Cathédrale Notre-Dame d'Évreux
| Cathédrale Notre-Dame d'Évreux | ||||||||||||||
| Présentation | ||||||||||||||
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| Culte | Catholique romain | |||||||||||||
| Type | Cathédrale | |||||||||||||
| Rattachement | Diocèse d'Evreux | |||||||||||||
| Début de la construction | XIe siècle | |||||||||||||
| Fin des travaux | début XVIIe siècle | |||||||||||||
| Architecte | Gautier de Varinfroy (maître-d'œuvre) Nicolle Le Féron Jehan Le Roy Jehan Cossart François Galopin Denis Darcy |
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| Style dominant | Gothique | |||||||||||||
| Protection | ||||||||||||||
| Géographie | ||||||||||||||
| Pays | ||||||||||||||
| Région | Normandie | |||||||||||||
| Département | Eure | |||||||||||||
| Ville | Évreux | |||||||||||||
| Coordonnées | 49° 01′ 27″ N 1° 09′ 03″ E / 49.024167, 1.15083349° 01′ 27″ Nord 1° 09′ 03″ Est / 49.024167, 1.150833 | |||||||||||||
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Géolocalisation sur la carte : Eure Géolocalisation sur la carte : Région Normandie Géolocalisation sur la carte : France |
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La cathédrale Notre-Dame d'Évreux est l'un des bâtiments les plus remarquables de la ville d'Évreux, dans le département de l'Eure. L'édifice actuel présente des styles architecturaux divers : gothique rayonnant, gothique flamboyant et style Henri II. La cathédrale fait l’objet d’un classement au titre des monuments historiques par la liste de 1862[1].
Historique[modifier | modifier le code]
Les origines[modifier | modifier le code]
Le diocèse d'Évreux est créé au IVe siècle. Selon la légende écrite par Déodat, moine du XIe siècle dans la Vita Sancti Taurini, Taurin aurait christianisé un ancien temple païen pour devenir la première église. Des bases de colonnes gallo-romaines et un chapiteau corinthien ont été découverts lors de l'installation d'un calorifère sous le croisillon sud du transept[2].
Lors de travaux dans la cours de l'évêché en 1857 a été découvert une pierre sculptée datée du VIIe siècle, percée au centre d'une ouverture circulaire. Il s'agirait d'une fenestella confessionnis, dalle percée pour présenter les reliques aux fidèles. Une vasque gallo-romaine en pierre a été trouvé sur le côté sud de la nef, près du transept, à l'emplacement habituelle pour un baptistère dans un groupe épiscopal. Elle aurait servie, selon D. Cliquet, de cuve baptismale chrétienne. Si ces éléments attestent de la présence de la cathédrale à l'intérieur des remparts de la ville, en l'absence de fouilles, le plan et les proportions de cette cathédrale nous sont inconnus[2].
La cathédrale romane[modifier | modifier le code]
Rollon, au moment de son baptême, fait des donations aux nombreuses églises qu'il avait dévastées. Le troisième jour vit la dotation de la cathédrale d'Évreux[3]. C'est la première mention dans les texte de la cathédrale[2].
Guillaume Flaitel, évêque d'Évreux (1046-1066) commence les travaux de reconstruction de la cathédrale[3]. Baudouin poursuit les travaux[4]. Elle est terminée sous l'évêque Gilbert II de la Grue (1070-1113)[3] et consacrée à la Vierge en 1077 par l'archevêque de Rouen, Jean d'Ivry[5].
Quelques vestiges de cet édifice ont été mis à jour en 1892 lors de la réfection du pavage et l'abaissement du niveau du sanctuaire. Il s'agit d'un mur en hémicycle et d'une absidiole axiale[4].
Une nouvelle cathédrale refaite[modifier | modifier le code]
En 1119, la cathédrale est incendiée. Cette décision est prise, au cours du siège de la ville, par Audin, évêque d'Évreux, chapelain et conseiller du roi Henri Ier d'Angleterre, à la suite de l'attribution du comté d'Évreux à Amaury de Montfort, vassal du roi de France. Évreux redevient normand et le pape Calixte II, au concile de Reims, oblige le roi d'Angleterre à reconstruire la cathédrale[3] avec leurs deniers, sous peine d’excommunication[6].
Le pape Honoré II confirme en 1126 les donations du roi et de l'évêque et les absout[6]. La reconstruction commence la même année[3], mais n'est pas terminée à la mort d'Audin en 1139. Son achèvement aurait eu lieu vers 1160, en s'appuyant sur une charte de Simon de Montfort faisant référence à des donations pour la couverture. Robert de Torigni estime que la cathédrale reconstruite « surpassait en beauté presque toutes les églises de la Neustrie »[6].
D'après les fouilles réalisées en 1838 par Théodose Bonnin puis en 1895, le choeur était constitué d'une travée droite de plan carré et d'une abside percée de 5 ouvertures. La base des piliers à l'entrée de l'abside présente un dosseret, ce qui permet d'affirmer la présence d'une voûte d'ogives. Le plan au sol du transept a été conservé. La partie basse des murs a juste été rhabillée. La nef quant à elle a en partie été conservée. Il nous reste aujourd'hui les grandes arcades et une travée d'arcades aveugles entrecroisées et décorées. Cette travée aveugle, qui n'est pas un triforium, se trouve sous les tours occidentales. Les fenêtres hautes ont, pour leur part, complètement disparues[6].
Toutefois la reprise du conflit entre Richard Cœur de Lion et Philippe Auguste entraîne un nouvel incendie de la cathédrale en 1198[3].
La cathédrale gothique[modifier | modifier le code]
Le , Évreux est rattaché au domaine du roi de France. L'absence de voies de communications et le peu de finance dont dispose le chapitre de la cathédrale empêche un relèvement rapide. Pour favoriser la reconstruction de l'édifice, le pape Innocent III accorde une indulgence à l'évêque Robert de Roye (1201-1203). Toutefois, les travaux de restauration ne commencent qu'à partir de 1220. En 1253, Gautier de Varinfroy est désigné pour reconstruire la cathédrale et sera le maître-d'œuvre de la nef. Lors du sacre de Raoul de Grosparmy, qui a lieu en 1259 dans l'abbatiale Saint-Taurin, la nef de la cathédrale est achevée et les travaux commencent dans le chœur[3].
Les chapelles des bas-côtés, cinq de chaque côté, sont ajoutées entre les culées des arcs-boutants à la fin du XIIIe, début du XIVe siècle[3].
À la suite de l'incendie de la cathédrale, causé par le roi Jean, pendant la Guerre de Cent Ans, Nicolle Le Féron se charge des réparations à partir de juin 1356. Après un nouvel incendie de la ville en 1378 par Charles V, il faut attendre 1441 pour commencer les travaux de reconstruction. Jehan Le Roy dirige les travaux de 1442 à 1455, soutenu par l'évêque Guillaume de Flocques, fils du bailli et libérateur de la ville[3].
Par lettres patentes, le roi Louis XI confirme à nouveau sa protection royale en 1482[7].
La façade flamboyante du transept nord, conçue par Jehan Cossart, conclue magistralement, au XVIe siècle, l'édification de ce volume transversal. La Renaissance, tardivement introduite, nous a légué le portail ouest, logé sous la grande rosace. La manière française triomphe sur les tours dissemblables qui l'encadrent.
Menés par François Galopin, les travaux scellent, au début du XVIIe siècle, l'achèvement de l'église. À l'habillage classique relevant le côté sud, succède, au nord, une superposition de supports bagués, dans l'esprit de Philibert Delorme.
De la Révolution à nos jours[modifier | modifier le code]
La cathédrale fortement restaurée au XIXe siècle par Denis Darcy, architecte diocésain, sous la direction de Viollet-le-Duc, a souffert des bombardements de la Seconde Guerre mondiale (bombardement de 1940).
Des travaux de réfection, achevés en 1973, ont redonné à l'édifice son lustre d'antan et son vigoureux « clocher d'argent », haute flèche coiffant la tour-lanterne du transept qui le domine depuis le Moyen Âge.
Dimensions[modifier | modifier le code]
| Longueur totale hors œuvre | 108,87 m |
| Longueur de la nef | 43,47 m |
| Largeur de la nef (d'axe en axe des piliers) | 8,82 m |
| Largeur des bas-côtés | 4,70 m |
| Hauteur sous voûte de la nef | 21,75 m |
| Longueur du transept | 31,50 m |
| Largeur du transept | 7 m |
| Hauteur sous voûte du transept | 22,21 m |
| Hauteur sous la lanterne | 45 m |
| Hauteur de la flèche | 78,15 m |
| Longueur du chœur | 27,50 m |
| Largeur du chœur | 11,50 m |
| Largeur des bas-côtés du chœur | 4,95 m |
| Hauteur sous voûte du chœur | 24,10 m |
Description[modifier | modifier le code]
Les cloches[modifier | modifier le code]
Les cinq cloches de la cathédrale se situent dans la tour nord. Elles ont été fondues en 1967 par la fonderie Cornille-Havard de Villedieu-les-Poêles, la sonnerie est composée de :
- Marie, le bourdon qui sonne le Sol 2.
- Pierre, qui sonne le La 2.
- Taurin, qui sonne le Do 3.
- Marie-Madeleine, qui sonne le Ré 3.
- Gabriel, qui sonne le Mi 3.
La nef[modifier | modifier le code]
La nef, rehaussée sur ses grandes arcades romanes par Gauthier de Varinfoy, contraste avec le chœur gothique rayonnant, accolé à partir de 1260. De remarquables vitraux rehaussent l'espace.
La chaire, installée en 1811, provient de l'abbaye du Bec Hellouin, elle a été sculptée en 1675.
L'orgue[modifier | modifier le code]
Les chapelles latérales[modifier | modifier le code]
Chapelles du collatéral nord[modifier | modifier le code]
Chapelles d'ouest en est.
- Chapelle Saint-André (ancienne chapelle des Saints-Apôtres).
- Clôture Renaissance. Retable comprenant six panneaux peints du XVIIe siècle représentant les douze apôtres.
- Chapelle Saint-Nicolas.
- Clôture Renaissance. Statue de Marie-Madeleine du XVIe siècle.
- Chapelle Saint-Sébastien.
- Clôture Louis XIII. Autel en bois Louis XV avec retable du martyr de Saint-Sébastien.
- Chapelle Notre-Dame-du-Mont-Carmel.
- Chapelle Saint-Aquilin.
- Clôture du XVIIe siècle. Statue de Sainte-Clotilde. Vitraux Renaissance représentant « le Massacre des Saints-Innocents », Saint-Raymond de Pégnafort, Saint-Léonard, Saint-Aquilin et Saint-Georges.
Chapelles du collatéral sud[modifier | modifier le code]
Chapelles d'ouest en est.
- Chapelle de la Bonne Mort.
- Clôture Louis XIV.
- Chapelle Sainte-Anne.
- Clôture Louis XIV. Retable en bois sculpté du XVIIe siècle. Confessionnal Louis XIV
- Chapelle de l’Annonciation.
- Clôture Louis XIII. Autel Louis XV.
- Chapelle des Saints-Anges.
- Clôture Louis XIII. Plaque commémorative et pierre tombale de Henri-Marie Boudon († 1702), archidiacre d’Évreux.
- Chapelle des fonts baptismaux.
- Clôture Renaissance. Fonts baptismaux en marbre de 1788.
Le transept[modifier | modifier le code]
Le transept, bâti après la réparation des sacs de la Guerre de Cent Ans, offre en effet une tour-lanterne à la croisée.
Le chœur[modifier | modifier le code]
De style gothique rayonnant, il est couvert d'ogives. Commencé vers 1260, après l'achèvement de la nef, le chœur semble bien avancé lorsque le chapitre cathédral décide, en 1263, que les défunts y seront enterrés. Le gros-œuvre et la décoration sont achevés avant 1310, date du décès de l'évêque Mathieu des Essarts[3].
Le chœur renferme des stalles réalisées en 1377 par Charles le Mauvais, grâce à son don de 200 francs or, en date du [3].
Les chapelles rayonnantes[modifier | modifier le code]
Au nombre de treize, elles sont fermées par des clôtures de bois sculptés du XVe au XVIIe siècle. À l'entrée du bas-côté sud de la nef, se trouve également un calvaire de terre cuite du XVIIIe siècle.
Chapelles nord (d'ouest en est):
- La première chapelle nord contient un retable peint anonyme, du XVIIe siècle
- Chapelle des saints évêques d'Évreux: elle possède une clôture de la fin du XVe siècle de style gothique flamboyant. Un enfeu, vide aujourd'hui, contenait le gisant en cuivre de Mathieu des Essarts[3].
- Chapelle Saint-Louis et Jeanne-d'Arc
- Chapelle du Rosaire: clôture flamboyante et renaissante.
Chapelles sud (d'est en ouest):
- Chapelle Saint-Joseph: clôture du XVIe siècle.
- Chapelle de l'Immaculée Consption: clôture renaissance, donnée par la famille Les Postel des Minières.
- Chapelle Sainte-Catherine et Saint-Jean-Baptiste (surnommée au XVIe siècle la « chapelle des paresseux »): clôture Renaissance
- Chapelle Notre-Dame de Liesse: elle contient la clef de voûte de l'ancienne église Notre-Dame de la Ronde.
- Chapelle du Trésor: elle dispose d'une armoire en chêne qui contenait jusqu'au le trésor de la cathédrale. Cette armoire, œuvre des huchiers d'Évreux, a été réalisée entre 1464 et 1467.
La chapelle de la Mère de Dieu[modifier | modifier le code]
La chapelle absidiale dite de la Mère de Dieu fut construite entre 1461 et 1470 par l'évêque Jean La Bahue en 1465 en commémoration du sacre de Louis XI. On y trouve une Vierge à l'enfant, statue de pierre polychrome, qui date du début du XVIe siècle, et un tableau de Gian Antonio Guardi, Le Christ apparaissant aux Pèlerins d’Emmaüs, déposé par la collégiale Notre-Dame des Andelys.
Les vitraux[modifier | modifier le code]
Démontés pendant la Seconde Guerre mondiale, ils sont entreposés à Niort. Ils seront restaurés à partir de 1953 par Jean-Jacques Grüber[3].
Le , un orage de grêle détruit les verrières du chœur et du transept sud[3].
-
Nef, tour-lanterne et bras sud du transept
Notes et références[modifier | modifier le code]
- « Notice no PA00099400 », base Mérimée, ministère français de la Culture
- Gosse-Kischinewski et Gatouillat 1997, p. 5-7
- Annick Gosse-Kischinewski (préf. Éliane Carouge-Deronne), Évreux : la légende des pierres, Évreux, (ISBN 2-906806-13-7), « La cathédrale », p. 15-51
- Gosse-Kischinewski et Gatouillat 1997, p. 7-9
- (en) Richard Allen, « ‘A proud and headstrong man’ : John of Ivry, bishop of Avranches and archbishop of Rouen, 1060–79 », dans Historical Research, vol. 83, no 220 (mai 2010), p. 189-227.
- Gosse-Kischinewski et Gatouillat 1997, p. 10-13
- Lettres patentes de Louis XI, Mehun-sur-Loire, août 1482, [lire en ligne]
Voir aussi[modifier | modifier le code]
Sources et bibliographie[modifier | modifier le code]
- Robert de Burey, Le chœur de la cathédrale d'Évreux depuis sa restauration, Imprimerie de Charles Hérissey, Évreux, 1897, [lire en ligne]
- Jules Gailhabaud, « Cathédrale d'Évreux (boiseries) » dans Monuments anciens et modernes, tome 4, Firmin-Didot Frères, Paris, 1853, [lire en ligne]
- Almanach d'Évreux, Description de la cathédrale d'Évreux, Pierre Huet, Évreux, 1868, [lire en ligne]
- « Évêché d'Évreux » dans Annuaire des cinq départements de la Normandie, vol. 32, Caen, Paris et Rouen, 1866, p. 112-117, [lire en ligne]
- Annick Gosse-Kischinewski et Françoise Gatouillat (préf. Henri Collard), La cathédrale d'Évreux, Évreux, Les Colporteurs, , 213 p. (ISBN 2-9512216-0-6)
- Yves Gallet (préf. Éliane Vergnolle), La cathédrale d'Évreux et l'architecture rayonnante, XIIIe-XIVe siècles, Besançon, Presses universitaires de Franche-Comté, , 400 p. (ISBN 9782848674667)
Articles connexes[modifier | modifier le code]
- Diocèse d'Évreux
- Liste des évêques d'Évreux
- Liste des cathédrales catholiques romaines de France
- Liste des cathédrales de France protégées aux monuments historiques
- Liste des monuments historiques de l'Eure
- Musée d'Évreux (ancien palais épiscopal)
Liens externes[modifier | modifier le code]
- Cathédrale en Normandie
- Cathédrale gothique
- Église de l'Eure
- Évreux
- Cathédrale dédiée à sainte Marie
- Monument historique de l'Eure
- Monument historique classé en 1862
- Cathédrale monument historique (France)
- Église dédiée à Notre-Dame
- Architecture gothique en Normandie
- Architecture Renaissance en Normandie
- Architecture en Normandie