Matines

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d’aide sur l’homonymie Pour l’article ayant un titre homophone, voir Mateen.

En Occident, l'office de matines ou des vigiles est le premier office du cursus de l'office divin, destiné à sanctifier le temps de la nuit. Il est caractérisé par une psalmodie prolongée (récitation de psaumes alternés), entrecoupée de lectures longues et du chant de répons destinés à l'intériorisation des lectures.

Description[modifier | modifier le code]

L'heure de sa célébration a beaucoup varié au cours de l'histoire. Initialement, il était chanté à la fin de la nuit. L'heure de son début était calculé de telle sorte que l'office de laudes qui le suit commence au lever du jour. A la fin du Moyen Âge, il a fini par être célébré à heure fixe au milieu de la nuit, puis le soir, après les complies et avant le coucher. Par le fait d'une tolérance plus récente, les clercs séculiers peuvent le réciter à l'heure qui leur convient, s'ils sont légitimement empêché à l'heure convenable.

Constatant l'impossibilité du clergé séculier et des religieux impliqués dans la vie active à respecter la « vérité » des heures canoniques en les célébrant au moment correspondant à leur destination symbolique, la réforme liturgique qui a suivi le concile Vatican II a remplacé, dans le cursus romain, l'office des matines, en tant qu'office célébré la nuit, par un Office des lectures, ne comprenant plus que trois Psaumes enrichi d'une longue lecture patristique, pouvant être récité à n'importe quel moment de la journée.

Les moines et moniales contemplatifs qui suivent la règle de saint Benoît continuent à célébrer l'office de matines tel que le décrit la règle de saint Benoît ; certains communautés l'ont aménagé différemment, comme saint Benoît en laisse la liberté à l'abbé. D'autres encore, communautés religieuses et cléricales, ou clercs séculiers de l'Église latine, célèbrent la liturgie des heures selon les réformes de Pie X ou de Jean XXIII, conformément à l'esprit du Concile Vatican II qui promeut le respect de la pluralité des formes et des rites traditionnels de célébration comme un déploiement des richesses des mystères célébrés (constitution "Sacrosanctum Concilium").

Par synecdoque, on appelle aussi matines un livre d'heures (livre de piété de la fin du Moyen-Âge) et/ou une laque.

Citation[modifier | modifier le code]

« La plupart des hymnes portent ces indications. Quand, par exemple, il est dit 'la nuit, levons-nous et veillons toutes' et ailleurs 'nous coupons la nuit par un chant' ou : 'nous nous levons pour confesser ta gloire, et nous coupons les longueurs de la nuit', et ailleurs : 'la nuit couvre toutes les nuances des choses de la terre', ou : 'nous nous levons de notre lit pendant le calme de la nuit', et encore : 'nous rompons les longueurs de la nuit par un chant' et autres chants semblables, les hymnes témoignent assez d'elles-mêmes qu'elles sont des hymnes de nuit. De même, les hymnes du matin portent souvent l'indication du moment spécial où elles doivent être chantées. Par exemple, quand il est dit : 'voici que l'ombre de la nuit commence à s'affaiblir', et ailleurs : 'voici que se lève le jour doré', on bien : 'l'aurore commence à éclairer le ciel', ou : 'l'éclat de l'aurore resplendit', et ailleurs : 'l'orient avant-coureur du jour chante la prochaine apparition de la lumière'... par ces mots et d'autres de même nature, les hymnes nous apprennent à quels moments elles doivent se chanter[1]. »

— une lettre de Pierre Abélard avec ses hymnes, Lettres d'Abélard et d'Héloïse (traduction par Octave Gréard) Garnier Frères, Paris 1859

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

  • Dictionnaires
  1. définitions lexicographiques et étymologiques de « matines » du Trésor de la langue française informatisé, sur le site du Centre national de ressources textuelles et lexicales
  2. Robert Le Gall, Dictionnaire de liturgie, C.L.D., 1982, extrait : Matines

Notes et références[modifier | modifier le code]