Richard II (Shakespeare)

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Richard II
Image illustrative de l'article Richard II (Shakespeare)
Facsimilé de la première page de Richard II publiée dans le premier folio de 1623

Auteur William Shakespeare
Genre Drame historique
Pays d'origine Angleterre
Lieu de parution Londres
Date de parution 1623
Date de la 1re représentation 1595
Chronologie
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Richard II est une fresque historique en vers écrite par William Shakespeare en 1595 inspirée par le règne (1377-1399) de Richard II d'Angleterre. Bien que la pièce de théâtre ait pu être écrite indépendamment, elle constitue la première partie d'une tétralogie, nommée Henriad. Aussi trois pièces relatant la vie des successeurs de Richard II la suivent : Henry IV (première partie), Henry IV (deuxième partie), et Henry V.

Contexte historique et politique[modifier | modifier le code]

La pièce s'ouvre en 1398 sur une violente querelle entre Bolingbroke et Mowbray, que le spectateur moderne a du mal à comprendre au premier abord. Shakespeare a négligé de donner de plus amples explications, sans doute parce que les spectateurs de son époque en connaissaient suffisamment la raison pour en suivre sans difficulté le déroulement[1]. En effet en 1587, Raphael Holinshed avait fait dans ses Chronicles un rapport complet des événements du début du règne de Richard II, ainsi que le Mirror for Magistrates, un recueil de biographies. Enfin une pièce anonyme, intitulée Woodstock, écrite vraisemblablement un peu avant celle de Shakespeare, rapporte les difficultés du règne du jeune Richard entre 1382 et 1397 et la mort du personnage éponyme, Woodstock. Parfois attribuée à Shakespeare et dans laquelle il aurait peut-être joué, cette pièce s'achève si précisément là où Richard II commence que des universitaires modernes la nomment parfois Première partie de Richard II[2].

Le roi Édouard III a eu, entre autres, cinq garçons ayant atteint l'âge adulte. Ce sont, par ordre chronologique, Édouard de Woodstock, l'aîné, dit « le Prince noir », Lionel d'Anvers duc de Clarence, Jean de Gand duc de Lancastre, Edmond de Langley duc d'York et Thomas de Woodstock duc de Gloucester. Le prince héritier, Édouard de Woodstock, meurt de maladie en 1376, un an avant son père. Aussi, à la mort d'Édouard III, c'est son petit-fils, Richard, dit de Bordeaux, qui devient roi. Il est couronné à l'âge de onze ans en 1376 sous le nom de Richard II[3].

Les premières années, Richard est assisté par ses oncles, plus particulièrement Jean de Gand et Thomas de Woodstock. Mais, à partir de 1387, il s'émancipe et choisit ses propres conseillers, à qui il accorde des biens et des titres exagérés, comme marquis de Dublin ou duc d'Irlande. Il engage aussi des dépenses extravagantes et futiles, payées par de lourds impôts levés sur tout le pays. Ses conseillers sont récusés au Parlement, et un nouveau conseil, composé de Woodstock, Warwick, Arundel, Bolingbroke et Mowbray, appelés les Lords Appelants (seigneurs ayant fait appel devant le Parlement, accusant le roi de mauvaise gestion), lui est imposé. Les troupes de ces derniers affrontent même les forces royales qui sont battues à Radcot Bridge. Le roi est contraint de se soumettre à cette nouvelle tutelle, mais conserve une rancœur tenace[4].

Quelque neuf années plus tard, lors d'une crise politique peu claire, Richard fait arrêter les principaux Lords Appelants, Woodstock, Arundel et Warwick, pour trahison. Warwick se soumet et est exilé, tandis qu'Arundel reste intraitable et est décapité. Au moment où doit s'ouvrir le procès de Woodstock, emprisonné dans la forteresse de Calais sous la garde de Mowbray, ce dernier annonce la mort de son prisonnier. Il s'agit presque certainement d'une mort violente, mais il n'a jamais été éclairci si Richard était le commanditaire de ce crime, ni si Mowbray en avait été l'exécutant, et dans ce cas s'il avait agi de son plein gré ou sous la menace d'un procès semblable aux autres par le roi[5].

Lors d'une session au Parlement en 1398, Henry Bolingbroke accuse publiquement Mowbray d'être responsable de ce meurtre, tout en visant tacitement le roi[6]. C'est le début de la pièce de Shakespeare.

Argument[modifier | modifier le code]

Richard II bannit le duc de Norfolk à vie et le duc de Hereford pour six ans, puis part en Irlande réprimer une rébellion naissante. Profitant de son absence, Bolingbroke rentre en Angleterre pour réclamer son héritage (le comté palatin de Lancastre) que le roi lui a confisqué. Accueilli avec joie par ses pairs, ses troupes enflent de telle sorte que Richard II, à son retour d'Irlande, est contraint d'abdiquer en faveur de son cousin, lequel devient Henri IV d'Angleterre. Celui-ci traverse Londres avec Richard II déchu dans sa suite. Il l'envoie ensuite en prison où Richard se fait assassiner.

Résumé[modifier | modifier le code]

Acte I - Le bannissement

Richard II Plantagenêt, petit-fils d’Edouard III, celui-là même qui déclencha la guerre de Cent Ans, doit arbitrer un différend entre deux ducs : Thomas Mowbray, duc de Norfolk et son propre cousin, Henry Bolingbroke, duc de Hereford. Ce dernier accuse en effet Mowbray de l’assassinat de Thomas de Woodstock, duc de Gloucester, son oncle et l'oncle de Richard II. Mais l'affaire est délicate, car Bolingbroke soupçonne Richard II d'être le commanditaire secret de ce crime. Le roi tente en vain de les dissuader de se battre ; un duel judiciaire est finalement décidé pour savoir qui des deux ment. Mais Richard interrompt ce combat au dernier moment et bannit les deux ducs, six ans pour son cousin Bolingbroke, à perpétuité pour Mowbray.

Acte II - La rébellion

Jean de Gand, père de Bolingbroke le banni et oncle de Richard, vient à mourir. Ancien régent du royaume avant l’accession au trône de Richard, c’est un homme riche. Richard décide de s’emparer de toutes ses possessions, qui devraient normalement revenir à Bolingbroke, afin de financer une guerre en Irlande. Profitant du départ de Richard pour l’Irlande et avec l’aide du comte de Northumberland, vieil ami de son père, Bolingbroke revient en Angleterre pour reprendre ses droits héréditaires spoliés. Il rallie la noblesse anglaise à sa cause, y compris le duc d’York, autre oncle de Richard et régent du royaume en son absence.

Acte III - La confrontation

Richard rentre de sa campagne d’Irlande et se retrouve confronté au soulèvement de Bolingbroke. Ceux qui lui sont restés fidèles ont été exécutés, en particulier ses favoris, les seigneurs Bushy et Greene. Après avoir traversé l’Angleterre de part en part, Bolingbroke rattrape enfin Richard. Face à la réalité des faits, de son infériorité numérique et de son impopularité Richard se rend. La fragilité de sa situation dépasse celui qui, jusque-là, se croyait l’élu de Dieu.

Acte IV - L’abdication

Lord Bagot, un favori de Richard fait prisonnier, accuse le duc d’Aumerle, fils du duc d’York, cousin de Richard et de Bolingbroke, d’avoir participé à l’assassinat du duc de Gloucester. Le duc d’York intervient alors pour annoncer à Bolingbroke que Richard accepte d’abdiquer en sa faveur. L’évêque de Carlisle, fidèle de Richard, tente de l’en dissuader, mais est mis aux arrêts par Northumberland. Richard arrive alors et abdique en couronnant son cousin Bolingbroke Henri IV d’Angleterre. Scandalisés, Aumerle, l’évêque de Carlisle et l’abbé de Westminster décident d’organiser un complot contre Bolingbroke.

Acte V - L’exécution

Fait prisonnier, le roi échange ses derniers adieux avec son épouse, la reine Isabelle de Valois, sous la surveillance de Northumberland, qui envoie Richard à la prison de Pomfret, au nord, et renvoie la reine en France. Cependant, le duc d’York découvre le complot contre Bolingbroke dans lequel est impliqué son fils Aumerle. Il court prévenir Bolingbroke. Aumerle le précède et implore le pardon du nouveau roi, avec l’aide de sa mère, la duchesse d’York. Le nouveau roi l’épargne, mais mate la rébellion dans le sang et se débarrasse des derniers partisans de Richard. Enfin, Lord Exton se charge d’éliminer Richard dans sa prison.

Personnages[modifier | modifier le code]

Les éditions in-quarto et in-folio originelles ne comportent pas de liste des personnages pour cette pièce. Ces listes ne sont apparues que dans les éditions modernes[7].

Mises en scène au festival d'Avignon[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]