Styx

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La Traversée du Styx, par Gustave Doré (1861)

Dans la mythologie grecque, Styx (en grec ancien Στύξ / Stúx, du verbe στυγέω / stugéô, « détester, haïr ») est une Océanide, fille aînée d'Océan et de Téthys, ou une déesse, fille d'Érèbe (les Ténèbres) et de Nyx (la Nuit) selon d'autres traditions. Elle personnifie le Styx, un des fleuves des Enfers.

Mythe[modifier | modifier le code]

Elle présidait à une fontaine d'Arcadie, dans le massif du Chelmos (Aroania dans l'antiquité), au Nord-Est du Péloponèse. Hésiode en faisait la plus respectable des Océanides. Pallas en tomba amoureux et elle devint la mère de Zélos (le Zèle), de Niké (la Victoire), de Cratos (la Puissance) et de Bia (la Force). À cette liste, Hygin rajoute le monstre Scylla comme l'une de ses filles. D'autres auteurs encore comptent Perséphone parmi ses enfants, qu'elle a avec Zeus, ne la considérant pas comme la fille de Déméter mais affirmant qu'elle est depuis toujours la déesse des Enfers.

Durant la Titanomachie (guerre entre les dieux et les Titans), elle suivit les conseils de son père et fut la première parmi les immortelles à offrir son aide à Zeus. Ses enfants se joignirent également à eux. En guise de récompense, Zeus invita les enfants de l'Océanide à demeurer dans l'Olympe pour toujours. De plus, son nom devint sacré et les dieux prenaient leurs serments les plus solennels par celui-ci. Quand un dieu portait serment par le Styx, Iris y puisait de son eau dans une coupe d’or. Quiconque commettait parjure buvait cette eau, perdait la voix et le souffle pendant une Grande Année, soit neuf ans, et se faisait bannir du conseil des dieux pour neuf autres.

Fleuve infernal[modifier | modifier le code]

Le Styx est une rivière qui séparait le monde terrestre des Enfers en l'entourant. Le Styx affluent de la haine, le Phlégéthon rivière de flammes, l'Achéron le fleuve du chagrin, le Cocyte torrent des lamentations et le Léthé ruisseau de l'oubli, convergeaient au centre du monde souterrain vers un vaste marais. La croyance populaire disait qu'on pouvait le traverser sur une barque conduit tantôt par Charon, tantôt par Phlégyas, mais la plupart des traditions affirment que le premier faisait plutôt traverser l'Achéron et le second, le Phlégéthon.

La légende veut également que toute partie du corps qu’on y plongeait devenait invulnérable. Aussi, Thétis plongea-t-elle son fils Achille dans ses eaux et il ne resta vulnérable qu’au talon, la seule partie que Thétis n’avait pas submergée puisqu’elle le tenait par le pied, erreur qui coûta la vie à Achille.

Le serment « sur le Styx » était particulièrement irrévocable. Zeus jura ainsi d’accorder à Sémélé ce qu’elle désirait et dut s’y plier malgré l'horreur du souhait de la jeune femme en question, ce qui causa la mort de celle-ci. Hélios fit une promesse similaire à Phaéton, lui causant aussi la mort. On dit que les Aloades, ayant brisé un serment fait par le Styx, reçurent un châtiment exemplaire, celui de rester attachés dos à dos à tout jamais, dans le vent et les ténèbres.

Le Styx dans le christianisme[modifier | modifier le code]

Le Styx, d'abord uniquement présent dans la tradition grecque, est ensuite apparu dans l'enfer du christianisme, particulièrement dans la Divine Comédie. Dante Alighieri attribuait la garde du Styx au nocher Phlégyas. Il faisait de cette rivière le cinquième cercle de l'enfer, où les coléreux avaient pour châtiment de demeurer immergés dans la vase du cours d'eau.

Dans le bouddhisme, la rivière Sanzu serait l'équivalent du Styx.

Sources de Styx[modifier | modifier le code]

Sources de Styx, dans le massif du Chelmos

Une source située dans le massif du Chelmos, dans le nord de l'Arcadie antique (actuellement dans le nome d'Achaïe), porte le nom de Styx ; l'eau sourd d'une falaise rocheuse et tombe en cascade. Elle est évoquée entre autres par Pausanias[1]. La source forme avec d'autres le fleuve Krathis, qui se jette dans le golfe de Corinthe. Pausanias rapporte diverses propriétés de cette eau, toxique et ayant le pouvoir de dissoudre différentes matières.

Sources[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Arcadie, 17, 18 et 19.3

Liens externes[modifier | modifier le code]

  • Jean Bollack, [www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/reg_0035-2039_1958_num_71_334_3531 Styx et serments] in Revue des études grecques vol 71

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