Gris

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Quelques gris neutres.

Le gris est un champ chromatique défini par la faiblesse ou l'absence de l'impression de couleur, dont l'intensité lumineuse est moindre que celle du blanc et supérieure à celle du noir.

Les images photographiques ne présentant aucune impression de couleur sont généralement dites en noir et blanc. En peinture, on parle de grisaille[1].

Situation chromatique[modifier | modifier le code]

La norme AFNOR X08-010 : Classification méthodique générale des couleurs situe le champ chromatique correspondant à la teinte grise dans une région de luminance entre 5 et 75% du blanc, avec une saturation qui doit être plus faible pour les teintes claires que pour les sombres. La saturation limite varie selon la teinte, elle est plus faible pour les verts et légèrement supérieure pour les pourpres.

Ces limites indicatives sont établies en fonction de la sensibilité de l'œil humain. La transition avec les champs chromatiques voisins, les beiges et les roses pour les gris clairs, et les kakis, bruns marrons et Bordeaux, verts, bleus et pourpres pour les gris sombres est progressive[2].

Description des gris[modifier | modifier le code]

La notion de gris étant assez large, elle peut être qualifiée.

Les adjectifs « clair », « moyen » et « foncé » indiquent la luminosité.

Le gris neutre est rare[3]. On peut préciser une vague dominante de couleur par apposition du nom d'une teinte proche, comme dans un « gris rose » ou avec les adjectif en « —âtre » formés avec une teinte plus lointaine, comme un « gris verdâtre ». Assez vite, l'impression de couleur prend le dessus ; une couleur fortement désaturée se dit « grisâtre ».

En arts visuels, on parle de couleurs chaudes et froides, et donc de « gris chaud » s'il est légèrement orangé, sans aller jusqu'au beige, couleur voisine, et de « gris froid » quand il est légèrement bleu ou bleu-vert.

Nuances de gris dans le langage[modifier | modifier le code]

Le nuancier des papiers demi-teinte Canson comprend les numéros 120, gris perlé ; 122, gris flanelle ; 343, gris Trianon ; 345, gris ardoise, 354 gris ciel; 426 gris ciel (plus froid) ; 429 gris fumé ; 431 gris chiné[4].

Gris informatique[modifier | modifier le code]

L'informatique ne définit pas les couleurs directement, celles-ci dépendant de l'écran ou de l'imprimante et de leurs réglages. Le code r, v, b ne peut se convertir en situation dans un espace colorimétrique, ce qui rend l'estimation de la zone des gris difficile.

Avec 8 bits par canal, il existe 256 niveaux possibles par canal. Pour un gris parfaitement neutre, les valeurs de rouge, vert et bleu sont égales. La valeur RVB (0,0,0) code le noir, la valeur RVB (255,255,255), le blanc. Les 254 valeurs entre les deux pourraient s'appeler gris, mais on ne peut être sûr que les plus claires ni les plus sombres se distinguent d'un noir ou d'un blanc sur tous les media, ni qu'elles puissent se distinguer les unes des autres. On ne peut pas affirmer avec autorité où s'arrêtent les blancs, ni où commencent les noirs, d'autant plus que l'évaluation visuelle d'une couleur dépend de celles de son voisinage.

Les noms de couleur X11 comportent cent niveaux de gris numérotés ; la partie de cette liste qui définit les couleurs utilisées dans les codage HTML, SVG et CSS, à l'intention des navigateurs comprend:

Noms de gris du web[5]
nom échantillon traduction française code hex r,g,b teinte
LightGray   gris clair D3D3D3 211,211,211 neutre
DarkGray   gris sombre a9a9a9 169,169,169 neutre
Gray   gris 808080 128,128,128 neutre
DimGray   gris atténué 696969 105,105,105 neutre
LightSlateGray   gris ardoise clair 778899 119,136,153 210° (froid)
SlateGray   gris ardoise 708090 112,128,144 210° (froid)
DarkSlateGray   gris ardoise sombre 2F4F4F 47,79,79 180° (bleu-vert)

Gris neutre[modifier | modifier le code]

Un gris neutre est un gris qui ne présente aucune dominante colorée.

Les chartes de gris neutre, diffuseurs aussi parfaits que possible (sans reflets) de réflectance 18% ou 14% sont d'un usage courant en photographie. Elles donnent une référence pour l'étalonnage des couleurs. Si la vision humaine s'adapte inconsciemment à l'éclairage, il n'en va pas de même pour les machines, et la couleur enregistrée pour le gris dépend de la lumière qui l'éclaire. On place la charte dans la lumière principale, afin de garder une trace de sa température de couleur et d'éventuelles déviations, fréquentes dans le cas d'un éclairage fluorescent. La réflectance de la charte est prévue pour pouvoir servir aussi de référence pour l'exposition d'un sujet moyen.

Le gris neutre revêt une importance particulière du fait que la discrimination des couleurs, c'est-à-dire la capacité à différencier deux plages de même luminosité mais avec une couleur dominante légèrement différente, est maximale pour les teintes peu saturées et de luminosité moyenne, correspondant à la définition du gris[6].

Les filtres gris neutre s'interposent dans le flux lumineux pour contrôler l'éclairement de la surface sensible. On les désigne par le logarithme de leur absorbance (densité optique). Un gris neutre 0,3 laisse passer la moitié de la lumière, quelle que soit la couleur.

Signification[modifier | modifier le code]

Codes de couleur[modifier | modifier le code]

  • Dans le code de couleurs des résistances électriques et des condensateurs, la couleur grise correspond au chiffre 8 et à une précision de 0,05 %. Dans la norme CEI 60757, on le nomme GY (abréviation de grey).
  • Dans la norme AFNOR NF X08-100 « Tuyauteries rigides — Identification des fluides par couleurs conventionnelles, la couleur de fond gris clair (alu) correspond à la vapeur d'eau.

Le gris typographique[modifier | modifier le code]

Le gris typographique est l'évaluation visuelle, par le professionnel, de la répartition globale de la charge d'encre (noire) sur le papier (blanc) dans une texte imprimé.

Symbolisme[modifier | modifier le code]

Ni blanc, ni noir, ni coloré, le gris se perçoit surtout comme un manque. Le vêtement du pauvre est gris, écru, beige : ainsi nomme-t-on, au XIXe siècle, grisette la jeune femme pauvre que son travail dans un atelier ou une boutique ne met pas à l'abri de la faim, et dont la robe est grise, faute des moyens d'avoir du tissu teint.

Tristesse et savoir 

Dans le symbolisme occidental, le gris est associé à l'ennui, à la dépression, à la tristesse, caractères mélancoliques associés au Moyen Âge à la sagesse et la connaissance.

  • L'origine de cette symbolique réside dans le fait que le gris est une couleur terne, mi-blanc, mi-noir, couleur de la poussière qui s'amoncèle sur les choses immobiles et inertes, couleur de la moisissure, du stagnant[réf. souhaitée].
  • De nos jours, on appelle littérature grise, selon l'AFNOR, un « document dactylographié ou imprimé, souvent à caractère provisoire, reproduit et diffusé à un nombre d’exemplaire inférieur au millier, en dehors des circuits commerciaux de l’édition et de la diffusion », c'est-à-dire des textes réputés de peu d'attraits, mais d'une grande utilité pour leurs usagers[7]. Exemple : la norme AFNOR définissant la littérature grise est de la littérature grise.
  • Dans la hiérarchie du vêtement professionnel du XXe siècle, la blouse grise du technicien ou de l'instituteur est inférieure à la blouse blanche de l'ingénieur ou du savant, mais supérieure à la blouse bleue du magasinier.
Métal et mouvement 
  • En astrologie, selon certaines écoles, c'est la couleur symbolique associée à la planète Mercure, sans doute à cause de l'apparence du métal de même nom, de couleur argentée[réf. souhaitée].
  • Dans l'hindouisme, la couleur grise est considérée comme sacrée. Elle est considérée comme un équivalent de la couleur argentée et correspond à la couleur de la fumée de l'encens, qui s'élève vers le ciel transportant avec elle les prières des humains. C'est aussi la couleur symbolique associée au cinquième chakra, Vishudda[réf. souhaitée].

Expressions et proverbe[modifier | modifier le code]

  • « Faire grise mine », c'est réserver à quelqu'un un mauvais accueil.
  • « Être gris » signifie en langage courant « être légèrement ivre », probablement parce qu'alors, la vision se trouble, et qu'on voit comme dans la grisaille d'un brouillard[8]
  • « Le temps est gris », « il fait gris », « il fait grisâtre », sont des expressions populaires pour désigner, par métonymie, un ciel nuageux avec éventuellement du brouillard.
  • « La nuit, tous les chats sont gris », proverbe réaliste, puisque la vision nocturne ne distingue pas les couleurs, et titre d'un film de Gérard Zingg.
  • Une « éminence grise » est un agent du pouvoir qui agit dans l'anonymat. On appelle « votre Éminence » les cardinaux qui forment la Curie autour du Pape. Les cardinaux sont vétus de rouge en signe d'éminence. L'expression « éminence grise » est donc un oxymore, quand on prend en considération la symbolique des couleurs, une figure de style appropriée à une expression polémique.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Trésor de la langue française.
  2. Robert Sève, Sience de la couleur : Aspects physiques et perceptifs, Marseille, Chalagam,‎ 2009, p. 248-250.
  3. Ségolène Bergeon-Langle et Pierre Curie, Peinture et dessin, Vocabulaire typologique et technique, Paris, Editions du patrimoine,‎ 2009 (ISBN 978-2-7577-0065-5), p. 47.
  4. Nuancier mi-teintes Canson sur idec.free.fr
  5. (en) CSS 3: Color Module et SVG: color keywords
  6. Sève 2009, p. 119-164, notamment p. 127
  7. Bulletin des bibliothèques de France
  8. Trésor de la langue française.