Jules Soury

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Jules Soury
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Jules Soury, caricaturé par Dubois vers 1877.

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Jules Soury (28 mai 1842-10 août 1915) est un théoricien et historien de la neuropsychologie, professeur à l'École pratique des hautes études. Il est connu pour ses convictions antisémites et son engagement nationaliste.

Biographie[modifier | modifier le code]

Fils d'un ouvrier parisien pauvre, Antoine-Marie-François Soury, il fréquente l'école primaire laïque jusqu'à ses douze ans pour entrer en apprentissage de 1854 à 1858 chez un fabricant d'instruments de précision en verre. Il suit alors les cours du soir de physique et de chimie à l’École des Arts et Métiers. À 17 ans, il entre en sixième au lycée Louis-le-Grand. Il poursuit ses études secondaires au lycée Saint-Louis, d'où il sort bachelier ès lettres en 1862.

Licencié ès lettres à la Sorbonne en octobre 1863, il suit ensuite une formation à l'École des chartes où il a pour professeur Jules Quicherat . Il sort archiviste paléographe en 1867 après une thèse intitulée Des études hébraïques et exégétiques au Moyen Âge chez les chrétiens d'Occident. À cette époque, il est présenté à Renan par Michel Bréal ; il suit son enseignement à son domicile (Soury maintiendra des relations avec Renan encore après le second voyage au Levant de Renan). Parallèlement il étudie la neurologie à la Salpêtrière à partir de 1865 sous la conduite de Jules Bernard Luys et de Auguste Félix Voisin. Étant l'ami de Paul Bert qui avait créé le 30 novembre 1881 une chaire d'Histoire des doctrines psychologiques à l'École pratique des hautes études (EPHE), il se voit attribuer cette place qui était aussi convoitée par Théodule Ribot. Il enseignera de 1881 à 1898.

Il est l'auteur de la préface d'un livre de Pietro Siciliani intitulé De la psychogénie moderne au service des études biologiques historiques et sociales, (Della psicogenia moderna in servigio degli studi biologici, storici e sociali) mis à l'Index en 1882.

Dans les années 1890, les leçons de Soury attirent des personnalités comme Clemenceau, Anatole France, Marcel Sembat et Maurice Barrès.

En 1899, l'Académie des sciences et l'Académie de médecine couronnent son ouvrage Le système nerveux central, structures et fonctions, histoire critique des théories et des doctrines.

Il était admirateur d'Ernest Renan et exerça une influence forte sur Maurice Barrès, qui suivit ses cours de 1893 à 1897[1]. Il forgea une pensée nationaliste, mettant l'accent sur la continuité des traditions en s'appuyant sur la science et une supposée « hérédité psychologique  ». Décrit comme une personnalité pathologique par Léon Daudet[2], il exprime des idées d'un antisémitisme virulent[3]. Soury fut un des principaux théoriciens de la campagne nationaliste antisémite pendant l'Affaire Dreyfus.

Il traduisit en français plusieurs ouvrages de Ernst Haeckel. Il eut pour élèves Pierre Janet et Georges Dumas.

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • Des études hébraïques et exégétiques au Moyen Age chez les chrétiens d'Orient. Thèse de l'École des Chartes. Paris, Imprimerie de S. Raçon, 1867.
  • Etudes de psychologie historique. Portraits de femmes. Paris, Sandoz & Fischbacher, 1875.
  • Etudes historiques sur les religions, les arts, la civilisation de l'Asie antérieure et de la Grèce. Paris, G. Reinwald, 1877.
  • Essais de critique religieuse. Paris, E. Leroux, 1878.
  • Jésus et les Evangiles. Paris, Charpentier, 1878 ; 3e éd. en 1898 : Jésus et la religion d'Israël.
  • Etudes de psychologie historique. Portraits du XVIIIe siècle. Paris, Charpentier»1879.
  • De Hylozoismo apud Recentiores, Facultati Litterarum Parisiensi thesim proponebat...Lutetise Parisiorum, G. Charpentier, 1881.
  • Théories naturalistes du monde et de la vie dans l'Antiquité, thèse présentée à la Faculté des Lettres de Paris. Paris, Charpentier, 1881.
  • Bréviaire de histoire du matérialisme. Paris, Charpentier, 1881.
  • Morbid Psychology. Studies on Jesus and the Gospels. The Religion of Israel, translated by Annie Besant. London, Freethought Publishing Company,1881.
  • Philosophie naturelle. Paris, Charpentier, 1882.
  • Les fonctions du cerveau. Paris, F. Alcan, 1892. Article « Cerveau » dans le Dictionnaire de physiologie de Ch. Richet, t. II, pp. 547-670, 788-976. Paris, Alcan, 1896.
  • Le système nerveux central ; structure et fonctions ; histoire critique des théories et des doctrines. Paris, G. Carré & Naud, 1899 (couronné par l'Académie de Médecine, Prix Saintour, 1908, et par l'Académie des Sciences, Prix Monthyon).
  • Campagne nationaliste 1894-1901. Autobiographie. Paris, Imprimerie de L. Maretheux, 1902.

Traductions[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

  • « Jules Soury (nécrologie) », dans École pratique des hautes études, Section des sciences historiques et philologiques. Annuaire 1915-1916, Paris, Imprimerie nationale, (lire en ligne), p. 71-73.
  • Marcel Gauchet, L'inconscient cérébral, Seuil, Paris, 1992.
  • (en) Tony Gelfand, « Jules Soury, Le système nerveux central (Paris, 1899) », Journal of the History of the Neurosciences, vol. 8, no 3,‎ , p. 235-247 (lire en ligne).
  • (en) Toby Gelfand, « From Religious to Bio-medical Semitism : The Career of Jules Soury », dans Ann La Berge et Mordechai Feingold (dir.), French Medical Culture in the Nineteenth Century, Amterdam / Atlanta, Brill / Rodopi, , XII-384 p. (ISBN 978-9-0518-3561-8), p. 248-279.
  • Pierre Huard, « Jules Soury (1842-1915) », Revue d'histoire des sciences et de leurs applications, Paris, Presses universitaires de France, t. 23, no 2,‎ , p. 155-164 (lire en ligne).
  • André Rouveyre, Souvenirs de mon commerce, Mercure de France, 1921. L'auteur y narre ses relations avec Rémy de Gourmont, Guillaume Apollinaire, Jean Moréas et Jules Soury.
  • (en) Francis Schiller, « Jules Soury (1842–1915) », dans Webb Haymaker et Francis Schiller (dir.), The Founders of Neurology : One Hundred and Forty-Six Biographical Sketches by Eighty-Eight Authors, Springfield (Illinois), Charles C. Thomas Publisher, , p. 573-576.
  • Marius Sepet, « Jules Soury », Bibliothèque de l'école des chartes, Paris, Librairie Alphonse Picard et fils, t. 76,‎ , p. 455-456 (lire en ligne).
  • Pierre-André Taguieff, « L'invention racialiste du Juif », Raisons politiques, Paris, Presses de Sciences Po, no 5 « L'ennemi »,‎ , p. 29-51 (lire en ligne).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Zeev Sternhell, Maurice Barrès et la nationalisme français, p.254
  2. Léon Daudet, « Le drame de Jules Soury », L'Action française, no 33,‎
  3. Les collections de l'Histoire n°3/10, « Jules Soury, un raciste français »,

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]