Cathédrale Saint-Paul-Aurélien de Saint-Pol-de-Léon

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Cathédrale Saint-Paul-Aurélien
de Saint-Pol-de-Léon
Image illustrative de l'article Cathédrale Saint-Paul-Aurélien de Saint-Pol-de-Léon
Présentation
Culte Catholique romain
Type Ancienne cathédrale
église paroissiale depuis 1801
Rattachement Diocèse de Quimper et Léon
Début de la construction XIIe siècle
Fin des travaux XVIe siècle
Style dominant Gothique
Protection Logo monument historique Classée MH (1840)
Géographie
Pays Drapeau de la France France
Région Bretagne
Département Finistère
Ville Saint-Pol-de-Léon
Coordonnées 48° 41′ 06″ Nord 3° 59′ 11″ Ouest / 48.685, -3.98639

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Cathédrale Saint-Paul-Auréliende Saint-Pol-de-Léon

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Cathédrale Saint-Paul-Auréliende Saint-Pol-de-Léon

La cathédrale Saint-Paul-Aurélien de Saint-Pol-de-Léon est l'ancienne cathédrale du diocèse de Léon, créée au VIe siècle et supprimée en 1801[1]. L'église fait actuellement partie du diocèse de Quimper, et fait l’objet d’un classement au titre des monuments historiques par la liste de 1840[2].

Histoire[modifier | modifier le code]

L'église est dédiée à Saint Paul-Aurélien (ou Saint Pol Aurélien) qui, d'après la légende, serait un moine venu du Pays de Galles pour évangéliser Occismor (ancien nom de Saint-Pol-de-Léon) et les Osismes vers 525 et qui aurait été le premier évêque de la ville. En débarrassant l'Ile de Batz d’un terrifiant dragon et en chassant bandits et bêtes d'un oppidum abandonné (Saint-Pol), le Comte Withur, gouverneur de la côte léonarde, lui offrit ces terres en remerciement. Il sera sacré évêque de Léon, le premier d’une lignée qui comptera une soixantaine de prélats jusqu’à la Révolution.

Un castrum gallo-romain en bois, ayant servi de sépulture au premier roi Breton Conan Mériadec, aurait pris place au IVe siècle, détruite au VIIe siècle par les Normands. La première église est détruite en 875 par les Danois. Une église romane, reconstruite à cet emplacement au XIIe siècle sous l'évêque Hamon est détruite en 1170 par les Anglais.

Au début du XIIIe siècle, la reconstruction commence, sur la base des fondations du transept et des combles. La façade occidentale est rebâtie selon l'influence de l'architecture normande de la première moitié du XIIIe siècle, mais aussi anglaises (Devon, Cornouaille). Ses flèches nord et sud, le portail ouest et les voûtes de la nef en pierre calcaire de Caen (acheminée par voie maritime jusqu'à Roscoff et Paimpol) sont érigés jusqu'en 1334, année de sa consécration.

Incendiée par les Anglais en 1365, tout comme la ville, la cathédrale voit la reconstruction du chœur, l'abside et les chapelles latérales (reconstruction partielle du transept sud) sous l'épiscopat de Mgr Jean Validire[3]. La construction s'étale sur plus d'un demi-siècle et s'achève par la modification de l'aile sud dans la seconde moitié du XVIe siècle, sous l'épiscopat de Guillaume Féron[4]. L'édifice, qualifié d'exceptionnel par Prosper Mérimée en 1835, est édifiée en basilique mineure de l'Annonciation par Léon XIII en 1901[5].

Description générale[modifier | modifier le code]

La basilique-cathédrale actuelle est une église gothique, influencée par le style normand, bâtie sur les ruines d’une église romane. Elle est inspirée notamment de la cathédrale de Coutances. Elle dresse ses deux tours dissemblables aux imposants clochers d’une hauteur de 55 mètres. La nef, longue de 84 m et haute de 16 m, a été construite en pierre de Caen, inhabituel à l'époque. Le reste de l'édifice est en granit. Le parvis est refait en 2006 avec du granit provenant de Chine[6]. Les dalles sont des losanges pour faire écho au plan du monument religieux, et de deux couleurs en correspondance avec le dallage de son chœur.

Extérieur[modifier | modifier le code]

La façade est dominée par deux flèches polygonales dissymétriques, hautes près de 50 m. Au-dessus du portail central, se trouve une terrasse, à partir de laquelle l'évêque donnait sa bénédiction. Sous la flèche de droite, une petite porte était réservée aux lépreux. Au-dessus du transept se situe un petit clocheton, dit "clocher du chapitre".

Sur la ville constituée de maisons basses, la hauteur de la cathédrale s’imposait à tous. Dans l’obscurité médiévale, l’absence d’éclairage public devait rendre sa silhouette encore plus grandiose et imposante. Les illuminations de ces chefs-d’œuvre d’architecture qui essaimaient dans toute l’Europe venaient alors de la couleur, celle des vitraux mais aussi parfois de la façade et de la statuaire (les statues sous les porches ont été polychromes).

Les pensées des bâtisseurs de cathédrales étaient bien loin des nôtres et leur façon d’appréhender la polychromie, dans une symbolique qui a évolué au fil des siècles, peut surprendre aujourd'hui. En 2007, elle s'est vêtue d'un habit brillant de lumière, permettant de mettre en valeur des détails qui font la richesse de l’édifice, mis au point par l’éclairagiste Pascal Goujonmis[7]. La particularité est ce jeu des couleurs sacrées qui varient en fonction du temps liturgique. Ainsi au fil des étapes, elle prend les différentes couleurs de la liturgie : blanc durant Noël ou Pâques, vert de l’Épiphanie au Carême, violet en Carême, rouge pour la Pentecôte[8].

  • Le blanc symbolise les lumières du paradis et de la gloire. Il exprime aussi la joie, la chasteté, l’innocence, le triomphe, l’immortalité et la pureté. C’est la couleur du baptême, des cérémonies nuptiales, des Fêtes du Seigneur, de la Vierge Marie et de tous les saints qui ne sont pas martyrs. Les flèches restent blanches, dominants le paysage léonard.
  • Le rouge renvoie au feu de l’amour divin et rappelle le sang versé par les martyrs. Il couvre la façade.
  • Le violet est la couleur de la pénitence et de la mortification. Il s’emploie aux temps de "l’Avent" et met en valeur les dentelles de pierre et les vitraux.
  • Le vert est l’expression de l’espérance, des biens à venir et du désir de la vie éternelle. C’est la couleur du temps ordinaire. Il rappelle les détails les plus symboliques et la dentelle de pierre.

Intérieur[modifier | modifier le code]

La nef de la Cathédrale

L'intérieur présente trois nefs, précédées par un narthex. La nef principale est surmontée d'un triforium. La voûte est composée d'ogives en tiers-points. Le chœur est entouré d'un déambulatoire. Au-delà de son grand intérêt architectural, l'édifice recèle de nombreuses œuvres d'art remarquables et abrite une multitude de curiosités artistiques :

  • Orgues et buffets d'orgues réalisés par les anglais Robert et Thomas Dallam, soutenus par une voûte en anse de panier. Le grand orgue a été construit entre 1657 et 1660. L’instrument, monument historique, comporte 2118 tuyaux. Le plan de l'orgue est très proche de celui du King's College de Cambridge et de Windsor. Il est orné d'un damier noir et blanc, en trompe-l'œil, évoquant une cour semi-circulaire encadrée de colonnades[9].
  • Dans le chœur, 66 stalles de chênes du XVIe siècle, chef-d'œuvre de menuiserie. Elles déploient un merveilleux programme iconographique emprunté autant aux Écritures qu’aux fabliaux du Moyen Âge. Quelques panneaux portent des graffitis de jeunes choristes de la psallette du XVIe siècle.
  • Au-dessus de l'autel, un précieux ciborium en bois (dit aussi colombarium). En forme de crosse, ce grand palmier rococo symbolisant l’éternité et la résurrection est l'un des rares ciborium encore en place dans une église. Il abritait le ciboire contenant la Sainte Eucharistie pour assurer la conservation des hosties[10].
  • Dans le déambulatoire, à droite, derrière une grille, un ensemble de 34 « boîtes à chef » en bois, contenant le crâne de défunts. Cet ensemble porte le nom poétique des Étagères de la Nuit. Peintes en noir, bleu ou blanc, avec le nom du mort, elles rappellent la coutume, en usage jusqu’au XIXe siècle, qui consistait à exhumer les squelettes au bout de cinq ans pour faire place aux nouveaux défunts. On déposait en bon ordre les os dans le charnier et les crânes étaient enfermés dans des petites boîtes percées d’ouverture puis remis aux familles[11].
  • Nombreux tombeaux d'évêques de Saint-Pol-de-Léon, autour du chœur (Mgr de Kersauzon[12], Mgr de Neufville[13], Mgr de Rieux[14], Mgr de La Marche[15]…). On retiendra notamment celui de Mgr François de Visdelou[16], œuvre du sculpteur Nicolas de la Colonge et daté de 1711 et un mausolée Renaissance, œuvre des frères Richard.
    L'église abrite également les reliques de Saint Pol Aurélien, une vertèbre et une omoplate de Saint-Hervé, un fémur de Saint-Laurent[17].
    La dalle de Marie-Amice Picard marque l’emplacement où est inhumée l’une des figures les plus extraordinaires de toute l’histoire du mysticisme. Décédée en 1652, cette mystique est restée près de vingt ans sans prendre de nourriture, autre que l'Eucharistie. Elle a attiré en son temps l’attention des plus grands esprits d’Europe, Descartes et Huygens notamment[18].
  • À gauche du porche sud, se présente un sarcophage roman de forme trapézoïdale. Ciselé de cinq arcades, de feuilles de végétaux, d’arbres dépouillés de leurs feuilles et d’une croix ancrée, il passe pour être la sépulture de Conan Meriadec, premier roi chrétien de Bretagne, mort en 421[19].
  • La cloche celtique de Paul Aurélien[20], l’une des plus anciennes cloches carolingiennes de Bretagne, et, dans un tube de cristal, une épine de la couronne du Christ présente dans la cathédrale depuis plusieurs siècles… L'église offre une "chasse aux dragons", emblème de Pol-Aurélien qui vainc le "mal", à travers sculptures et vitaux, aussi bien à l’extérieur qu’à l’intérieur. 41 dragons se cachent seuls ou en groupe dans les stalles du chœur ; ils ornent des accoudoirs et les miséricordes des stalles[21].
Maîtresse vitre de la façade méridionale du transept sud
  • Les vitraux apparaissent a l'inventaire comme s'étalant de 1367 au XVIIIe siècle. Le chœur et les transepts offrent seuls des armoiries ou des dates.
    • Les armes de Jean du Juch « sont en la maîtresse vitre du chœur de l’église cathédrale et aux deux vitres de la chapelle de Toussaints en la même église. » (1367-1369)[24].
    • « La grande fenêtre septentrionale (Nord) à meneaux rayonnants est en vitraux de couleurs portant la date de 1500 et représentent le Jugement dernier et les Œuvres de Miséricordes. Les fenêtres du chœur étaient garnies de verrières de couleur, œuvres d’Alain Cap de Lesneven. Il en reste des fragments qui donnent à penser que l’évêque de Neuville (1563-1613) les avait fait exécuter. Les écussons des familles importantes s’y mêlaient à ceux de France et de Bretagne. »[25].
Plan de la cathédrale (légende en cliquant dessus).

Photos[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Paul Peyron, La Cathédrale de Saint-Pol et Le Minihy Léon, Quimper, Imprimeur de l’Évêché, , 248 p. (lire en ligne)
  • Lucien Th. Lécureux, Saint-Pol-de-Léon : La cathédrale - Le Kreisker, Éditions H. Laurens, 1909, 96 pages
  • Yves-Pascal Castel, Une Cathédrale : Saint-Pol-de-Léon (Reflets de Bretagne), Éditions d'Art Jos Le Doaré, 1954, 32 pages
  • André Chastel, Dictionnaire des églises de France, Belgique, Luxembourg, Suisse (Tome IV-A), éditions R. Laffont, 1971
  • Jean-Marie Pérouse de Montclos, Guide du patrimoine. Bretagne, Éditions du patrimoine, 2002, 544 pages, ISBN 2858227284

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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