Friche

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Une friche est un terrain ou une propriété sans occupant humain actif, un terroir délaissé ou une zone abandonnée par l'homme, qui n’est en conséquence pas, ou plus cultivé, productif ni même entretenu.

Des activités marginales peuvent cependant s’y étendre si ses parties restent bien sûr accessibles : pâturage, cueillette, braconnage, chasse ou pêche et autres activités de loisirs. La coupe des ronces et broussailles, voire de la strate arborée, ce nettoyage provisoire ou intensif d’une friche, amenant ou non une mise en culture ou en parc surveillé, s’appelle le défrichage. Le défrichement désignait et désigne encore l'activité de suppression de l'état de forêt.

Friche sociale (en agriculture, sylviculture ou région industrielle)[modifier | modifier le code]

Maison abandonnée dans un village dépeuplé des Monts d'Arrée

La friche doit être distinguée de la jachère, qui est une préparation et un repos du sol.
La friche agricole résulte de la déprise agricole (ou abandon) des terres. Lorsqu'une terre agricole abandonnée commence à se reboiser naturellement, on parle alors d' « accrus ».

La friche sociale désigne le phénomène souvent conjoint

  • d'évolution de certaines structures paysagères (bocage, haies, talus, murets, fossés, etc)
  • d'abandon de tout ou partie du patrimoine bâti (fermes, bâtiments, hameaux ou villages abandonnés et tombant en ruines ou rachetés par des résidents secondaires)
  • recul du pastoralisme (là où il était présent[1])
  • régression démographique marquée ou d'un transfert vers les bourgs et villes.
  • moindre présence des services publics et privés, qui ferment les uns après les autres, ce qui encourage un processus sans fin de vieillissement de la population (ce sont les jeunes qui partent) et de déclin démographique.

Friche urbaine[modifier | modifier le code]

Ce sont les quartiers industriels ou très anciens, abandonnés après la faillite d’usine ou pour des raisons de dépeuplement dans certains secteurs en crise (bassins houillers ou sidérurgiques). Ils font souvent l’objet de requalification urbaine, avec des aides des états et collectivités. Dans quelques cas particuliers, ce sont des villes entières qui ont été abandonnées (villes de garnison, villes-champignons minières du Far West, communes désertées suite à des guerres, ou villes et villages contaminés par les retombées de Tchernobyl). On les désigne parfois sous le nom de ville fantôme.

Friche industrielle[modifier | modifier le code]

Article détaillé : friche industrielle.
Friche industrielle, susceptible de faire l’objet d’une requalification ou d’une démolition

Par extension, on appelle friche industrielle, une zone industrielle dans laquelle les activités industrielles ont été démantelées, le terrain ayant été totalement débarrassé ou éventuellement conservant des vestiges d’installation.

Les friches industrielles posent souvent des problèmes de dépollution pour pouvoir les reconvertir à d’autres fins (agriculture, logement, loisirs…).

En France, des établissements publics fonciers (EPF), régionaux, peuvent lever une taxe pour réhabiliter les friches industrielles ou urbaines. 50 % environ des friches existantes dans les années 1980-1990 (10 000 ha environ) étaient situées dans les anciens départements industriels du Nord et du Pas-de-Calais, dues à la crise de l’industrie charbonnière, métallurgique et des filatures à la fin du XXe siècle. Les EPF peuvent s’appuyer sur des bases de données (BASIAS, BASOL) et des études de risque pour mieux cibler les mesures de mise en défend, en sécurité ou de dépollution, avant requalification du site. Ces sites ont dans un premier temps été rendus à l’industrie. Depuis les années 1990, ils sont plutôt rendus à la nature (trame verte) ou transformés en Espaces verts. Dans le Nord-Pas-de-Calais, l’EPF a ainsi avant 2005 déjà replanté plus de 10 millions d’arbres et buissons sur ces sites requalifiés, et la Mission Bassin minier aide à les intégrer dans la Trame verte du bassin minier

Éléments de définitions et de contextes[modifier | modifier le code]

  • En France, cette notion est très présente des années 1970 à 1990 alors que les progrès de l'agriculture ont dopé la productivité dans les plaines et plateaux, tout en rendant moins rentable l'agriculture de montagne et basse montagne ; ainsi en 1990, 12 millions d'hectares ont été libérés de l'agriculture par des exploitants en partance, dont huit seulement repris par de nouveaux exploitants[2]. Une politique de gel volontaire est demandée par exemple par G de Benoist, président des céréaliers de France en 1991, il affirmait qu'il fallait volontairement geler 400 000 à 500 000 ha pour la fin 1991 afin de maintenir les prix agricoles, ou que la CEE imposerait un Gel des terres (en plus des quotas, dont quotas laitiers visant à limiter l'effondrement des prix que risquait de produire la surproduction due à une forte augmentation de la productivité[2].
  • La notion de friche (inculto faciès) a dans les pays riches et d’agriculture intensive et dans les contextes utilitaristes une connotation généralement négative. Mais certains auteurs comme François Terrasson, ont tenté de défendre l’intérêt de la friche qui est aussi un retour des processus de la vie sauvage.
  • Les biogéographes se sont aussi, récemment, intéressés à la friche, en explorant les liens entre les notions de géosystème[3], de déprise et d'aménagement du territoire[4].
  • La télédétection permet un suivi de processus d'avancée ou reculs de la friche urbaine, agricole ou forestière[5]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Alard D. (1990) La végétation pastorale de Normandie centrale Thèse de nouveau Régime, Biologie des organismes et des populations, Université de Rouen.
  2. a et b Fottorino (E.) 1991. http://www.persee.fr/articleAsPDF/noroi_0029-182x_1991_num_152_1_6398_t1_0462_0000_2/article_noroi_0029-182x_1991_num_152_1_6398_t1_0462_0000_2.pdf La France en friche] Ed Lieu commun ; (compte rendu par Geoffroy Bernard), in Norois, 1991, vol 152 n°1 ; pp. 462-463
  3. Braud M., Poussard A, Raynard Ph., (1990) : Contribution à l'étude géosystémique des friches agricoles ; l'exemple de quelques communes du Pays d'Auge, Mémoire de Maîtrise, Université de Caen.
  4. Gérard Houzard et A. Lecointe : http://www.persee.fr/articleAsPDF/geoca_0035-113x_1991_num_66_1_5758/article_geoca_0035-113x_1991_num_66_1_5758.pdf Étude biogéographique des friches]. Premiers résultats. Rev. Géogr. Lyon, 66, 1991, p. 38-46 (PDF, avec Persée)
  5. Nathalie Fer (1994), Processus de diffusion de la friche et télédétection ; Norois, 1994, vol 164, n°1 ; pp. 657-666 (PDF, avec Persée)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]