Cathédrale Saint-Sacerdos de Sarlat

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Cathédrale Saint-Sacerdos de Sarlat
Image illustrative de l’article Cathédrale Saint-Sacerdos de Sarlat
Présentation
Culte Catholique romain
Type Ancienne abbatiale
Cocathédrale
Église paroissiale depuis 1801
Rattachement Diocèse de Périgueux et Sarlat
Début de la construction XIIe siècle
Fin des travaux XVIIe siècle
Style dominant Style gothique
Protection Logo monument historique Classée MH (1840)
Géographie
Pays Drapeau de la France France
Région Nouvelle-Aquitaine
Département Dordogne
Ville Sarlat-la-Canéda
Coordonnées 44° 53′ 20″ nord, 1° 13′ 01″ est

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Cathédrale Saint-Sacerdos de Sarlat

La cathédrale Saint-Sacerdos de Sarlat[1],[2] est une cathédrale française catholique romaine située à Sarlat-la-Canéda, dans le département de la Dordogne. Elle a titre de cocathédrale du diocèse de Périgueux et Sarlat. Elle est classée monument historique en 1840[3].

Présentation[modifier | modifier le code]

Le sanctuaire est dédié à saint Sacerdos. Il y a en France deux saints appelés Sacerdos, mais le patronage de la cathédrale se réfère à Sacerdos de Limoges[4], dont la cathédrale reçut les reliques au Moyen Âge. Les reliques ont disparu lors des guerres de Religion.

Historique[modifier | modifier le code]

L'abbaye de Sarlat[modifier | modifier le code]

L'origine de l'abbaye se perd dans les légendes. Jean Maubourguet a admis qu'elle a été créée dans la première moitié du IXe siècle par Pépin[5], roi d'Aquitaine de 817 à 832 puis de 834 à 838. Elle est contemporaine de l'abbaye de Paunat et de l'abbaye de Terrasson.

L'abbaye fait partie des six grandes abbayes du Périgord (avec Paunat, Belvès, Saint-Front de Périgueux, Brantôme et Terrasson-Lavilledieu). Elle est la seule à avoir été épargnée par les Vikings car située à l'écart de la Dordogne et de ses affluents.

D'après une charte de l'abbaye de Sarlat dont l'original a été perdu, en 886, Charles le Gros, empereur des Romains, roi de France, fait réparer l'église abbatiale édifiée en l'honneur du Sauveur du Monde, située dans le vicus de Sarlat, et la prend sous sa protection[6].

Le chartrier de l'abbaye contient aussi une charte de Bernard, comte de Périgord, donnant l'abbaye Saint-Sauveur de Sarlat à Odon, abbé de Cluny, et à Adacius, son co-abbé, pour qu'ils y rétablissent la discipline monastique[7]. La charte cite Ludovico imperante qui ne peut être que Louis IV d'Outremer, rappelé d'Angleterre pour régner en Francie occidentale en . Odon de Cluny est mort en 942. On peut en déduire que cette charte a été rédigée entre 937 et 942. Adacius a été abbé du monastère de Sarlat[8], de celui de Tulle et de Saint-Sour de Genouilliac, et vivait encore en 947. Cette charte a été considérée comme un faux car l'abbaye n'a jamais dépendu de l'abbaye de Cluny. Les deux premiers actes connus datent de 954 et 1094.

Le pape Léon VII aurait donné un bref de privilège prononçant anathème contre toute personne qui oserait s'arroger la possession de l'abbaye sans avoir été légitimement élue par les moines.

La date du transfert des reliques de saint Sacerdos à Sarlat est inconnue comme l'écrit Jean Tarde dans sa Chronique, en 1624. Pour certains le transfert des reliques à Sarlat aurait été provoqué par les attaques des vikings à partir de 848[9]. Pour d'autres, les reliques de saint Sacerdos situées à Calabrum ont été translatées au monastère de Sarlat peu avant qu'Hubert, avec l'aide du comte de Périgord Guillaume II Talleyrand ou Taillefer, fils de Bernard de Périgord[10], s'empare du monastère, vers 962. C'est au moment de cette translation que l'église de Sarlat s'est appelée église de Saint-Sauveur et de Saint-Sacerdos. Cette translation a dû se produire entre 945 et 962. La translation du corps de saint Pardoux dans l'église de Sarlat s'est effectuée après celle de saint Sacerdos. Le culte de saint Pardoux étant devenu à la mode, les moines ont décidé de placer ses reliques dans l'église Saint-Jean située hors les murs du monastère. Cette translation montre qu'il existait alors près du monastère une agglomération suffisamment nombreuse pour justifier la construction d'une église. Dans les premières années du XIe siècle, les reliques de saint Pardoux sont enlevées de l'église par un moine de Sarlat pour être données à un seigneur du Limousin, Gui de Lastours, et déposées dans l'église d'Arnac[11].

D'après Jean Maubourguet, le culte de saint Sacerdos a pris la place de celui du Salvator en 1122. Il suppose que la charte liant l'abbaye à Odon de Cluny et le culte de saint Sacerdos avaient pour but d'éviter l'annexion de l'abbaye par Saint-Martial de Limoges et lui conserver son indépendance.

Saint Bernard est passé à Sarlat en 1147 où il aurait accompli le miracle des pains.

Elle a su demeurer indépendante et s'est placée en 1153 sous la protection directe du Saint-Siège à Rome. Les possessions de l'abbaye sont confirmées en 1153 et 1170 par les papes Eugène III et Alexandre III. Elle est reconstruite à l'époque romane entre 1125 et 1160. De l'abbaye romane, il subsiste le clocher-porche, la chapelle Saint-Benoît et la façade de la salle capitulaire dans la cour du cloître, et la lanterne des morts.

L'abbaye de Sarlat a atteint son apogée à la fin du XIIe siècle.

Le diocèse de Sarlat[modifier | modifier le code]

Le diocèse de Sarlat est créé en 1317, en même temps que plusieurs autres diocèses catholiques de la région aquitaine, à la suite de la victoire des forces royales françaises sur les armées cathares albigeoises.

Ancien évêque de Cahors, le pape Jean XXII désigna l'abbé de l'abbaye bénédictine Saint-Sacerdos comme nouvel évêque de la ville. C'est ainsi que l'ancienne abbatiale romane devint cathédrale du diocèse.

Une reconstruction fut entreprise en 1504, l'évêque Armand de Gontaud-Biron confie au Maître d'Œuvre Pierre Esclache la mission d'élever une nouvelle cathédrale, réalisée au début sous les ordres du Maître-Maçon Blaise Bernard. Les travaux furent intermittents faute d'argent, et aussi en raison des guerres et des épidémies. Ils s'achevèrent seulement dans les années 1680.

Les voûtes seront construites de 1682 à 1685, sous l'épiscopat de François III de Salignac de la Mothe-Fénelon, oncle et parrain de Fénelon, précepteur du Dauphin et archevêque de Cambrai.

Le diocèse fut supprimé lors du concordat de 1801 et son territoire intégré au sein du diocèse de Périgueux.

Architecture[modifier | modifier le code]

Intérieur de la cathédrale.

Quoique réutilisant certaines parties romanes de l'ancienne abbatiale, le style général de la cathédrale est gothique d'inspiration nordique (présence de deux vaisseaux collatéraux).

Le clocher roman datant du XIIe siècle est la partie la plus ancienne de l'édifice. Il a succédé à une construction carolingienne et a subi des évolutions : le dernier étage date du XVIIe siècle et le beffroi bulbeux du XVIIIe siècle.

Orgue[modifier | modifier le code]

L'orgue en nid d'hirondelle, est l'œuvre de Jean-François L'Épine (1752). Pour l'aider dans sa construction, Jean-François L'Épine embauche un apprenti salardais, Guillaume Monturus, qui est devenu un facteur d'orgue reconnu[12]. La partie instrumentale de l'orgue est classée au titre d'objet depuis 1952[13]. Le buffet d'orgue est classé au titre d'objet depuis 1976[14].

Galerie[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Mireille Bénéjeam-Lère, « Sarlat : la cathédrale Saint-Sacerdos », p. 303-319, dans Congrès archéologique de France. 156e session. Monuments en Périgord. 1999, Société Française d'Archéologie, Paris, 1999.
  2. Jacques Gardelles, Aquitaine gothique, p. 107-109, Picard, Paris, 1992, (ISBN 2-7084-0421-0)
  3. « Classement de la Cathédrale Saint-Sacerdos de Sarlat », notice no PA00082916, base Mérimée, ministère français de la Culture.
  4. Saint Sacerdos, saint patron de Sarlat, est né à Calviac, étudiant à l'école épiscopale de Cahors, il devint moine puis abbé. Élu évêque de Limoges, il meurt peu après, en 720. Son corps, d'abord enseveli à l'abbaye de Calviac, sera transféré à Sarlat deux siècles plus tard.
  5. G. Marmier, De l'origine du monastère de Sarlat, dans Bulletin de la Société historique et archéologique du Périgord, 1882, tome IX, p. 542-546 (lire en ligne)
  6. « Chartrier du monastère de Sarlat, IXe, Xe, XIe et XIIe siècles », Bulletin de la Société historique et archéologique du Périgord, année 1884, tome XI, p. 450 (Texte).
  7. H. Waquet, « Le comte Bernard de Périgord et l'abbaye de Brantôme », dans Bulletin de la Société historique et archéologique du Périgord, 1944, tome 71, p. 27-29 (lire en ligne)
  8. Gallia christiana - Ecclesia Petrocoriensis - Ecclesia Sarlatensis, Paris, 1720, tome II, col. 1508-1511 (lire en ligne).
  9. Mireille Bénéjeam, Les vestiges romans de l’ancienne abbaye de Sarlat (Dordogne), dans Archéologie du Midi médiéval, 2005, tome 23, no 1, p. 221-246 (lire en ligne)
  10. Medieval Lands : Guillaume III
  11. G. Marmier, Le chartrier du monastère de Sarlat.
  12. Orgue de Sarlat : L'orgue historique Lépine de la cathédrale de Sarlat
  13. « orgue de tribune : partie instrumentale de l'orgue », notice no PM24000384, base Palissy, ministère français de la Culture
  14. « orgue de tribune : buffet d'orgue », notice no PM24000394, base Palissy, ministère français de la Culture

Annexes[modifier | modifier le code]

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Sources et bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]