Les Demoiselles de Rochefort

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Page d'aide sur les redirections Cet article concerne le film de Jacques Demy de 1967. Pour la comédie musicale de 2003, voir Les Demoiselles de Rochefort (comédie musicale).
Les Demoiselles de Rochefort
Réalisation Jacques Demy
Scénario Jacques Demy
Acteurs principaux
Sociétés de production Parc Film
Madeleine Films
Pays d’origine Drapeau de la France France
Drapeau des États-Unis États-Unis
Genre Film musical
Durée 120 minutes
Sortie 1967

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution

Les Demoiselles de Rochefort est un film musical franco-américain écrit et réalisé par Jacques Demy, sorti en 1967, et mettant en vedettes Catherine Deneuve et Françoise Dorléac

Synopsis[modifier | modifier le code]

La place Colbert, au cœur de l'intrigue.

Solange et Delphine sont des jumelles d'une vingtaine d'années qui enseignent respectivement la musique et la danse à Rochefort. Élevées par leur mère, Yvonne Garnier, qui tient un café sur la place Colbert, elles n'ont jamais connu leur père et cherchent le grand amour. L'histoire commence par l'arrivée d'un groupe de forains, dirigé par Étienne et par son mécanicien Bill. Ils s'installent sur la place de Rochefort et tomberont sous le charme des jumelles après avoir été abandonnés par leurs danseuses et amantes.

Se croisent également à Rochefort :

  • Simon Dame, gérant d'un magasin de musique et autrefois abandonné par Yvonne à cause de son nom de famille. Simon est le père de Boubou (fils de Yvonne et demi-frère des deux sœurs) dont il ne connait pas l'existence.
  • Maxence, un marin, peintre et poète, auteur d'un portrait d'« idéal féminin » qui ressemble étrangement à Delphine. Il parcourt le monde à la recherche de l'amour.
  • Andy, un pianiste américain de passage, qui tombe amoureux de Solange au premier regard.

Commence alors une série de chassés-croisés amoureux qui se conclura de la façon suivante: alors que Delphine et Josette (une jeune femme qui aide Yvonne au café) repartent avec les forains à Paris, Solange a trouvé son idéal masculin (Andy), et Simon et Yvonne se recroisent comme par hasard et retombent amoureux.

Fiche technique[modifier | modifier le code]

Le pont transbordeur de Rochefort, présent au début et à la fin du film.

Distribution[modifier | modifier le code]

Interprètes des chansons

Production[modifier | modifier le code]

Lorsque Jacques Demy écrit les premiers jets d'un scénario des Demoiselles de Rochefort, le film s'appelle Boubou, nom du petit frère de Catherine Deneuve et Françoise Dorléac dans le film.

Le film a été tourné simultanément en français et en anglais. Danielle Darrieux est la seule comédienne non doublée pour le chant.

Catherine Deneuve et Françoise Dorléac vont s'entraîner quelques mois en danse à Londres, pour rejoindre le chorégraphe Norman Maen et les danseurs du ballet, tous britanniques. Demy tient à ce que Deneuve interprète le professeur de danse, alors que l'actrice y a moins d'expérience que sa sœur, tandis qu'il veut voir Dorléac en professeur de chant, « pour son tempérament et son côté très lyrique »[1].

Elles s'entraînent également à se synchroniser sur les chansons qu'elles interpréteront en play-back, déjà enregistrées[1]. Des centaines d'auditions ont été nécessaires pour trouver des voix chantées semblables aux voix parlées des comédiens. Alors que c'était Danielle Licari qui prêtait sa voix à Catherine Deneuve dans Les Parapluies de Cherbourg, Demy et Legrand lui préfèrent ici Anne Germain, membre des Swingle Singers aux côtés de Christiane Legrand, sœur du compositeur. Elle doublera à nouveau Catherine Deneuve dans Peau d'âne (1970), tout comme Jacques Revaux le fera avec Jacques Perrin. Georges Blaness redoublera quant à lui Michel Piccoli dans Une chambre en ville (1981). Gene Kelly, ayant quant à lui un emploi du temps trop chargé pour apprendre des chansons en français, a été doublé par un chanteur anglophone (Donald Burke) dont l'accent donnait l'illusion que c'était Kelly qui chantait.

Décors[modifier | modifier le code]

La ville de Rochefort est choisie par Demy pour son « architecture militaire, rigoureuse, belle », se souvient Agnès Varda, après avoir fait le tour des villes françaises répondant à cette exigence, parmi lesquelles Saumur ou La Roche-sur-Yon. Il hésite également sur le choix de Hyères, appréciant la sonorité du titre potentiel Les Demoiselles d'Hyères. Demy se réjouit également de ce que lui permet la place Colbert : un endroit « pour faire la fête », digne de la comédie musicale à la française dont il rêve. Bernard Evein repeint plus de mille volets sur cette place[1], ainsi que quarante mille mètres carrés de façades, en grande partie sur la place Colbert et dans les rues adjacentes. Le décor du café a été construit par Saint-Gobain.

Accueil[modifier | modifier le code]

Il s'agit de l'avant-dernier film de Françoise Dorléac, le deuxième où elle partage l'affiche avec sa sœur, Catherine Deneuve. Alors en pleine gloire, elle meurt dans un accident de voiture près de Nice trois mois après la sortie du film. Elle était en retard pour prendre l'avion qui la conduisait à Londres où elle devait assister à la première de la version anglaise du film.

Critique[modifier | modifier le code]

L'accueil critique du film est globalement positif. Il obtient une note de 3,3/5 sur AlloCiné et 97 % de critiques positives sur Rotten Tomatoes.

Appréciation[modifier | modifier le code]

Pour Paul Vecchiali, « un film tragique » :

« Le jour de l'avant-première des Demoiselles de Rochefort, Jacques était très entouré et j'avais juste pu lui faire un petit signe. Je lui ai téléphoné au moulin quelques jours plus tard pour lui dire combien j'étais emmerdé parce que tout le monde disait : "Le film de Demy, c'est le bonheur". Moi, j'étais sorti presque en larmes et c'était pour lui dire que je trouvais son film bouleversant que je l'appelais. Jacques m'a alors dit que dans la première version du film, Jacques Perrin était écrasé par les camions des forains. C'est cela le fond de l'œuvre de Jacques. La vitrine est étincelante, audacieuse par ses couleurs, mais dans l'arrière-boutique se cache un regard cru, tragique, sur la vie et sur les personnages. »

— Paul Vecchiali, Cahiers du cinéma, n° 438 p.43

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Box-office[modifier | modifier le code]

Postérité[modifier | modifier le code]

L'empreinte du film marque durablement la ville de Rochefort, qui organise de grandes célébrations à l'occasion des 25 ans du film. Une grande partie de l'équipe originale des Demoiselles fait le déplacement en Charente-Marimite, et Agnès Varda en montrera des souvenirs dans son documentaire Les demoiselles ont eu 25 ans, qui veut rendre compte du tournage et de ses effets sur les Rochefortais.

En 2003, la comédie musicale Les Demoiselles de Rochefort a été créée au Palais des congrès de Paris, à partir du scénario du film auquel ont été ajoutés quelques nouveaux morceaux. Le projet, supervisé par Michel Legrand, a rencontré un succès mitigé.

La place située devant la gare de Rochefort porte le nom de Françoise Dorléac depuis 1992.

La Chanson de Maxence a été reprise par Bill Evans en 1977 sous le titre You Must Believe in Spring dans son album homonyme[2].

Distinctions[modifier | modifier le code]

Récompenses[modifier | modifier le code]

  • Prix Max-Ophuls 1967

Nominations[modifier | modifier le code]

Sorties vidéo[modifier | modifier le code]

  • 7 janvier 1999 : DVD double-face avec le documentaire d'Agnès Varda, Les demoiselles ont eu 25 ans
  • 5 novembre 2008 : DVD dans l'Intégrale Jacques Demy (coffret 12 DVD)
  • 22 septembre 2010 : DVD et Bluray (collection Arte vidéo)

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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