Cathédrale Notre-Dame-du-Bourg de Digne

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Cathédrale Notre-Dame-du-Bourg de Digne-les-Bains
Vue latérale.
Vue latérale.
Présentation
Culte Catholique romain
Type ancienne cathédrale
Rattachement Diocèse de Digne
Début de la construction IXe siècle
Style dominant roman
Protection Logo monument historique Classée MH (1840)
Géographie
Pays Drapeau de la France France
Région Provence-Alpes-Côte d'Azur
Département Alpes-de-Haute-Provence
Ville Digne-les-Bains
Coordonnées 44° 05′ 50″ nord, 6° 14′ 33″ est

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Cathédrale Notre-Dame-du-Bourg de Digne-les-Bains

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Cathédrale Notre-Dame-du-Bourg de Digne-les-Bains

La cathédrale Notre-Dame-du-Bourg, à Digne-les-Bains, est l’ancienne cathédrale du diocèse de Digne. Elle fait l’objet d’un classement au titre des monuments historiques par la liste de 1840[1].

Histoire[modifier | modifier le code]

De style roman, ses fondations remontent au IXe siècle[2].

Victime de nombreuses attaques et pillages, elle est rénovée au début du XIIIe siècle. Elle a été bombardée par Lesdiguières pendant les guerres de religion (1591). Après cette attaque, en 1591, le siège de l’évêché fut transféré à la cathédrale Saint-Jérôme de Digne.

Architecture[modifier | modifier le code]

Extérieur[modifier | modifier le code]

Des parties des XIe et XIIe siècles subsistent.

Aujourd'hui entièrement restaurée, c'est l’un des plus importants édifices de style roman à nef unique du sud-est de la France. Construite à la fin du XIIe siècle jusqu’au début du XIVe siècle, elle a été bâtie sur des vestiges d’églises antérieures. Les travaux de restauration générale de la cathédrale, menés dans les années 1980, ont été accompagnés de fouilles archéologiques de grande ampleur et ont permis d'accroître la connaissance historique de cet édifice[3],[4].

Intérieur[modifier | modifier le code]

La nef, depuis le chœur.

Son autel de marbre blanc est d’époque mérovingienne[2].

Peintures murales tardo-médiévales[5].

Éléments liturgiques contemporains[modifier | modifier le code]

L’église ne comportait ni mobilier, ni vitraux, seulement une rosace. Cette situation rare a conduit la ville à souhaiter que des vitraux et un réaménagement de l’espace liturgique soit l’objet d’une création contemporaine. Dans le cadre de la commande publique, cette création contemporaine est l’œuvre de l’artiste canadien David Rabinowitch[6].

Vitraux[modifier | modifier le code]

Tous les vitraux conçus par Rabinowitch déclinent un motif constitué de cives, feuilles de verre de forme circulaire soufflées en plateau, et diversement colorées.

  • Le triplet du chœur, représentant la Sainte Trinité : le Père (vert), le Fils (violet ou lavande) et l'Esprit saint (jaune).
  • Le vitrail du chœur, rouge.
  • Le vitrail de Notre Dame, bleu.
  • Le vitrail des fonts baptismaux, blanc à deux cives.
Incrustations au sol[modifier | modifier le code]

Depuis l'entrée de la nef, le cheminement est marqué de plusieurs étapes, symboles gravés au sol et rehaussés de métal incrusté.

  1. (hors série) une ammonite intégrée dans un trou circulaire vitré, censée symboliser la création
  2. un triangle équilatéral marqué des trois lettres hébraïques כ, ר, מ formant le mot כֶּרֶם désignant la vigne en hébreu
  3. un carré marqué ΙΧΘΥΣ (Ichtus) signifiant poisson en grec
  4. un pentagone marqué agnus signifiant agneau en latin
  5. un hexagone marqué berger
  6. une croix située à la croisée du transept
  7. trois symboles le long du transept
  8. un heptagone centré sur la lettre grecque Alpha, symbolisant le commencement
  9. un octogone contré sur la lettre grecque Oméga, symbolisant la fin
  10. un octogone et un cercle concentriques, autour de la cuve baptismale
  11. un ennéagone avec deux cercles concentriques
Mobilier liturgique[modifier | modifier le code]

Crypte archéologique[modifier | modifier le code]

Fouilles archéologiques[modifier | modifier le code]

Des fouilles sporadiques avaient été menées au cours des 19e et 20e siècles, particulièrement par André Delmas et Jean Irigoin en 1945-1946.

Profitant des travaux de restauration et consolidation de la cathédrale par Francesco Flavigny[7], architecte en chef des Monuments historiques, des fouilles archéologiques ont été menées sous la cathédrale et dans les alentours immédiats.

Elles se sont étalées sur plusieurs campagnes, entre 1983 et 1993[8], sous la direction de Gabrielle Démians d'Archimbaud, professeur à l'université d'Aix-Marseille et au Laboratoire d'Archéologie Médiévale et Moderne en Méditerranée (LA3M).

  • 1983-1984 fouilles préalables au chantier de consolidation de la cathédrale
  • 1987-1988 fouilles dans et sous la cathédrale
  • 1991-1992 fouilles sous le secteur au nord de la cathédrale
  • 1994 fouille sur le parvis (ouest) de la cathédrale

Le désir de valoriser les résultats de ces fouilles a amené la ville, propriétaire du bâtiment, à aménager une crypte archéologique sous la cathédrale, avec une muséographie confiée à l'architecte Eric Klein. Recouvrant une surface de 870 m2, elle a été ouverte au public en juillet 2010 et se visite en semaine[9].

Période pré-chrétienne[modifier | modifier le code]

Les fouilles ont exhumé des témoignages funéraires gallo-romains datés du Ier siècle de notre ère, puis deux mausolées se faisant face datés du IIIe siècle.

Période paléo-chrétienne[modifier | modifier le code]

Une première église chrétienne datée fin 4e - début Ve siècle s'est développée en réunissant les deux mausolées gallo-romains.

Basilique[modifier | modifier le code]

Deux basiliques successives construites au XIe siècle ont été mises en évidence par les fouilles, la plus récente détruite par un incendie.

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Notice no PA00080379, base Mérimée, ministère français de la Culture
  2. a et b Michel de La Torre, Alpes-de-Haute-Provence : le guide complet des 200 communes, Paris, Deslogis-Lacoste, coll. « Villes et villages de France », , 72 (non-paginé) p., Relié (ISBN 2-7399-5004-7)
  3. Premiers résultats de l'étude paléoanthropologique et paléopathologique de la nécropole historique de Notre-Dame-du-Bourg (Dignes : IVeXVIIe siècles), [lire en ligne]
  4. Digne-les-Bains, Crypte de la cathédrale Notre-Dame-du-Bourg
  5. Digne, Notre Dame du Bourg : Fresque
  6. « Le réaménagement liturgique de la cathédrale de Digne-les-Bains par David Rabinowitch », sur Narthex.fr, (consulté le 27 août 2016)
  7. Lucie Streiff, « Francesco FLAVIGNY », sur www.lagracedunecathedrale.com (consulté le 31 août 2016)
  8. Gabrielle Demians d'Archimbaud, « Les fouilles de l'ancienne cathédrale de Digne : état des questions », Comptes-rendus des séances de l'année... - Académie des inscriptions et belles-lettres, vol. 145,‎ , p. 409–439 (DOI 10.3406/crai.2001.16270, lire en ligne)
  9. Irène Guittin, « La crypte Notre-Dame du Bourg, musée et site archéologique d'exception », sur Art Sacré - Patrimoine religieux et Création artistique (consulté le 31 août 2016)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Sources et bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Conservation régionale des monuments historiques (CRMH) et Directions régionales des antiquités historiques (DRAH), Suivez le guide - Monuments Historiques Provence Alpes Côte d’Azur, Marseille, Direction régionale des affaires culturelles et Conseil régional de Provence – Alpes - Côte d’Azur (Office Régional de la Culture), 1er trimestre 1986, 198 p.
    Guide présentant l'histoire des monuments historiques ouverts au public en Provence – Alpes – Côte - d'Azur (traduit en allemand et anglais). Digne, Notre-Dame du Bourg, p. 18.
  • Dédicace de la Cathédrale ND du Bourg
  • Georges Bailhache, Robert Doré, Digne. Ancienne cathédrale Notre-Dame-du-Bourg, p. 94-114, dans Congrès archéologique de France. 95e session. Aix-en-Provence et Nice. 1932, Société française d'archéologie, Paris, 1933
  • Jacques Thirion, Alpes romanes, p. 291-321, Éditions Zodiaque (collextion la nuit des temps no 54, La Pierre-qui-Vire, 1980
  • Gabrielle Démians d'Archimbauld, Digne. Église Notre-Dame du Bourg. Ancienne cathédrale dans Les premiers monuments chrétiens de la France, tome 1, Sud-Est et Corse, p. 69-80 , Picard éditeur, Ministère de la Culture et de la Francophonie, Paris, 1995 (ISBN 978-2-7084-0442-7)
  • Gabrielle Démians d'Archimbauld, Les fouilles de l'ancienne cathédrale de Digne : état des questions, p. 409-439, dans Comptes rendus des séances de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, 2001, volume 145, no 1
  • Géraldine Bérard, Guy Barruol, Carte archéologique de la Gaule: 04. Alpes-de-Haute-Provence, p. 149-170, Académie des Inscriptions et Belles Lettres, Paris, 1997 (ISBN 2-87754-054-5) (lire en ligne)
  • Chanoine Cruvellier, Notice sur l'église Notre-Dame du Bourg ancienne cathédrale de Digne, p. 149-152, 188-198, 245-248, dans Bulletin d'histoire ecclésiastique et d'archéologie religieuse des diocèses de Valence, Gap, Grenoble et Viviers, tome 3, 1882-1883 (lire en ligne)
  • Chanoine Cruvellier, Notice sur l'église Notre-Dame du Bourg ancienne cathédrale de Digne, p. 75-82, 116-120, 205-212, 250-251, 289-293, dans Bulletin d'histoire ecclésiastique et d'archéologie religieuse des diocèses de Valence, Gap, Grenoble et Viviers, tome 4, 1883-1884 (lire en ligne)
  • Chanoine Cruvellier, Notice sur l'église Notre-Dame du Bourg ancienne cathédrale de Digne, p. 188-200, 248-262, 408-416, 291-295, dans Bulletin d'histoire ecclésiastique et d'archéologie religieuse des diocèses de Valence, Gap, Grenoble et Viviers, tome 5, 1884-1885 (lire en ligne)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]