Andromède (mythologie)

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Persée délivrant Andromède du monstre marin, vase corinthien, Altes Museum de Berlin

Dans la mythologie grecque, Andromède (en grec ancien Ἀνδρομέδα / Androméda) est une princesse éthiopienne. Fille du roi Céphée, elle est victime de l'orgueil de sa mère Cassiopée. Exposée nue sur un rocher pour y être dévorée par un monstre marin, elle est sauvée de justesse par Persée dont elle deviendra l'épouse.

L'étymologie de son nom est « celle qui a la bravoure dans son esprit », de ἀνήρ, ἀνδρός / anếr, andrós, « homme » (et par dérivation ἀνδρεία / andreía, « bravoure »), combiné avec μήδομαι / mếdomai, « penser, avoir l'esprit plein de ». Il pourrait aussi signifier « celle qui dirige les hommes ».

Selon certaines hypothèses, ce mythe serait d'origine phénicienne[1]. Il offre des similitudes saisissantes avec le mythe d'Hésione sauvée d'un monstre marin par Héraclès. Ce mythe sera transposé au Moyen Âge chrétien en combat de saint Georges avec le dragon[2].

Mythe[modifier | modifier le code]

Gustave Doré, Andromède (1869)

Les principales sources sont Apollodore et Ovide (Les Métamorphoses).

Cassiopée, ayant proclamé que sa fille ou, selon d'autres versions, elle-même était d'une beauté égale à celle des Néréides, les nymphes marines qui servent d'escorte à Poseidon, s'est attiré la colère de ce dernier. Pour se venger, le dieu de la mer provoque une inondation et envoie un monstre marin (la baleine Cetus) qui se mit à détruire hommes et bétail. Désespéré, le roi consulte l'oracle d'Ammon qui révèle qu'aucun répit n'aura lieu tant que le roi n'aura pas livré sa fille au monstre. Andromède est donc enchaînée nue à un rocher près du rivage. Persée, de retour après sa victoire sur la Gorgone Méduse, l'aperçoit du ciel et s'informe de ce qui lui est arrivé. Il en tombe immédiatement amoureux et promet à Céphée de tuer le monstre à condition de pouvoir épouser Andromède. Il attaque alors le monstre avec son glaive et le massacre après une lutte acharnée au corps à corps, sans recourir au pouvoir pétrifiant de la tête de Méduse. Selon Ovide, après sa victoire, Persée dépose cette tête sur un lit d'algues, qui rougissent et durcissent à son contact, devenant ainsi la source du corail.

Persée épouse Andromède, bien qu'elle ait été auparavant fiancée à son oncle Phinée, qui convoitait le trône de son frère Céphée. Lors du mariage, une querelle a lieu entre les deux prétendants et Phinée est à son tour changé en pierre grâce à la tête de la Gorgone.

Andromède suit son époux à Tirynthe en Argolide et ils ont six fils : Persès, Alcée, Héléos, Mestor, Sthénélos et Électryon, et une fille : Gorgophoné. Ils sont à l'origine de la lignée des Perséides par l'intermédiaire de Persès. Leurs descendants dirigent la Mycénie depuis Électryon jusqu'à Eurysthée, puis Atrée dont la funeste descendance (les Atrides) inspirera les grandes tragédies de l'époque classique; le grand héros Héraclès fait aussi partie de cette descendance.

Constellations[modifier | modifier le code]

Après sa mort, Andromède est placée par Athéna parmi les constellations, dans l'hémisphère nord du ciel, près de Persée et de Cassiopée.

Cinq constellations sont associées à ce mythe. Visibles à l'œil nu, celles-ci sont:

  • Une tête d'homme portant une couronne, placée à l'envers par rapport à l'écliptique: la constellation de Céphée.
  • Une figure plus petite, près de l'homme, assise sur une chaise, près de l'étoile polaire: la constellation de Cassiopée.
  • Une vierge enchaînée, se détournant de l'écliptique: la constellation d'Andromède, près de celle de Pégase.
  • Une baleine, juste sous l'écliptique: la constellation de la Baleine.
  • Un guerrier, près d'Andromède : La constellation de Persée.

Andromède a aussi donné son nom à la Galaxie d'Andromède, une galaxie spirale importante proche de la Voie lactée.

Le mythe en littérature[modifier | modifier le code]

Les mentions les plus anciennes de ce mythe remontent à Sophocle et Euripide, qui ont tous deux écrit une tragédie sur le sujet, mais elles ne nous sont pas parvenues.

Corneille a écrit une tragédie sur le sujet, Andromède, créée en 1650. La pièce est dédiée à « une dame inconnue ».

Le poète et peintre britannique Dante Gabriel Rossetti a composé un bref poème dans lequel il imagine Andromède brûlant du désir de voir la tête de Méduse à tel point que Persée lui en fait voir le reflet à la surface de l'eau[3]. Le poète ajoute ainsi à la thématique du regard, ainsi que de l'œil et du reflet, qui aimante les significations du mythe de Méduse.

Représentations en peinture[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Alfred Maury, « Recherches sur le nom et le caractère du Neptune phénicien », Revue archéologique, 1848, vol. 5, p. 545-556. En ligne
  2. A. Réville, « Le christianisme unitaire au IIIe s. », dans Revue des deux mondes no 75, p. 105 [lire en ligne].
  3. Dante Gabriel Rossetti, « Aspecta Medusa (for a Drawing) » (1871) en ligne.

Sources antiques[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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