Les Animaux malades de la peste

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Les Animaux malades de la Peste
image illustrative de l’article Les Animaux malades de la peste
Gravure de Gustave Doré (1868)

Auteur Jean de La Fontaine
Pays Drapeau de la France France
Genre Fable
Éditeur Claude Barbin
Lieu de parution Paris
Date de parution 1678

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Les Animaux malades de la peste est la première fable du livre VII de La Fontaine situé dans le deuxième recueil des Fables de La Fontaine, édité pour la première fois en 1678.

On y trouve les formules : « Ils ne mouraient pas tous, mais tous étaient frappés » et « Selon que vous serez puissant ou misérable / Les jugements de cour vous rendront blanc ou noir ». L'expression « crier haro sur le baudet » tire son origine de cette fable.

Il est bon de noter que La Fontaine fait aussi un éloge de l'éloquence dans cette fable. L'âne est sot et a une mauvaise maîtrise du langage que l'on peut voir grâce aux procédés suivants :

1 - Le nombre de virgule pour une seule phrase, la rendant trop longue et cassant ainsi le rythme des vers. 2 - Les rimes en "an" laides qui rappellent les hennissement d'un âne, dit "ânnonant". 3 - Et par son discours direct qui ne nuance pas son propres "méfaits" avec l'utilisation du mot "Diable". C'est la maladresse de discours de l'âne qui l'a condamné. Le véritable vainqueur de cette fable est le renard, un orateur expert dans l'art de l'esquive qui finit même par être applaudi. Il parle directement au roi en utilisant le vouvoiement pour ainsi éviter d'avoir à confesser ses propres crimes. Ses vers, contrairement à ceux de l'âne, ont une vivacité et sont construits, sans trop de virgule. Son éloge du Roi est d'ailleurs plaisante à entendre grâce aux rimes internes des vers 36 et 37 (=Mouton/non).

L'argumentaire du renard permets aussi un 3ème niveau de lecture aux vers 41-42 : le berger est condamnable car il s'autorise seul à domestiquer les animaux ce qui excuse d'autant plus le Lion.

Texte[modifier | modifier le code]

Analyse[modifier | modifier le code]

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Jean de La Fontaine met en place des personnages types qui correspondent chacun à des individus ou des groupes sociaux. Cette fable met en scène le bestiaire : groupe d'animaux où le roi est représenté par le lion, le ministre (celui qui garde sa place en donnant raison au roi) par le renard, d'autres courtisans par l'ours et le tigre, le clergé par le loup et un homme non courtisan (basse noblesse) par l’âne.

Cette fable illustre la maxime « La raison du plus fort est toujours la meilleure » (La Fontaine, Le loup et l’agneau). C'est toujours le plus faible que l'on punit quand on a la force de le faire, c'est la loi des vainqueurs. Pour donner raison au lion (symbole du roi, donc du plus fort), le renard dit que ce n'est point un péché de manger des moutons. Mais, lorsqu'un âne (honnête, mais sans doute naïf) dit qu'il a mangé de l'herbe d'un pré sans en avoir le droit, les animaux décident de le sacrifier. Ils ont ainsi (une fausse) bonne conscience en le mangeant. Les personnages sont ancrés dans la réalité du temps de La Fontaine, mais leurs attitudes restent universelles. Le dénouement est tragique, mais il permet d’insister sur l’hypocrisie et sur le scandale d’une justice contrôlée par les puissants.