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Bénitier

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Bénitier à l'entrée de l'église de Cormeilles-en-Parisis.

Un bénitier est un vase ou un bassin, contenant l'eau bénite dans une église catholique.

Il existe également des petits bénitiers à usage domestique, les bénitiers de chevet, accrochés aux murs intérieurs d'une maison ou d'un appartement.

Les basiliques du christianisme primitif disposent au niveau de leur parvis des fontaines destinées aux ablutions. Ces canthares (en) sont progressivement remplacés depuis le Xe siècle par des petits bassins d'eau bénite placés sous les porches puis à l'intérieur des églises. À partir de le Renaissance, de riches collectionneurs, prélats, commerçants, voyageurs ou personnalités offrent comme cadeaux précieux aux églises et abbatiales des valves de tridacnes, gros coquillages exotiques qui prennent le nom de bénitier en raison de cette utilisation chrétienne (ceux de l'église Saint-Sulpice ou de l'église Saint-Paul-Saint-Louis sont toujours conservés)[1]. Les bénitiers actuels sont fabriqués dans une grande variété de matériaux (pierre, métal, verre, céramique, résine, béton…) et conserven tparfois la forme du coquillage.

Certains mortiers provenant des apothicaireries d'abbayes, de couvents ou d'hospices, ont été utilisés comme bénitiers[2].

Emplacement

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Des bénitiers de chevet au marché au puces de Dorlisheim, Alsace.

Le bénitier est souvent placé de part et d'autre des portes d'entrée et, en entrant dans l'église, les fidèles trempent le bout des doigts de la main droite dans l'eau bénite, puis se signent, c'est-à-dire qu'ils ébauchent un signe de croix.

Le bénitier est large et peu profond. Il est en matière dure, souvent en pierre de taille et l'intérieur est en marbre ou en albâtre.

Bénitier de l'église de Villeneuve-le-Roi, incorporé à la construction.

Le bénitier peut être réalisé avec un socle, ce qui en fait un objet mobilier, ou être incorporé à la construction : les architectes du XIIIe siècle choisissent souvent de faire tenir aux édifices tous les accessoires nécessaires[3].

Dans les églises baroques, les bénitiers peuvent être richement décorés. En revanche, ils sont de facture plus modeste dans les églises récentes.

Les bénitiers ne doivent pas être confondus avec la cuve baptismale, grand récipient d'eau bénite qui ne sert que pour le baptême des nouveaux fidèles.

Dans la culture populaire

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L'expression « grenouille de bénitier » désigne une personne d'une dévotion excessive et affectée, comme dans la chanson de Jacques Brel Les Bigotes (1962).

Notes et références

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  1. Patrick Phliponeau (dir.), Grande encyclopédie Alpha de la mer à partir de 1972 aux , rédacteur en chef, éditions Grange Batelière, , p. 459
  2. Édouard Collard, « Mortiers utilisés comme bénitiers », Revue d'Histoire de la Pharmacie, no 187,‎ , p. 461-462 (lire en ligne)
  3. Eugène Viollet-le-Duc, Dictionnaire raisonné de l’architecture française du XIe au XVIe siècle, édition Bance-Morel de 1854 à 1868, cf. Wikisource.

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Articles connexes

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Liens externes

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