Peste noire

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La peste noire ou mort noire est le nom donné par les historiens modernes à une grande épidémie de peste médiévale, au milieu du XIVe siècle, principalement bubonique, causée par la bactérie Yersinia pestis. Cette épidémie a touché l'Asie, le Moyen-Orient, l'Afrique du Nord et l'Europe. Elle n'est ni la première ni la dernière épidémie de peste, mais elle est la seule à porter ce nom. En revanche, elle est la première grande épidémie de l'histoire à avoir été bien décrite par les chroniqueurs contemporains.

On estime que la peste noire a tué entre 30 et 50 % de la population européenne en cinq ans (1347-1352) faisant environ vingt-cinq millions de victimes. Cette épidémie eut des conséquences durables sur la civilisation européenne, d'autant qu'après cette première vague, la maladie refit ensuite son apparition dans les différents pays touchés.

Cette peste noire est considérée comme le début explosif et dévastateur de la deuxième pandémie de peste qui dura, de façon plus sporadique, jusqu'au début du XIXe siècle.

Illustration de la peste noire. Les chroniques de Gilles Li Muisis (1272-1352), abbé de Saint-Martin de Tournai. Bibliothèque royale de Belgique, MS 13076-77, f. 24v.

Origines du terme[modifier | modifier le code]

Les contemporains désignent cette épidémie sous de nombreux termes : grande pestilence, grande mortalité, maladie des bosses, maladie des aines[1], et rarement peste universelle[2] (qui doit être compris comme un équivalent de fléau universel). Le terme peste noire ou mort noire apparaît au XVIe siècle. Il semble que « noir » doive ici être pris au sens figuré (terrible, affreux), sans allusion médicale ou clinique[1].

La popularité de l'expression serait due à la publication, en 1832, de l'ouvrage d'un historien allemand Justus Hecker (de) (1795-1850), Der schwarze Tod im vierzehnten Jahrhundert (La Mort noire au XIVe siècle). L'expression devient courante dans toute l'Europe. En Angleterre, le terme usuel de Black Death (mort noire) apparaît en 1843 dans un livre d'histoire destiné à la jeunesse[1]. Au début du XXIe siècle, Black Death reste le nom habituel de cette peste médiévale pour les historiens anglais et américains. En France, le terme peste noire est le plus souvent utilisé.

Dans son ouvrage initial de 1832, Hecker dresse la liste des explications de l'emploi de l'adjectif « noir » : le deuil continu, l'apparition d'une comète noire avant l'épidémie, le fait qu'elle ait d'abord frappé les Sarrasins (à peau foncée), la provenance apparente de pays à pierres ou de terres noires, etc.[1]

Dans le langage médical français, jusqu'aux années 1970, le terme peste noire désignait plus particulièrement les formes hémorragiques de la peste septicémique ou de la peste pulmonaire[3].

Épidémies précédentes[modifier | modifier le code]

Le Moyen Âge fut traversé par de nombreuses épidémies, plus ou moins virulentes et localisées, et souvent mal identifiées (incluant grippe, variole et dysenteries)[2] qui se déclenchèrent sporadiquement. Hormis peut-être le mal des ardents, qui est dû à une intoxication alimentaire, la plupart de ces épidémies coïncidèrent avec les disettes ou les famines qui affaiblissaient l'organisme. Le manque d'hygiène général et notamment la stagnation des eaux usées dans les villes, la présence de marais dans les campagnes favorisèrent également leur propagation. Ainsi, l'Artois est frappé à plusieurs reprises en 1093, 1188, 1429, 1522.

La peste de Justinien, qui ravagea l'Europe méditerranéenne au VIe siècle, a été clairement identifiée comme peste due à Yersinia pestis. Elle fut sûrement à l’origine d'un déficit démographique pendant le Haut Moyen Âge en Europe du Sud, et indirectement, de l'essor économique de l'Europe du Nord. Elle est considérée comme la première pandémie de peste ; sa disparition au VIIIe siècle reste énigmatique.

L'absence de la peste en Europe dura six siècles. Quand l'Europe occidentale fut de nouveau touchée en 1347-1348, la maladie revêtit tout de suite, aux yeux des contemporains, un caractère de nouveauté et de gravité exceptionnelle, qui n'avait rien de commun avec les épidémies habituelles[4]. Pour les plus lettrés, les seules références connues pouvant s'en rapprocher étaient la peste d'Athènes et la peste de Justinien.

Contrairement à la peste de Justinien, qui fut essentiellement bubonique, la peste noire, due aussi à Yersinia pestis[5], a pu revêtir deux formes : principalement bubonique[6],[7], mais aussi pulmonaire[8], selon les circonstances.

Chronologie[modifier | modifier le code]

Origines[modifier | modifier le code]

La peste bubonique sévissait de façon endémique en Asie centrale, et ce sont probablement les guerres entre Mongols et Chinois qui provoquèrent les conditions sanitaires permettant le déclenchement de l'épidémie. Elle se déclara en 1334, dans la province chinoise du Hubei et se répandit rapidement dans les provinces voisines : Jiangxi, Shanxi, Hunan, Guangdong, Guangxi, Henan et Suiyuan, une ancienne province disputée entre les empires mongol et chinois.

En 1346, les Mongols de la Horde d'or attaquèrent la ville portuaire de Caffa, comptoir commercial génois, sur les bords de la mer Noire, en Crimée, et en firent le siège. L’épidémie, ramenée d'Asie centrale par les Mongols, toucha bientôt assiégeants et assiégés, car les Mongols catapultaient les cadavres des leurs par-dessus les murs pour infecter les habitants de la ville[9]. Cependant, pour Boris Bove il est plus plausible d'imaginer que la contamination des Génois fut le fait de rats passant des rangs mongols jusque dans la ville[10], ou selon une théorie récente, plutôt par des gerbilles[11].

Le siège fut levé, faute de combattants valides en nombre suffisant : Génois et Mongols signèrent une trêve. Les bateaux génois, pouvant désormais quitter Caffa, disséminèrent la peste dans tous les ports où ils faisaient halte : Constantinople est la première ville touchée en 1347[12], puis la maladie atteignit Messine fin septembre 1347[13], Gênes et Marseille en novembre de la même année. Pise est atteinte le premier janvier 1348, puis c'est le tour de Spalato, la peste gagnant les ports voisins de Sebenico et de Raguse, d'où elle passe à Venise le 25 janvier 1348. En un an, la peste se répandit sur tout le pourtour méditerranéen[4].

Dès lors, l'épidémie de peste s'étendit à toute l’Europe du sud au nord, y rencontrant un terrain favorable : les populations n’avaient pas d’anticorps contre cette variante du bacille de la peste, et elles étaient déjà affaiblies par des famines répétées[14], des épidémies[15], un refroidissement climatique sévissant depuis la fin du XIIIe siècle, et des guerres[16].

Entre 1345 et 1350, le monde musulman et la région du croissant fertile sont durement touchés par la pandémie. Partie de Haute-Égypte, elle touche Alexandrie, Le Caire en , atteint la Palestine, touche successivement Acre, Sidon, Beyrouth, Tripoli et Damas en juin de la même année. Au plus fort de l'épidémie, Damas perd environ 1 200 habitants par jour et Gaza est décimée. La Syrie perd environ 400,000 habitants, soit un tiers de sa population. C'est après avoir ravagé l'Égypte, le Maghreb et l'Espagne qu'elle se répand finalement en Europe[17].

Diffusion[modifier | modifier le code]

Carte de diffusion de la peste noire.

La peste noire se répandit comme une vague et ne s’établit pas durablement aux endroits touchés. Le taux de mortalité moyen d’environ trente pour cent de la population totale, et de soixante à cent pour cent de la population infectée, est tel que les plus faibles périssent rapidement, et le fléau ne dure généralement que six à neuf mois.

Depuis Marseille, en , elle gagna rapidement Avignon, en , alors cité papale et carrefour du monde chrétien : la venue de fidèles en grand nombre contribuant à sa diffusion. Début février, la peste atteint Montpellier puis Béziers. Le , elle est à Narbonne, début mars à Carcassonne, fin mars à Perpignan. Fin juin, l'épidémie atteint Bordeaux. À partir de ce port, elle se diffuse rapidement à cause du transport maritime. L'Angleterre est touchée le . Le , elle apparaît à Rouen, puis à Pontoise et Saint-Denis. Le , elle se déclare à Paris. En septembre, la peste atteint le Limousin et l'Angoumois, en octobre le Poitou, fin novembre Angers et l'Anjou. En décembre, elle est apportée à Calais depuis Londres. En , elle a envahi toute l’Europe méridionale, de la Grèce au sud de l'Angleterre. L'hiver 1348-1349 arrête sa progression, avant qu'elle resurgisse à partir d'avril 1349.

En , la peste a traversé presque toute l’Allemagne, le Danemark, l’Angleterre, le Pays de Galles, une bonne partie de l’Irlande et de l’Écosse. Elle continue ensuite sa progression vers l'est et vers le nord dévastant la Scandinavie en 1350, puis l'Écosse, l'Islande ou le Groenland, s'arrêtant aux vastes plaines inhabitées de Russie en 1351[18].

Cette progression n'est pas homogène, les régions n'étant pas toutes touchées de la même façon. Des villages, et même certaines villes sont épargnés comme Bruges, Milan et Nuremberg, au prix de mesures d'exclusion drastiques, et il en est de même pour le Béarn et la Pologne (carte ci-contre).

Guerres et peste[modifier | modifier le code]

Les rapports entre la guerre et la peste s'expliquent de diverses façons selon les historiens, et il n'est pas toujours facile de distinguer entre les causes et les conséquences.

Guerre de Cent Ans[modifier | modifier le code]

Les effets de la guerre de Cent Ans paraissent limités, car elle n'est jamais totale (étendue géographique, et dans le temps – existence de trêves –). L'impact démographique direct est faible et ne concerne que la noblesse, quoique des massacres de populations civiles soient attestés (Normandie, région parisienne). Il n'en est pas de même pour les conséquences indirectes liées à l'économie de guerre (pillage, rançon, impôts) : la misère, l'exode, la mortalité sont aggravées. Le bon sens populaire associe la guerre et la peste dans une même prière : « Délivre-nous, Seigneur, de la faim, de la peste et de la guerre »[19].

La peste frappe Anglais et Français, assiégeants et assiégés, militaires et civils, sans distinction. Cette mortalité par peste est sans commune mesure avec les pertes militaires au combat (une armée de plus de dix mille hommes est exceptionnelle à l'époque). La guerre tue par milliers sur un siècle, la peste par millions en quelques années. La peste est l'occasion d'interrompre la guerre de cent ans (prolongation de la trêve de Calais en 1348), mais elle n'en change guère le cours en profondeur[20]. La proximité de la peste limite les opérations (évitement des zones où la peste sévit). Des bandes armées ont pu disséminer la peste, mais aucune armée n'a été décimée par la peste durant la guerre de Cent Ans[21].

Autres conflits[modifier | modifier le code]

D'autres historiens insistent sur l'influence de la peste sur le déroulement des opérations militaires, surtout en Méditerranée : la fin du siège de Caffa, la mort d'Alphonse XI lors du siège de Gibraltar, la réduction des flottes de guerre de Venise et de Gênes, l'ouverture de la frontière nord de l'empire Byzantin, la dispersion de l'armée de Abu Al-Hasan après la bataille de Kairouan (1348), l'arrêt de la Reconquista pour plus d'un siècle, etc.[22].

Conséquences[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Occident au XIVe siècle.

La peste eut d'importantes conséquences économiques, sociales et religieuses

Socio-économiques[modifier | modifier le code]

Il existait déjà une récession économique depuis le début du XIVe siècle. Cette récession se transforme en chute brutale et profonde avec la peste noire et les guerres. La main-d’œuvre vint à manquer et son coût augmenta, en particulier dans l’agriculture. De nombreux villages furent abandonnés, les moins bonnes terres retournèrent en friche et les forêts se redéveloppèrent. En France, la production céréalière et celle de la vigne chutent de 30 à 50 % selon les régions[19].

Les propriétaires terriens furent contraints de faire des concessions pour conserver (ou obtenir) de la main-d'œuvre, ce qui se solda par la disparition du servage. Les revenus fonciers s’effondrèrent à la suite de la baisse du taux des redevances et de la hausse des salaires ; le prix des logements à Paris fut divisé par quatre[23].

Les villes se désertifièrent les unes après les autres, la médecine de l’époque n'ayant ni connaissances de la cause de l'épidémie ni les capacités de la juguler. Cette désertification est compensée par un exode rural, dans un rayon moyen de 30 à 40 km autour des villes et des gros bourgs[24].

Démographiques : bilan humain[modifier | modifier le code]

Les sources documentaires sont assez éparses et couvrent généralement une période plus longue, mais elles permettent une approximation assez fiable. Les historiens s’entendent pour estimer la proportion de victimes entre 30 et 50 % de la population européenne, soit entre 25 à 45 millions de personnes[25]. Les villes sont plus durement touchées que les campagnes, du fait de la concentration de la population, et aussi des disettes et difficultés d’approvisionnement provoquées par la peste.

En Occident[modifier | modifier le code]

Il semble qu’en Europe, la diminution de la population était en cours depuis le début du XIVe siècle, à cause des famines et de la surpopulation (il y eut en 1315-1317 une grande famine européenne qui stoppa l'expansion démographique et prépara le terrain à l'épidémie). Cette décroissance dura jusqu'au début du XVe siècle, aggravée par la surmortalité due à la peste. La France ne retrouva son niveau démographique de la fin du XIIIe siècle que dans la seconde moitié du XVIIe siècle.

En France, entre 1340 et 1440, la population a décru de 17 à 10 millions d'habitants, une diminution de 41 %. Le registre paroissial de Givry, en Saône-et-Loire, l'un des plus précis, montre que pour environ 1 500 habitants, on a procédé à 649 inhumations en 1348, dont 630 de juin à septembre, alors que cette paroisse en comptait habituellement environ 40 par an : cela représente un taux de mortalité de 40,6 %. D'autres registres, comme celui de l'Église Saint-Nizier de Lyon, confirment l'ordre de grandeur de Givry (30 à 40 %)[26].

Une source indirecte de mortalité est l'étude des séries de legs et testaments enregistrés. Par exemple, les historiens disposent des données de Besançon et de Saint-Germain-l'Auxerrois, qui montrent que les legs et les testaments décuplent en 1348-1349 par rapport à 1347, mais l'interprétation en est délicate. « La mortalité précipite les hommes non seulement chez leur confesseur mais aussi chez leur notaire (...) mais [cela] ne permet pas de la mesurer, car il dépend autant, sinon plus, de la peur de la maladie qui multiplie les legs pieux que des ravages de la peste elle-même »[27].

C'est l’Angleterre qui nous a laissé le plus de témoignages ce qui, paradoxalement, rend l'estimation du taux de mortalité plus ardue, les historiens fondant leurs calculs sur des documents différents : les chiffres avancés sont ainsi entre 20 et 50 %. Cependant, les estimations de population entre 1300 et 1450 montrent une diminution située entre 45 et 70 %. Même si là encore la baisse de population était en cours avant l'éclosion de la peste, ces estimations rendent le 20 % peu crédible, ce taux étant fondé sur des documents concernant des propriétaires terriens laïcs qui ne sont pas représentatifs de la population, essentiellement paysanne et affaiblie par les disettes.

Dans le reste de l'Europe, les historiens tentent d'approcher la mortalité globale par des études de mortalité de groupes socio-professionnels mieux documentés (médecins, notaires, conseillers municipaux, moines, évêques). En Italie, il est communément admis par les historiens que la peste a tué au moins la moitié des habitants. Seule Milan semble avoir été épargnée, quoique les sources soient peu nombreuses et imprécises à ce sujet. Des sources contemporaines citent des taux de mortalité effrayants : 80 % des conseillers municipaux à Florence, 75 % à Veniseetc.. En Espagne, la peste aurait décimé de 30 à 60 % des évêques[26].

En Autriche, on a compté 4 000 victimes à Vienne, et 25 à 35 % de la population mourut. En Allemagne, les populations citadines auraient diminué de moitié, dont 60 % de morts à Hambourg et Brême[28].

Empire byzantin[modifier | modifier le code]

L'Empire byzantin est durement touché lui aussi par la peste, il connaitra 9 vagues épidémiques majeures du XIVe siècle au XVe siècle (de 1347 à 1453) d'une durée moyenne de 3 ans espacées d'une dizaine d'années. La peste touche particulièrement Constantinople, le Péloponnèse, la Crète et Chypre. L'Empire byzantin était déjà affaibli par des défaites militaires, des guerres civiles, des tremblements de terre. La peste noire accentue ce déclin, mais ne le provoque pas.

L'histoire médiévale de cette région montre que les ambitions économiques, politiques et militaires étaient plus fortes que la peur de la peste. Le commerce et la guerre contribuent à propager la peste, les hommes finissant par intégrer la peste comme une part de leur vie[12]. Après la chute de Constantinople, l'Empire ottoman subit aussi des épidémies graves de peste jusqu'à la fin du XVIe siècle.

Monde musulman[modifier | modifier le code]

Ibn Khaldoun, philosophe et historien musulman du XIVe siècle évoque dans son autobiographie la perte de plusieurs membres de sa famille dont sa mère en 1348 et son père en 1349, de ses amis et de ses professeurs à cause de la peste. Il évoquera à plusieurs reprises ces événements tragiques, notamment dans la Muqaddima (traduite en Prolégomènes)[29] :

« Une peste terrible vint fondre sur les peuples de l'Orient et de l'Occident ; elle maltraita cruellement les nations, emporta une grande partie de cette génération, entraîna et détruisit les plus beaux résultats de la civilisation. Elle se montra lorsque les empires étaient dans une époque de décadence et approchaient du terme de leur existence ; elle brisa leurs forces, amortit leur vigueur, affaiblit leur puissance, au point qu'ils étaient menacés d'une destruction complète. La culture des terres s'arrêta, faute d'hommes ; les villes furent dépeuplées, les édifices tombèrent en ruine, les chemins s'effacèrent, les monuments disparurent ; les maisons, les villages, restèrent sans habitants ; les nations et les tribus perdirent leurs forces, et tout le pays cultivé changea d'aspect[30]. »

Le bilan humain en Méditerranée orientale est difficile à évaluer, faute de données fiables (manque de données démographiques, difficulté à interpréter les chroniques)[12]. On cite quelques données significatives : la plus grande ville de l'Islam à cette époque était Le Caire avec près d'un demi-million d'habitants, sa population chute en quelques années à moins de 300 000. La ville avait 66 raffineries de sucre en 1324, elle en a 19 en 1400. Le repeuplement des grandes villes se fait aux dépens des campagnes, dans un contexte de disettes et de crises économiques et monétaires. En Égypte, le dirham d'argent est remplacé par du cuivre. Alexandrie qui comptait encore 13 000 tisserands en 1394, n'en compte plus que 800 en 1434[31].

Violences contre les Juifs[modifier | modifier le code]

Dès 1348, la peste provoque des violences[32] antijuives en Provence. Les premiers troubles éclatent à Toulon dans la nuit du 13 au 14 avril 1348. Quarante Juifs sont tués et leurs maisons pillées. Les massacres se multiplient rapidement en Provence, les autorités sont dépassées à Apt, Forcalquier et Manosque. La synagogue de Saint-Rémy-de-Provence est incendiée (elle sera reconstruite hors de la ville en 1352). En Languedoc, à Narbonne et Carcassonne, les Juifs sont massacrés par la foule. En Dauphiné, des Juifs sont brûlés à Serres. N'arrivant pas à maîtriser la foule, le dauphin Humbert II fait arrêter les Juifs pour éviter les massacres. Ceux-ci se poursuivent à Buis-les-Baronnies, Valence, la-Tour-du-Pin, et Pont-de-Beauvoisin où des Juifs sont précipités dans un puits qu'on les accuse d'avoir empoisonné. D'autres massacres ont lieu en Navarre et en Castille. Le , le quartier juif de Barcelone est pillé[33].

En juillet, le roi de France Philippe VI fait traduire en justice les Juifs accusés d'avoir empoisonné les puits. Six Juifs sont pris à Orléans et exécutés. Le 6 juillet, le pape Clément VI d'Avignon proclame une bulle en faveur des juifs, montrant que la peste ne fait pas de différences entre les juifs et les chrétiens, il parvient à prévenir les violences au moins dans sa ville. Ce n'est pas le cas en Savoie qui, au mois d'août, devient théâtre de massacres[26]. Le comte tente de protéger puis laisse massacrer les Juifs du ghetto de Chambéry. En octobre, les massacres continuent dans le Bugey, à Miribel et en Franche-Comté.

Les ashkénazes d’Allemagne sont victimes de pogroms. En septembre 1348, les Juifs de la région du Château de Chillon sur le lac Léman, en Suisse, sont torturés jusqu’à ce qu’ils avouent, faussement, avoir empoisonné les puits[34]. Leurs confessions provoquent la fureur de la population qui se livre à des massacres et à des expulsions. Trois cents communautés sont détruites ou expulsées. Six mille Juifs sont tués à Mayence. Nombre d'entre eux fuient vers l’est, en Pologne et en Lituanie.

Plusieurs centaines de Juifs sont brûlés vifs lors du pogrom de Strasbourg le [35], d'autres sont jetés dans la Vienne à Chinon. En Autriche, le peuple, pris de panique, s’en prend aux communautés juives, les soupçonnant d’être à l'origine de la propagation de l’épidémie, et Albert II d'Autriche doit intervenir pour protéger ses sujets juifs[36].

Si les accusations contre les Juifs ont été largement répandues dans toute l'Europe occidentale, les violences se concentrent dans des régions bien limitées (essentiellement l'axe économique Rhône-Rhin). En Angleterre, les juifs sont accusés, mais non persécutés, à cause de leur évidente pauvreté (les banquiers et riches commerçants juifs ont été expulsés par Édouard Ier en 1290). En Scandinavie, on accuse aussi les juifs d'empoisonner les puits, mais il n'y a pas de juifs en Scandinavie. Les chroniqueurs arabes, de leur côté, ne mentionnent pas de persécutions contre les juifs à l'occasion d'épidémie de peste[26].

Selon J.N. Biraben, la richesse des juifs aurait pu jouer un rôle, à cause de leur situation de prêteurs, faisant appel aux autorités pour faire régler leurs débiteurs. La peste aurait mis le feu aux poudres, les héritiers des morts de peste se retrouvant débiteurs. Ce qui est bien documenté pour la région de Strasbourg, mais reste hypothétique ailleurs[26].

Un autre facteur est l'importance des communautés médicales juives en Provence. Un tiers à la moitié des médecins provençaux connus du XIIe siècle au XVe siècle étaient juifs. La petite ville de Trets comptait 6 médecins juifs et 1 chrétien au XIVe siècle[37]. L'arrivée de la peste noire en Provence met à nu l'impuissance de la médecine, et par là celles des juifs, dont le savoir des remèdes se serait retourné contre eux. On croit qu'ils reçoivent, par la mer, des sachets de venins réduits en poudre qu'ils sont chargés de répandre[26].

Conséquences socio-culturelles[modifier | modifier le code]

La peste marqua également les arts[38] : voir en particulier les danses macabres et l'œuvre de Boccace le Décaméron.

La Nuova chronica de l'historien florentin Giovanni Villani, lui-même victime de la peste, contient le récit détaillé de cette épidémie.

Processions de flagellants[modifier | modifier le code]

Des groupes de flagellants se formèrent, tentant d’expier les péchés, avant la parousie, dont ils pensaient que la peste était un signe annonciateur. Cependant ces groupes restaient extrêmement marginaux, la plupart des chrétiens firent face au fléau par une piété redoublée, mais ordinaire et encadrée par un clergé qui réprouvait les excès[39] ;

Danses maniaques[modifier | modifier le code]

La disparition d'une partie du clergé entraine une résurgence de comportements superstitieux ou inhabituels, liés à une contagion par imitation lors de stress collectifs. C'est notamment le cas de la manie dansante ou épidémie de danse de Saint Guy (ou Saint Vit ou Vitus)[40].

Déjà signalée dans les populations germaniques au XIIIe siècle, une manie dansante survient en Lusace, près de la Bohême, en 1349 à l'approche de la peste noire. Des femmes et jeunes filles se mettent à danser devant un tableau de la Vierge[40]. Elles dansent nuit et jour, jusqu'à l'effondrement, puis se relèvent et recommencent après sommeil réparateur[41].

En juillet 1374, dans plusieurs villes du Rhin moyen, des centaines de jeunes couples se mettent à danser et chanter, circulant dans toute la région. Les spectateurs les imitent et se joignent à eux. Le mauvais temps les arrête en novembre, mais chaque été, ils recommencent jusqu'en 1381. Le clergé parvient à les contrôler en les conduisant en pèlerinage[40].

Le phénomène se retrouve en 1414 à Strasbourg pour se répandre en Allemagne, il se répète en 1463 à Metz[40]. Le plus documenté est l'épidémie dansante de 1518 à Strasbourg, liée à des tensions sociales et économiques, et aux menaces répétées et imprévisibles d'épidémie de peste[41].

Le rapport entre ces danses maniaques et le thème artistique de la danse macabre reste peu clair[41].

Moyens thérapeutiques[modifier | modifier le code]

La médecine du XIVe siècle était impuissante face à la peste qui se répandait. Les médecins utilisent plusieurs moyens simultanément, car nul traitement unique n'avait de succès ou même n'était meilleur qu'un autre. La médecine galénique, basée sur la théorie humorale, privilégiait les remèdes internes, mais dès le début de la peste noire, elle tend à être supplantée par une théorie miasmatique basée sur un « venin » ou « poison ». Le poison de la peste pénètre le corps à partir de l'air infect ou par contact (personne ou objet) . Toutes ces théories pouvaient se combiner : la peste est une pourriture des humeurs due à un poison transmissible par air ou par contact. Ce poison est un principe de corruption provenant des profondeurs de la terre (substances en putréfaction), qui s'élève dans l'air (suite à un phénomène « météo-géologique » ou astronomique) et qui retombe sur les humains.

La distinction entre moyens médicaux, religieux, folkloriques ou magiques est faite par commodité, mais l'ensemble de ces moyens étaient largement acceptés par les médecins savants de l'époque[42].

Remèdes externes[modifier | modifier le code]

Ils ont pour but, soit d'empêcher la pénétration du poison, soit de faciliter sa sortie. Contre l'air empoisonné, on se défend par des fumigations de bois ou de plantes aromatiques.

Les médecins arabes avaient remarqué que les survivants de peste étaient plutôt ceux dont les bubons avaient suppuré (vidés de leur pus). Selon leur avis, les chirurgiens de peste incisaient ou cautérisaient les bubons. Ils le faisaient dans des conditions non-stériles, occasionnant souvent des surinfections.

De nombreux onguents de diverses compositions (herbes, minéraux, racines, térébenthine, miel...) pouvaient enduire les bubons et le reste du corps (à visée préventive ou curative). On utilisait parfois des cataplasmes à base de produits répugnants (crapauds, asticots, bile et fiente d'origines diverses....) selon l'idée que les poisons attirent les poisons[43]. Ainsi les parfums empêchent la pénétration du poison, et les mauvaises odeurs facilitent sa sortie.

Les saignées avaient pour but d'évacuer le sang corrompu, ce qui le plus souvent affaiblissait les malades.

Les bains chauds, les activités physiques qui provoquent la sudation comme les rapports sexuels sont déconseillés, car ils ouvrent les pores de la peau rendant le corps plus vulnérable aux venins aériens.

Remèdes internes[modifier | modifier le code]

La médecine de Galien insiste sur le régime alimentaire et de vie. Selon la théorie des humeurs, la putréfaction est de nature « chaude et humide », elle doit être combattue par des aliments de nature « froide et sèche », faciles à digérer. La liste et les indications de tels aliments varient selon les auteurs de l'époque[44].

Une attitude morale tempérée est protectrice car les principales passions qui ouvrent le corps à la pestilence sont la peur, la colère, le désespoir et la folie.

Les contre-poisons utilisés sont des herbes telles que la valériane, la verveine, ou des produits composés complexes connus depuis l'antiquité comme la thériaque. Les antidotes minéraux sont des pierres ou métaux précieux, décapés ou réduits en poudre, pour être avalés en jus, sirop, ou liqueur : or, émeraude, perle, saphir..[43].

Les remèdes visent à expulser le poison, ce sont les émétiques, les purgatifs, les laxatifs, ce qui épuisait les malades plus qu'autre chose.

Moyens religieux et magiques[modifier | modifier le code]

L'Église organise des processions religieuses solennelles pour éloigner les démons[45], ou des actes de dévotion spectaculaire pour apaiser la colère divine, par exemple la confection de cierges géants, la procession à pieds nus, les messes multiples simultanées ou répétées[46].

Le culte à la Vierge cherche à répéter le miracle survenu à Rome en 590. Cette année-là, lors de la peste de Justinien, une image de la vierge censée peinte par Saint-Luc, promenée dans Rome, dissipa aussitôt la peste. À ce culte s'ajoute celui des saints protecteurs de la peste : Saint Sébastien et Saint Roch[47].

Des amulettes et talismans sont portés comme le symbole visible d'un pouvoir invisible, par les juifs, les chrétiens et les musulmans. Les musulmans portent des anneaux où sont inscrits des versets du Coran, quoique l'opinion des lettrés diverge sur ce point, de nombreux textes musulmans sur la peste recommandent des amulettes, incantations et prières contre la peste provenant non pas d'Allah, mais des démons ou djinns[42].

En Occident, en dépit de la désapprobation de l'Église, les chrétiens utilisent charmes, médaillons, textes de prière suspendus autour du cou. L'anneau ou la bague ornée d'un diamant ou d'une pierre précieuse, portée à la main gauche, vise à neutraliser la peste et tous les venins. C'est l'origine magique, à partir de la pharmacopée arabe, du solitaire ou bague de fiancailles des pays occidentaux[48].

Mesures sociales[modifier | modifier le code]

Par leur nombre, les morts ont posé un problème aigu au cours de la peste noire. D'abord pour les évaluer, l'habitude sera prise de recensements réguliers, avant et après chaque épidémie. Le clergé sera chargé d'établir les enregistrements des décès et l'état civil. De nouveaux règlements interdisent de vendre les meubles et vêtements des morts de peste. Leurs biens, voire leur maison, sont souvent brûlés. Dès 1348, des villes établissent de nouveaux cimetières en dehors d'elles, Il est désormais interdit d'enterrer autour des églises, à l'intérieur même des villes, comme on le faisait auparavant.

Les règlements de l'époque indiquent que l'on devait enterrer les cadavres de pestiférés au plus tard six heures après la mort. La tâche est extrêmement dangereuse pour les porteurs de morts, qui viennent bientôt à manquer. On paye de plus en plus cher les enterreurs ou corbeaux, vêtus selon les régions de cuir rouge avec grelots aux jambes, ou de casaques noires à croix blanche. En dernière ressource on utilise la main-d'œuvre forcée : prisonniers de droit commun, galériens, condamnés à mort… à qui on promet grâce ou remises de peine. Ces derniers passent dans les maisons ou ramassent les cadavres dans les rues pour les mettre sur une charrette. Ils sont souvent ivres, voleurs et pilleurs. Des familles préfèrent enterrer leurs morts dans leur cave ou jardin, plutôt que d'avoir affaire à eux[49].

Les sources mentionnent très rarement l'incinération de cadavres (comme à Catane en 1347)[49]. Porter un cadavre de pestiféré pour le brûler est aussi dangereux que pour l'enterrer.

Durant la peste noire, la lutte contre les pillages et les violences de foule, est d'abord assurée par les sergents de ville ordinaires. Plus tard, les conseils municipaux engageront des troupes spéciales chargées de garder, en temps de peste, les villes désertées par leurs habitants.

Dans la littérature moderne[modifier | modifier le code]

Plusieurs uchronies ont été écrites sur le thème de la peste noire. Ainsi, dans La Porte des mondes de Robert Silverberg, l’auteur imagine que la peste noire est bien plus meurtrière, éliminant les trois quarts de la population européenne et changeant complètement l’histoire du monde. Cette idée est également reprise par Kim Stanley Robinson dans Chroniques des années noires, mais dans cette uchronie c'est la totalité des habitants de l’Europe qui périt, entraînant, de la même façon que dans le roman précédent, une histoire complètement différente de celle que l'on connaît.

Connie Willis donne aussi ce cadre à son roman, Le Grand Livre, où une historienne du XXIIe siècle qui voyage dans le temps tombe par erreur en pleine peste noire, la confrontant ainsi aux horreurs de cette pandémie.

Ken Follett représente bien les conséquences de la peste noire dans son roman Un monde sans fin où les habitants de la ville fictive de Kingsbridge doivent affronter l'épidémie. L'auteur s'attarde particulièrement sur les différentes stratégies pour guérir les malades et les mesures entreprises par la ville pour diminuer la propagation de la peste.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c et d François de Lannoy, Pestes et épidémies au moyen-âge, Ouest-France, (ISBN 978-2-7373-6719-9), p. 25.
  2. a et b (en) Katharine Park, Black Death, Cambrige University Press, (ISBN 0-521-33286-9), p. 612-615
    dans The Cambridge World History of Human Disease, K.F. Kiple (Ed.)
    .
  3. A. Manuila, Dictionnaire français de Médecine et de Biologie, t. III, Masson, , p. 268.
  4. a et b Jean Noël Biraben, Les hommes et la peste en France et dans les pays européens et méditerranéens Tome I. La peste dans l'histoire, Mouton, (ISBN 2-7193-0930-3), p. 55.
  5. (en) N. J. Besansky, S. Haensch, R. Bianucci, M. Signoli, M. Rajerison, M. Schultz, S. Kacki, M. Vermunt, D. A. Weston, D. Hurst, M. Achtman, E. Carniel, B. Bramanti « Distinct Clones of Yersinia pestis Caused the Black Death » PLoS Pathogens 2010;6(10):e1001134. DOI:10.1371/journal.ppat.1001134.
  6. « Le contexte historique de la création du franc - La Peste noire », Bibliothèque nationale de France (consulté le 15 septembre 2007).
  7. Louis Bréhier, Le monde byzantin : Vie et mort de Byzance, Albin Michel, coll. « L'Évolution de l'Humanité » (ISBN 978-2226171023, lire en ligne), p. 425.
  8. F. de Lannoy, op. cit., p. 29.
  9. Frédérique Audouin-Rouzeau, Les chemins de la peste • Le rat, la puce et l'homme, Éditions Tallandier, collection « Texto », Paris, 2007, (ISBN 978-2-84734-426-4).
  10. Bove Boris, Le Temps de la Guerre de Cent ans 1328-1453, Édition Belin, 2009.
  11. (en) Schmid BV, Büntgen U, Easterday WR, Ginzler C, Walløe L, Bramanti B, Stenseth NC, « Climate-driven introduction of the Black Death and successive plague reintroductions into Europe », Proc Natl Acad Sci U S A., vol. 112, no 10,‎ , p. 3020-5. (PMID 25713390, DOI 10.1073/pnas.1412887112, lire en ligne [html]) modifier.
  12. a, b et c (en) C. Tsiamis, « Epidemic waves of the Black Death in the Byzantine Empire (1347-1453 AD) », Infections in the history of medicine, no 3,‎ , p. 194-201.
  13. Décrit par Michel de Piazza dans ses chroniques Historia Secula ab anno 1337 ad annum 1361.
  14. Notamment la grande famine de 1315 à 1322.
  15. Notamment de typhus.
  16. Dont la guerre de Cent Ans, qui débuta en 1336.
  17. Pierre Pinta, Le Liban, Kathala Éditions, 1995 (ISBN 2865376176 et 9782865376179), p. 66-67.
  18. Jonathan Duhoux, La Peste noire et ses ravages. L’Europe décimée au XIVe siècle, 50 Minutes, , p. 16.
  19. a et b Jean Kerhervé, La naissance de l'Etat moderne, 1180-1492, Hachette, coll. « Carré histoire / Histoire de la France », (ISBN 978-2-01-144934-4), p. 120-123.
  20. Georges Minois, La guerre de cent ans, Perrin, coll. « Tempus », (ISBN 978-2-262-06454-9), p. 72-73 et 134-135.
  21. Joseph P. Byrne 2012, p. 179-180.
  22. Joseph P. Byrne 2012, p. 22.
  23. G. d'Avenel, cité dans Jacques Friggit, « De Philippe Auguste à François Hollande, le prix des logements à Paris sur huit siècles », CGEDD, août 2012.
  24. Jean Kerhervé 2004, op. cit., p. 130.
  25. Bruno Halioua, Histoire de la médecine, Masson, , 272 p. (ISBN 2294010566, lire en ligne), « La grande peste ou peste noire », p. 103.
  26. a, b, c, d, e et f J.N. Biraben 1975 t.1, op. cit., p. 54-65 et 156-184.
  27. Jean-Noël Biraben 1975, op. cit., p. 171-174.
  28. F. de Lannoy, op. cit., p. 32.
  29. Smaïl Goumeziane, op. cit., p. 13-14.
  30. [PDF] Ibn Khaldoun, trad. William Mac Guckin de Slane, Les Prolégomènes (première partie), éd. Librairie orientaliste Paul Geuthner, Paris, 1863, p. 133.
  31. Joseph P. Byrne 2012, p. 106-107.
  32. Pour plus d'information sur les persécutions dont les Juifs furent l'objet à la suite de la peste noire, on se reportera à l'Histoire des Juifs par Heinrich Graetz.
  33. (en) Richard Gottheil et Meyer Kayserling, « Communal organisation », Jewish Encyclopedia (consulté le 3 novembre 2007).
  34. Sous la direction d’Élie Barnavi, Histoire universelle des Juifs, 1992, Hachette.
  35. Lazare Landau, « Le massacre de la Saint-Valentin », site internet du judaïsme d'Alsace et de Lorraine (consulté le 3 novembre 2007).
  36. « Grande Peste en Europe : 25 millions de victimes (autant en Asie) », Eurocles (consulté le 3 novembre 2007).
  37. D. Jacquart, Le milieu médical en France du XIIe au XVe siècle, Genève, Droz, , p.162-163.
  38. Millard Meiss.
  39. Boris Bove, Le Temps de la Guerre de Cent Ans 1328-1453, Éditions Belin, 2009, p. 294.
  40. a, b, c et d Biraben, Les maladies en Europe, Seuil, (ISBN 2-02-022138-1), p. 309-310
    dans Histoire de la pensée médicale en Occident, vol. 1, Antiquité et Moyen-Age, Mirko D. Grmek (dir.).
  41. a, b et c Joseph P. Byrne 2012, p. 99.
  42. a et b Joseph P. Byrne 2012, p. 9-10.
  43. a et b Joseph P. Byrne 2012, p. 310-312.
  44. Joseph P. Byrne 2012, p. 118.
  45. Graus František. « Autour de la peste noire au XIVe siècle en Bohême » Annales. Économies, Sociétés, Civilisations. 18e année, no 4, 1963. p. 720-724. DOI:10.3406/ahess.1963.421041.
  46. Jean-Noël Biraben 1976, p. 63-74.
  47. François de Lannoy 2016, op. cit., p. 41.
  48. Jean-Noël Biraben 1976, p. 60-61.
  49. a et b J.N Biraben, Les hommes et la peste Tome II, Mouton, 1976 p. (ISBN 2-7193-0978-8), p. 119-124 et p. 168.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Filmographie[modifier | modifier le code]