Royaume de Naples

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Royaume de Naples
Regno di Napoli

12821799
17991806
18151816

Drapeau
Drapeau du royaume de Naples (1734–1806 ; 1815–1816).
Blason
Armoiries du royaume de Naples.
Description de cette image, également commentée ci-après
Localisation du royaume de Naples (en orange).
Informations générales
Statut Monarchie en union personnelle avec :
- Comté puis duché d'Anjou (1282-1290, 1435-1442)
- Comté de Provence (1285-1382, 1435-1442)
- Royaume de Hongrie (1385-1386)
- Couronne d'Aragon (1442-1458, 1504-1516)
- Royaume de France (1495, 1501-1504)
- Monarchie catholique espagnole (1516-1713)
- Monarchie de Habsbourg (1713-1734)
Capitale Naples
Langue(s) Napolitain
Religion Catholicisme
Monnaie Piastre napolitaine et lire napolitaine
Histoire et événements
1282 Scission du royaume de Sicile.
1302 Paix de Caltabellotta.
1647-1648 République napolitaine.
1806-1815 Royaume de Naples napoléonien.
1816 Union avec le royaume de Sicile.
Roi de Naples
(1er) 1282-1285 Charles Ier d'Anjou
(Der) 1815-1816 Ferdinand Ier des Deux-Siciles

Entités précédentes :

Le royaume de Naples (en italien : Regno di Napoli) est une dénomination courante, mais non officielle de l'ancien royaume d'Italie méridionale dont la capitale était Naples. Sa dénomination officielle était Regnum Siciliae citra Pharum, c'est-à-dire « royaume de Sicile en deçà du détroit de Messine » (« Sicile citérieure » ou « péninsulaire », par opposition à la « Sicile ultérieure » ou « insulaire » ou « au-delà de détroit de Messine »).

Issu de la partition en 1282 du royaume de Sicile, créé en 1130 par le Normand Roger de Hauteville, il en regroupait les terres péninsulaires, situées au sud des fleuves Tronto sur la côte adriatique et Liri-Garigliano sur la côte tyrrhénienne et des monts Simbruins dans les Apennins.

Histoire[modifier | modifier le code]

Période angevine (1282-1442)[modifier | modifier le code]

Le royaume naît de la scission de fait du royaume de Sicile, à la suite des Vêpres siciliennes de 1282. Charles d'Anjou, chassé de Sicile par les troupes de Pierre III d'Aragon, se maintient sur la partie continentale du royaume, dont Naples devient la capitale, ce qui entraîne une forte croissance de la ville auparavant dominée par Palerme.

Sous le règne de Robert Ier, le royaume de Naples connaît une période de paix et de prospérité. Le roi fait de Naples un des centres culturels de l'Italie, invitant à sa cour Giotto, Pétrarque et Boccace.

La seconde partie du XIVe siècle voit cependant s'amorcer une période de déclin due à la lutte entre deux branches de la dynastie pour régler la succession de Robert Ier, puis de sa fille, la reine Jeanne Ire. La maison d'Anjou-Duras finit par triompher, avec Charles III, duc de Duras, qui fait assassiner la reine Jeanne en 1382.

Son fils, Ladislas Ier, étend le territoire du royaume sur une partie de l'Italie centrale, caressant le rêve d'unifier la péninsule. À sa mort sans héritier en 1414, c'est sa sœur, Jeanne II, qui monte sur le trône.

La dynastie angevine de Naples, par le jeu des successions, hérite en 1323 de la couronne de Hongrie lorsque Charles Martel d'Anjou la reçoit à la mort de sa mère Marie de Hongrie en 1323.

Période aragonaise (1442-1495)[modifier | modifier le code]

En 1442, le roi Alphonse V d'Aragon s'empare du royaume de Naples et de la Sicile et se fait nommer Rex utriusque Siciliae (« roi des Deux-Siciles »). Les deux royaumes deviennent une dépendance de la Couronne d'Aragon. Alphonse V maintient la capitale à Naples. À sa mort, le royaume est de nouveau séparé entre ses héritiers : son fils naturel, Ferdinand, hérite de Naples.

Alphonse V puis Ferdinand entretiennent une cour brillante à Naples, qui devient un foyer de l'humanisme, attirant des artistes et des lettrés du nord de l'Italie. Ferdinand Ier achève de centraliser le royaume, en matant deux révoltes féodales et en intégrant dans le domaine royal les possessions des princes de Tarente.

À sa mort en 1494, il est remplacé par son fils Alphonse II. Mais l'année suivante, débute l'intervention française à l'origine des guerres d'Italie.

La période des guerres d'Italie (1495-1559) : entre la France et l'Espagne[modifier | modifier le code]

Alphonse II est chassé en 1495 par le roi de France Charles VIII qui, descendant des Angevins, revendique l'héritage du royaume : c'est l'origine des guerres d'Italie. Mais, bien qu'il ait conquis la capitale, Charles VIII abandonne son projet face à l'hostilité des autres États italiens et rentre en France (1497).

Le frère d'Alphonse II, Frédéric Ier, monte peu après sur le trône, mais en est dépossédé par son cousin le roi Ferdinand II d'Aragon qui règne sur l'Espagne[1] et s'empare de Naples, au cours de la troisième guerre d'Italie (1501-1504), menée contre le roi de France Louis XII.

Ferdinand II, également maître de la Sicile, restaure politiquement le royaume des Deux-Siciles, mais les deux entités qui le composent restent juridiquement distinctes, chacune gouvernée par un vice-roi représentant le roi d'Espagne.

Naples reste un sujet de discorde entre la France et l'Espagne pendant plusieurs décennies, enjeu des multiples guerres entre François Ier et Charles Quint, petit-fils de Ferdinand II, mais aussi chef de la maison de Habsbourg et empereur.

La France, menacée en Picardie et en Lorraine dès que son armée sort du Piémont, perd graduellement prise sur ce territoire.[pas clair]

Vaincu par Philippe II lors de la onzième guerre d'Italie, Henri II renonce aux prétentions françaises sur le royaume de Naples par les traités du Cateau-Cambrésis (avril 1559).

Le royaume après la victoire espagnole (1559-1714)[modifier | modifier le code]

En 1557, l'État des Présides, un territoire détaché de la république de Sienne, alors disparue, a été annexé au royaume de Naples.

En 1571, est nommé vice-roi Antoine Perrenot de Granvelle, archevêque de Malines aux Pays-Bas (jusqu'en 1575).

Revendications de la maison de La Trémoille (1643-1748)[modifier | modifier le code]

En 1643, le duc Henri de La Trémoille fait valoir ses droits à la couronne de Naples. Descendant d'Anne de Laval, princesse de Tarente et petite-fille de Frédéric d'Aragon, Henri de La Trémoille est en effet le seul héritier de l'ancien roi de Naples.

Le roi Louis XIII autorisa le duc à prendre le titre de prince de Tarente et, par brevet délivré vers 1629[pas clair], lui accorda les privilèges attachés au rang de prince étranger. En 1648, Louis XIV lui permit d'envoyer un représentant pour soutenir ses droits devant le congrès réuni à Münster, où étaient élaborés les traités de Westphalie qui devaient mettre fin à la guerre de Trente Ans[2]. Les La Trémoille tentèrent, mais sans y parvenir, de faire reconnaître leurs droits au trône napolitain lors des congrès de Münster, de Nimègue et de Ryswyk[3]. Le , la maison de La Trémoille soutiendra une ultime protestation relative à ses droits sur le royaume de Naples, quoique cette couronne ait été cédée par le traité de Vienne de 1738 au roi de Sicile[4].

Période des Habsbourg d'Autriche (1714-1734) puis des Bourbon d'Espagne (1734-1805)[modifier | modifier le code]

Le traité de Rastatt de 1714 laissa Naples à l'empereur Charles VI, chef des Habsbourg d'Autriche, amorçant une période de domination autrichienne sur le royaume, qui continue d'être gouverné par un vice-roi. En 1720, l'Autriche et la Savoie procèdent à un échange de territoire : la Sardaigne sous domination autrichienne passe à la maison de Savoie, et la Sicile est transmise aux Habsbourg. Cependant, quoique les deux royaumes soient ainsi joints dans le cadre d'une union personnelle, les couronnes de Naples et de Sicile demeurent officiellement distincts.

La domination de l'Autriche ne dure que deux décennies : en 1734, Charles de Bourbon, fils du roi d'Espagne, conquiert le royaume de Naples. Après plus de deux cents ans de soumission à une vice-royauté étrangère, le royaume de Naples se trouve ainsi indépendant et, en 1735, après s'être emparé de la Sicile, le roi Charles de Bourbon parvient à réunir les deux couronnes sur sa tête. Formellement, il s'agit toujours là d'une union personnelle, le souverain portant des numéros différents à Naples (Charles VII) et en Sicile (Charles V). Par facilité, on parle cependant fréquemment de royaume des Deux-Siciles, une appellation qui ne deviendra officielle qu'au début du XIXe siècle, lors de l'union des deux royaumes par Ferdinand Ier.

Période napoléonienne (1805-1815)[modifier | modifier le code]

Les États du roi Ferdinand font partie de la troisième coalition contre Napoléon en 1805.

En 1806, à la suite des victoires d'Austerlitz sur les Austro-Russes et de Campo Tenese sur les Napolitains, Napoléon installe son frère Joseph sur le trône de Naples. Ferdinand fuit vers la Sicile où il conserve le pouvoir.

Deux ans plus tard, Joseph est envoyé en Espagne et remplacé à Naples par sa sœur Caroline et son beau-frère, le maréchal Joachim Murat. Les tentatives de Murat pour conquérir la Sicile échouent. L'île est défendue par les Britanniques et Ferdinand participe aux coalitions suivantes (quatrième, cinquième et sixième) contre Napoléon.

Après la défaite de Napoléon en 1814, Murat conclut une entente avec l'Autriche et conserve le trône de Naples, malgré les protestations de Ferdinand et de ses partisans. Cependant, les autres puissances, en particulier la Grande-Bretagne, lui sont hostiles. Murat dépend donc du soutien incertain de l'Autriche et sa position devient de moins en moins sûre.

En 1815, lors des Cent-Jours, Murat se rallie à Napoléon et, par la proclamation de Rimini, s'allie aux nationalistes italiens dans l'espoir de sauver son royaume. La guerre napolitaine qui suit entre Murat et les Autrichiens se termine rapidement par la victoire des forces autrichiennes à Tolentino. Murat tente de fuir, mais est capturé et exécuté à Pizzo, en Calabre.

Ferdinand réunit ses couronnes, et l'année suivante (1816), l'union du royaume de Naples et du royaume de Sicile dans le nouveau royaume des Deux-Siciles est formellement réalisée.

Drapeaux[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (it) Nicola Forte, Viaggio nella memoria persa del Regno delle Due Sicilie. La storia, i fatti, i fattarielli, Imagaenaria, Ischia, 2007 (ISBN 88-89144-70-X).
  • (fr) Fabienne Coudin, Naples, 1266-1442, L'aventure angevine. Itinéraire historique, Pau, Périégète, 2015.
  • (it) Benedetto Croce, Storia del Regno di Napoli, Adelphi, Milan, 1992.
  • (it) Benedetto Croce, La rivoluzione napoletana del 1799. Biografie, racconti e ricerche, Bari, Laterza, 1961.
  • (it) Mario Forgione, Masaniello, Naples, Edi, 1994.
  • (it) Mario Forgione, Napoli Ducale, Rome, Newton & Compton, 1997.
  • (it) Mario Forgione, I viceré 1503-1707. Cronache irriverenti di due secoli di dominazione spagnola a Napoli, Tempolungo, Naples, 1998.
  • (it) Mario Forgione, Eleonora Pimentel Fonseca, Newton & Compton, Rome, 1999.
  • (it) Mario Forgione, Luisa Sanfelice, Newton & Compton, Rome, 1999.
  • (it) Mario Forgione, Donne della rivoluzione napoletana del 1799, Tempolungo, Naples, 1999.
  • (fr) Gérard Labrot, Quand l'histoire murmure. Villages et campagnes du royaume de Naples (XVIe – XVIIIe siècle), Rome, École française de Rome, coll. « Collection de l'École française de Rome - 202 », , 1re éd. (1re éd. 1995), 687 p. (ISBN 2-7283-0327-4).
  • (it) Nico Perrone, Il truglio. Infami, delatori e pentiti nel Regno di Napoli, Sellerio, Palerme, 2000 (ISBN 8-83891-623-3).
  • (it) Nico Perrone, La Loggia della Philantropia. Un religioso danese a Napoli prima della rivoluzione, Sellerio, Palerme, 2006 (ISBN 8-83892-141-5).
  • (it) Nico Perrone, L’inventore del trasformismo. Liborio Romano, strumento di Cavour per la conquista di Napoli, Rubbettino, Soveria Mannelli, 2009 (ISBN 978-88-498-2496-4).
  • (it) Pasquale Villani, « Il Decennio francese », dans Storia del Mezzogiorno, vol. IV, tome II, Il Regno dagli Angoini ai Borboni, Rome 1986.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]