Perséphone

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Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Perséphone (homonymie), Cora et Coré.
Perséphone
Divinité de la mythologie grecque
Triptolème et Coré, médaillon d'un kylix attique du Peintre d'Aberdeen, v. 470-460 av. J.-C., musée du Louvre
Triptolème et Coré, médaillon d'un kylix attique du Peintre d'Aberdeen, v. 470-460 av. J.-C., musée du Louvre
Caractéristiques
Autre(s) nom(s) Coré
Groupe divin Divinités chthoniennes
Équivalent(s) par syncrétisme Proserpine (mythologie romaine)
Région de culte Grèce antique
Famille
Père Zeus
Mère Déméter
Symboles
Attribut(s) flambeau
Végétal pavot

Dans la mythologie grecque, Perséphone (en grec ancien Περσεφόνη / Persephónê, chez Homère Περσεφόνεια / Persephóneia) est une des principales divinités chthoniennes, fille de Zeus et de Déméter. Elle est d'abord connue sous le simple nom de Coré (Κόρη / Kórê « la jeune fille »), ou encore « la fille », par opposition à Déméter, « la mère » (ἡ Μήτηρ / hê Mếtêr). Déesse du monde souterrain (les Enfers), elle est également associée au retour de la végétation lors du printemps, notamment dans les Mystères d'Éleusis.

Elle est assimilée à Proserpine (en latin Proserpina) dans la mythologie romaine.

Mythe[modifier | modifier le code]

Perséphone chez Hadès, médaillon d'un kylix attique, v. 440-430 av. J.-C., British Museum
Enlèvement de Perséphone. Peinture à l’huile sur fond de dorure sur bois. XVIIIe siècle.

Perséphone est une des principales divinités chtoniennes des Grecs. Son histoire est contée notamment dans l'Hymne homérique à Déméter.

Perséphone est d'une rare beauté, et sa mère Déméter l'élève en secret en Sicile, son île favorite, où la jeune fille est en sécurité. Dans les bois d'Enna, Perséphone se divertit en compagnie des Océanides. Un jour, alors qu'elles sont occupées à cueillir des fleurs, Perséphone s'écarte du groupe, pour cueillir un narcisse. Là elle est remarquée par le puissant Hadès, son oncle, qui souhaite en faire sa reine. Il enlève la jeune fille qui d'un cri alerte sa mère mais celle-ci arrive trop tard. La scène se serait déroulée près du lac de Pergusa, en Sicile. Personne n'ayant rien vu, Déméter partira à la recherche de sa fille unique pendant neuf jours et neuf nuits avant de déclarer : « La Terre sera affamée tant que je n'aurai pas retrouvé ma fille. » Hélios, le soleil, décidera alors de révéler à Déméter que c'est Hadès qui a enlevé sa fille. La déesse ira aux Enfers la chercher mais Hadès refusera de la rendre. L'affaire est portée devant Zeus.

Zeus n'est pas capable de prendre une décision car il ne veut froisser ni Déméter, ni Hadès. Constatant que Coré (Perséphone) a mangé sept pépins de grenade, Zeus pense qu'elle doit rester aux Enfers. Cependant il décide un compromis. La jeune fille passera six mois (les périodes automnale et hivernale) aux côtés de son époux en tant que reine des Enfers. Les six autres mois de l'année, elle retournera sur Terre et dans l'Olympe en tant que Coré aider sa mère pour le printemps et l'été.

Perséphone semble avoir accepté son rôle de reine des Morts, car dans les légendes, elle agit toujours en accord avec son époux. Elle se montre même dure et inflexible. Toutefois, certains auteurs ne la reconnaissent pas comme la fille de Déméter, mais comme celle du Styx, et selon eux, Perséphone est depuis toujours la déesse des Enfers.

Selon Homère, Perséphone cultive aux enfers un magnifique jardin de fleurs qui sont en fait des pierres précieuses, ce qui met en relation la forme romaine de Hadès, Pluton, qui et aussi dieu des richesses souterraines[réf. nécessaire].

Perséphone intervient peu dans les légendes (voir cependant Adonis et Pirithoos).

Culte[modifier | modifier le code]

Perséphone occupe une place importante dans les cultes de nombreuses villes, en particulier ceux d'Éleusis, de Thèbes et de Mégare, ainsi qu'en Sicile et en Arcadie. Le mythe de Perséphone est également célébré aux mystères de Samothrace, où elle est identifiée à la déesse Axiokersa, ainsi qu'à Pella en relation avec des mystères dionysiaques[1].

Interprétation du mythe[modifier | modifier le code]

Divinité infernale, Perséphone est aussi à l'origine une déesse du blé, comme sa mère. Chez les Grecs, la fertilité du sol est étroitement liée à la mort, et les grains de semence sont conservés dans l'obscurité pendant les mois d'été, avant les semailles de l'automne. Ce retour de la vie après l'ensevelissement est symbolisé par le mythe de Perséphone, enlevée, puis restituée, et donne naissance aux rites des mystères d'Éleusis.
Mais aucun mythe ne se contente de symboliser la matérialité de la vie, et cet allégorisme agraire n'a rien de mystérieux : il est parfaitement clair que pour devenir épi, le grain doit être enseveli dans la terre. Cette signification agraire ne justifie donc pas à elle seule qu'une initiation ait été nécessaire pour participer aux mystères d'Éleusis. Une intéressante interprétation psychologique et morale du mythe a été donnée par Paul Diel : « Pour que les Mystères d'Éleusis aient un sens profond dont la compréhension exige l'initiation, il faut que l'allégorisme initial ait subi la transformation en symbolisme mythique chargé d'une secrète signification psychologique », écrit-il[2]. En langage mythique, la région souterraine, dont Hadès est le souverain, est toujours le symbole du subconscient ; or, tout refoulement d'un désir exalté et coupable subit inexorablement son châtiment. Précisément, dans la tradition orphique, les filles du couple infernal Perséphone-Hadès sont les Érinyes, divinités chargées du châtiment des coupables : en langage symbolique, la culpabilité est la conséquence (la fille) du désir refoulé (Perséphone) tombé sous l'emprise de la loi souveraine du subconscient (Hadès). Mais le désir refoulé peut être libéré de la poursuite par les Érinyes, grâce à l'intervention de l'esprit qui permet la prise de conscience de l'erreur et de la coulpe : c'est cette solution que symbolise l'intervention de Zeus (l'esprit illuminant) sur l'ordre duquel Perséphone quitte pour une partie de l'année la région souterraine, et renaît (le grain devient épi), pour rejoindre Déméter parmi les divinités olympiennes : cette aventure rend également compte du symbolisme profond du pain, nourriture terrestre fondamentale qui se trouve être, dans tous les mythes, le symbole de la nourriture de l'âme et de l'esprit.

Dans sa portée métaphysique, inhérente au mythe avec le mystère de la mort (le grain enseveli meurt), le mythe du retour sur terre de la déesse offre aussi aux fidèles une promesse formelle de leur propre résurrection. Or, cette signification métaphysique est inséparable de la signification morale, dans la mesure où Hadès, frère de Zeus, est le juge des morts : un jugement des morts n'aurait aucun sens si la vie humaine se résumait uniquement à se nourrir de pain terrestre ; il en prend un au contraire si la vie humaine consiste à « ne pas exalter de manière insensée le besoin matériel[3] ».

Représentations artistiques[modifier | modifier le code]

La triade éleusinienne : Déméter, Perséphone et Triptolème, relief votif, v. 440-430 av. J.-C., musée national archéologique d'Athènes.

Sculpture[modifier | modifier le code]

L'enlèvement de Perséphone est un sujet fréquent dans l'art :

Peinture[modifier | modifier le code]

Art contemporain[modifier | modifier le code]

  • Perséphone est une des 1 038 femmes représentées dans l'œuvre contemporaine de Judy Chicago, The Dinner Party, aujourd'hui exposée au Brooklyn Museum. Cette œuvre se présente sous la forme d'une table triangulaire de 39 convives (13 par côté). Chaque convive étant une femme, figure historique ou mythique. Les noms des 999 autres femmes figurent sur le socle de l'œuvre. Le nom de Perséphone figure sur le socle, elle y est associée à la déesse serpent, cinquième convive de l'aile I de la table[4].

Musique[modifier | modifier le code]

Cinéma[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Karl Kerenyi, Eleusis : Archetypal Image of Mother and Daughter, 1967.
  • (en) Günter Zuntz, Persephone : Three Essays on Religion and Thought in Magna Graecia, 1973.

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes[modifier | modifier le code]

  1. M. W. Dickie, «The Dionysiac mysteries in Pella», ZPE 109 (1995), p. 81-86.
  2. Paul Diel, Le symbolisme dans la mythologie grecque, Petite Bibliothèque Payot, 1966, p. 196-197 et La divinité, Petite Bibliothèque Payot, 1971, p. 98-99.
  3. Paul Diel, La divinité, Petite Bibliothèque Payot, 1971, p. 97.
  4. Musée de Brooklyn - Perséphone