Agence nationale de la recherche

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Agence nationale de la recherche
Image illustrative de l'article Agence nationale de la recherche

Création 2005
Type Groupement d'intérêt public
Siège Paris
Drapeau de la France France
Langue Français
Présidente du Conseil d'administration Eva Pebay-Peyroula
Site web http://www.agence-nationale-recherche.fr

L'Agence nationale de la recherche (ANR) est une agence de moyens créée le 7 février 2005, qui finance la recherche publique et la recherche partenariale en France. Elle a été mise en place initialement sous la forme d'un groupement d'intérêt public, par le gouvernement Jean-Pierre Raffarin (3). Depuis le 1er janvier 2007, l'agence dispose du statut d'établissement public à caractère administratif[1]. L'ANR s'est substituée aux dispositifs ministériels pré-existants de financement incitatif : le fonds national pour la science (FNS) et le fonds pour la recherche technologique (FRT)[2].

Cette agence de moyens finance directement les équipes de recherche publiques et privées, sous forme de contrat de recherche à durée déterminée. Son budget, qui était de 350 millions d'euros (M€) en 2005 a progressé rapidement jusqu'à atteindre 955 M€ en 2009.

Par extension, les chercheurs utilisent souvent le terme « une ANR » pour désigner une demande de financement auprès de l'agence ou le financement lui-même.

Activités[modifier | modifier le code]

L'activité principale de l'ANR consiste à financer des projets de recherche scientifique ou technologique au travers d'appels à projets (AAP) compétitifs. Ces projets sont portés par une ou plusieurs équipes de recherche et s'étendent sur une durée déterminée, en moyenne 3 ans. En plus des appels à projet, l'ANR finance des opérations spécifiques dans le domaine du transfert de technologie, comme les Instituts Carnots ou les chaires industrielles. Elle a également pour vocation le financement d'opérations de coopération internationale scientifique. Enfin, elle a mis en place des ateliers de réflexion prospective pour aider à la construction de sa programmation scientifique.

En 2013, il était supposé que l'ANR ne représentait "que 8 à 10% du budget total de la recherche publique, mais la moitié des financements incitatifs sur projets"[3].

Appels à projets[modifier | modifier le code]

En 2011, l'ANR a consacré 557 M€ aux appels à projets, soit un peu plus de la moitié de son budget [4]. Ces appels à projets se décomposent en appels ou programmes non-thématiques (ANR "blanc") et en appels thématiques, focalisés sur des sujets jugés prioritaires.

Les programmes blancs représentent la moitié du budget des AAP et peuvent y être soumis des projets sur n'importe quel sujet de recherche. La sélection de ces projets est uniquement basée sur la qualité scientifique du projet et des demandeurs. Les programmes thématiques sont regroupés par grandes disciplines et font l'objet d'une programmation pluriannuelle, votée par le conseil d'administration de l'agence.

Les projets sont examinés par des comités scientifiques disciplinaires ou thématiques qui font eux-mêmes appel à des experts extérieurs indépendants. L'expertise des projets est anonyme. Les comités établissent ensuite un classement des projets retenus ainsi qu'une liste complémentaire. Les budgets alloués aux projets sont arbitrés par des comités de pilotage où sont représentés les directions des organismes et établissements de recherche.

Un thème émergent depuis les années 1990 est celui de la recherche environnementale, qui doit contribuer à élaborer les scenarii du futur. L'ANR cherche à répondre aux enjeux et de défis sociétaux que sont le changement climatique et la crise de la biodiversité, en appuyant les politiques publiques et l'innovation avec 6 secteurs prioritaires : l'éco-ingénierie et les villes durables, la biodiversité, les contaminants et leurs effets sur la santé environnementale, l'agriculture et la pêche, les risques naturels, et le changement climatique. Les liens entre pollution de l'eau et de l'air et les réseaux trophiques comptent aussi parmi les priorités de l'ANR[5].

Pour 2012 le programme consacré à la santé environnementale "contaminants et environnement: métrologie, santé, adaptabilité, comportements et usages" a été annulé[6].

Instituts Carnots[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Institut Carnot.

Coopération internationale[modifier | modifier le code]

Bilan des subventions[modifier | modifier le code]

Les subventions accordées par l'ANR depuis sa création sont résumées dans le tableau ci-dessous:

Année Projets soumis Projets financés Subventions [M€]
2005[7] 5652 1454 539,2
2006[8] 6419 1622 620,6
2007[9] 5636 1430 607,4
2008[10] 5856 1334 644,6
2009[11] 6036 1334 650,2
2010[12] 6390 1373 629,3
2011[13] 6319 1296 557,0
2012[14] 6829 1301 555,5

Polémiques[modifier | modifier le code]

L'ANR a été mise en place afin de cibler davantage les dépenses dans un contexte de contraintes budgétaires, alors que les chercheurs souhaitaient que les budgets aillent directement aux laboratoires. Son objectif est de soutenir des projets de recherche, venant de toute la communauté scientifique, mais financés après mise en concurrence et évaluation a priori.

En novembre 2008, plusieurs centaines de chercheurs ont occupé le siège de l'ANR à Paris, pour protester contre la précarité dont cette nouvelle institution est pour eux le symbole car elle finance la recherche sur projets (limités dans le temps) et crée des emplois à durée déterminée, source de précarité selon les manifestants[15],[16],[17]. Les chercheurs dénoncent la tentative du gouvernement de privatiser recherche et éducation en France sur un modèle américain.

Président du conseil d'administration[modifier | modifier le code]

Direction générale[modifier | modifier le code]

  • 2005-2006 : Gilles Bloch
  • 2007-2011 : Jacqueline Lecourtier
  • 2012-2014 : Pascale Briand
  • 2014- ... : Michael Matlosz[18],[19]. Sa nomination a donné lieu à consultation, par le Gouvernement, du Conseil d'État, quant à la possibilité de nommer un ressortissant étranger à la tête de l’ANR, établissement public administratif. Le Conseil d’État a répondu que « le président de [l'ANR], qui en assure la direction générale, n’est pas conduit à exercer des fonctions inséparables de la souveraineté nationale. Un ressortissant étranger peut donc être nommé dans cet emploi »[20]. Le SNCS s'est néanmoins interrogé sur la cohérence d'une politique de protection du potentiel scientifique et technique de la nation qui fait subir aux laboratoires de recherche des restrictions draconiennes en matière d'échanges scientifiques et, dans le même temps, confie l'évaluation et le financement des projets de recherche du pays entier à un ressortissant étranger[21]. Le processus ayant conduit au choix de M. Matlosz avait été qualifié de « concours avec profil à moustache » par Sylvestre Huet[22].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Décret no 2006-963 du 1er août 2006 portant organisation et fonctionnement de l'Agence nationale de la recherche (NOR: MENX0600086D)
  2. Avis no 1864 de la commission des affaires culturelles, familiales et sociales sur le projet de budget 2005 pour l'éducation nationale, l'enseignement supérieur et la recherche
  3. Antoine Blanchard et Elifsu Sabuncu, « Accès aux données sur la recherche - L’open data selon l’ANR », sur editions.deuxieme-labo.fr,‎ (consulté le 1 mars 2015).
  4. Rapport annuel 2011 de l'ANR
  5. Agnès Sinaï, Interview de Maurice Héral, responsable du département environnement et ressources biologiques à l'ANR, 03 janvier 2013 par Actu-environnement
  6. Biocontact, no 221, février 2012, Pourquoi casser certains thermomètres, p. 4
  7. [1]
  8. [2]
  9. [3]
  10. [4]
  11. [5]
  12. [6]
  13. [7]
  14. [8]
  15. AFP, « 200 chercheurs occupent le siège de l'ANR », sur Le Figaro,‎ (consulté le 1 juillet 2015)
  16. Sylvestre Huet, « À Paris, l'Agence nationale de la recherche occupée par des manifestants », sur Sciences2,‎ (consulté le 1 juillet 2015)
  17. « CNRS, occupation de l'ANR, reaganisation et politique de Valérie Pécresse », sur Science21,‎ (consulté le 1 juillet 2015)
  18. Décret du 11 septembre 2014 portant nomination du président de l'Agence nationale de la recherche, JORF n°0211 du 12 septembre 2014 page 15016 texte n° 35
  19. « Michael Matlosz : Président directeur général de l'Agence nationale de la recherche (ANR) », sur Agence nationale de la recherche (consulté le 5 juin 2015)
  20. « Nomination d’un ressortissant étranger à la tête d’un établissement public », sur Conseil d’État (consulté le 30 juin 2015)
  21. « La conZRRtation à la mode Fioraso », sur SNCS,‎ (consulté le 30 juin 2015)
  22. Sylvestre Huet, « Un futur directeur déjà contesté pour l'ANR ? », sur Sciences2,‎ (consulté le 30 juin 2015)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]