Cathédrale Saint-Étienne de Limoges

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Cathédrale Saint-Étienne
La cathédrale vue depuis le jardin de l'Évêché
La cathédrale vue depuis le jardin de l'Évêché
Présentation
Culte catholique romain
Type cathédrale
Rattachement Diocèse de Limoges
Début de la construction XIIIe siècle
Fin des travaux XIXe siècle
Style dominant Gothique rayonnant et flamboyant
Protection Logo monument historique Classée MH (1862)
Géographie
Pays Drapeau de la France France
Région Nouvelle-Aquitaine
Département Haute-Vienne
Ville Limoges
Coordonnées 45° 49′ 44″ nord, 1° 16′ 00″ est
Géolocalisation sur la carte : France
(Voir situation sur carte : France)
Cathédrale Saint-Étienne
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Cathédrale Saint-Étienne

La cathédrale Saint-Étienne est la principale église de Limoges et le siège de l'évêché de Limoges, dans le département français de la Haute-Vienne en région Nouvelle-Aquitaine.

Elle est située au cœur du vieux quartier de la Cité, contiguë aux jardins de l'Évêché et au musée des Beaux-Arts. C'est l'un des édifices les plus remarquables de Limoges, avec la gare des Bénédictins, et le seul monument religieux du Limousin qui soit construit en style gothique homogène.

Histoire[modifier | modifier le code]

Sa construction commença en 1273 et ne fut terminée qu'en 1888 par le rattachement du clocher d'origine romane à la nef.

La construction commença par le chœur caractéristique du gothique rayonnant du XIIIe siècle qui fut rattaché à la nef romane. Les travaux s'interrompirent une première fois en 1327 faute d'argent. En 1378, la chapelle Saint-Martial et une partie du transept nord furent élevés, le clocher roman fut renforcé par une imposante maçonnerie ; quelques années plus tard, c'est au tour du transept sud. Après la guerre de Cent Ans, les deux premières travées de la nef sont édifiées entre 1458 et 1499. Entre 1516 et 1541, Philippe de Montmorency et Charles Villiers de L'Isle-Adam firent construire le portail Saint-Jean, chef-d'œuvre limousin du gothique flamboyant, afin d'inclure la chapelle Saint Martial dans l'enceinte de la cathédrale. Jean de Langeac, en 1533, commanda un jubé pour fermer le chœur, et entreprit la construction des quatre dernières travées de la nef. Mais de nouveau, la construction s'arrêta avec la mort de l'évêque en 1541.

Le [1], la foudre frappe la flèche en bois et l'incendie se propage au beffroi ; les onze cloches fondent sous l'effet de la chaleur[2]. Les cloches sont refondues et réinstallées en 1575.

Le jubé sculpté de la Renaissance est déposé pendant la Révolution[2].

Les travaux d'achèvement de l'édifice ne reprennent véritablement qu'à partir de la seconde moitié du XIXe siècle, avec notamment l'élévation des trois travées de la nef et du narthex reliant l'église au clocher de la cathédrale romane. La charpente et la couverture en ardoise sont refaites à neuf sous la direction de l'architecte Pierre Prosper Chabrol[2].

La cathédrale est classée au titre des monuments historiques par la liste des monuments historiques de 1862[3].

En 2005, l'explosion d'une bonbonne de gaz provoquée par un acte de vandalisme, sur un chantier du chœur, a pulvérisé des vitraux du XIXe siècle, remployant des éléments du XIVe, et ébranlé l'édifice.

Architecture[modifier | modifier le code]

La cathédrale renferme deux œuvres Renaissance d'une grande qualité : un jubé réalisé sur commande de l'évêque Jean de Langeac, et le tombeau de cet évêque sur lequel sont sculptés des scènes de l'Apocalypse inspirées de Dürer. L'ancien Musée des monuments français, aujourd'hui intégré à la Cité de l'architecture et du patrimoine, abrite une copie de ce jubé.

Les murs de la crypte romane, fermée au public, possèdent de belles fresques représentant le Christ en gloire. Elles sont peut-être de la même main que les miniatures d'un manuscrit du XIIe siècle autrefois conservé par la cathédrale.

Quelques peintures médiévales sont encore visibles dans certaines chapelles rayonnantes ainsi que sur les voutes du chœur (représentant notamment des anges musiciens) mais la quasi-totalité présente des fresques du XIXe siècle.

Les vitraux[modifier | modifier le code]

Les fenêtres du chœur devaient être munies de vitraux avant 1330.Ce vitrage a subi de grands bouleversements au cours des restaurations du XIXe siècle.

Les orgues[modifier | modifier le code]

La cathédrale de Limoges possède deux orgues.

Grand orgue[modifier | modifier le code]

Limoges cathedral organs (22052480310).jpg

Le grand orgue néoclassique Danion-Gonzalez a été inauguré le par Noëlie Pierront. En 1986, un relevage est effectué sur cet instrument devenu pratiquement injouable. Le grand orgue n’ayant alors que 30 jeux, l'instrument est enfin doté de sa composition définitive de 50 jeux comprenant un véritable clavier de Récit expressif.

L'instrument, installé en nid d'hirondelle au revers de la façade, avec un buffet minimal, compte 50 jeux sur trois claviers manuels et un pédalier. Les transmissions sont électro-pneumatiques, avec combinateur électronique.

Le Grand Orgue à 4 sommiers perpendiculaires à la façade sur 2 étages, le sommier du récit dans sa boite expressive est situé au centre de l’instrument, au dessous du sommier du positif couronnant l’ensemble. Les jeux de fonds de la pédale sont postés et constituent les façades latérales ; les anches de pédale sont sur deux sommiers de part et d’autre de la boite expressive du récit adossés au mur. La soufflerie est située dans la partie du triforium qui passe derrière l’orgue.

L'ensemble est porté sur 3 plates formes (en béton armé) (plaquées de bois); elles sont prolongées par un dispositif de 2 poutres (béton armé) en bras de levier traversant le Mur Ouest et venant se ficher dans la Tour du clocher.

La console disposée sur le jubé, est retournée. Étant donnée la faible taille du récit (boite, sommier), des accouplements à l'octave grave et aiguë sont présents à la console pour renforcer la présence du récit expressif.

L’harmonie que l’on doit à Jacques Bertrand (Etablissement D.Gonzalez), privilégie les répertoires de la musique d'orgue symphonique XIX et néoclassique XX ; les tailles des tuyaux ont été grossies notablement et les pressions augmentées.

L’inauguration par Jean Guillou eut lieu en juin 1988.

Quelques années plus tard (1992-94), l’atteinte du Combinateur Gonzalez (15X16) par la foudre et l’affaissement de certains tuyaux de façade nécessitèrent les travaux réalisés par Bernard Dargassies : remplacement des tuyaux de montre de 16', pose du Combinateur actuel et Répartiteur SSL notes/jeux.

Dans les années 2000 les électro-aimants de (deux sommiers du Grand Orgue) ajoutés en 1986, ont dû être remplacés.

Un relevage est prévu pour 2020-2021. Actuellement une partie de la Montre 16' de façade du grand orgue a été déposée suite à l'affaissement de certains tuyaux.


Composition

Grand-Orgue (I)
61 notes
Montre 16'
Bourdon 16'
Montre 8'
Flûte à fuseau 8'
Bourdon 8'
Diapason 8'
Prestant 4'
Flûte 4'
Doublette 2'
Plein-jeu II (16')
Plein-jeu IV
Cymbale IV
Cornet V
Bombarde 16'
Trompette 8'
Clairon 4'
Positif (II)
61 notes
Principal 8'
Bourdon 8'
Salicional 8'
Prestant 4'
Flûte 4
Nasard 2' 2/3
Doublette 2'
Quarte 2'
Tierce 1' 3/5
Larigot 1' 1/3
Plein-jeu III
Cymbale II
Trompette 8'
Cromorne 8'
Clairon 4'
Récit expressif (III)
61 notes
Flûte harm. 8'
Gambe 8'
Voix céleste 8'
Flûte harm. 4'
Octavin 2'
Cornet V
Trompette 8'
Basson-hautbois 8'
Pédale
32 notes
Soubasse 32'
Principal 16'
Soubasse 16'
Principal 8'
Basse 8'
Principal 4'
Flûte 4'
Fourniture V
Bombarde 16'
Trompette 8'
Clairon 4'

Soubasse 32' acoustique en extension de la soubasse de 16'; Principaux de pédale en extension.

Accouplements en 16, 8, 4 ; tirasses en 8,4 ; combinateur électronique

Trémolo III, Expression III


Orgue de chœur [4][modifier | modifier le code]

L'orgue de chœur Ducroquet date de 1850. En 1891, la maison Merklin effectue un relevage, transforme le Kéraulophone du grand-orgue en Salicional, remplace le Cor-anglais du récit par une gambe et installe le buffet actuel.

Plus tard, en 1927, Robert Boisseau pour le compte de la maison Brun – Binetti de Poitiers effectuera un relevage avec installation d’une commande pneumatique des jeux assortie d’un système de crescendo.


Il comprend 13 jeux répartis sur deux claviers et un pédalier.

Grand orgue 54 n II. Récit expressif. 54 n Pédale
Bourdon 16' flûte harmonique 8' Soubasse 16'
Montre 8' Gambe 8' Flûte 8'
Bourdon 8' Voix céleste 8' Basse 8'
Salicional 8' Flûte oct. 4'
Prestant 4' Basson-hautbois 8
plein-jeu III
Trompette 8' Harmonique
Clairon 4'

Accouplement Re/GO; Tirasses Go; appel anches Go, Crescendo, Expression Récit, Tremolo Récit

traction pneumatique (tubulaire) des jeux

traction mécanique des notes


Cet instrument a été classé Monument Historique le 20 août 1991.

Galeries[modifier | modifier le code]

Cliquez sur une vignette pour l’agrandir.

Extraits de la visite virtuelle de la cathédrale sur le site Limoges 360°[5] :
Gros plans sur les gargouilles de la cathédrale de Limoges

Philatélie[modifier | modifier le code]

Un timbre postal, d'une valeur de 12 francs, représentant le pont Saint-Étienne et la cathédrale a été émis le [6].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Manuscrit de l'abbé Adémar, cité dans le rapport historique de l'abbé Texier, janvier 1852. Archives nationales (France), projet de restauration de la cathédrale de Limoges, cote F/19/7721.
  2. a b et c Archives nationales (France), rapport d'Eugène Viollet-le-Duc, novembre 1849, cote F/19/7721.
  3. « Cathédrale Saint-Etienne », notice no PA00100333, base Mérimée, ministère français de la Culture
  4. Martin, Robert., Orgues du Limousin : départements de la Corrèze, de la Creuse et de la Haute-Vienne, Edisud, (ISBN 2-85744-685-3 et 978-2-85744-685-9, OCLC 214838080, lire en ligne)
  5. http://www.limoges360.com/place-2.php
  6. Le timbre [archive du ].

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

Histoire - Architecture[modifier | modifier le code]

Par ordre chronologique de publication :

  • Abbé François Arbellot, « Chronique : travaux de la cathédrale », dans Bulletin de la Société archéologique et historique du Limousin, 1849, tome 3, p. 163-166 (lire en ligne)
  • Abbé François Arbellot, « Cathédrale de Limoges. Histoire et description », dans Bulletin de la Société archéologique et historique du Limousin, 1849, tome 3, p. 169-248 (lire en ligne)
  • René Fage, La cathédrale de Limoges, H. Laurens éditeur, Paris, 1913 ; 116p.
  • René Fage, « Cathédrale de Limoges », Congrès archéologique de France, 84e session, Limoges. 1921, Société française d'archéologie, 1923, p. 3-40 (lire en ligne)
  • Jean Maury, Limousin roman, Éditions Zodiaque, La Pierre-qui-Vire (France), 1959.
  • Dictionnaire des églises de France, Belgique, Luxembourg, Suisse (Tome II-B), Robert Laffont, Paris (France) ; pp. 73–78.
  • Michael T. Davis, « Le chœur de la cathédrale de Limoges », dans Bulletin Monumental, 1986 v. 22 .
  • Collectif, L'achèvement de la cathédrale de Limoges au XIXe siècle, DRAC du Limousin / Ministère de la culture, 1988 ; 120p.
  • Dany Sandron, « Jean Deschamps et la cathédrale de Limoges », dans Bulletin Monumental, 1990, tome 148, no 4, p. 436-437 (lire en ligne)
  • Thierry Soulard, « Le financement du chœur gothique de la cathédrale de Limoges », dans Bulletin de la Société nationale des Antiquaires de France - 1995, 1997, p. 76-92 (lire en ligne)
  • Claude Andrault-Schmitt, Limousin gothique, Picard Éditeur, Paris, (ISBN 2-7084-0530-6), 1997; pp. 215–239.
  • Lise Boulesteix, « Limoges, cathédrale Saint-Étienne. Lecture archéologique de la crypte romane », dans Congrès archéologique de France, 172e session, Haute-Vienne romane et gothique. L'âge d'or de son architecture. 2014, Société française d'archéologie, 2016, p. 31-41, (ISBN 978-2-901837-61-9)
  • Xavier Lhermite, « Limoges, cathédrale Saint-Étienne. Le clocher : un chef-d'œuvre méconnu », dans Congrès archéologique de France, 172e session, Haute-Vienne romane et gothique. L'âge d'or de son architecture. 2014, Société française d'archéologie, 2016, p. 43-56, (ISBN 978-2-901837-61-9)
  • Yves Gallet, « Limoges, cathédrale Saint-Étienne. Le chevet rayonnant et le problème du gothique méridional », dans Congrès archéologique de France, 172e session, Haute-Vienne romane et gothique. L'âge d'or de son architecture. 2014, Société française d'archéologie, 2016, p. 57-76, (ISBN 978-2-901837-61-9)
  • Claude Andrault-Schmitt, « Limoges, cathédrale Saint-Étienne. Les tombeaux monumentaux (1322-1349) », dans Congrès archéologique de France, 172e session, Haute-Vienne romane et gothique. L'âge d'or de son architecture. 2014, Société française d'archéologie, 2016, p. 77-94, (ISBN 978-2-901837-61-9)
  • Étienne Hamon, « Limoges, cathédrale Saint-Étienne. La façade nord du transept », dans Congrès archéologique de France, 172e session, Haute-Vienne romane et gothique. L'âge d'or de son architecture. 2014, Société française d'archéologie, 2016, p. 95-111, (ISBN 978-2-901837-61-9)

Vitraux[modifier | modifier le code]

Orgues[modifier | modifier le code]

  • François Dupoux, Les grandes orgues de la cathédrale de Limoges, ASSECARM, 1988 ; 30p.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]