Aurore Clément

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aurore Clément
Description de l'image Aurore Clément B&W by Peter Wyss.png.
Naissance (77 ans)
Soissons
Nationalité Drapeau de la France Française
Profession Actrice
Films notables Lacombe Lucien
Le Juge Fayard dit « le Shériff »
Le Crabe-Tambour
Apocalypse Now : version Redux
Paris, Texas

Aurore Clément, née le à Soissons (Aisne), est une actrice française.

Biographie[modifier | modifier le code]

Enfance[modifier | modifier le code]

Aurore Clément naît le , à Soissons, au sein d'une famille d’agriculteurs modestes de Buzancy[1],[2]. « Nous étions à une centaine de kilomètres de Paris qui nous en paraissaient mille. Je suis une enfant de l’après-guerre. Quand j’étais petite, il y avait encore les traces des combats, tout était en ruine, rien n’était reconstruit. », raconte-t-elle sur son enfance, précisant encore : « Les vitres de la maison avaient été soufflées par les bombes et n’avaient pas été remplacées. Moi aussi, je travaillais aux champs car mes parents avaient besoin d’aide. »[3]. À la mort de son père, employé à l’usine des Sucreries et Distilleries du Soissonnais, quand elle a 17 ans, elle quitte l’école pour travailler dans cette même usine afin de subvenir aux besoins de sa mère et de sa jeune sœur âgée de 15 ans[3]. À 20 ans, sa sœur meurt dans un accident. Aurore Clément décide de tout quitter et de venir à Paris où elle devient cover girl[3],[4]. Sa mère, restée à Soissons, meurt quelques années après.

Carrière[modifier | modifier le code]

Aurore devient mannequin. Elle est en couverture de plusieurs magazines de mode : Vogue Magazine, Elleetc.

C’est sur une couverture du magazine Elle que Louis Malle la remarque[4],[5] et lui offre, en 1974, le rôle de France, une jeune fille juive amoureuse d’un adolescent collabo dans le film Lacombe Lucien[1],[2]. Après ces débuts remarqués, elle enchaîne de nombreux rôles à travers l'Europe, devenant entre autres la comédienne fétiche de Chantal Akerman (depuis Les Rendez-vous d'Anna en 1978 jusqu’à Demain on déménage en 2003). Avant de tourner pour elle, Aurore Clément n'avait rien vu de Chantal Akerman, exceptée une interview à la télévision : « Elle avait l'air d'avoir quatorze ans ; elle s'est levée, elle a défendu son film avec une telle simplicité, une telle présence, que je me suis dit : je veux travailler avec elle. » Chantal Akerman commençait à chercher les personnages d'un film. Delphine Seyrig lui a parlé d'Aurore Clément.

En 1976, Mario Monicelli lui propose de jouer dans son film Caro Michele au côté de Delphine Seyrig. Elle enchaîne ensuite de nombreux films italiens avec de grands metteurs en scène comme Elio Petri, Mauro Bolognini, Giuliano Montaldo, Dino Risi. En 1979, elle joue dans Apocalypse Now, de Francis Ford Coppola.

En , elle est en couverture du magazine Lui.

En 1987, Simone Benmussa, metteur en scène au Théâtre du Rond-Point lui offre son premier rôle au théâtre dans La Vie singulière d’Albert Nobbs. Ce rôle lui vaut, en 1988, le prix de la « révélation de l’année » décerné par le Syndicat de la Critique Dramatique[6].

Aurore Clément et Dean Tavoularis pendant le tournage d'Apocalypse Now, aux Philippines.

Elle joue de nouveau au théâtre sous la direction d’Isabelle Nanty dans La Mouette d’Anton Tchekhov, puis dans Les Eaux et Forêts de Marguerite Duras, mise en scène de Tatiana Vialle.

En 1993, Robert Kuperberg lui offre un rôle aux côtés de Guy Tréjan et Maïa Simon[note 1] au Théâtre national de Chaillot dans Un Couple Ordinaire de Robert Kuperberg, adapté du livre de Gitta Sereny Au fond des Ténèbres ; récit d’une année passée à soutirer la confession de Franz Stangl, commandant du camp d’extermination de Treblinka.

En 2000, elle joue le rôle de Prudence Duvernoy dans la pièce La Dame aux camélias, mise en scène par Alfredo Arias[2]. Aurore Clément est nommée pour le Molière de la comédienne dans un second rôle[6].

Sa brillante carrière au cinéma se poursuit, souvent sous la direction de Laetitia Masson, et avec la jeune génération des réalisateurs. Elle joue également dans de nombreuses productions pour la télévision française, sous la direction par exemple de Nina Companeez, Pierre Cardinal, Jean Chapot, Jesús Franco, etc.[2].

Vie privée[modifier | modifier le code]

Elle est mariée au chef décorateur américain Dean Tavoularis[2],[7].

Filmographie[modifier | modifier le code]

Aurore Clément et Miloš Forman pendant le tournage du film Vol au-dessus d'un nid de coucou, en 1975.
Patrick Dewaere et Aurore Clément dans Le Juge Fayard en 1977.
Jean-Claude Carrière et Aurore Clément à New York, en 1978.
Aurore Clément et Francis Ford Coppola, lors du tournage d'Apocalypse Now, en 1979.

Cinéma[modifier | modifier le code]

Longs métrages[modifier | modifier le code]

Courts métrages[modifier | modifier le code]

Télévision[modifier | modifier le code]

Voix off[modifier | modifier le code]

Théâtre[modifier | modifier le code]

Narrateur de livre audio[modifier | modifier le code]

  • Aurore Clément lit Ingeborg Bachmann : La Trentième Année, Éditions des Femmes, coll. « Bibliothèque des voix », 1991 (enregistrement) et 2005 (parution en compact disques) - EAN : 3328140020540 (coffret de deux CD).
  • Jean-Pierre Faye : Yumi, réédition du roman avec le DVD de lecture intégrale par Aurore Clément. Éditions Notes de nuit, 2012.

Distinctions[modifier | modifier le code]

Récompenses[modifier | modifier le code]

Décorations[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. (lumières de Henri Alekan et décors de Max Douy)
  2. Procès-verbal de réception, République française, no 592CV02.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b brèves sur sa biographie
  2. a b c d et e Bruno Villien, « Clément, Aurore [ Soissons, Aisne 1945 ] », dans Béatrice Didier, Antoinette Fouque et Mireille Calle-Gruber (dir.), Dictionnaire universel des créatrices, Éditions Des femmes, , p. 985-986
  3. a b et c Vanessa Schneider, « titre=La comédienne Aurore Clément : “ Au fond je reste une femme seule qui regarde par la fenêtre l’obscénité du monde “ », Le Monde,‎ (lire en ligne)
  4. a et b Claire Devarrieux, « Portrait nomade d'Aurore Clément », Le Monde,‎ (lire en ligne)
  5. « Aurore Clément. Actrice », sur Télérama
  6. a et b « Aurore Clément », sur Première
  7. Valérie Duponchelle, « Dean Tavoularis, tout l'art de Coppola », Le Figaro, encart « Le Figaro et vous »,‎ 3-4 avril 2021, p. 31 (lire en ligne).

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :