateurs, comme Sandro Magister, ont exprimé l'idée que si le cardinal Bertone est un théologien aux idées claires, ses premiers temps à la tête de la Curie ont été marqués par plusieurs gaffes. Sont ainsi cités la gestion des remous provoqués par le discours de Ratisbonne qui coïncidait avec la prise de fonction du cardinal[7], le choix de Stanislas Wielgus à la tête de l'archidiocèse de Varsovie sans enquête suffisante, la mauvaise gestion de la succession à la présidence de la Conférence épiscopale italienne[8].

Relations avec les différents États[modifier | modifier le code]

Il se montre ouvert à la Turquie, sans être favorable à son entrée dans l'Union européenne[9].

En février 2008, il visite l'île de Cuba immédiatement après la démission de Fidel Castro, et sera la première personnalité à rencontrer Raúl Castro.


Lors du séisme de 2009 à L'Aquila, le cardinal Bertone préside une messe de funérailles, tenue par autorisation spéciale le jour du Vendredi saint. Il revient à la fin août dans cette ville pour présider la cérémonie traditionnelle du pèlerinage du Pardon de saint Célestin V (Perdonanza Celestiniana). Le président du Conseil italien Silvio Berlusconi devait participer aux cérémonies et rencontrer le cardinal lors d'un dîner, mais il renonce au déplacement, illustrant la brouille croissante entre le gouvernement italien et l'Église[10],[11]. En effet, les mois précédents les journaux catholiques italiens ont critiqué de plus en plus sévèrement la politique du gouvernement, principalement sur la question de l'immigration. Le conflit connaîtra son paroxysme au moment même de la venue du cardinal à L'Aquila avec la mise en cause calomnieuse de Dino Boffo, directeur de l' Avvenire, dans une affaire de mœurs par son collègue Vittorio Feltri d' Il Giornale, journal de la famille Berlusconi[12],[13]. Feltri devra finalement se rétracter et sera condamné à 6 mois de suspension par le conseil de l'ordre des journalistes italiens[14].

Controverse sur l'homosexualité et la pédophilie[modifier | modifier le code]

Funérailles nationales pour les victimes du tremblement de terre de L'Aquila

Tarcisio Bertone est mis en cause par le journal Le Monde du pour des propos controversés et homophobes liant l'homosexualité à la pédophilie[15]. Cette intervention se situe en pleine crise de l'Église catholique romaine, mise en cause directement dans plus de 4 400 affaires de pédophilie ayant fait plus de 11 000 victimes en Europe lors de ces 50 dernières années[16].

Dans Le Monde du , contrairement aux propos de Tarcisio Bertone, le pape Benoît XVI fait la distinction nette entre pédophilie et homosexualité[17].

La France émet très rapidement une condamnation officielle : « Il s'agit d'un amalgame inacceptable que nous condamnons », a déclaré Bernard Valero, le porte-parole du ministère des Affaires étrangères. « La France rappelle son engagement résolu dans la lutte contre les discriminations et les préjugés liés à l'orientation sexuelle et l'identité de genre », a-t-il ajouté[18]. De nombreuses réactions scandalisées proviennent des associations de défense des droits des gays et des partis politiques de gauche en Italie[19] et en Belgique où le ministre de l'égalité des chances demande une condamnation officielle[20].

Le 14 avril, le Vatican indique qu'il n'est « pas compétent pour faire des affirmations psychologiques ou médicales », mais publie une déclinaison des « cas récents d'abus sur mineurs de la part de prêtres auxquels a été confrontée la Congrégation pour la doctrine de la foi » portant : « 10 % de cas de pédophilie au sens strict, et 90 % de cas à définir plutôt comme éphébophilie (c'est-à-dire l'attirance envers des adolescents) », ces derniers cas se déclinant en « 60 % concernent un individu du même sexe, et 30 % sont de nature hétérosexuelle »[21],[22]. Le 21 avril, La Stampa publie l'interview de Richard Fitzgibbons, psychiatre américain spécialisé dans le traitement des prêtres ayant commis des abus sexuels et engagé dans divers organismes catholiques. Il prend la défense du cardinal Bertone, qu'il trouve totalement conformes au John Jay report et à l'expérience clinique. Il ajoute que « tous les prêtres qu'il a traités qui avaient eu des contacts sexuels avec des mineurs avaient été auparavant impliqués dans une relation homosexuelle adulte. »[23].

Pour éclaircir les choses, plusieurs spécialistes soulignent le flou qui entoure l'emploi du terme de « pédophile », lié au contraste entre son emploi courant et son sens technique. Ils rappellent que « 80 % des prêtres ayant commis des abus sexuels ont agressé des adolescentes postpubères et ne sont pas pédophiles du tout »[24]. Ils soulignent que les problématiques pédophiles concernant des enfants prépubères ne sont pas liées à une orientation sexuelle[25], laquelle n'est pas, en elle-même, un facteur de risque pour les crimes sexuels. Au contraire, les questions d'opportunité jouent un grand rôle dans le choix des victimes d'agression[24].

Distinctions[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]

  1. Tarcisio Bertone, un pape par intérim, Le Monde, 1er mars 2013.
  2. a et b « Le cardinal Bertone intronisé par Benoît XVI », article de La Croix.
  3. (en) "Church fights Da Vinci Code novel", sur le site de BBC News
  4. « LE SAINT-PERE CONFIRME PROVISOIREMENT LES CHEFS ET LES MEMBRES DES DICASTERES DE LA CURIE ROMAINE » sur le site Le Suisse Rom@ain, 16 mars 2013.
  5. http://www.osservatore-vaticano.org/article-mgr-thevenin-en-reserve-de-l-eglise-40613198.html
  6. « Bertone : Foi et raison ne s'opposent pas »
  7. Sandro Magister, Voici un secrétaire d'état parfait. Mais c'était il y a cent ans, Chiesa, L'Espresso.
  8. Sandro Magister, Tarcisio Bertone, le cardinal qui devait aider le pape, Chiesa, L'Espresso.
  9. (fr) http://www.chretiente.info/spip.php?page=actu&id_syndic_article=7810
  10. « La brouille s'aggrave entre Berlusconi et l'Église de Rome ».
  11. « Silvio Berlusconi ne rencontrera pas le cardinal Bertone à l'Aquila ».
  12. « Le Vatican et Berlusconi, c'est fini », Slate.
  13. Hugues Portelli, « Berlusconi et les catholiques italiens, les raisons du conflit ».
  14. (it) Feltri ci ripensa: Boffo va ammirato
  15. http://www.lemonde.fr/societe/article/2010/04/12/le-numero-deux-du-vatican-lie-pedophilie-et-homosexualite_1332571_3224.html, consulté le 12 avril 2010
  16. http://www.lemonde.fr/web/recherche_breve/1,13-0,37-1117554,0.html, consulté le 12 avril 2010
  17. http://www.lemonde.fr/ameriques/article/2008/04/16/le-pape-exprime-sa-honte-a-propos-des-pretres-pedophiles_1034947_3222.html
  18. Paris dénonce l'« amalgame inacceptable » du numéro deux du Vatican.
  19. Le no 2 du Vatican lie pédophilie et homosexualité: l'Italie choquée, consulté le 19 avril 2010
  20. Lien homosexualité-pédophilie: PS, MR, Ecolo et cdH s'indignent, consulté le 19 avril 2010
  21. Polémique - Pédophilie et homosexualité : la surprenante mise au point du Vatican
  22. Le Vatican prend ses distances avec les propos d'un prélat associant pédophilie et homosexualité
  23. (it) Uno psichiatra per Bertone
  24. a et b (en) Thomas Plante, What we know about Homosexuals and the Catholic Clergy Sexual Abuse Crisis, Psychology Today
  25. Jacques Arènes : «La pédophilie n’est pas d’abord une question d’homosexualité ou d’hétérosexualité».
  26. Titulaire de la décoration consulté le 04/11/2013 sur quirinale.it

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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