Coupole

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La coupole du Panthéon de Rome, érigée au IIe siècle.
Coupole de Santa Maria del Fiore (Brunelleschi) à Florence, elle est la première à égaler de peu en largeur celle du Panthéon de Rome, au XVe siècle, elle marque ainsi le début de la Renaissance.
La Basilique Sainte-Sophie de Constantinople avec sa coupole sur pendentifs du VIe siècle, de 32 mètres de diamètre interne suspendue au dessus du vide avec 55 mètres de hauteur.

Une coupole est une voûte hémisphérique, de profil semi-circulaire, elliptique (forme variable selon le volume généré par la révolution d’un arc autour d'un axe) ou polygonal, parfois exhaussée par un tambour. La toiture de cette voûte est un dôme[1]. Chaque assise forme un anneau de voussoirs dont les lits sont inclinés vers l'intérieur. Le terme italien exact est volta a cupola (« voûte à coupole »).

En astronomie, la coupole désigne la partie supérieure du bâtiment (généralement en demi-sphère mais pas toujours) qui protège le télescope qu'elle contient.

Histoire[modifier | modifier le code]

Article connexe : Dôme (architecture).

La coupole à encorbellement est connue dès l'antiquité mycénienne (tholos) : trésor d'Atrée (-1250). Ce type de coupole se retrouve dans les coupoles en pierres sèches édifiées sans cintre utilisées dans certaines cabanes en architecture rurale[2].

La grandes coupoles hémisphériques sont apparues dans l'architecture romaine : salles octogonales de la Domus Aurea (64) et de la Domus Augustana (92), Panthéon de Rome (125), pavillon des jardins de Licinius (temple de Minerve Medica, vers 300). Elles étaient notamment fréquentes dans les thermes romains. Elles se sont également répandues à Constantinople (salle hexagonale du palais d'Antiochos, 416-418), elles se sont également diffusées dans l'empire Sassanide.

Dans l'architecture byzantine, la coupole est associée à l'église à plan centré (église de Saints-Serge-et-Bacchus, Sainte-Sophie, VIe siècle). Les Byzantins innovent par ailleurs en introduisant la coupole sur pendentifs[3], qui permet de suspendre de vastes coupoles sur quatre piliers autour d'un espace carré, tandis que les trompes, plus simples, ne permettent de suspendre que de petites coupoles.

Dans l'architecture romane, la coupole apparaît fréquemment dans certaines régions. Le sud-ouest de la France compte ainsi une soixantaine d'églises du XIIe siècle dans lesquelles une coupole hémisphérique coiffe chaque travée, comme les cathédrales Saint-Front de Périgueux (terminée en 1173) et Notre-Dame du Puy-en-Velay[a 1]. Une coupole elliptique sur trompes surmontant un tambour à galerie naine apparaît au premier quart du XIIe siècle à la croisée du grand transept de l'abbatiale de Cluny. Les églises romanes à coupoles sont également fréquentes dans les Pouilles[a 2] (cathédrale Saint-Conrad de Molfetta). Une troisième région où les coupoles sont nombreuses est l'Espagne, où se développe le cimborio (corps cylindrique ou octogonal coiffé d'une coupole). On retrouve des cimborios dans la vieille cathédrale de Salamanque (1150-1220), dans la cathédrale de Zamora (1153-1174 environ) et la collégiale de Toro (1160-1240[a 3]).

Coupe de la Basilique Sainte-Sophie de Constantinople, VIe siècle, sa conception faite de coupole et demi-coupoles constitue le modèle de l'architecture byzantine durant tout le Moyen Âge.

On trouve d'autres exemples de coupoles romanes dans le dôme de Pise (1063-1350), qui comporte une coupole elliptique d'inspiration byzantine[a 4], la cathédrale de Spire, dont la coupole date du roman tardif[a 5], l'église Saint-Jean-des-Ermites (à partir de 1142) et la chapelle du palais des Normands (1132-1143) de Palerme, dont les coupoles témoignent aussi de la forte influence byzantine (la Sicile qui était précédemment un territoire byzantin). Notons également la présence de coupoles dans la basilique Saint-Marc de Venise (1063-1094), qui ne se rattache pas à l'architecture romane[a 6], son plan et son architecture à cinq coupoles sur tambours étant copié sur celui de l'ancienne église des Saints-Apôtres de Constantinople (VIe siècle).

Dans l'architecture arabo-musulmane, l'utilisation de la coupole est très répandue, principalement dans les édifices religieux comme les mosquées et les mausolées, les coupoles prendront de l'ampleur essentiellement sous la domination ottomane à partir du XVIe siècle avec l'architecte Sinan qui s'inspire de Sainte-Sophie de Constantinople prés d'un millénaire après l'édification de cette dernière. Mais les coupoles de taille plus modeste, d’influence byzantine évidente, sont déjà omniprésentes dans l'architecture islamique dès ses débuts comme au Dôme du Rocher et à la Grande Mosquée des Omeyyades de Damas (il y avait précédemment une basilique byzantine à son emplacement), ou encore la petite coupole côtelée du mihrab de la Grande Mosquée de Kairouan, datant du IXe siècle, qui représente l'une des plus anciennes coupoles sur trompe de l'art musulman[4].

La coupole reprend de la vigueur dans l'architecture occidentale à la Renaissance : Filippo Brunelleschi y recourt à la cathédrale Santa Maria del Fiore (1418-1438) et dans la chapelle des Pazzi à la basilique Santa Croce de Florence (1430-1444). À Santa Maria del Fiore, Brunelleschi s'inspire directement de l'architecture antique (coupole du Panthéon de Rome) : la coupole est construite sur le principe de la chaînette renversée et en se servant d'échafaudages mobiles, plutôt que de cintres comme le voulait la tradition médiévale. Pour résoudre le problème de la poussée, il place les briques en chevron (technique dite «  spina di pesce » (arête de poisson), qui est une technique de construction héritée des Étrusques[5]) et imagine un système de double calotte[a 7].

Éléments assurant la transition avec la coupole[modifier | modifier le code]

La zone de transition entre la base carrée portant la coupole et la section circulaire de la voûte est majoritairement l'octogone, puis le pendentif ou la trompe.

Principales coupoles[modifier | modifier le code]

Principales coupoles données dans le livre de Jean-Pierre Adam, La construction romaine (voir Bibliographie)

Principales coupoles
Date Nom du monument Diamètre intérieur
Ier siècle Salle des thermes dite Temple de Mercure à Baies 21,50 m
Vers 65 Salle octogonale de la Domus Aurea 13,00 m
81 - 96 Nymphée de l'Albanum de Domitien 16,10 m
109 Rotondes des thermes de Trajan 20,00 m
118 - 125 Panthéon à Rome 43,30 m
Hadrien Salle des thermes dite Temple de Vénus à Baies 26,30 m
IIe siècle Temple d'Apollon au lac d'Averne 35,50 m
Après 150 Salle des thermes dite Temple de Diane à Baies 29,50 m
Sévère Alexandre Temple rond d'Ostie 18,00 m
309 Mausolée de Romulus, fils de Maxence 24,50 m
Vers 320 Mausolée de la villa des Gordianii 13,20 m
Début du IVe siècle Temple de Minerva Medica 24,50 m
326-330 Mausolée de Sainte-Hélène 20,20 m
532-537 Église Sainte-Sophie de Constantinople 32,60 m
1420 - 1434 Dôme de la cathédrale de Florence 42,20 m
1564 Dôme de la basilique Saint-Pierre de Rome 42,00 m
1680 - 1691 Dôme de l'église des Invalides à Paris 27,60 m
1675 - 1710 Coupole de la cathédrale Saint-Paul de Londres 30,80 m
1755 - 1792 Dôme du Panthéon de Paris 21,00 m
1817 - 1826 Église Saint-François-de-Paule à Naples 34,00 m

Il a fallu attendre l'invention du béton armé pour dépasser les dimensions atteintes par la coupole du Panthéon de Rome. La voûte du CNIT à La Défense atteint une portée de 218 m entre appuis avec des doubles voiles raidis de 6 cm d'épaisseur chacun[6].

Cependant, des arcs en maçonnerie de ponts ont atteint des ouvertures importantes au début XXe siècle : pont Adolphe, pont de Plauen. Le record de portée a été atteint en Chine[réf. souhaitée].

Un autre exemple remarquable est la coupole du Sanctuaire Sainte-Marie-de-l'Assomption de Mosta à Malte, ayant un diamètre de 37,2 m.

Illustrations[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Encyclopédie universelle Larousse 1998, (ISBN 2-7242-9386-X)
  2. Archéam : André Tiret, Stabilité des coupoles en pierres sèches édifiées sans cintre
  3. Louis Gillet, Histoire de l'art français : Des origines à Clouet, éd. Zodiaque, 1977, p. 94
  4. (fr) Coupole du mihrab de la Grande mosquée de Kairouan
  5. Les secrets du dôme de Florence, sur le site solidariteetprogres.org, consulté le 25 août 2014
  6. (en) Lawrence L. Kupper, Brian. H Neelon et Sean M. O'Brien, Exercises and Solutions in Statistical Theory, éd. CRC Press, 2013, p. 216

Notes concernant la Petite Encyclopédie de l'architecture[modifier | modifier le code]

  1. Francesca Prina et Elena Demartini, Petite Encyclopédie de l'architecture, éditions Solar, 2006, (ISBN 2-263-04096-X), p. 44-45.
  2. op. cit., p. 44.
  3. op. cit., p. 62-63.
  4. op. cit., p. 50-51.
  5. op. cit., p. 58.
  6. op. cit., p. 46.
  7. op. cit., p. 128 et 130.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jean-Pierre Adam - La construction romaine. Matériaux et techniques - Éditions A. et J. Picard - Paris - 1984 - ISBN 2-7084-0104-1
  • Marguerite Rumpler, La Coupole dans l'architecture byzantine et musulmane, éd. Brumath : impr. de la lithographie, 1983

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]