William Friedkin

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William Friedkin
William Friedkin en 2017.
Biographie
Naissance
Décès
Nom de naissance
William David Friedkin
Nationalité
Formation
Senn High School (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
Activités
Période d'activité
Conjoints
Jeanne Moreau (de à )
Lesley-Anne Down (de à )
Kelly Lange (en) (de à )
Sherry Lansing (de à )Voir et modifier les données sur Wikidata
Autres informations
Membre de
Writers Guild of America, West (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
Taille
1,83 mVoir et modifier les données sur Wikidata
Distinctions
Films notables
signature de William Friedkin
Signature

William Friedkin (/ˈwɪljəm ˈfɹiːdkɪn/[1]), né le à Chicago (Illinois) et mort le à Los Angeles (Californie), est un réalisateur, scénariste et producteur américain.

Plusieurs de ses films comme French Connection (1971) ou L'Exorciste (1973) sont considérés comme des classiques du cinéma américain. Pour ce premier, il reçoit notamment l'Oscar du meilleur réalisateur.

Biographie[modifier | modifier le code]

Origines et famille[modifier | modifier le code]

William David Friedkin naît aux États-Unis de parents, Raechael et Louis Friedkin, immigrants juifs d'Ukraine. La plus grande partie de sa famille a fui ce pays à la suite de pogroms en 1903. Sa mère est infirmière de bloc opératoire, son père, ancien de la marine marchande, est semi-professionnel de softball et travaille dans un magasin de vêtements[2]. La famille est pauvre[2]. Le jeune William a une grande admiration pour sa mère et il estimera par la suite que c'est elle qui l'a empêché de mal tourner[2].

Scolarité et premiers métiers[modifier | modifier le code]

Scolarisé à l'école Senn High School, William Friedkin se fait apprécier bien plus pour ses qualités au basketball que pour son assiduité. Après avoir vu Citizen Kane d'Orson Welles, Friedkin se découvre une vocation pour le cinéma et plus précisément pour la réalisation[2], mais ses parents ne peuvent lui payer des études et il devient coursier pour la chaîne WGN-TV[2]. Beaucoup de chaînes locales se créant à cette époque, William Friedkin parvient à devenir réalisateur d'émissions en direct, puis de documentaires[3]. Il se fait souvent renvoyer des chaînes où il travaille mais n'a pas de difficultés à trouver un autre emploi[3].

Progression et récompenses[modifier | modifier le code]

En 1965, William Friedkin produit et réalise le documentaire The People vs. Paul Crump, sur un condamné à mort en attente de son exécution. Le film, qui tente de mettre en lumière les défaillances de l’enquête policière, entraîne une réévaluation du dossier et le héros, Paul Crump (en), voit sa sentence commuée en prison à vie (il sera finalement libéré en 1993)[4]. Le film gagne le Golden Gate award au Festival international du film de San Francisco en 1962[3]. William Friedkin décide en 1965 de quitter Chicago et devient réalisateur pour la série télévisée Alfred Hitchcock présente[3].

William Friedkin vers 1970.

En 1967, William Friedkin réalise son premier film pour le cinéma, Good Times, une comédie musicale mettant en vedette le tandem Sonny and Cher. Suivent, en 1968, L'Anniversaire d’après la pièce de Harold Pinter et, en 1970, Les Garçons de la bande, un des rares films de l’époque à traiter d’homosexualité.

Succès cinématographiques et consécration[modifier | modifier le code]

[à développer] William Friedkin réalise ensuite coup sur coup deux très gros succès commerciaux, maintenant considérés comme des classiques du cinéma américain : le drame policier French Connection en 1971. Le film a remporté cinq Oscars, dont celui du meilleur réalisateur, ainsi que trois Golden Globes. Ensuite, le drame fantastique L'Exorciste sorti en 1973 connaît un succès planétaire.

Déclin et controverses[modifier | modifier le code]

La suite de sa filmographie sera moins riche en succès au box-office, mais pas en réussites artistiques, telles Le Convoi de la peur, son plus gros échec à Hollywood, remake étonnant du Salaire de la peur d'Henri-Georges Clouzot, La Chasse (Cruising) avec Al Pacino qui fait scandale pour sa description très crue des milieux homosexuels S.M., Police fédérale, Los Angeles, le plus gros succès de William Friedkin des années 1980, polar halluciné autour d'un personnage de flic antipathique et suicidaire.

En 2007, son film Bug est une plongée cauchemardesque au cœur de la schizophrénie.

William Friedkin est un cinéaste des excès, du malaise et de la violence. Souvent stigmatisé pour son caractère difficile et ses lubies sur certains tournages houleux, cet enfant prodige du Nouvel Hollywood demeure une référence dans le cinéma action contemporain[non neutre].

Opéra[modifier | modifier le code]

Au milieu des années 1990, William Friedkin se met à la mise en scène d’opéra ; en 1998, à l’instigation du chef Zubin Mehta, il monte Wozzeck d'Alban Berg dans le cadre d’un festival d’art lyrique à Florence. Par la suite, il dirige notamment Ariane à Naxos de Richard Strauss à Los Angeles, Samson et Dalila de Camille Saint-Saëns en Israël, et Aïda de Verdi en Italie.

Derniers films[modifier | modifier le code]

En 2012, William Friedkin renoue avec le succès au cinéma avec son film Killer Joe, adaptation à l'écran de la pièce éponyme de Tracy Letts et avec Matthew McConaughey dans le rôle-titre. En 2016, Friedkin révèle qu'il travaille sur une adaptation de son film en série télévisée avec Nicolas Cage dans le rôle de Joe.

Après plus de dix ans d'absence, il revient au cinéma avec le film L'Affaire de la mutinerie du Caine (2023), adaptation du roman Ouragan sur le Caine de Herman Wouk et son adaptation en pièce de théâtre. Il sera présenté en avant-première à la Mostra de Venise 2023, quelque temps après son décès.

Vie privée[modifier | modifier le code]

William Friedkin et sa femme Sherry Lansing en 2008.

Pendant le tournage de L'Exorciste, William Friedkin fait la rencontre de la danseuse Jennifer Nairn-Smith (en) avec qui il entame une liaison[5]. Il déclarera par la suite avoir éprouvé une forte attirance physique pour elle, mais n'en avoir jamais été réellement amoureux[6]. Grâce aux recettes de L'Exorciste ils s'installent ensemble dans une superbe demeure que le réalisateur achète à Los Angeles, dans le quartier de Bel Air[7]. Jennifer Nairn-Smith rejoindra Friedkin sur le tournage du Convoi de la peur pour lui annoncer qu'elle est enceinte et désire l'épouser, ce qu'il refusera[6]. L'enfant, Cedric, naît en [8]. William Friedkin commence par refuser de croire qu'il en soit le père, mais après que Walon Green, scénariste sur Le Convoi de la peur, lui a affirmé que l'enfant est « son portrait craché », il fait un test sanguin pour s'assurer de cette paternité, reconnaît l'enfant et accepte de s'en occuper[8].

Il a été brièvement (de 1977 à 1979) l'époux de Jeanne Moreau.

Un matin d'automne 1980, alors qu'il se rend en voiture à son bureau de Warner Bros, William Friedkin est victime d'une crise cardiaque. Il parvient à rouler jusqu'au studio mais s'effondre à l'entrée du bâtiment. Il est sauvé in extremis[9].

Mort[modifier | modifier le code]

William Friedkin meurt le à Los Angeles[10] d'une insuffisance cardiaque due à une pneumonie, à l'âge de 87 ans. Incinéré, ses cendres sont remises à la famille[11].

Distinctions[modifier | modifier le code]

Filmographie[modifier | modifier le code]

Réalisateur[modifier | modifier le code]

Fictions[modifier | modifier le code]

Documentaires[modifier | modifier le code]

Séries télévisées et téléfilms[modifier | modifier le code]

Clips musicaux[modifier | modifier le code]

Scénariste[modifier | modifier le code]

Producteur[modifier | modifier le code]

Cinéma[modifier | modifier le code]

Télévision[modifier | modifier le code]

Publications[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Prononciation en anglais américain retranscrite selon la norme API.
  2. a b c d et e Biskind 2006, p. 211.
  3. a b c et d Biskind 2006, p. 212.
  4. « William Friedkin, mort d’un cinéaste à la nitroglycérine », sur Télérama,
  5. Biskind 2006, p. 231-232.
  6. a et b Biskind 2006, p. 331.
  7. Biskind 2006, p. 329-330.
  8. a et b Biskind 2006, p. 333.
  9. Friedkin Connection, les mémoires d'un cinéaste de légende, 2013.
  10. (en) « William Friedkin, ‘The Exorcist’ Director, Dies at 87 », sur variety.com, (consulté le )
  11. Find a grave

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Livres[modifier | modifier le code]

Entretiens[modifier | modifier le code]

  • Entretien avec Samuel Blumenfeld et Laurent Vachaud dans la revue Les Inrockuptibles;
  • Entretien avec Laurent Vachaud dans la revue Positif,
  • Dossier William Friedkin dans la Revue Panic, juillet/
  • Entretien avec Laurent Vachaud dans la revue Positif, juillet/

Liens externes[modifier | modifier le code]