Jean-Claude Brisseau

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Jean-Claude Brisseau
Naissance (72 ans)
Paris
Nationalité Drapeau de la France France
Profession réalisateur, scénariste, producteur
Films notables

De bruit et de fureur,

Noce blanche,
L'Ange noir,
La Fille de nulle part

Jean-Claude Brisseau (né le à Paris[1]) est un réalisateur, acteur, producteur, scénariste, directeur de la photographie, monteur français.

Personnalité controversée du cinéma français, Jean-Claude Brisseau est un réalisateur autodidacte qui a enseigné le français pendant une vingtaine d’années avant de pouvoir se consacrer au cinéma, suite au succès commercial de son film Noce blanche. Ses films réalistes frôlent parfois le fantastique et traitent de la violence sociale, du plaisir féminin, du mysticisme.

Biographie[modifier | modifier le code]

Dans les années 1950, le jeune Jean-Claude Brisseau fréquente assidûment les salles de cinéma et, « le lundi matin, à l'école, [il] rêve du film qu'[il] a vu la veille ». C'est ainsi que le réalisateur évoque sa naissance au cinéma[2]. Mais, né dans une famille modeste, il doit renoncer à l'IDHEC et choisit l'enseignement : il sera instituteur, puis professeur. Longtemps, il réalise des films tout en enseignant le français dans un collège de la région parisienne (collège Diderot à Aubervilliers, en Seine-Saint-Denis).

Vers le milieu des années 1970, Jean-Claude Brisseau achète une caméra Super 8 sonore, modèle qui vient de sortir, et réalise, pendant ses congés, deux films. L'un d'eux, La Croisée des chemins, est diffusé dans un festival de films amateurs au cinéma l'Olympic. Le film est vu par Maurice Pialat et par Éric Rohmer.

Grâce à ce dernier, Brisseau obtient le soutien de l’Institut national de l'audiovisuel (INA), qui produit un premier film, La Vie comme ça, en 1978. Il réalise aussi pour la télévision Les Ombres, qui s’inscrit dans la série La Télévision de Chambre, ainsi qu'un court-métrage, L’Échangeur, dans le cadre de la série Contes pour enfants. Rohmer et les Films du Losange, qui ont déjà essayé de produire La Vie comme ça, produisent son premier long métrage, Un jeu brutal, et co-produiront les deux suivants.

En 1983, Brisseau rencontre Bruno Crémer, qu'il dirige dans trois films successifs : Un jeu brutal, De bruit et de fureur et Noce blanche. Pour Sylvie Vartan, rencontrée au début des années 1990 — par l'entremise de Dominique Besnehard[3] — à Cannes où il présente De bruit et de fureur, il écrira L'Ange noir. C'est une exception dans sa méthode de travail, puisqu'il a déclaré : « Je n'ai jamais écrit en fonction des gens qui pourraient jouer dedans, excepté Sylvie Vartan.[4] ».

En 1989, Noce blanche, initialement écrit pour la chaîne de télévision la Sept (future Arte), rencontre un succès commercial inattendu. Ce film est cependant, selon le réalisateur, « le film de moi qui m'intéresse le moins[5]. »

Après l'échec commercial de L'Ange noir, en 1994, Jean-Claude Brisseau est contraint de produire lui-même certains de ses films, notamment Choses secrètes, projet qui a duré presque dix ans[6]. Choses secrètes (2002) ouvre une trilogie consacrée à la sexualité féminine dont les deux autres volets seront Les Anges exterminateurs et À l'aventure[6].

En 2011, le festival du film de Belfort - Entrevues lui consacre une rétrospective.

En août 2012, il reçoit le Léopard d'or du festival de Locarno pour son film La Fille de nulle part[7].

Condamnation pour harcèlement sexuel[modifier | modifier le code]

Jean-Claude Brisseau est condamné par le tribunal correctionnel de Paris le 15 décembre 2005 à un an de prison avec sursis et à 15 000 euros d'amende pour harcèlement sexuel sur deux actrices lors d'auditions pour son film Choses secrètes[8].

En décembre 2006, il est condamné en cour d'appel pour agression sexuelle sur une troisième actrice[9].

La même année, il évoque ces faits dans son film suivant, Les Anges exterminateurs, et publie un livre d'entretiens, L'Ange exterminateur, dans lequel il décrit ses méthodes de travail, notamment avec les acteurs, revient sur son procès et les débats relatifs à cette affaire.

Analyse de l'œuvre[modifier | modifier le code]

Les premiers films de Jean-Claude Brisseau traitent du mal-vivre des cités[10], mais déjà s'y glissent des éléments oniriques proches du surréalisme. Bien qu'il se défende d'avoir fait des films de banlieue[11], il aborde les thèmes de la ségrégation urbaine et sociale, de la misère et de la violence.

Le film suivant, Noce blanche, a encore pour cadre l'institution scolaire[note 1] et retrace une relation amoureuse destructrice entre un enseignant et l'une de ses élèves.

Dans Céline (1992), le réalisateur s'intéresse au mysticisme et aux phénomènes paranormaux. Avec l'intrusion d'éléments oniriques, le cinéaste juxtapose « des éléments quotidiens et des éléments fantastiques pour filmer la contagion de sens », s'agissant pour lui de voir « comment la réalité quotidienne peut être modifiée par une autre dimension[6]. »

Filmographie[modifier | modifier le code]

Cinéma[modifier | modifier le code]

Télévision[modifier | modifier le code]

Récompenses[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • L'Ange exterminateur : Jean-Claude Brisseau, entretiens avec Antoine de Baecque, Grasset, 2006
  • Entretiens disponibles avec le réalisateur dans les revues suivantes :
    • à propos d'Un jeu brutal : Cahiers du cinéma, 350, août 1983
    • à propos de De bruit et de fureur : Cahiers du cinéma, 407-408, mai 1988 ; Positif, 328, juin 1988
    • à propos de Noce blanche : Positif, 345, novembre 1989
    • à propos de Céline : Cahiers du cinéma, 454, avril 1992 ; Positif, 374, avril 1992
    • à propos des Anges exterminateurs : Positif, 547, septembre 2006
    • entretien croisé avec John B. Root et Jean-Claude Brisseau : Cahiers du cinéma, 574, décembre 2002
  • David Vasse, Jean-Claude Brisseau, entre deux infinis, Rouge Profond, 2015

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. De bruit et de fureur se déroulait déjà, en partie, dans un collège.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Olivier Père, « Locarno 2012 Day 8 : Jean-Claude Brisseau », Blog d'Olivier Père,‎ (lire en ligne)
  2. Jean-Claude Brisseau, « Mes dates clés », Libération,‎ (lire en ligne)}.
  3. D. Besnehard, Casino d'hiver, J'ai lu, 2016, p. 399.
  4. Interview du réalisateur sur le site kinok.com en avril 1994.
  5. Propos tenu dans l'émission de France Culture, le Rendez-vous, le 23 novembre 2011.
  6. a, b et c Isabelle Potel, « Le sexe comme élément de suspense », Libération,‎ (lire en ligne)
  7. Jean-Baptiste Morain, « Brisseau, Léopard d’or à Locarno ! », Les Inrockuptibles,‎ (lire en ligne)
  8. « Brisseau condamné pour atteinte sexuelle », sur L'Obs
  9. « Brisseau condamnépour atteinte sexuelle », L'Obs,‎ (lire en ligne)
  10. « Solitudes des cités » ; à propos des premiers films de Brisseau. Archives de Libération du 12 avril 2003.
  11. « Ce n'est pas un film sur la banlieue, cela n'a rien à voir avec La Haine ! » Entretien pour le site Objectif cinéma.

Liens externes[modifier | modifier le code]