Les Grandes Gueules

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Les Grandes Gueules
Titre original Les Grandes Gueules
Réalisation Robert Enrico
Scénario Robert Enrico et José Giovanni d'après son roman Le Haut-Fer
Acteurs principaux
Sociétés de production Michel ARDAN Productions Belles Rives
SNC
Alexandra Produzioni
Pays d’origine Drapeau de la France France
Drapeau de l'Italie Italie
Genre Comédie dramatique
Film d'action
Durée 128 minutes
Sortie 1965


Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution

Les Grandes Gueules est un film franco-italien réalisé par Robert Enrico, sorti en 1965.

Synopsis[modifier | modifier le code]

Hector Valentin, un Français qui bûcheronnait depuis plusieurs années au Canada, est de retour dans les Vosges où il hérite de la scierie familiale après la mort de son père. Sur place, il constate avec dépit que le « haut-fer » (terme vosgien désignant une scierie traditionnelle hydraulique) est en ruine, mais décide de faire revivre l'entreprise.

Cependant, une autre scierie, beaucoup plus moderne et puissante, existe déjà dans le village. Son propriétaire, Therraz, heureux de la disparition de son concurrent, se présente à Valentin dans le but de lui acheter son héritage. Devant son refus de vendre et sa détermination, Therraz n'aura de cesse de mettre des bâtons dans les roues de Valentin.

Lors d'une vente aux enchères, Valentin est repéré par Laurent et Mick, deux anciens détenus qui pensent à se venger d'un certain Reichmann. Les deux hommes comprennent assez vite la situation de Valentin : un repreneur à la tête d'une scierie en ruine, sans employés fiables et exposé à une concurrence aux méthodes déloyales.

Laurent lui propose alors d'embaucher des détenus en liberté conditionnelle comme main-d'œuvre. Valentin hésite jusqu'à ce que Laurent lui révèle son passé. Valentin engage alors les anciens détenus dans sa scierie, plus truculents les uns que les autres. Mais le dénommé Reichmann n'est pas du lot. Devant les provocations des ex-détenus, Valentin et Laurent répondent du tac au tac.

Petit à petit, la scierie se remet en route, attisant la jalousie de Therraz. Celui-ci détourne le cours d'eau qui fait fonctionner la scierie, mais Laurent et son équipe détruisent son barrage après une bagarre avec les hommes de Therraz.

Peu à peu, Laurent met en place son plan. Il demande à Valentin d'insister pour qu'un de ses amis détenus puisse les rejoindre, un certain Reichmann, l'homme qu'il projette d'abattre. Mais son plan se heurte à plusieurs imprévus.

D'abord, Mick l'abandonne pour partir avec sa femme. Mais celle-ci, en découvrant qu'il est toujours victime de son addiction au jeu, part sans lui. De plus, au cours de la fête municipale des bûcherons, une bagarre générale éclate entre les hommes des deux scieries, et Mick meurt après avoir reçu un mauvais coup.

L'administration pénitentiaire décide alors de mettre fin à la liberté conditionnelle des condamnés. Avant de repartir, l'un d'entre eux révèle à Valentin ce que projetait Laurent. Se sentant trahi et désespéré, Valentin incendie sa propre scierie avec la ferme intention de se laisser mourir dans les flammes. Mais Laurent arrive à temps pour le sauver. Les deux hommes partent ensemble pour un avenir des plus incertains.

Fiche technique[modifier | modifier le code]

Distribution[modifier | modifier le code]

Bande originale du film[modifier | modifier le code]

La bande originale, signée par François de Roubaix, a été arrangée par Bernard Gérard, qui fut son premier assistant et dont ce fut l'un des premiers travaux.

Index des titres
Année de sortie Titre Durée de la piste Références discographiques
1965 1. Générique : thème principal
Les Grandes Gueules
1.54 EP 45™ Disque Barclay
Barclay 70 868 M
2. Jackie 1.46 (Barclay 70 868 M)
3. Farandole 1.15 (Barclay 70 868 M)
4. Les Grandes Gueules 1.38 (Barclay 70 868 M)
5. Christiane 2.04 (Barclay 70 868 M)
6. Hector 1.15 (Barclay 70 868 M)
2003 7. Christiane et Jackie (inédit) 2.13 CD Universal France 038 444-2
Série Écoutez le cinéma ! no 26
Rééditions.
  • 1982 : Le Samouraï / Les Grandes Gueules Disque RCA France - RCA PL 37652.
  • 2003 : François de Roubaix : Les films de Robert Enrico (BO incomplète dans un ordre différent avec un inédit) CD Universal France 038 444-2 - Série Écoutez le cinéma no 26
Compilations incluant des titres de la BO.
  • 1976 : Les Plus Belles Musiques de François de Roubaix (thème principal uniquement) Disque Barclay 900.502.
  • 1990 : Les Plus Belles Musiques de François de Roubaix (volume 1) (thème principal uniquement) CD Hortensia CH 622.
  • 1998 : François de Roubaix : 10 ans de musique de film (uniquement titres 1 et 5) CD Odeon/EMI Music France, Odeon 821237-2.

Tournage[modifier | modifier le code]

  • L'histoire de la réalisation du film a commencé en 1959, lorsque José Giovanni, qui a travaillé quelque temps comme bûcheron, écrit une nouvelle sur un homme qui se bat pour sauver sa scierie. Sur les conseils de son ami Lino Ventura, Giovanni la transforme en scénario. Mais le projet échoue en raison de la décision du producteur qui, par souci d'économie, voulait tourner dans la forêt de Fontainebleau près de Paris, ce qui ne convenait pas du tout à Giovanni. Durant l'été 1961, Giovanni se rend dans les Vosges pour trouver un cadre à son œuvre. À quelques kilomètres de Gérardmer, il trouve la scierie de Cellet. En 1962, Giovanni finit d'écrire son roman Le Haut-Fer, puis il modifie le roman et écrit un deuxième scénario. Il passera encore 3 ans à rechercher des financements pour que le roman aboutisse au film.
  • Le film coûta à l'époque 5 millions de francs, soit l'équivalent de 7 millions d'euros en 2019[2]. Ventura et Bourvil ont reçu près de la moitié du budget.
  • Période prises de vue : du 14 avril au 20 juillet 1965.
  • Extérieurs :

Box-office[modifier | modifier le code]

Box-office détaillé de la première année d'exploitation du film, semaine par semaine, en France
Source : « BO hebdo France 1965 » et « BO hebdo France 1966 » sur Les Archives du box-office, d'après le CNC.
Semaine Rang Entrées Cumul Salles no 1 du box-office hebdo.
1 20 au 26 octobre 1965 12 50 417 50 417 4 Le Tonnerre de Dieu
2 27 octobre au 2 novembre 1965 18 52 046 102 463 4 Le Gendarme à New York
3 3 au au 9 novembre 1965 7 58 166 160 629 7 Le Gendarme à New York
4 10 au 16 novembre 1965 4 107 234 267 863 20 Le Gendarme à New York
5 17 au 23 novembre 1965 4 92 673 360 536 28 Le Tonnerre de Dieu
6 24 au 30 novembre 1965 3 105 495 466 031 26 Le Gendarme à New York
7 1er au 7 décembre 1965 3 102 139 568 170 27 Les Tribulations d'un Chinois en Chine
8 8 au 14 décembre 1965 2 87 829 655 999 30 Les Tribulations d'un Chinois en Chine
9 15 au 21 décembre 1965 9 46 419 702 418 26 Opération Tonnerre
10 22 au 28 décembre 1965 7 135 953 838 371 45 Fantômas se déchaîne
11 29 décembre 1965 au 4 janvier 1966 6 170 645 1 009 016 49 Opération Tonnerre
12 5 au 11 janvier 1966 4 106 515 1 115 531 43 Opération Tonnerre
13 12 au 18 janvier 1966 4 70 498 1 186 029 37 Opération Tonnerre
14 19 au 25 janvier 1966 3 111 818 1 297 847 40 Fantômas se déchaîne
15 26 janvier au 1er février 1966 2 128 191 1 426 038 47 Opération Tonnerre
16 2 au 8 février 1966 4 83 161 1 509 199 48 Viva Maria !
17 9 au 15 février 1966 7 83 584 1 592 783 49 Viva Maria !
18 16 au 22 février 1966 8 83 869 1 676 652 46 Viva Maria !
19 23 février au 1er mars 1966 7 67 788 1 744 440 52 Viva Maria !
20 2 au 8 mars 1966 12 46 822 1 791 262 51 Angélique et le roy
21 9 au 15 mars 1966 10 53 824 1 845 086 52 Angélique et le roy
22 16 au 22 mars 1966 21 31 092 1 876 178 44 Du rififi à Paname
23 23 au 29 mars 1966 13 50 524 1 926 702 48 Les Héros de Télémark
24 30 mars au 5 avril 1966 17 41 272 1 967 974 51 Du rififi à Paname
25 6 au 12 avril 1966 21 39 348 2 007 322 53 Du rififi à Paname
26 13 au 19 avril 1966 26 32 419 2 039 741 54 Opération Tonnerre
27 20 au 26 avril 1966 21 35 242 2 074 983 42 Une femme en blanc se révolte
28 28 avril au 3 mai 1966 22 24 462 2 099 445 40 Angélique et le roy
Entre le 4 mai au 12 juillet 1966, le film ne figure pas dans le top 30 hebdomadaire.
38 13 au 19 juillet 1966 15 24 165 2 243 299 42 Un homme et une femme
39 20 au 26 juillet 1966 14 23 063 2 266 362 36 Un homme et une femme
40 27 juillet au 2 août 1966 24 16 456 2 282 818 36 Un homme et une femme
41 3 au 9 août 1966 11 31 047 2 313 865 41 Un homme et une femme
42 10 au 16 août 1966 8 35 048 2 348 913 52 Un homme et une femme
43 17 au 23 août 1966 11 35 403 2 384 316 46 Un homme et une femme
44 24 au 30 août 1966 13 29 384 2 413 700 59 Un homme et une femme
Du 31 août au 6 septembre 1966, le film ne figure pas dans le top 30 hebdomadaire.
46 7 au 13 septembre 1966 28 21 058 2 453 806 49 Trois enfants dans le désordre

Autour du film[modifier | modifier le code]

  • Deux pistes de ski de la station de La Bresse Hohneck au-dessus de Gérardmer portent le nom l'une, de Bourvil et l'autre, des Grandes Gueules.
  • A 1 h 34 mn un avion (SMB2), survole la plaine, se dirige vers les bois. Plan suivant, de la fumée s’échappe au sol suivi de deux explosions. Le film ne donne pas d’explication.
  • Le nom Raoul , le mafieux, apparaît dans la plupart des distributions. Il n’est prononcé qu’une fois dans le film lorsque Nénesse appelle Laurent, Stan et Raoul en renfort lors de la bagarre pendant la fête du village. Mais ce sont Stan, Laurent et Scarella qui arrivent en renfort.

Documentaires[modifier | modifier le code]

  • 2001 : La Route des Grandes Gueules, film documentaire de Philippe Crave et Roger Viry-Babel, une production Créacin[4].
  • 2007 : Fête bûcheronne, film docufiction de Guy Gauthier. 2008 : Prix du meilleur documentaire aux journées régionales de cinéma de Lorraine à Épinal. 2010 : Second prix au festival vidéo de Seyssins.
  • 2012 : Le Fabuleux Destin des grandes gueules, film documentaire consacré au tournage (témoignages et documents rares inédits) de Jean-Pascal Voirin, Éditions JP Voirin[5].

Célébration[modifier | modifier le code]

Le samedi a lieu à Vagney le Jubilé des Grandes Gueules, pour célébrer le cinquantième anniversaire du film. Un rallye promenade y est organisé par les associations « Rétro loisirs ligne bleue[6] » et « Les Vieux compteurs[7] », réservé aux véhicules de collection. Les bénéfices de l’événement sont versés à l'association caritative Perce-Neige, créée par Lino Ventura en 1966.

Le samedi a lieu à Vagney le Spectacle Vivant des Grandes Gueules, pour fêter les 51 ans après la sortie du film. Un spectacle vivant retraçant la création de celui-ci et mettant en scène une trentaine d'acteurs bénévoles. Le spectacle a été créé, écrit et mis en scène par Stéphane Antoine. Pas moins de 1 500 personnes s'étaient déplacées sur la place de la mairie de Vagney, où des décors rappelant les scènes cultes du film (scierie, place du village, piste de schlitte, etc.) avaient été installés.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Appelé Boricki lors d’un premier appel par Hector Valentin, puis Stan lorsqu’il revend des objets et lorsque Hector Valentin demande à Stan et Scarella d’aller chercher Fanfan suite à l’exigence de l’éducateur. Stan est alors vu de dos uniquement. Dans la plupart des castings seul Stan est mentionné. Stan pourrait être le prénom de Boricki, mais seuls Mick et Laurent sont appelés par leur prénom. Plus tard Hector Valentin distribue le courrier, il porte le même débardeur bleu marine que "Stan Boricki" et dit en voix off : "Scarella,tiens,Boricki-Attends,attends". Pendant la bagarre Nenesse appelle Laurent,Stan et Raoul (en fait on voit Scarella) en renfort
  2. Convertisseur franc-euro / Pouvoir d'achat de l'euro et du franc, INSEE
  3. Voir liste de films tournés dans les Vosges.
  4. La Route des Grandes Gueules.
  5. Le Fabuleux Destin des grandes gueules.
  6. Rétro loisirs.
  7. Routes des Vosges.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]