Cathédrale Saint-Corentin de Quimper

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Cathédrale Saint-Corentin
Image illustrative de l'article Cathédrale Saint-Corentin de Quimper
Présentation
Culte Catholique romain
Type Cathédrale Quimper
Rattachement Diocèse de Quimper et Léon (siège)
Début de la construction XIIIe siècle
Fin des travaux XVe siècle
(flèches)
Style dominant Gothique rayonnant (chœur)
Gothique flamboyant (nef et transept)
Protection Logo monument historique Classée MH (1862)
Site web http://www.quimper.fr/624-la-cathedrale-saint-corentin.htm
Géographie
Pays Drapeau de la France France
Région Bretagne
Département Finistère
Ville Quimper
Coordonnées 47° 59′ 44″ N 4° 06′ 08″ O / 47.995556, -4.10222247° 59′ 44″ Nord 4° 06′ 08″ Ouest / 47.995556, -4.102222

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La cathédrale Saint‑Corentin de Quimper est un lieu de culte catholique sous le patronage de Notre-Dame et du premier évêque légendaire dont elle porte le nom, saint Corentin. Elle est située dans le centre-ville de Quimper, chef-lieu du département du Finistère, en Bretagne. Siège du diocèse de Quimper avant la Révolution française, le bâtiment est depuis 1801 le siège du diocèse de Quimper et Léon.

Le monument actuel de style gothique est édifié du XIIIe siècle sur la base d'édifices plus anciens, et achevé sous le Second Empire. Il présente une apparente unité architecturale malgré un chantier permanent durant six siècles, marqué d'hésitations, d'arrêts dans la construction et de repentirs.

Classée Monument Historique sur la liste de 1862, la cathédrale est entièrement restaurée dans les années 1990 et 2000 qui voient la consolidation de ses structures et la restitution partielle de sa polychromie originelle plus vive.

La cathédrale est considérée comme l'élément majeur du patrimoine quimpérois, attirant de nombreux touristes venus admirer ses flèches culminant à plus de 75 mètres au-dessus du sol et encadrant la statue du roi légendaire Gradlon.

Histoire[modifier | modifier le code]

Situation de la cathédrale.

La cathédrale pré-romane[modifier | modifier le code]

La cathédrale actuelle occupe un emplacement où plusieurs sanctuaires se sont succédé et dont l'historien sait peu de choses, faute de textes et de fouilles archéologiques.

La cathédrale pré-romane est élevée sous l’épiscopat de Félix (titulaire du siège de Cornouaille en 835), déposé par Nominoé en 849 sous prétexte de simonie, mais plus probablement en raison de son origine ou de son obédience franques[1].

La cathédrale romane[modifier | modifier le code]

Bien qu'attestée en 1128 et en 1424, la cathédrale romane n'a pas fait l'objet d'études historiques, ni de fouilles archéologiques. On ignore donc pour l'essentiel ses caractéristiques et l'époque de sa construction[2]. Le seul vestige connu est un chapiteau sculpté dans le style de ceux de Sainte-Croix de Quimperlé mentionné par René-François Le Men en 1877[3].

Sa place au cœur du réseau viaire concentrique du Quimper médiéval permet néanmoins de supposer que sa construction est liée à la réorganisation de l'espace public situé aux alentours et qu'elle est implantée sur le site du castellum des comtes de Cornouaille, d'une superficie estimée à 3,5 ha[4]. En effet, ainsi que l'ont démontré les fouilles archéologiques, l'actuelle place Laënnec accueille à partir de 1060 - 1080 un grand cimetière traversé par des allées convergeant vers la nef de l'actuelle cathédrale gothique, emplacement supposé de la cathédrale romane. Jean-Paul Le Bihan émet l'hypothèse que ce grand projet urbain est ordonné par le duc de Bretagne et comte de Cornouaille Hoël II, dont la famille a fréquemment été associée à la charge d'évêque de Quimper[2]. Le culte de saint Corentin est également très vivace chez les princes cornouaillais. Cette période de construction, commençant aux alentours de 1070, est compatible avec le chapiteau roman mentionné par Le Men[3].

Le Bihan fait également l'hypothèse que l'emplacement de la cathédrale romane à cet endroit - sous la nef de l'actuelle cathédrale gothique - aurait permis la conservation d'un monument plus ancien le temps des travaux et situé sous le chœur de l'actuelle cathédrale gothique. Cet emplacement est également davantage à l'abri des grandes marées qui peuvent remonter le cours de l'Odet. La découverte, en 1992, des vestiges d'une abside sous le bras nord du transept gothique laisse supposer la présence d'un baptistère de plan circulaire construit à l'arrière du chevet roman[3].

D'après Le Men, le chœur de la cathédrale romane est démoli en 1424 pour laisser place aux travaux de construction de la nef gothique[2]. Le Bihan pense que c'est la cathédrale entière qui a été démolie à cette occasion[5].

La cathédrale gothique[modifier | modifier le code]

La cathédrale gothique est construite en trois fois, l'impulsion initiale étant donnée en 1239 par un horsain, l'évêque de Cornouaille Rainaud.

L’édification du chœur[modifier | modifier le code]

De 1240 à 1336 est construit le chœur (consacré en 1287) à l'Est de la cathédrale romane qui est conservée pour le culte mais les travaux sont interrompus par la guerre de Succession de Bretagne et ne sont achevés que sous l'épiscopat de Gatien de Monceaux : les voûtes sur croisées d'ogives sont lancées de 1408 à 1415, peintes en 1417. Les verrières traitées au jaune d'argent sont, quant à elles, sont mises en place entre 1417 et 1419[6].

L'édification de la nef[modifier | modifier le code]

Plan de la cathédrale montrant le « désaxement ».

Sous l'impulsion de l'évêque de Cornouaille Bertrand de Rosmadec, la première pierre de la façade est posée le 26 juillet 1424[7]. La nef et le transept sont construits de 1424 à 1485, après démolition de la cathédrale romane[8]. Les portails nord (portail des Baptêmes) et sud (portail Sainte-Catherine) sont en place avant 1433. Après 1460, la nef vient se greffer sur le chœur par l'intermédiaire du transept, que surmonte un clocher central de 16 mètres. Les voûtes de la nef, enduites d'ocre et tracées à l'imitation d'un assemblage de briques, ne sont complètement posées qu'entre 1486 et 1493[9].

La cathédrale a un plan en croix latine et possède la particularité d'avoir une déviation vers la gauche de l'ordre de 10° de l'axe du chœur par rapport à la nef. Plusieurs hypothèses ont été données pour expliquer ce « désaxement » : choix symbolique de rappeler la position de la tête du Christ sur sa croix ; plus vraisemblablement contrainte due à la configuration du terrain (« désaxement » pour éviter le sol humide trop instable proche de la rivière) qui empêche de modifier l’axe de la cathédrale romane ; choix rationnel de raccorder l'édifice à la chapelle romane de la « Victoire » qui était alors une structure indépendante et un symbole important de la mythologie comtale (mémorial de la victoire du comte de Cornouaille Alain Canhiart sur son suzerain Alain III en 1031) avant de devenir la chapelle axiale ; présence du palais épiscopal au Sud et de l'urbanisme naissant, avec ses axes comme la rue Kéréon et la place sur laquelle la façade de la cathédrale ne pouvait être placée en biais, ce qui interdit de prolonger l’axe gothique du chœur et impose de conserver l’orientation de la nef romane[10].

Les temps modernes[modifier | modifier le code]

Le 10 août 1613 a lieu l'incendie de la toiture de la tour nord. Le , la flèche de la tour de plomb est touchée par la foudre. Les chanoines du chapitre approchent les saintes reliques des flammes ; peine perdue, l'incendie poursuit ses ravages, malgré l'emploi de 150 barriques d'eau et d'une cinquantaine de charretées de fumier. Pour lutter contre ce fait de sorcellerie, les chanoines décident alors de jeter dans le brasier un pain de seigle renfermant une hostie et d'asperger le feu d'eau bénite mélangée à du lait de femme. Miraculeusement, le démon quitte les flammes et le feu s'éteint, mais le clocher est totalement ruiné. La légende affirme que le pain de seigle contenant l'hostie fut retrouvé intact au milieu des cendres. Cette anecdote est connue sous le nom du « diable de Quimper-Corentin »[11].

De 1643 à 1644 sont construits l'orgue et sa tribune[7]. La chaire baroque, de bois polychrome et doré, est une œuvre de 1679, due à Jean Michelet et Olivier Daniel, maître menuisier et maître sculpteur quimpérois, qui représentent dans des médaillons de la cuve et sur la rampe d'escalier différents épisodes de l'histoire de saint Corentin[12].

La Révolution[modifier | modifier le code]

La cathédrale flanquée de ses échoppes, vers 1740.

Sous la Révolution, la cathédrale est transformée en temple de la Raison. Les échoppes fabriciennes accrochées aux flancs de la cathédrale sont converties en débits de boisson. Mobilier, objets sacrés et statues polychromes sont brûlés ou dispersés[13]. Selon la tradition locale, un menuisier, Daniel Sergent, réussit à soustraire aux profanations les prétendues reliques de saint Corentin et celles du bienheureux Jean Discalceat et les transporter en l'église d'Ergué-Armel. Le bâtiment n'est rendu à sa vocation religieuse qu'avec le Concordat. Seules les reliques de saint Corentin sont restituées à la cathédrale[14].

La restauration et l'érection des flèches au XIXe siècle[modifier | modifier le code]

Médaillon représentant la Cène sur l'autel d'onyx de Poussielgue-Busand, chapelle du Sacré Cœur.

Sous l'impulsion de l'évêque de Quimper Mgr Graveran gagné aux reconstitutions d'Eugène Viollet-le-Duc, une importante campagne de restauration est confiée à l'architecte diocésain Joseph Bigot. À l'intérieur de la cathédrale, on croit « reconstituer » une atmosphère médiévale en créant des vitraux à médaillons historiés et du mobilier néo-gothique, en supprimant les retables et en recouvrant de patine ou de brou de noix les couleurs des enduits et des bois. Yan' Dargent est alors engagé pour orner les murs des chapelles de scènes tirées de l'évangile et de La Légende dorée[15].

Mgr Graveran[16] décide notamment de reprendre le projet des flèches, ébauché par Claude de Rohan. Il impose aux fidèles le « sou de saint Corentin », consistant pour chaque habitant à donner un sou par an, pendant cinq ans, pour financer les travaux[17]. Les flèches néo-gothiques sont dressées en 1854 par Bigot, architecte du château de Kériolet. Elle sont réalisées de 1854 à 1856 par le maître-maçon Pierre Nestour et le tailleur de pierres Corentin Quéré[18]. Le peintre-verrier Émile Hirsch réalise jusqu'en 1875 23 verrières, sous la direction de Bigot[19]

La clôture de chœur est l'œuvre du ferronnier et serrurier parisien Jules Everaert qui réalise de 1866 à 1868 une grille de fer forgé d'1,70 m de hauteur. En 1875-1876, le même artisan met en place une grille en fer ouvré au-dessus des stalles en châtaigner[20].

Le fameux « autel d'or » (ancien maître-autel de la cathédrale en chêne recouvert de bronze doré et émaillé, sous un baldaquin à séraphins, œuvre de l'orfèvre Poussielgue et du statutaire Geoffroy-Dechaume, d'après les dessins de Boeswillwald) présenté à l’exposition universelle de 1867 est un présent de Napoléon III, premier chef d'État français à se déplacer officiellement à Quimper[21].

La cathédrale est classée Monument Historique sur proposition de Prosper Mérimée le 28 mars 1837 et est placée sur la liste de 1862[22].

La cathédrale de nos jours, entièrement restaurée[modifier | modifier le code]

Nef de la cathédrale : restitution partielle[23] de la polychromie avec les voûtains, les murs et colonnes chaulés, les enduits colorés de la voûte avec ses nervures ocrées.

Malgré l'importante campagne de restauration menée dans les années 1870 par l'architecte diocésain Joseph Bigot, l'édifice souffre de désordres qui nécessitent une reprise des travaux dans le cadre des lois de programme sur les monuments historiques de 1989-1993 et 1996-1999. La cathédrale Saint-Corentin fait ainsi l'objet d'opérations de rénovation durant près de vingt ans, subventionnées par le ministère de la Culture, par le biais de la Conservation régionale des Monuments historiques, service de la DRAC Bretagne[24]. Il s'agit de consolider les structures de la cathédrale (dès 1982, les études ont montré des fissures dans les voûtes du chœur malgré le remplacement, par l'architecte diocésain Joseph Bigot, des tirants métalliques installés dès 1777), notamment par le recentrement des charges pour pallier le déversement des culées d'arcs-boutants. La restauration a également porté sur le remplacement des pierres abîmées, le traitement des fresques et la création d'un mobilier liturgique contemporain (maître-autel, cathèdre et ambon), dû au sculpteur Pierre Manoli en 1999[25]. Le choix d'une restitution de la polychromie que partielle a fait l'objet de controverses, y compris au service des Monuments historiques dont plusieurs architectes ont critiqué le manque d'audace ou la décoration aseptisée[26].

Le chœur restauré de de 1988 à 1993 est inauguré à la Saint Corentin les 12 et 13 décembre 1993. Le nef et ses transepts sont restaurés de 1995 à 1999, le grand orgue de 1995 à 2003, les tours et des flèches de 2004 à 2007, le portail occidental qui souffrait de nombreux maux (desquamation, désagrégation due à l’action des sels solubles, fissures dues aux efforts de compression, érosion due aux pluies battantes, croûtes noires dues à la pollution, développement de végétaux) de 2007 à 2008. L'inauguration du portail occidental, le 12 décembre 2008, marque la fin de ce travail de restauration[27].

Architecture[modifier | modifier le code]

Dimensions[modifier | modifier le code]

Les principales dimensions de la cathédrale sont : longueur totale de 92,45 m du portail au fond de l'abside ; longueur du transept de 36 m, longueur de la nef de 36 m, hauteur voûte de la nef de 20,20 m, hauteur des tours de 40 m, hauteur des flèches de 35,40 m, largeur de la façade de 34 m[28].

Façade[modifier | modifier le code]

La façade occidentale.

La façade harmonique tripartite à deux tours, débutée au XVe siècle et finalisée sous l'épiscopat de Mgr Graveran, a un style resté proche du gothique normand du XIIIe siècle, seuls des détails comme les remplages témoignant d'un environnement flamboyant[29]. Elle a comme originalité de n'avoir qu'un portail central encadré par deux grandes baies en tiers-point, les deux portails latéraux étant déportés sur les façades nord et sud, au niveau de la première travée des bas-côtés. Ce porche est surmonté d'un mur pignon triangulaire percé de deux grandes baies superposées en plein cintre dont le maillage orthogonal traduit l'influence de l'architecture anglaise car il n'est pas sans rappeler la chœur des Anges de la cathédrale de Lincoln. Les tours hautes de 75 mètres (les flèches font quant à elles 36 mètres), sont influencées des clochers normands et découlent des recherches de la chapelle de Notre-Dame-du-Mur à Morlaix, du clocher de la chapelle Notre-Dame du Kreisker et de la flèche de l'église Saint-Pierre de Caen. Les deux tours sont percées de baies très allongées et couronnées par deux galeries ajourées et superposées, cette formule originale étant reprise et adaptée à de nombreuses églises rurales de la Bretagne occidentale[30].

La travée centrale de la façade est épaulée par une double rangée de contreforts ornés de niches superposées et couronnées d'un dais, amortis de pinacles et surmontés de fausses arcades en mitre décorant les angles de la tour[31].

Légèrement en saillie entre les contreforts, le portail est surmonté d'une terrasse avec balustrade décorée de quatre-feuilles et de mouchettes. Largement ébrasé, il comporte sept voussures disposées sur un plan biais et qui portent des culs-de-lampe, les trois voussures principales étant ornées de niches à dais garnies de statuettes d'anges couronnés dans l’attitude de l'adoration et les quatre secondaires ornés de rinceaux de feuillages. Le tore extérieur se relève en une accolade ornée de choux frisés, et amortie d'un fleuron. Cette accolade est surmontée d'un gable, qui, au lieu de lui être tangent, présente la particularité de couper au-dessus d'elle les hauts pinacles encadrant l'entrée.
Les baies géminées du grand portail étant trop étroites pour laisser passer le dais de la procession, leur trumeau central et leur tympan sont démolis en 1820 avant d'être restitués de 1866 à 1870 par l'architecte diocésain Bigot qui choisit une autre iconographie[32]. La baie d’entrée est divisée en deux par un trumeau auquel était adossée, avant 1793, la statue équestre en kersanton du duc de Bretagne Jean V (donateur important de la cathédrale). Bigot y a substitué en 1866 une figure du Christ foulant aux pieds un dragon, bénissant de la dextre et tenant le globe dans la main gauche, œuvre du sculpteur lorientais M. Le Brun qui s'est clairement inspiré des grandes cathédrales gothiques, à commencer par le Beau Dieu d'Amiens[33]. Le tympan jadis plein est désormais ajouré et orné d'une rosace rayonnante aveugle, flanquée de roses plus petites.

C'est dans le gable couronnant le portail que s'étale, selon l'archiviste Le Men, « la plus belle page héraldique que le moyen âge ait gravée en Bretagne, sur le granit de ses monuments »[34] : au centre trône le lion de Montfort assis, coiffé d’un casque sommé de deux cornes pour cimier et orné de lambrequins, tient de la patte gauche, l’écu carré de Jean V, et, de la patte droite, la hampe de la bannière de Bretagne au haut de laquelle flotte une banderolle qui porte la devise ou « cry de guerre », de ce duc : « Malo au riche duc »[35]. À droite de ces armoiries, est l’écusson en losange de Jeanne de France (parti de Bretagne et de France), mariée en 1396 au duc Jean V. Il est soutenu par deux colombes. Trois autres écus sans timbres, dont l’un est posé sur un lion couché, sont placés l’un à gauche, et les deux autres au-dessous des armes du duc. Ils représentent les trois fils, alors en bas-âge, de Jean V et de Jeanne de France. Dans l’angle inférieur du fronton, à gauche, sont les armes de l’évêque Bertrand de Rosmadec. À l’angle opposé du même fronton, à droite, est un écu couché de Guillaume de Rosmadec, père de l’évêque Bertrand, timbré d’un casque sur son angle sénestre, sommé d’un cygne pour cimier et orné de lambrequins. En dehors du fronton triangulaire, est représentée toute la noblesse cornouaillaise avec ses écus et cartouches portant leur devise. Bien que bûchés à la Révolution, il a été possible de restituer cet armorial qui était coloré et doré.

Au sommet de cette façade, est placée la statue équestre du roi Gradlon qui, selon la légende, aurait fait don de son palais au bord de l'Odet, situé à l'emplacement de l'actuelle cathédrale, à l'ermite Corentin pour y construire le sanctuaire. Une première statue du XVe siècle, en plomb, est détruite par les Sans-Culotte le 12 décembre 1793, pendant la Révolution française. Dans le contexte de renouveau culturel et de quête identitaire que connaît la Bretagne au milieu du XIXe siècle, le congrès de l'Association bretonne tenu à Quimper en 1847 lance l'idée du rétablissement de la statue équestre. L'architecte diocésain Joseph Bigot parvient à restituer une nouvelle statue, en granit, réalisée par le sculpteur Le Brun sur un modèle du statuaire Amédée Ménard, et inaugurée le 10 octobre 1858 . D'un traitement naturaliste, Gradlon veillant sur la ville est représenté sur son cheval Morvarc'h et avec tous les attributs de sa royauté : couronne sur la tête, sceptre dans la main droite, cape, collier en or autour du cou, épée sur le côté[20].

Le chœur et la nef[modifier | modifier le code]

Élévation.

Le chœur à quatre travées droites avec bas-côté et chapelles latérales est prolongé par un rond-point avec déambulatoire ouvrant sur cinq chapelles rayonnantes et une chapelle axiale consacrée à la Vierge, le tout mesurant 30 mètres de long. La nef est composée d’une travée précédant le portail et de cinq travées avec deux collatéraux, l’un large, l’autre étroit et fractionné tardivement en chapelles latérales dont les autels sont supprimés depuis 1790[36].

Les travées du chœur traduisent l’influence normande au XVIe siècle : multiplication verticale des colonnettes dont la taille est réduite, foisonnement de nervures simples dans la mouluration des arcades au profil aigu, frise peu débordante au-dessus des grandes arcades, baies du triforium aveugle contenues dans un cadre, fenêtres hautes assez étroites[37].

Le maître d'œuvre rompt avec la mode anglaise qui superposait une élévation à trois étages avec des grandes arcades, un haut triforium à arcades géminées et des fenêtres peu élevées. Il choisit une élévation à trois niveaux dans la nef, mais avec des grandes arcades en ogive surbaissée, une double galerie composée d'un court triforium en bande (la longueur des travées étant inégale, le triforium[38] comporte cinq ou six arcs brisés à réseau d'intrados trilobé) et d'une galerie supérieure (le garde-corps de cette galerie étant ajouré de six ou sept quadrilobes), enfin des fenêtres trois fois plus hautes que le triforium. L'élévation dans les quatre travées du chœur diffère par un triforium et une galerie de circulation qui sont placées devant les fenêtres hautes[39].

Les grandes arcades sont surmontées d'une frise richement ornée dont les motifs sculptés mêlent végétaux, figures animales, petites arcatures et quatre-feuilles, attestant une probable influence normande[40].

Galerie[modifier | modifier le code]

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Les flèches de la cathédrale Saint-Corentin vues depuis la rue Kéréon
Les flèches de la cathédrale Saint-Corentin vues depuis la rue Kéréon

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Philippe Bonnet, François Talairach, Quimper : la Cathédrale, Éditions Zodiaque,‎ 2003, p. 18
  2. a, b et c Le Bihan et Villard 2005, p. 145
  3. a, b et c Le Bihan et Villard 2005, p. 146
  4. Philippe Bonnet, François Talairach, Quimper : la Cathédrale, Éditions Zodiaque,‎ 2003, p. 19
  5. Le Bihan et Villard 2005, p. 222
  6. Tanguy Daniel, Anne Brignaudy, Les vitraux de la Cathédrale Saint-Corentin de Quimper, Presses universitaires de Rennes,‎ 2005, p. 26
  7. a et b Philippe Bonnet, François Talairach, Quimper : la Cathédrale, Éditions Zodiaque,‎ 2003, p. 205
  8. Le Bihan et Villard 2005, p. 224
  9. Serge Duigou, Jean-Michel Le Boulanger, Quimper, Éditions Palantines,‎ 2006, p. 54
  10. Jean-Pierre Bayard, La tradition cachée des cathédrales : du symbolisme médiéval à la réalisation architecturale, PÉditions Dangles,‎ 1990, p. 108
  11. Roland Villeneuve, Les procès de sorcellerie, Payot,‎ 1979, p. 60
  12. Philippe Bonnet, François Talairach, Quimper : la Cathédrale, Éditions Zodiaque,‎ 2003, p. 45
  13. On retrouve ainsi un vitrail de la cathédrale au château de Castelnau-Bretenoux, dans le Lot, acquis par Jean Mouliérat, son dernier propriétaire privé. [1]
  14. Louis Le Guennec, Histoire de Quimper Corentin et son canton, Les Amis de Louis Le Guennec,‎ 1984, p. 467
  15. Philippe Bonnet, François Talairach, Quimper : la Cathédrale, Éditions Zodiaque,‎ 2003, p. 76
  16. Le vitrail de 1856 dans la chapelle de Saint-Pierre rappelle la construction des flèches édifiées par l'évêque. Une statue en calcaire qui signale sa sépulture rappelle également ce fait : le prélat qui porte la légion d'honneur tient dans sa main un parchemin sur lequel est gravé l'épure des tours et des flèches.
  17. Chantal Leroy, Dominique de La Rivière, Cathédrales et basiliques de Bretagne, Éditions Ereme,‎ 2009, p. 102
  18. Jean-Yves Quéméner, Quimper, Alan Sutton,‎ 1997, p. 13
  19. Philippe Bonnet, Quimper, la cathédrale, Paris, Zodiaque 2003, p. 67 et passim.
  20. a et b Philippe Bonnet, François Talairach, Quimper : la Cathédrale, Éditions Zodiaque,‎ 2003, p. 78
  21. Serge Duigou, Jean-Michel Le Boulanger, Quimper, Éditions Palantines,‎ 2006, p. 98
  22. « Notice no PA00090326 », base Mérimée, ministère français de la Culture
  23. La restitution du faux appareil et des mouchetures d'hermines n'a pas été adoptée.
  24. DRAC Bretagne, « Quimper, histoire d'un restauration »,‎ (consulté le 2 juillet 2010)
  25. Serge Duigou, Jean-Michel Le Boulanger, Quimper, Éditions Palantines,‎ 2006, p. 56
  26. Philippe Bonnet, François Talairach, Quimper : la Cathédrale, Éditions Zodiaque,‎ 2003, p. 86
  27. CATHÉDRALE SAINT-CORENTIN DE QUIMPER. INAUGURATION DU PORTAIL OCCIDENTAL 12 décembre 2008, p. 4
  28. CATHEDRALE SAINT-CORENTIN
  29. Michel Chevalier, La France des cathédrales : du IVe au XXe siècle, Éditions Ouest-France,‎ 1997, p. 181
  30. Pierre Chirol, « Le pays normand et son architecture », dans La construction moderne, 45e année, no 3, 20 octobre 1929, p. 38
  31. Chantal Leroy, Dominique de La Rivière, Cathédrales et basiliques de Bretagne, Éditions Ereme,‎ 2009, p. 87
  32. Philippe Bonnet, François Talairach, Quimper : la Cathédrale, Éditions Zodiaque,‎ 2003, p. 52
  33. Philippe Bonnet, François Talairach, Quimper : la Cathédrale, Éditions Zodiaque,‎ 2003, p. 94
  34. R. François Le Men, Monographie de la cathédrale de Quimper, Jacob,‎ 1877, p. 209-210
  35. Manière pour les aïeux d'Anne de Bretagne de montrer leur mécénat mais surtout leur autorité ducalz sur la ville.
  36. R. François Le Men, Monographie de la cathédrale de Quimper, Jacob,‎ 1877, p. 115
  37. CATHÉDRALE SAINT-CORENTIN DE QUIMPER. INAUGURATION DU PORTAIL OCCIDENTAL, 12 décembre 2008, p. 15
  38. Le triforium se développe entre deux cordons moulurés à tore et cavet.
  39. Philippe Bonnet, François Talairach, Quimper : la Cathédrale, Éditions Zodiaque,‎ 2003, p. 164
  40. Philippe Bonnet, François Talairach, Quimper : la Cathédrale, Éditions Zodiaque,‎ 2003, p. 122
  41. Philippe Bonnet, François Talairach, Quimper : la Cathédrale, Éditions Zodiaque,‎ 2003, p. 149

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

Ouvrages généraux[modifier | modifier le code]

  • Jean-Marie Pérouse de Montclos, Guide du patrimoine. Bretagne, Monum. Éditions du patrimoine, Paris (France), (ISBN 2-85822-728-4), 2002, p. 375–383.
  • Philippe Bonnet, Quimper, la cathédrale, Zodiaque, Paris (France), 2003, (ISBN 2-7369-0296-3).

Ouvrages thématiques[modifier | modifier le code]

  • Tanguy Daniel (dir.), Anne Brignandy, Yves-Pascal Castel, Jean Kerhervé et Jean-Pierre Le Bihan, Les vitraux de la cathédrale Saint-Corentin de Quimper, Rennes & Quimper, Presses universitaires de Rennes & Société archéologique du Finistère,‎ , 287 p. (ISBN 978-2-7535-0037-2).
  • Yves Gallet, « Les ducs, l'argent, les hommes ? Observations sur la date présumée du chevet rayonnant de la cathédrale Saint-Corentin de Quimper (1239) », dans Le prince, l'argent, les hommes au Moyen Âge. Mélanges offerts à Jean Kerhervé, Rennes, Presses Universitaires de Rennes, 2008, (ISBN 978-2-7535-0602-2), p. 103-116.
  • Yves Gallet, « Quimper, cathédrale Saint-Corentin. L’architecture (XIIIe ‑ XVe siècle) », Congrès Archéologique de France, session 2007 : Finistère, Paris, Société Française d'Archéologie, 2009, (ISBN 978-2-901837-34-3), p. 261-292.
  • Jean-Paul Le Bihan (dir.) et Jean-François Villard, Archéologie de Quimper : matériaux pour servir l'Histoire, t. 1 : De la chute de l'empire romain à la fin du Moyen Âge, Quimper & Saint-Thonan, Centre de Recherche Archéologique du Finistère & éditions Cloître,‎ , 459 p. (ISBN 2-910981-06-1)

Ouvrages anciens[modifier | modifier le code]

  • René-François Le Men, Monographie de la cathédrale de Quimper, Jacob, Quimper, 1877.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]