Nelly Kaplan

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Kaplan.
Nelly Kaplan

Nelly Kaplan, née le [1] à Buenos Aires en Argentine, est une écrivaine et cinéaste française.

Biographie[modifier | modifier le code]

La famille de Nelly Kaplan est d'origine russe. Nelly Kaplan fut une enfant turbulente. Pour « se débarrasser d'elle », ses parents l'envoient au cinéma. Elle découvre lors des matinées classiques des films muets et sonores. Le cinéma devient sa seconde passion avec la littérature. Son faible pour la poésie française lui fait choisir la France lorsqu'elle choisit de partir pour vivre sa vie.

Avant de prendre le bateau, elle sollicite revues et journaux argentins pour être leur correspondante. En 1953, elle arrive donc à Paris avec ces accréditations presse et une lettre d'introduction du directeur de la Cinémathèque argentine. Grâce à ce document, Henri Langlois, l'accueille à la cinémathèque et lui ouvre les portes de toutes les projections. C'est lui, qui en 1954 lors d'une réception en hommage à G. Méliès, la présente à Abel Gance. Quinze jours après cette rencontre, elle devient son assistante et tient un petit rôle dans La Tour de Nesle (1954). Elle l'assistera également pour les films Magirama[2] (1956) et Austerlitz (1960). Cette même année 1954, elle rencontre et se lie d'amitié avec Théodore Fraenkel, ex-condisciple d'André Breton au collège Chaptal et durant la Première Guerre mondiale (1914-1916) en tant qu'internes en médecine à Nantes.
En 1955, elle rencontre Philippe Soupault, puis en 1956, André Breton : le début d'« une éblouissante amitié amoureuse[3] ».

« J'ai donc rencontré André Breton par le plus grand des hasards. C'était le 17 mars 1956[4], vers onze heures du matin, au musée des arts décoratifs où avait lieu une exposition d'art précolombien. Je déambulais depuis un long moment parmi ces objets uniques, sans me décider à partir, comme cela m'arrive parfois quand je me sens dans l'attente d'un événement extraordinaire qui doit immanquablement arriver et qui, neuf fois sur dix, arrive... [...] Soudain, dans une des salles que j'aurais juré déserte un instant auparavant, apparut un personnage à la belle tête léonine. Un étrange ballet s'ensuivit pendant quelques minutes, puis il s'approcha de moi et, le plus naturellement du monde, commença à me commenter la statuette de jade placée devant nous. Nous avons déambulé longtemps d'une salle à l'autre, en parlant comme si nous nous connaissions. Les rapports étaient simples, limpides. Au moment de nous quitter, il me dit : « Je crois qu'il est temps de me présenter. Je m'appelle André Breton. » Extrait d'un entretien donné au quotidien Le Figaro le 24 avril 1991[5].

Auprès d'Abel Gance, elle se passionne pour la Polyvision[6] (3 projections en même temps sur un écran) qu'avait expérimenté le cinéaste, et auquel elle consacrera un essai. Elle apprend le métier : le montage en asseyant la polyvision sur le film J'accuse, la mise en scène en dirigeant une seconde équipe sur Austerlitz. Par ailleurs elle commence à écrire et réalise son premier film : en 1959 et 1960, paraissent chez Éric Losfeld, signé du le pseudonyme «Belen», trois plaquettes publiées à tirage limité La Géométrie dans les Spasmes, Délivrez-nous du Mâle et La Reine des Sabbats. En 1961, Nelly Kaplan réalise son premier court-métrage sur le peintre Gustave Moreau[7], et rencontre André Pieyre de Mandiargues. Abel Gance l'accompagne également dans sa découverte de l'ésotérisme dont on trouve des traces dans tous ses films ou romans (boule de cristal, tarot, liseuse de drap...)

En 1964, elle rencontre le producteur Claude Makovski avec qui débute une collaboration intense : la société de production de C. Makovski, Cythère Films, produit les projets de courts métrages documentaires de N. Kaplan, et c'est lui qui la pousse à réaliser son premier long métrage. Ce sera en 1969 La Fiancée du pirate avec Bernadette Lafont dans le rôle principal. Claude Makovski produira tous les films de Nelly Kaplan y compris Abel Gance et son Napoléon, exception faite du film Néa, commande faite à la réalisatrice pour adapter une histoire d'Emmanuelle Arsan. Une autre rencontre importante fut celle du cinéaste Jean Chapot avec qui elle écrira tous les films qu'elle ou lui réalisera, depuis Néa (1976) jusqu'à la mort de ce dernier en 1998.

En 1996, Nelly Kaplan est nommée Chevalier de la Légion d'honneur pour l'ensemble de son œuvre littéraire et cinématographique.

En 1998, la Galerie, à Paris, organise une exposition Kaplan dans tous ses états.

En 2014, Nelly Kaplan a été filmée par Gérard Courant pour son anthologie Cinématon.

Nelly Kaplan tient la rubrique cinéma dans Le Magazine littéraire et participe à l'émission de radio Des Papous dans la tête diffusée par France Culture.

Filmographie[modifier | modifier le code]

Documentaires[modifier | modifier le code]

Fictions[modifier | modifier le code]

Réalisation[modifier | modifier le code]

Scénario[modifier | modifier le code]

  • 1975 : Il faut vivre dangereusement, scénario coécrit avec Claude Makovski et Clément Veillot
  • 1981 : Livingstone (téléfilm), scénario coécrit avec Jean Chapot, pour la télévision
  • 1982 : Ce fut un bel été, scénario coécrit avec Jean Chapot, pour la télévision
  • 1982 : Un fait d'hiver, scénario coécrit avec Jean Chapot et Clément Perron, pour la télévision
  • 1984 : Le Regard dans le miroir, scénario coécrit avec Jean Chapot, pour la télévision. Grand Prix de la Fondation de France
  • 1988 : Le Crépuscule des loups, scénario coécrit avec Jean Chapot, pour la télévision
  • 1991 : Les Mouettes, scénario coécrit avec Jean Chapot, pour la télévision
  • 1992 : Honorin et la Loreleï, scénario coécrit avec Jean Chapot, pour la télévision
  • 1993 : Polly West est de retour, scénario coécrit avec Jean Chapot, pour la télévision
  • 1994 : Honorin et l'enfant prodigue, scénario coécrit avec Jean Chapot, pour la télévision, quatrième volet de la « saga » de Sainte Apolline
  • 1999 : La Petite Fille en costume marin, scénario coécrit avec Jean Chapot et Sébastien Roulet, pour la télévision

Écrits[modifier | modifier le code]

Fictions[modifier | modifier le code]

  • Le Réservoir des sens, 1966, nouvelles, La Jeune Parque. Sous le pseudonyme de «Belen». Ce volume reprend, pour l'essentiel, le texte de trois plaquettes publiées à tirage limité en 1959 et 1960 : La Géométrie dans les Spasmes, Délivrez-nous du Mâle et La Reine des Sabbats. Préface de Philippe Soupault et illustrations d'André Masson. Sous son nom de Nelly Kaplan le livre a été deux fois réédité. 1988, rééd. J.-J. Pauvert. 1995, rééd. augmentée de La Gardienne du temps, Le Castor astral.
  • Le Collier de Ptyx, 1971, J.-J. Pauvert.
  • Mémoires d'une liseuse de draps, 1974, J.-J. Pauvert. Roman signé «Belen». Censuré et interdit de diffusion.
  • Aux Orchidées sauvages, 1998, roman, éditions La Différence, Paris
  • Un manteau de fou rire, 1998, roman, éditions La Différence, Paris. Il s'agit de la réédition, légèrement revisitée par l'auteur, du roman Mémoires d'une liseuse de draps.
  • Ils furent une étrange comète, 2002, Le Castor astral, Paris.
  • Cuisses de grenouille, Maren Sell Éditeurs, 2005.
  • Et Pandore en avait deux !, 2008, éditions du Rocher, Paris.

Essais sur le cinéma[modifier | modifier le code]

  • Manifeste d'un art nouveau : la Polyvision. Caractères, 1955.
  • Le Sunlight d'Austerlitz. Plon, 1960.
  • Napoléon, 1994, texte en anglais sur le film d'Abel Gance, Londres, British Film Institute Publishing[8]

Correspondance[modifier | modifier le code]

  • Mon Cygne, mon Signe..., correspondance avec Abel Gance, 2008, éditions du Rocher, Paris.
  • Écris-moi tes hauts faits et tes crimes, correspondance avec André Pieyre de Mandiargues de 1962 à 1991, Tallandier, Paris 2009.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Mireille Calle-Gruber et Pascale Risterucci, Nelly Kaplan : le verbe et la lumière, L'Harmattan, 2004, collection Trait d'union, ISBN 2747566471
  • Denys-Louis Colaux, Nelly Kaplan, portrait d'une flibustière, Dreamlamd, 2002, ISBN 2910027120
  • Georgiana Colvile, Scandaleusement d'elles. Trente-quatre femmes surréalistes, Jean-Michel Place, Paris, 1999, p. 148-155 ISBN 2858934967
  • Georges Sebbag, Le Point sublime : Breton, Rimbaud, Kaplan, Jean-Michel Place, 1996
  • Entretien avec Nelly Kaplan dans Women and Film no 2, p. 34-36

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. [1] Source BnF
  2. Dans la revue Le Surréalisme, même du printemps 1957, Breton écrit à propos du film : « […] Melle Nelly Kaplan, en qui tous ceux qui l'auront entrevue auront pu reconnaître « la fée au chapeau de clarté », G. Sebbag, André Breton l'amour-folie, éditions Jean-Michel Place, Paris, 2004, p. 99.
  3. Colvile, op. cit.
  4. Le 6 janvier 1957, selon G. Sebbag. Le soir même, Breton lui écrit : « Aujourd'hui, […] c'est la Fête des Reines. Vous vous rappelez, Rimbaud : « Je veux qu'elle soit reine… », André Breton l'amour-folie, éditions Jean-Michel Place, Paris, 2004, p. 99.
  5. Colevile, op. cit., p. 155.
  6. (en) : https://en.wikipedia.org/wiki/Polyvision
  7. Gustave Moreau fut le premier peintre qui marqua profondément et durablement Breton quand il découvrit ses peintures en 1912.
  8. Traduit et adapté par Bernard McGuirk. Colvile, op. cit.

Liens externes[modifier | modifier le code]