José Bénazéraf

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José Benazeraf
Description de l'image José Bénazéraf.jpg.
Surnom José Benazeraf, José Benazéraf, José Bénazeraf
Naissance
Casablanca
Nationalité Drapeau de la France Française
Décès (à 90 ans)
Chiclana de la Frontera, Espagne

José Benazeraf est un réalisateur, scénariste et producteur de cinéma français né le à Casablanca, au Maroc, mort le [1],[2] à Chiclana de la Frontera, près de Cadix, au sud de l'Espagne[3],[4]

Cinéaste indépendant, aventurier du cinéma, José Benazeraf produit presque tous ses films. Il lui arrive même, dans le pire des cas, faute de distributeur, de les distribuer lui-même, soit directement avec l'exploitant, Henri Boublil, propriétaire de nombreux cinémas dont le Midi-Minuit[5], et Le Méry, à Paris, soit, plus insolite encore, en louant des théâtres de prestige[6].

Biographie[modifier | modifier le code]

José Benazeraf étudie à l'Institut d'études politiques de Paris. Il est un industriel du coton lorsqu'il achète les droits de la chanson Les Lavandières du Portugal. Un succès mondial que l'on entend dans tous les postes de radio. Il se lance dans le cinéma, sans rien y connaître, en produisant, sous l'égide de Pathé, Les Lavandières du Portugal en 1957, film de Pierre Gaspard-Huit, que devait réaliser Dimitri Kirsanoff, grand cinéaste du cinéma muet, qui meurt dans le bureau de Benazeraf[7]. Partageant, quelques années plus tard, un bureau avec le producteur Georges de Beauregard[8], Benazeraf voit défiler dans leur bureau commun toute la Nouvelle vague à venir, Claude Chabrol dont il essaie de sortir les deux premiers films ne trouvant pas de distributeur, Paul Gégauff, Jacques Demy, Jean-Luc Godard, Philippe de Broca, etc. Il fait une apparition dans À bout de souffle de Jean-Luc Godard dans une scène avec Belmondo, et prête pour le film sa Thunderbird[9],[10] blanche à deux places, que Poiccard (Belmondo) vole dans le film.

José Benazeraf passe à la réalisation en 1962, après avoir produit Yves Allégret et le dernier film d'Edmond T. Greville. Au fil du temps, les films deviendront de plus en plus explicites, jusqu'au moment où le cinéaste signera des films délibérément pornographiques (à partir du milieu des années 1970). Il a également exploité des scénarios appartenant à la nazisploitation pour y apporter un « plus » pornographique comme Bordel SS (1978).

Quelques grands films à son actif, dont Les Premières Lueurs de l'aube, tourné à Hambourg, en 1967, polar urbain d'une beauté glacée[11], retitré Plaisirs pervers pour sa sortie au cinéma Midi-Minuit, boulevard Poissonnière.

Metteur en scène iconoclaste, qui réalisait ses films à la vitesse de la lumière, personnage dérangeant, qui osa souvent mêler politique et érotisme, il a encouru les foudres de la censure. De Henri Langlois à Dominique Païni, il fera plus tard le bonheur des directeurs de la Cinémathèque française qui n'ont cessé de lui rendre hommage. Henri Langlois a dit, présentant Le Désirable et le Sublime en avant-première, au Palais de Chaillot :

« Les films de José Benazeraf sont comme des rivières qui charrient des pierres et des diamants. »

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Un premier ouvrage lui est consacré en 1973, José Benazeraf (collection « Anthologie permanente de l'érotisme au cinéma »), édité par Éric Losfeld, signé Paul-Hervé Mathis et Anna Angel[12],[13],[14].

En 2007, un ouvrage érudit paraît chez Clairac éditeurs, José Benazeraf, la caméra irréductible par Herbert P. Mathese[15]. On y apprend que l'orthographe correcte de son nom est José Benazeraf, sans accent.

Filmographie[modifier | modifier le code]

Réalisateur[modifier | modifier le code]

S'il faisait lui-même le cadre de ses films, José Benazeraf avait la particularité de s'entourer de grands chefs-opérateurs.

De nombreux films de José Benazeraf sont chroniqués dans le Dictionnaire des films français pornographiques & érotiques 16 et 35 mm publié par Christophe Bier (Serious Publishing, 2011). Seuls les films de cinéma figurent dans cet ouvrage.

C'est après Brantôme 81, son film le plus ambitieux, depuis longtemps, et son film le plus cher, film pour ainsi dire dépourvu de scènes de sexe, qui aurait dû trouver sa place dans les meilleures salles Gaumont ou UGC, et qui ne trouvera de sortie qu'au Japon, que J. Benazeraf enchaînera porno sur porno en vidéo. Brantôme 81 est paradoxalement sorti au Japon avec des inserts érotiques[22].

Productions vidéo[modifier | modifier le code]

La plupart ont été tournées en 24 h ; un certain nombre sont sorties en salles, notamment à l'Amsterdam-Saint-Lazare, le cinéma de Georges Combret[23], d'autres ne sont sorties qu'en vhs. Liste non exhaustive.

Acteur[modifier | modifier le code]

Producteur[modifier | modifier le code]

Édition des films[modifier | modifier le code]

Fin 2008, huit de ses films sont édités pour la première fois en DVD par K Films[24],[25],[26] : Le Désirable et le Sublime, Joë Caligula - Du suif chez les dabes, Le Concerto de la peur, L'Éternité pour nous, L'Enfer dans la peau (La Nuit la plus longue), L'Enfer sur la plage, Séquences interdites, Brantôme 81 : Vie de dames galantes.

Éditions en DVD de Frustration avec Michel Lemoine, Janine Reynaud, Elisabeth Teissier, en mars 2012, et de Brantôme 81 : Vie de dames galantes en novembre 2012 (LCJ éditions).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Voir sur hotvideo.fr.
  2. Causeur, « José Benazeraf est mort, Le Concerto de la peur ».
  3. « Bénazéraf, l'éternité pour lui » sur Libération, 5 décembre 2012
  4. Charles Tatum sur susauvieuxmonde.canalblog.com, le 7/12/2012.
  5. Le cinéma Midi Minuit, 14 boulevard Poissonnière, ouvre en 1939 ; il sort seul Alexandre Nevski de S. Eisenstein, le 21 juin 1950 (1 semaine d'exclusivité). Voir laspirale.org.
  6. José Benazeraf la caméra irréductible, Herbert P. Mathese, Clairac éditeurs, 2007.
  7. Lire le chapitre « La mort de Dimitri Kirsanoff, 78 Champs-Élysées » dans José Benazeraf, la caméra irréductible de Herbert P. Mathese, 2007.
  8. Plusieurs pages consacrées à José Benazeraf dans Georges de Beauregard : Premier sourire de Belmondo… dernier de Bardot, par Chantal de Beauregard (C. Lacour éd. Nîmes, Coll. Colporteur, 1991).
  9. « José Benazeraf était fou de cinéma et fou de belles voitures. Il tint lui aussi à apporter sa contribution, la belle Thunderbird, c'est la sienne. » Chantal de Beauregard, op. cit.
  10. « J'avais la Thunderbird qui a joué dans À bout de souffle. La décapotable américaine. Une voiture prodigieuse. Elle était toute neuve. Je suis descendu à Lisbonne en quelques heures, avec Jean-Claude Pascal. Il pouvait plus respirer. Je roulais décapoté. Je lâchais pas le 200 à l'heure… », chapitre « Premiers pas dans le cinéma, Les Lavandières du Portugal » © Herbert P. Mathese, José Benazeraf', la caméra irréductible (2007).
  11. « Dans la nuit, la beauté du glacé, les premières lueurs de l'aube », chapitre consacré au film dans José Benazeraf, la caméra irréductible (Herbert P. Mathese, 2007). Le film fait la couverture du livre.
  12. Anthologie permanente de l'érotisme au cinéma, « José Benazeraf ».
  13. Anthologie permanente de l'érotisme au cinéma.
  14. Le prologue du film Un épais manteau de sang (Kacia Bartel) fait la couverture de ce livre de 90 pages. Frustration en couverture de dos.
  15. L'ouvrage a été réalisé à partir de 7 entretiens enregistrés entre le 21 mars et le 12 juin 2002. Il comprend une filmographie complète longuement commentée. José Benazeraf, An 2002 la caméra irréductible, en page de titre. Parution le 8 mars 2007. 471 pages.
  16. Précisions apportées par Edmond Richard sur le tournage du film dans José Benazeraf, la caméra irréductible (Herbert P. Mathese)
  17. Lire : Le Concerto de la peur un film d'ombre, Partition sans titre, le solo de Chet Baker… une ligne, petite musique du Bis dans José Benazeraf la caméra irréductible de Herbert P. Mathese (2007)
  18. Lire : La transformation du Théâtre de la Renaissance en cinéma dans José Benazeraf la caméra irréductible de Herbert P. Mathese (2007).
  19. Le Théâtre de la Renaissance continuera ensuite quelque temps à faire cinéma en projetant des films d'Ingmar Bergman (Le Silence) et d'Andreï Tarkovski.
  20. Le théâtre du Vieux-Colombier avait déjà été un cinéma à l'époque du cinéma muet, et Jean Renoir avait tourné dans le grenier des scènes de La Petite marchande d'allumettes.
  21. Des plans de Racism (probablement) apparaissent au début de Black Love, l'un des meilleurs films de J. Benazeraf (voir entrée Black Love par Herbert P. Mathese dans le Dictionnaire des films français pornographiques & érotiques 16 et 35 mm édité en 2011 par Christophe Bier).
  22. Voir Brantôme 81 dans José Benazeraf, la caméra irréductible (Herbert P. Mathese, Clairac éd. 2007).
  23. Chapitres Gare Saint-Lazare, Navicert: vidéo ersatz au cinéma : la cuisine infernale dans : José Benazeraf, la caméra irréductible de Herbert P. Mathese (2007).
  24. Francis Moury : 2 coffrets José Benazeraf chez K-films, Écran Large, 22/12/2008.
  25. Francis Moury : chronique « La caméra irréductible », 2/2007, édition coffrets K-films.
  26. Rétrospective Benazeraf rue Champollion à la Filmothèque de Jean-Max Causse, ancien cinéma Quartier-Latin, après l'édition de ces films en dvd, chronique dans Spectres du cinéma no 3, été 2009.

Liens externes[modifier | modifier le code]