Asquins

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Asquins
Vue générale d'Asquins depuis Vézelay.
Vue générale d'Asquins depuis Vézelay.
Blason de Asquins
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Bourgogne-Franche-Comté
Département Yonne
Arrondissement Avallon
Canton Joux-la-Ville
Intercommunalité CC Avallon - Vézelay - Morvan
Maire
Mandat
Isabelle Georgelin
2014-2020
Code postal 89450
Code commune 89021
Démographie
Gentilé Asquinois
Population
municipale
296 hab. (2014 en diminution de 8,64 % par rapport à 2009)
Densité 14 hab./km2
Géographie
Coordonnées 47° 28′ 52″ nord, 3° 45′ 21″ est
Altitude Min. 134 m
Max. 331 m
Superficie 21,60 km2
Localisation

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Site web asquins.fr

Asquins est une commune française située dans le département de l'Yonne en région Bourgogne-Franche-Comté.

Géographie[modifier | modifier le code]

Localisation[modifier | modifier le code]

Entouré de prairies, de forêts et de vignes, le village est étalé le long de la Cure. La commune fait partie du parc naturel régional du Morvan.

Communes limitrophes[modifier | modifier le code]

Rose des vents Montillot Givry Rose des vents
N Domecy-sur-le-Vault
O    Asquins    E
S
Vézelay Saint-Père

Géologie et relief[modifier | modifier le code]

Les sols argilo-calcaires du Jurassique sont propices à la production de vins de Bourgogne (essentiellement à partir de raisin chardonnay)[1], certains issus d'agricultures biologique et biodynamique. Asquins fait partie des quatre communes de l’appellation AOC Bourgogne-Vézelay[2].

Toponymie[modifier | modifier le code]

Esconium (XIIe siècle), Asconium (XIVe siècle) qui désignerait un endroit où existent des sources, puis Ascoing, Asquien (1405), Aquin (1708)[3].

Histoire[modifier | modifier le code]

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Cité au XIIe siècle : Esconium. La terre d'Asquins appartint dès l'origine (IXe) à l'abbaye de Vézelay, qui y exerçait également le pouvoir spirituel. Elle est un des principaux points de départ pour le grand pèlerinage de Saint-Jacques-de-Compostelle (voie dite de Vézelay). L'église Saint-Jacques est classée au Patrimoine mondial de l'UNESCO, dans le cadre des Chemins de Compostelle en France[4].

Au nord de Vézelay, le plateau calcaire boisé s'échancre au val des Fontenottes. D'importantes sources marquent le débouché de ce vallon sur la Cure. Leur présence justifie l'établissement d'une bourgade celtique puis romanisée dont des traces ont été repérées à la fin du XIXe siècle. La voie romaine venue des Ferrières aboutissait au niveau du pont actuel sur des gués et des embarcadères. Un culte des eaux parait avoir existé en marge des captages romains. La christianisation du site est lié à saint Martin qui fonda (ou fit fonder) une chapelle tandis qu'une des sources prenait le nom de source Saint-Martin. À la même époque, un autre site existait en amont de l'actuel Gué Pavé, sur une terrasse alluviale. Le village de Vergigny figure encore dans les actes de fondation de Vézelay par Girart et Berthe. Il semble avoir souffert des différentes invasions du IXe siècle et définitivement disparu au XIe siècle, peut-être rasé par les troupes champenoises ravageant les terres auxerroises. Un cimetière mérovingien situé sur le coteau proche fut repéré au début du XVIIe siècle et fouillé vers 1905. Le climat de « Champ des Cercueils» était un indice parlant, témoignant de l'existence de ces centaines de sépultures en coffres de pierre, voire en sarcophages.

Une piscine romaine ayant dû mesurer 6 m sur 5,8 m environ fut également découverte en 1895 en faisant des fouilles pour l'adduction de l'eau d'une source[5]

À Asquins même, le culte de saint Martin fut supplanté par celui de saint Jacques à une date inconnue, mais fort probablement au début du XIe siècle lors de la fondation de l'église actuelle sur le « moûtier ». Ce promontoire rocheux dominant la Cure tire son nom de la présence monastique. Asquins est en effet alors une dépendance directe de Vézelay. Jusqu'au XVIe siècle, ce furent des chapelains de l'abbaye qui assurèrent le culte, tandis que le temporel était géré dans le cadre de la « pôté » monastique. Le four banal a laissé son nom à une rue ; la grange aux dîmes se remarque toujours au pied du moûtier ; la ferme fortifiée sise entre la Cure et la Grand'rue, fut reconstruite au XVe siècle sur un réseau de caves anciennes et de souterrains. Quant aux droits seigneuriaux âprement disputés lors des insurrections communales de Vézelay, ils s'appliquaient aussi à Asquins : droit de pressoir, de cordes pour descendre en cave les barriques, « banalité» de la pêche en Cure…

La sécularisation de l'abbaye, le remplacement des moines par des chanoines, en 1538, ne dut pas chagriner les Asquinois. Ils en profitèrent pour réclamer à François Ier le droit de se clore, et les tout jeunes remparts jouèrent leur modeste rôle dans les événements de 1569 et le siège mis par les catholiques sous les murs de Vézelay. Siège et prise du village par les ligueurs, commandés par le duc de Nevers, en 1589. Dans le même temps le village voyait péricliter les pèlerinages qui lui avaient bénéficié jusqu'alors. Pèlerinage de Sainte-Madeleine, retombées des grandes assemblées de croisés tenues sur le site de la Cordelle, mais surtout pèlerinage jacquaire. Asquins abritait en son sanctuaire la première étape du chemin de Saint-Jacques. Dominé par les « montjoies» qui se dressaient sur les routes venues du nord et de l'est, le village voyait passer les coquillards, depuis qu'il avait abrité au moûtier comme chapelain, Aymery Picaud alias Olivier d’Asquins, auteur vers 1140 du Guide du Pèlerin. Du passage des pèlerins demeure, outre la titulature de Saint Jacques pour l'église, un superbe buste reliquaire en bois polychrome, peut-être attribuable au XVIe siècle.

L'église, qui occupa d'emblée l'espace qui lui est actuellement dévolu, fut largement remaniée au fil des siècles et des conflits dont elle eut à souffrir : sur des bases XIe, l'édifice actuel présente surtout une nef en berceau brisé du XIIe, un bas-côté nord voûté en arêtes du XIIIe, un bas-côté sud en quart de rond du XVIe. Le clocher appuyé à l'origine sur la première travée du bas-côté sud, fut renvoyé en 1755 dans l'axe de l'édifice, par souci de symétrie. L'abbé Grognot, initiateur de cette dernière campagne de travaux, se préoccupa aussi du décor intérieur, faisant poser des boiseries, créer un décor peint dans le chœur, et aménager les sacristies, non sans sacrifier les fresques des XIIIe, XIVe et XVIe siècles qui ornaient ces anciennes chapelles, entre autres de Vierges sages et Vierges folles, un saint Sébastien, un miracle de saint Éloi et diverses scènes mal élucidées.

Attachés à leur église les Asquinois la dotèrent au XIXe siècle de vitraux honorant leur patron mais aussi saint Vincent. Car Asquins, pays d'eaux, devint très tôt pays de vigne. Clos nobles et vignes roturières se partageaient les coteaux tant sur le versant bourguignon (le pont d'Asquins marqua longtemps l'entrée dans le duché et était dominé par le Clos-Duc) que sur le versant nivernais et auxerrois. Des restes lithiques témoignent de l'emprise de ce vignoble : meurgers, meurriées, cabanes couvertes en encorbellement de pierres sèches.

Les cerisiers complétèrent la production entre le XVIIIe siècle et les années 1940. Mais le phylloxera joint à la dépopulation après la guerre de 14, eut raison de ces productions nécessitant une main-d’œuvre nombreuse. Les sapinières proliférèrent sur les parcelles abandonnées. Le bûcheronnage était d'ailleurs aussi un point fort de la vie asquinoise, tandis que les femmes pratiquaient sous l'influence morvandelle le nourriciat et le placement des enfants assistés de la Seine.

La vie de la rivière n'était pas négligeable : voiturage par eau, probable dès l'époque antique, fréquent entre le XVIe et le XVIIIe siècle; passage du flot à bûches perdues, jusqu'en 1923 ; pêche aussi dans des eaux à la faune variée et abondante.

L'artisanat était bien représenté à Asquins avec un moulin à eau, plusieurs tanneries, et au moins trois tuileries dont l'une fournit à Viollet-le-Duc les tuiles nécessaires à la restauration de la Madeleine.

Le village eut une école dès le XVIIe siècle, dans une dépendance de la cure et du moûtier. Avec les lois scolaires, il se dota d'abord d'une école de garçons, abritant aussi la mairie, au bas de la Grand'rue, ancienne route de Vézelay à Tonnerre et à Auxerre. Puis, fin XIXe, ce fut une école de filles face à l'ancien presbytère ; c'est l'actuelle mairie.

Village groupé, Asquins a peu d’écarts : la Bouillère constitue un faubourg hors les murs, autour d'une ancienne léproserie. Avec la Révolution, Vaudonjon choisit de se lier à Montillot. Au milieu du XIXe siècle Nanchèvres choisit de rejoindre Saint-Père. Restent Les Chaumots, en limite du territoire vézelien et la Vieille Borde, ferme fortifiée au cœur des bois, sa voisine la Jeune Borde ayant péri dans un incendie vers 1870. Enfin sur le chemin de Domecy-sur-le-Vault, ancienne route d'Avallon, la chapelle de Séchée, érigée en 1742 par Nicolas Tapin, est toujours restée isolée au cœur des vignobles, visitée seulement par les processions venant y implorer la pluie.

Au village même les toits de laves ont totalement disparu, emportant l'aspect grisâtre que déplorait Victor Petit. Le village y a gagné en couleur, tandis que de nombreuses restaurations mettaient en valeur la pierre dorée extraite des carrières locales.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
1985 2001 Adrien-Edouard Gourlet    
2001 2008 Louis Marcel Garriga    
2008 en cours Isabelle Georgelin[6] proche d'EELV Salariée agricole

Population et société[modifier | modifier le code]

Démographie[modifier | modifier le code]

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir de 2006, les populations légales des communes sont publiées annuellement par l'Insee. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[7]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2008[8].

En 2014, la commune comptait 296 habitants[Note 1], en diminution de 8,64 % par rapport à 2009 (Yonne : -0,46 %).

          Évolution de la population  [ modifier ]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
760 851 835 804 991 947 947 968 910
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
894 910 874 837 848 823 791 765 766
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
700 659 618 510 494 467 445 470 363
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2007 2008
358 312 311 299 304 280 311 316 320
2013 2014 - - - - - - -
300 296 - - - - - - -
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[9] puis Insee à partir de 2006[10].)
Histogramme de l'évolution démographique

Manifestations culturelles et festivités[modifier | modifier le code]

  • Retraite au lampion autour du village le 13 juillet au soir, suivi d’un feu d'artifice sur le Moûtier, puis bal populaire sous l'orme.
  • Banquet républicain le 14 juillet au soir.
  • Fête de la Saint-Jacques le dernier week-end de juillet avec brocante et fête foraine.
  • Passage du Tour de France 2003.

Associations et sports[modifier | modifier le code]

  • Club informatique : C.I.A : Club Informatique Asquinois
  • Équipe de football : A.S. Asquins
  • Association Cabanes, meurgers et murets en Vézelien

Culture locale et patrimoine[modifier | modifier le code]

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

La commune compte un monument inscrit à l'inventaire des monuments historiques[11] et 5 monuments répertoriés à l'inventaire général du patrimoine culturel[12]. Par ailleurs, elle compte 23 objets répertoriés à l'inventaire des monuments historiques[13] et 5 objets répertoriés à l'inventaire général du patrimoine culturel[14].

  • Située sur un chemin de randonnée reliant Asquin au GR 13, lui-même ancienne voie romaine entre Vézelay et Avallon, la chapelle Saint-Nicolas du XVIIIe s. (qui s'est nommée chapelle à Tapin _du nom de ses commanditaires Nicolas Tapin et sa femme Marie-Edme Ververe_ puis chapelle de Séchée) a été un lieu de pèlerinage pour demander la pluie ou protéger les cerisiers. Joliment sauvée de la ruine par une association locale, ce petit bâtiment en pierres sèches à toit de lave de 5 m sur 4 est une halte appréciée des marcheurs et vététistes[16].

Vignoble[modifier | modifier le code]

Article connexe : Bourgogne vézelay (AOC).

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Héraldique[modifier | modifier le code]

Blason Asquins 89.svg

Les armoiries d’Asquins se blasonnent ainsi :

De gueules aux deux grappes de raisin d'or soutenues d'une coquille du même, à la champagne ondée d'argent, au chef cousu d'azur semé de fleurs de lys aussi d'or et de larmes aussi d'argent, chargé d'une coupe couverte d'or brochant sur le semé.

Pour approfondir[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Population municipale légale en vigueur au 1er janvier 2017, millésimée 2014, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2016, date de référence statistique : .

Références[modifier | modifier le code]

  1. Vins sur le site du Figaro
  2. «Bourgognes» site des Vins de Bourgogne
  3. Max Quantin, Dictionnaire topographique du département de l'Yonne, 1862, [lire en ligne].
  4. Conférence de Kyoto du 30 novembre 1998
  5. Bulletin monumental publié sous les auspices de la Société française pour la conservation et la description des monuments historiques dirigé par M. de Caumont -Lance (Paris), Frère (Rouen), Marie-Viel (Caen), Société française d'archéologie, Paris, 1896, p. 375.
  6. Conseil général de l’Yonne, Ma Commune, consulté le 15 décembre 2013.
  7. L'organisation du recensement, sur le site de l'Insee.
  8. Calendrier départemental des recensements, sur le site de l'Insee
  9. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  10. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2008, 2009, 2010, 2011, 2012, 2013 et 2014.
  11. « Liste des monuments historiques de la commune de Asquins », base Mérimée, ministère français de la Culture.
  12. « Liste des lieux et monuments de la commune de Asquins à l'inventaire général du patrimoine culturel », base Mérimée, ministère français de la Culture.
  13. « Liste des objets historiques de la commune de Asquins », base Palissy, ministère français de la Culture.
  14. « Liste des objets de la commune de Asquins à l'inventaire général du patrimoine culturel », base Palissy, ministère français de la Culture.
  15. Notice no PA00113578, base Mérimée, ministère français de la Culture.
  16. site du parc naturel régional du Morvan, page Asquins, section chapelle Saint-Nicolas