Avenue Matignon

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Matignon.
8e arrt
Avenue Matignon
Hôtel Mortemart, au numéro 16
Hôtel Mortemart, au numéro 16
Situation
Arrondissement 8e
Quartier Champs-Élysées, Faubourg-du-Roule et Madeleine
Début rond-point des Champs-Élysées
Fin rue de Penthièvre, avenue Delcassé
Morphologie
Longueur 450 m
Largeur 40,6 m
Historique
Création 1774-1780
Dénomination 1837, 1926
Ancien nom allée des Veuves ; rue Millet ; Petite-Rue-Verte ; rue Matignon (1787)
Géocodification
Ville de Paris 6093
DGI 6178

Géolocalisation sur la carte : Paris

(Voir situation sur carte : Paris)
avenue Matignon
Images sur Wikimedia Commons Images sur Wikimedia Commons

L’avenue Matignon est une voie du 8e arrondissement de Paris.

Situation[modifier | modifier le code]

Elle commence rond-point des Champs-Élysées et se termine au carrefour de la rue de Penthièvre et de l'avenue Delcassé.

Origine du nom[modifier | modifier le code]

Sa dénomination rend hommage à Charles Auguste Goyon de Matignon (1647-1729), maréchal de France. Elle n’a rien à voir avec l’hôtel de Matignon, résidence officielle du Premier ministre, situé rue de Varenne dans le 7e arrondissement, ainsi nommé pour avoir appartenu à un frère du maréchal, Jacques III Goyon de Matignon (1644-1725).

Histoire[modifier | modifier le code]

Plaque de rue de l’avenue Matignon à Paris

La rue fut ouverte par le marquis de Marigny entre le rond-point des Champs-Élysées et la rue du Faubourg-Saint-Honoré dans le prolongement de l’allée des Veuves (V. avenue Montaigne) dont la section comprise entre les Champs-Élysées jusqu’à la rue Rousselet (aujourd’hui rue Rabelais) porta d'abord le nom avant de devenir avenue Matignon en 1837 et d’être replantée et améliorée en 1846.

La section entre la rue Rousselet et la rue du Faubourg-Saint-Honoré s’appela d’abord rue Millet, du nom de Jacques Millet, maître menuisier, propriétaire des terrains sur lesquels elle fut ouverte de 1774 à 1780. Celui-ci entreprit de percer la voie sur des terrains lui appartenant, avec une largeur de 24 pieds, en dépit de trois ordonnances du bureau des finances des 14 mai 1774, 27 avril 1779 et 5 septembre 1780 qui défendirent la poursuite des ouvrages relatifs à ce percement. Consulté, le bureau de la ville fut d'avis, dans sa séance du 30 mars 1781, qu’il n’y avait pas lieu de comprendre la nouvelle rue au nombre des voies publiques de Paris. Mais en définitive, des lettres patentes données à Troyes le 8 septembre 1787, approuvèrent l’ouverture de la nouvelle rue tout en ordonnant que sa largeur soit portée à 30 pieds et en lui donnant la dénomination de rue Matignon.

La partie au nord de la rue du Faubourg-Saint-Honoré s’appelait la Petite-Rue-Verte avant d’être intégrée à la rue Matignon.

La totalité de la voie prit la dénomination d’avenue en 1926.

Une décision ministérielle du 2 messidor an VIII (21 juin 1800) fixa la largeur de la rue Matignon à 10 mètres.

Bâtiments remarquables et lieux de mémoire[modifier | modifier le code]

Plaque avenue Matignon à Paris
  • no 7 : restaurant Berkeley, anciennement aussi un hôtel, créé par Albert Kieffer, propriétaire du Restaurant Ledoyen et gendre de l'hôtelier Arthur Millon, le restaurant fut le rendez-vous incontournable du Tout-Paris des années 1950 et 60, de la duchesse de Windsor à Greta Garbo.
  • no 8 : Hôtel habité par Pascal des Deux-Siciles (1852-1904), comte de Bari, dernier fils de Ferdinand II, roi des Deux-Siciles, à l’époque de sa mort survenue à la Petite Malmaison.
  • no 9 : Siège de la maison de ventes aux enchères Christie's France dans un hôtel particulier construit en 1913 par l'architecte René Sergent. Dans ce lieu en 1975, au premier étage, avait été reconstitué un salon de musique créé par Wassily Kandinsky pour l'exposition internationale d’architecture tenue à Berlin en 1931. Ce salon de musique a été offert par l'Oréal, mécène d'Artcurial au musée d'art moderne de Strasbourg[1].
Galerie Bernheim-Jeune avenue Matignon à Paris

Bâtiments détruits[modifier | modifier le code]

Plaque commémorative à la mémoire de Henri Heine sur la façade du no 3
  • no 3 : Le poète Henri Heine s'établit à cette adresse, au cinquième étage, en 1854 et y mourut le 17 février 1856 au terme d'une longue agonie due à la syphilis (plaque commémorative). « Quand je vis pour la première fois Henri Heine, il habitait le cinquième étage d'une maison située avenue Matignon, assez près du rond-point des Champs-Élysées. Ses fenêtres, donnant sur l'avenue, ouvraient sur un étroit balcon qui, dans les grandes chaleurs, fut décoré d'une tente de coutil rayé comme on en voit aux devantures des petits cafés. L'appartement contenait trois ou quatre pièces, dont l'une était la salle à manger, et les deux autres, les chambres du maître et de la maîtresse de la maison. Une couche très basse derrière un paravent recouvert de papier peint, quelques chaises, puis, vis-à-vis de la porte, un secrétaire en bois de noyer, voilà de quoi se composait le mobilier de la chambre du malade. J'allais oublier deux gravures dans des cadres datant des premières années du règne de Louis-Philippe, les Moissonneurs et les Pécheurs d'après Léopold Robert. Jusque-là, l'arrangement du logis ne trahissait point la présence de la femme. Elle se découvrait dans l'autre chambre, parmi les fausses guipures posées sur des transparents de cotonnade jaune, parmi les encoignures revêtues de velours brun, et surtout dans le jour favorable d'où se détachait un portrait, le portrait de madame Heine, peinte en pied, vêtue et coiffée à la mode de son jeune temps, robe noire décolletée et longs bandeaux collants comme on dut les porter vers 1840. »[5]
  • Ancien no 23 rue Matignon : Hôtel de Chambrun, habité par le célèbre explorateur Pierre Savorgnan de Brazza, qui avait épousé en 1895 Thérèse de Chambrun.
  • no 17 : L'hôtel particulier situé à l'angle de l'avenue et de la rue Rabelais a été construit par l'architecte Henri Parent pourd baron Eiffel. Puis à la mort de son propriétaire Jean Dessès l'investi pour sa maison couture de 1948 jusqu'au la démolition en 1958. Suite à une opération immobilière l'hôtel est détruit pour laisser place à l'immeuble d'architecture moderne [6]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Cf. Véronique Prat, Douze ans de l'histoire d'Artcurial, 1987.
  2. Source: toutenparfum.com consulté le 8 janvier 2011.
  3. a, b et c Source : Rochegude, Op. cit., p. 32
  4. Jean-Marie Pérouse de Montclos (dir.), Le Guide du patrimoine. Paris, Paris, Hachette, 1994, p. 327
  5. Élise Krinnitz, Les derniers jours de Henri Heine, Paris, Calmann-Lévy, 1884
  6. L'hotel particulier de baron Eiffel[1]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]

  • Félix Lazare, Dictionnaire administratif et historique des rues de Paris et de ses monuments, Paris, Imprimerie de Vinchon, 1844-1849
  • Charles Lefeuve, Les anciennes maisons de Paris. Histoire de Paris rue par rue, maison par maison, Paris : C. Reinwald, 5e édition, 1875, 5 vol.
  • Félix de Rochegude, Promenades dans toutes les rues de Paris. VIIIe arrondissement, Paris, Hachette, 1910