Cathédrale Saint-Lizier de Saint-Lizier

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Cathédrale Saint-Lizier
Vue générale
Vue générale
Présentation
Culte Catholique
Type Église paroissiale
Ancienne cathédrale (jusqu'en 1655)
Rattachement Diocèse de Pamiers, Couserans et Mirepoix
Style dominant Roman et gothique
Protection Logo monument historique Classée MH (1886)
Patrimoine mondial Patrimoine mondial (1998)
Géographie
Pays Drapeau de la France France
Région Occitanie
Département Ariège
Ville Saint-Lizier
Coordonnées 43° 00′ 06″ nord, 1° 08′ 15″ est
Géolocalisation sur la carte : France
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Cathédrale Saint-Lizier
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Cathédrale Saint-Lizier
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Cathédrale Saint-Lizier

La cathédrale Saint-Lizier est une cathédrale catholique romane, située à Saint-Lizier en Ariège. Elle ne doit pas être confondue avec la Cathédrale Notre-Dame-de-la-Sède sise dans la même ville, et qui a également le titre de cathédrale.

Saint-Lizier, en effet, quoique actuellement peu peuplée, fut longtemps le siège de l'évêché du Couserans. Le diocèse fut aboli par le Concordat de 1801.

La cathédrale qui date des XIe, XIVe et XVe siècles, est un monument historique français. Elle possède un superbe cloître roman, lui aussi répertorié comme monument historique. Elle est également inscrite au patrimoine mondial de l'UNESCO au titre des chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle en France depuis 1998.

L'église fut consacrée en 1117 sous l'épiscopat de l'évêque Jordan (1094-1155). Elle resta cathédrale jusqu'en 1655.

La cathédrale est nommée en l'honneur de Lizier de Couserans, évêque qui participa au Concile d'Agde au VIe siècle.

Aspects historiques[modifier | modifier le code]

Jusqu'au XVIIe siècle, la ville de Saint-Lizier se composait de deux villes juxtaposées ayant chacune sa cathédrale, mais avec un seul évêque. Celui-ci était seigneur direct d'une des deux moitiés de la ville. L'autre moitié avait pour seigneur le comte de Comminges auquel elle appartenait.

En 1655, l'évêque Bernard de Marmiesse (évêque de 1654 à 1680) réunit les deux chapitres en un seul. L'église inférieure, Saint-Lizier auquel cet article est consacré, fut dès lors abandonnée comme cathédrale et l'église Notre-dame de la Sède, contigüe au palais épiscopal, resta seule en possession de ce titre.

La cathédrale est classée au titre des monuments historiques en 1886[1].

Description[modifier | modifier le code]

L'église[modifier | modifier le code]

Le sanctuaire est formé d'une nef à trois travées, sans collatéraux ni chapelles, d'un transept et de trois absides. La nef présente une déviation de l'axe très apparente due à l'origine des absidioles. L'abside centrale, précédée d’une travée voûtée en berceau, fut construite à la fin du XIe siècle. Les deux petites absides latérales sont de profondeur et de largeur inégale, et sont construites grossièrement en murs de deux mètres d’épaisseur, laissant voir une origine largement antérieure au XIe siècle, et sans doute étranger à un sanctuaire chrétien. On a parlé de deux tours latérales d'une porte gallo-romaine, ou d'éléments d'une forteresse franque ou wisigothique, sans aucune certitude à ce propos[2].

L'abside centrale correspondant au chœur est voûtée en cul-de-four. Les murs sont recouverts d'un ensemble exceptionnel de fresques romanes datant du XIe siècle ; le cul de four présente un Christ en majesté datant du XIIIe siècle. Extérieurement, les trois absidioles ne sont pas ornées : l'abside présente en effet trois faces planes exécutées notamment avec des pierres de grand appareil romain et des marbres antiques récupérés des murs gallo-romains de la cité.

La nef dont le début de l'édification date du XIIe siècle est construite en moellons grossiers jusqu’aux deux tiers de la hauteur. Les murs furent surélevés ultérieurement en plusieurs étapes et notamment au XIIIe et au XVe siècles. La partie supérieure des murs est percée de fenêtres gothiques. Cette partie-ci de même que les contreforts latéraux et la voûte d'ogives datent de la fin du XVe siècle.

Le transept par contre a conservé sa voûte romane en berceau, tant dans le croisillon nord que dans le croisillon sud. Ce dernier a été prolongé à la fin du XIIe siècle.

Du côté sud de la nef, à la dernière travée, se trouve l'accès au cloître.

Extérieur[modifier | modifier le code]

Intérieur[modifier | modifier le code]

La nef[modifier | modifier le code]
Fresques déposées de la nef et exposées sous la tribune de l'orgue (15° siècle).[modifier | modifier le code]
Chapelle Saint Jean-Baptiste[modifier | modifier le code]
Chapelle du Saint Sacrement[modifier | modifier le code]
Chapelle Saint-Lizier[modifier | modifier le code]

Autel et retable en marbre abritant une statue en bois doré de saint Lizier revêtu de ses ornements pontificaux, qui apparaissant à Ricosinde, roi des Goths (619-672) évita que les chrétiens ne soient persécutés.

Le chœur[modifier | modifier le code]

Dalle funéraire de Jean-François Macheco de Frémeaux, 18° siècle

Inscription en latin : " SUB HOC SAXO JACET / JOANNIS FRANCISCI / DEMACHECO / DE PREMEAUX / EPISCOPI CONSERANEN / COR ET VISCERA VENE / PATERNA " signifiant en français : " Sous cette pierre reposent le cœur et les viscères de Jean-François Macheco de Frémeaux ".

Les peintures murales de l'abside

Les chapiteaux

L'orgue[modifier | modifier le code]

L'orgue est classé au titre objet des monuments historiques depuis 1968[3].

Construit au XVII siècle, à l'origine pour la cathédrale Notre-Dame de la Sède, il aurait été déplacé en ce lieu après la Révolution française. Facteur et date de construction ne sont pas connus.

Modifié au cours des ans et tombé en mauvais état, il a subi un relevage en 1928 par le facteur Puget, de Toulouse et une restauration complète dans sa disposition d'origine telle qu'on a pu la reconstituer, par le facteur Alain Sals. Un concert d'inauguration fut donné par André Isoir en juin 1983. Les soufflets cunéiformes ont été restaurés en 2003.

L'instrument possède 10 jeux sur deux claviers manuels et un pédalier à la française, avec tirasse permanente. La traction est mécanique.

L'orgue

Composition

Grand Orgue
48 notes
Bourdon 8'
Prestant 4'
Nasard 2' 2/3
Doublette 2'
Quarte 2'
Tierce 1' 3/5
Fourniture IV
Cymbale III
Trompette 8'
Récit
25 notes
Cornet V
Pédale
17 notes
(Tirasse sur G.O.)

Mobiler[modifier | modifier le code]

De nombreux objets sont référencer dans la Base Palissy (voir les notices liées)[1],[4].

Le cloître[modifier | modifier le code]

Le cloître de la cathédrale Saint-Lizier

Le cloître de la cathédrale Saint-Lizier, du XIIe siècle, est le seul encore debout dans le département de l'Ariège. Il est situé au sud-ouest de la cathédrale, dans l'angle entre la nef et le croisillon sud du transept.

Il possède ses quatre galeries complètes. Il comprend un rez-de-chaussée et un premier étage élevé au XIVe siècle. Au rez-de-chaussée, la galerie est formée d'arcades romanes en plein cintre reposant sur des colonnes de marbre. Ces dernières sont alternativement simples et doubles. Elles sont au nombre de trente-huit et leurs chapiteaux sont ornés de sculptures.

Les angles entre les galeries sont constitués de gros piliers carrés dans lesquels s’engagent des colonnes géminées. Les galeries nord et est ont été construites postérieurement aux deux autres. Lors de l'allongement du croisillon sud du transept, on a été obligé de raccourcir les galeries nord et sud du côté du transept, et de reconstruire entièrement la galerie est. Alors que les galeries sud et ouest dateraient de la consécration de l’église (1117), les galeries nord et est auraient été construites à la fin du XIIe siècle.

Quant au premier étage du cloître, il ne comporte pas de colonnade et est recouvert d'un toit à une seule pente qui ne date que du XVIe siècle.

Ce cloître est orné de fresques encore visibles. C'est extrêmement rare voire unique.

Les chapiteaux[modifier | modifier le code]

Enfeu gothique[modifier | modifier le code]

Monument funéraire d'Auger de Montfaucon[modifier | modifier le code]

Tombeau et gisant d'Auger II de Montfaucon datant du XIVe siècle. Il se trouve dans le cloître de la Cathédrale et fut découvert le 31 mai 1877 à l'occasion de travaux de restauration.

Statue de l'évêque Hector d'Ossun[modifier | modifier le code]

L'évêque Hector d'Ossun défendit Saint-Lizier contre les Huguenots. Son corps repose dans la chapelle de l'Hôtel-Dieu.

Calvaire, constitué de remplois d'origine et d'époques diverses.[modifier | modifier le code]

Le clocher[modifier | modifier le code]

La croisée du transept est surmontée d'une tour octogonale à la manière des clochers toulousains. Ce clocher, dont la construction débuta au XIIe siècle ne fut terminé qu'au XIVe. Il comporte deux étages en briques dont chaque face est percée de fenêtres géminées terminées par un arc en mitre. L'absence de flèche au sommet rend sa silhouette fort lourde : comme seul couronnement, on a ajouté une dentelure crénelée.

Le porche[modifier | modifier le code]

Un porche a été aménagé au nord et s'ouvre sur la place. Son ouverture gothique, sans tympan, est cernée de voussures en briques, avec colonnes en marbre des Pyrénées et chapiteaux à deux rangs de feuilles. Ces derniers sont typiques du XIVe siècle.

Le portail[modifier | modifier le code]

Le portail du XV° siècle se compose d'un arc gothique dont les, voussures en briques reposent sur des colonnes de marbre blanc avec des chapiteaux simples.

Les deux vantaux sont classés au titre objet des monuments historiques[5].


Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]