Cathédrale Saint-Nicolas de Nice

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Cathédrale Saint-Nicolas
Image illustrative de l’article Cathédrale Saint-Nicolas de Nice
L'entrée principale de la cathédrale
Présentation
Culte Orthodoxe
Type cathédrale
Rattachement Diocèse orthodoxe russe de Chersonèse
Début de la construction 1903
Fin des travaux 1912
Architecte M. T. Préobrajenski
Protection Logo monument historique Classée MH (1987)
Site web www.sobor.frVoir et modifier les données sur Wikidata
Géographie
Pays Drapeau de la France France
Région Provence-Alpes-Côte d'Azur
Département Alpes-Maritimes
Ville Nice
Coordonnées 43° 42′ 13,58″ nord, 7° 15′ 14,28″ est[1]

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Cathédrale Saint-Nicolas

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Cathédrale Saint-Nicolas

La cathédrale Saint-Nicolas est un édifice religieux orthodoxe russe, située à Nice, en France, l'un des plus importants hors de Russie[2],[3].

La cathédrale a été classée au titre des monuments historiques par arrêté du [4] et a reçu le label « Patrimoine du XXe siècle ».

Situation[modifier | modifier le code]

La cathédrale s'élève au centre de la ville, près du boulevard du Tzaréwitch, à l'extrémité de l'avenue Nicolas II.

Historique[modifier | modifier le code]

L'église Saint-Nicolas-et-Sainte-Alexandra[modifier | modifier le code]

En raison de l'importance de la communauté russe installée à Nice au cours de la deuxième partie du XIXe siècle, la construction d'une église russe est décidée. La tsarine Alexandra Fedorovna lance une souscription dès 1856 et l'église Saint-Nicolas-et-Sainte-Alexandra est inaugurée trois ans plus tard, rue Longchamp[5]. Elle est alors la première église russe d'Europe de l'Ouest[6]. Mais rapidement, elle devient trop petite pour la colonie russe qui ne cesse de grandir.

Construction de la cathédrale[modifier | modifier le code]

En 1865, le tsarévitch Nicolas Alexandrovitch, fils d'Alexandre II, s'éteint à l'âge de vingt ans des suites d'une méningite alors qu'il séjourne à la villa Bermond louée par son père. Peu de temps après, celui-ci achète la propriété et fait édifier à la place de la villa une chapelle en hommage à son fils, sur les plans de l'architecte David Grimm.

En 1903, à proximité de cet oratoire, commencent les travaux de construction d'une cathédrale, la future Cathédrale Saint-Nicolas, selon les plans de Préobrajenski, professeur d'architecture à l'Académie impériale des beaux-arts de Saint-Pétersbourg. Elle est inaugurée en 1912.

La cathédrale vue de côté.

Gestion de la cathédrale[modifier | modifier le code]

De 1923 à 2010, c'est une association cultuelle qui gère la paroisse orthodoxe Saint-Nicolas de Nice et donc la cathédrale. De 1931 à 2011, elle dépend de l'archevêché des Églises orthodoxes russes en Europe occidentale du Patriarcat œcuménique de Constantinople. Elle est depuis rattachée au diocèse orthodoxe russe de Chersonèse du Patriarcat de Moscou et de toute la Russie.

Le conflit avec la Fédération de Russie[modifier | modifier le code]

À partir de novembre 2006, la Fédération de Russie revendique la propriété de la cathédrale en s'appuyant sur le fait que le terrain sur lequel elle est construite, appartenait à la famille impériale de Russie avant la Révolution russe de 1917[7].

Le 20 janvier 2010, le tribunal de grande instance de Nice décide, en première instance, d'attribuer la propriété de la cathédrale à la Fédération de Russie, estimant que la nature du bail emphytéotique, initialement signé en 1909 pour une durée de 99 ans, et aux termes duquel la construction et l'entretien de la cathédrale sont confiés à l'Église orthodoxe de Moscou, sous l'autorité du Patriarche, a été repris depuis 1923 par l'Association cultuelle orthodoxe russe de Nice (ACOR), puisque l'édifice est occupé par cette association, et ne donnerait pas à celle-ci droit à usucapion. Ceci signifie que malgré l'occupation continue des lieux depuis 86 ans, cette association n'obtiendrait pas la propriété effective du bâtiment, des terrains attenants, des biens et meubles contenus dans la cathédrale[8],[9]. L'avocat de l'association a aussitôt annoncé l'intention de son client d'interjeter appel de la décision. Il soutient que l'association cultuelle n'existe que depuis 1923, et n'est donc pas partie au bail emphytéotique. Il évoque le fait que ledit bail n'a pu être repris par l'association, qui n'a occupé et entretenu le bien qu'à titre précaire, et pour éviter sa dégradation. Il affirme que la Fédération de Russie s'est désintéressée de la cathédrale depuis 1917 et la Révolution russe, et que l'association bénéficierait de la prescription trentenaire.

Le 19 mai 2011, la première chambre civile de la cour d’appel d’Aix-en-Provence confirme le jugement de première instance, en estimant que l’État de la Fédération de Russie est « fondé à reprendre possession, à la suite de l’arrivée du terme du bail emphytéotique du 9 janvier 1909, survenu le 31 juillet 2007, du bien immobilier, du terrain alentour ainsi que de tous les objets incorporés »[10]. Pour la cour, la propriété « est imprescriptible et ne se perd pas par le non-usage »[10]. L'association annonce alors son intention de se pourvoir en cassation[2] et le recteur de la cathédrale Jean Gueit refuse de rendre les clés de l’édifice aux autorités russes estimant que la cour d'appel a statué sur la propriété mais pas sur l'occupation[11]. Le 12 septembre 2011, l'ACOR décide de fermer la cathédrale aux visiteurs, expliquant que la Russie lui interdit désormais de faire payer les entrées[12]. L’ambassadeur de Russie en France, Alexandre Orlov, entend récupérer les clés de la cathédrale et annonce qu'il les remettra à un nouveau recteur nommé par le Patriarcat de Moscou, Nicolas Ozoline[12]. Par ailleurs, ce dernier estime que l’état du bâtiment s’est fortement détérioré, ce que conteste l’association cultuelle[13],[12]. Le 31 octobre 2011, le tribunal de grande instance de Nice, qui a été saisi par la Fédération de Russie, ordonne à l’ACOR de remettre les clés de la cathédrale aux autorités russes sous sept jours et fixe une astreinte de 6 000 euros par jour de retard[11]. Finalement, le 15 décembre 2011, les clés sont remises par l'ACOR à Nicolas Ozoline lors d'une cérémonie officielle[14]. Le fait que le nouveau recteur soit nommé par le diocèse orthodoxe russe de Chersonèse du Patriarcat de Moscou rattache désormais la cathédrale à ce dernier. Ce transfert est contesté, l'ACOR estimant qu'il est « contraire aux règles de fonctionnement de l’Église orthodoxe, tant d’un point de vue ecclésiologique que canonique[15]. ». Le 10 avril 2013, la Cour de cassation rejette le pourvoi de l'ACOR[16].

Rénovation[modifier | modifier le code]

Alors que les offices ne sont pas interrompus, les portes de la cathédrale sont rouvertes aux visiteurs le [17] et l'entrée est dorénavant gratuite[18].

L'État russe décide d'engager une rénovation intérieure et extérieure de l'édifice devant débuter le 17 décembre 2012, jour du centenaire de la cathédrale[18]. Le 19 janvier 2016, la cathédrale est rouverte officiellement après presque deux ans de travaux[19].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Google Earth
  2. a et b François-Xavier Maigre, « La Russie récupère la propriété de la cathédrale orthodoxe de Nice », La Croix, . Consulté le 25 septembre 2011.
  3. L'église russe de Nice reconnue propriété de la Fédération de Russie, site officiel du diocèse orthodoxe russe de Chersonèse, . Consulté le 25 septembre 2011.
  4. Notice no PA00080780, base Mérimée, ministère français de la Culture
  5. Historique - Église Saint-Nicolas et Sainte-Alexandra, Site officiel de la paroisse Saint-Nicolas de Nice. Consulté le 12 juillet 2008.
  6. « Un coin de Russie », Le Figaro, . Consulté le 12 juillet 2008.
  7. « La paroisse orthodoxe Saint-Nicolas à Nice, est en litige avec l'État russe », Russie.net, . Consulté le 12 juillet 2008.
  8. Jean-Marie Guénois, article « Moscou veut récupérer la cathédrale orthodoxe de Nice », Le Figaro, 19 janvier 2010.
  9. Hervé Clerc, « La Russie reconnue propriétaire de la cathédrale Saint-Nicolas de Nice », Agence France-Presse, 20 janvier 2010.
  10. a et b « La justice rend la cathédrale russe de Nice à la Fédération de Russie », Associated Press, , sur nouvelobs.com. Consulté le 25 septembre 2011.
  11. a et b « L'association gérant l'Église russe de Nice doit rendre les clefs à la Russie », AFP, . Consulté le 31 octobre 2011.
  12. a b et c Philippe Fiammetti, « Église russe : l’ambassadeur Orlov réclame les clés », Nice-Matin, . Consulté le 25 septembre 2011.
  13. « Nice : l'église russe en péril », Nice-Matin, . Consulté le 25 septembre 2011.
  14. « Cathédrale de Nice: les clés remises à un archiprêtre russe », RIA Novosti, . Consulté le 16 décembre 2011.
  15. Archevêché des Églises orthodoxes russes en Europe occidentale exarchat du patriarcat œcuménique, Communiqué de l’administration diocésaine du 22 décembre 2011 sur cathedralerussenice.org, . Consulté le 1er mars 2012.
  16. AFP, « Une cathédrale de Nice est à la Russie », sur http://www.lefigaro.fr/, Le Figaro, (consulté le 11 avril 2013)
  17. Philippe Fiammetti, « Portes closes au cimetière russe de Caucade », Nice-Matin,‎ (lire en ligne)
  18. a et b François-Xavier Maigre, « À Nice, la cathédrale russe s’apprête à rouvrir ses portes », La Croix,‎ (lire en ligne)
  19. « Nice : la cathédrale St Nicolas rouvre après deux ans de travaux - France 3 Côte d’Azur », sur France 3 Côte d’Azur (consulté le 23 janvier 2016)

Annexes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Luc Svetchine, Pierre-Antoine Gatier, Alexis Obolensky, et Hervé Hôte, Les Églises russes de Nice, Arles, France, Éditions Honoré Clair, , 160 p. (ISBN 978-2-918371-01-4)
  • Charles Bilas, Luc Svetchine, La Cathédrale Saint-Nicolas de Nice, étude historique et architecturale, p. 59-91, Nice-Historique, année 2003, no 342 Texte
  • Luc Thévenon, Églises russes de la Riviéra, Serre éditeur, Nice, 2009 (ISBN 9782864105220) ; p. 48

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]