Décomposition

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Évolution d'une pêche (un délai d'environ douze heures s'écoule entre deux images).

En biologie, la décomposition, appelée aussi putréfaction, est le processus par lequel des corps organisés, qu'ils soient d'origine animale ou végétale dès l'instant qu'ils sont privés de vie, dégénèrent sous l'action de facteurs biologiques modifiant complètement leur aspect et leur composition. Le processus de décomposition fait intervenir une succession de micro-organismes tels que les champignons et les bactéries, le plus souvent anaérobies. Autrement dit, il s'agit de la dégradation des molécules organiques par l'action de micro-organismes.

Plus familièrement, le verbe « se décomposer » est remplacé par « pourrir ». Exemple : « un fruit dans un état de décomposition avancée » serait remplacé par « un fruit pourri ».

Conditions de la décomposition[modifier | modifier le code]

Le processus de décomposition évolue au cours du temps en fonction des conditions environnementales telles que la disponibilité en oxygène, la température ou l'humidité et de la qualité du substrat comme le rapport carbone/azote (rapport C/N), la qualité du carbone (proportion de composés solubles, cellulose, lignine, tanin…) ou le contenu en éléments minéraux (azote, phosphore).

Types de décompositions[modifier | modifier le code]

Grappe de raisin contaminée par le champignon Botrytis cinerea

En pathologie végétale, la pourriture fait suite à une maladie cryptogamique ou bactérienne des végétaux. Les termes de « pourriture grise » désignent une attaque du champignon microscopique Botrytis cinerea sur une large gamme de cultures : fruits, légumes, végétaux d'ornement et sur les grappes de vigne.

L'appellation de « pourriture noble » désigne un effet bénéfique de la présence de Botrytis cinerea, qui entraîne, dans un petit nombre de terroirs, l'apparition d'arômes très appréciés dans des vins liquoreux.

En aquariophilie, la pourriture des nageoires désigne une affection provoquée par des bactéries (Aeromonas ou Pseudomonas) ou par des mycobactéries (Mycobacteriaceae).

Chez l'homme, il y a deux stades de décomposition identifiés selon le processus de destruction : l'autolyse des cellules qui se réaliss sans l'action des bactéries ; la putréfaction, qui correspond à la réduction et la liquéfaction des tissus, est un processus essentiellement microbiologique qui débute par l’apparition de la tache verte abdominale (résultant de la transformation sous l’action des bactéries, de l’hémoglobine en sulfhémoglobine verte) de putréfaction au niveau de la fosse iliaque droite, 48 heures après la mort. Elle s’étend par la suite vers l’abdomen, le thorax puis la tête, s’accompagnant d’un ballonnement du cadavre secondaire à la libération des gaz putrides (CH4, H2S) par la flore bactérienne intestinale. La putréfaction intéresse aussi les vaisseaux sanguins au niveau de la peau, faisant ainsi l’apparition du dessin des vaisseaux à la surface cutanée. Cette circulation posthume réalise un réseau verdâtre très visible sous la peau à un stade plus avancé[1].

Stades de décomposition d'un porc
Decomposition stages.jpg

Rôle de la décomposition dans les écosystèmes[modifier | modifier le code]

Comme élément de base dans un cycle[modifier | modifier le code]

La décomposition est à la base de la constitution de l'humus et de certains réseaux trophiques temporaires. Par exemple après avoir pondu, les saumons mouraient autrefois par millions près des sources. Leurs cadavres se décomposaient en donnant source à des bactéries et microinvertébrés qui seront la nourriture des alevins. Ils étaient si nombreux que les espèces nécrophages ne pouvaient en consommer qu'une petite partie[2].

Inhibition de la décomposition par certains polluants[modifier | modifier le code]

La pollution environnementale affecte les processus naturels de décomposition et donc le cycle du carbone et d'autres éléments.

Des études ont montré que les feuilles d'arbres urbains (chêne[3], bouleau[4]) pollués par la circulation automobile et urbaine se décomposent moins bien (probablement en raison de leur teneur en éléments traces métalliques notamment) et que la litière est également plus pauvre notamment en mycéliums de champignons[3]. Sur des sites très pollués, les végétaux morts (issus des quelques espèces capables de survivre dans un tel environnement) peuvent cesser de se décomposer (sur certaines pelouses calaminaires par exemple exposées aux séquelles de retombées ou de pollution issues d'industries métallurgiques).

Ceci vaut aussi pour les aiguilles de résineux. Ainsi le long d'un gradient allant d'un sol peu pollué (par des métaux lourds) vers un sol très pollué, la litière d'arbres résineux se décompose également de plus en plus mal[5].

Moyens de prévenir ou de retarder la décomposition[modifier | modifier le code]

La décomposition faisant intervenir des agents de dégradation eux-mêmes vivants, les éléments suivants peuvent s'opposer à la décomposition en les neutralisant :

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. R.C. Janaway, « The decay of buried human remains and their associated materials », in John Hunter, ‎Charlotte A. Roberts, ‎Anthony Martin (éds) Studies in Crime: An Introduction to Forensic Archaeology, Psychology Press, 1996, p.58-85
  2. Wipfli M.S, Hudson J & Caouette J (1998) Influence of salmon carcasses on stream productivity: response of biofilm and benthic macroinvertebrates in southeastern Alaska, USA. Canadian Journal of Fisheries and Aquatic Sciences, 55(6), 1503-1511
  3. a et b Maria Francesca Cotrufo, Amalia Virzo De Santo, Anna Alfani, Giovanni Bartoli, Annunziata De Cristofaro (1995) Effects of urban heavy metal pollution on organic matter decomposition in Quercus ilex ; L. Woods. Environmental Pollution 89: 81-87 (résumé)
  4. Dallas Johnson, Beverley Hale (2004), White birch (Betula papyrifera Marshall) foliar litter decomposition in relation to trace metal atmospheric inputs at metal-contaminated and uncontaminated sites near Sudbury, Ontario and Rouyn-Noranda, Quebec, Canada ; Environmental Pollution Volume 127, Issue 1, January 2004, Pages 65–72 (résumé)
  5. McEnroe NA, Helmisaari HS (2001), Decomposition of coniferous forest litter along a heavy metal pollution gradient, south-west Finland Environmental Pollution Volume 113, Issue 1, June 2001, Pages 11–18 (résumé)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Boddy LYNNE (1986). Water and decomposition processes in terrestrial ecosystems. Water, Fungi and Plants. Cambridge University Press, Cambridge, 375-398.
  • Suberkropp, K. (1998). Microorganisms and organic matter decomposition. River ecology and management: lessons from the Pacific coastal ecoregion, 120-143.
  • Martius, C. (1997). Decomposition of wood. In The Central Amazon Floodplain (pp. 267-276). Springer Berlin Heidelberg.
  • Went, F. W., & Stark, N. (1968). The biological and mechanical role of soil fungi. Proceedings of the National Academy of Sciences, 60(2), 497-504.
  • Zabel, R. A., & Morrell, J. J. (2012). Wood microbiology: decay and its prevention. Academic press.