Thanatos

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Thanatos ailé portant une épée, détail d’un tambour de chapiteau provenant du temple d'Artémis à Éphèse, v. 325-300 av. J.-C., British Museum.
Hypnos et Thanatos portant Sarpédon, lécythe attique à fond blanc, v. 440 av. J.-C., British Museum (Vase D 56).
Thanatos, huile sur toile de Jacek Malczewski, 1898.

Dans la mythologie grecque, Thanatos (en grec ancien Θάνατος / Thánatos) est la personnification de la Mort. Selon Hésiode, il est le fils de Nyx (la Nuit), qui l'avait engendré seule. Thanatos est également le frère jumeau d'Hypnos la personnification du Sommeil, de Moros (fatalité) et de Kèr.

Mythe[modifier | modifier le code]

Ennemi implacable du genre humain, il a fixé son séjour dans le Tartare, selon Hésiode, devant la porte des Enfers, selon d'autres poètes. C'est en ces lieux qu'Héraclès l'enchaîna avec des liens de diamant, lorsqu'il vint délivrer Alceste. Thanatos était rarement nommé en Grèce, car la superstition craignait de réveiller une idée fâcheuse, en rappelant à l'esprit l'image de la destruction.

Les Éléens et les Lacédémoniens l'honoraient d'un culte particulier, mais on ne sait rien concernant le culte qu'ils lui rendaient. Les Romains lui élevèrent aussi des autels.

Thanatos avait un cœur de fer, des entrailles d'airain et une âme de bronze. Les Grecs le représentaient sous la figure d'un enfant noir avec des pieds tordus, et caressé par Nyx. Quelquefois ses pieds, sans être difformes, sont seulement croisés, symbole de la gêne quand les corps se trouvent dans la tombe.

Cette divinité apparaît aussi sur les sculptures anciennes avec un visage défait et amaigri, les yeux fermés, couverte d'un voile, et tenant, comme Chronos, le Dieu du Temps, une faux à la main. Cet attribut semble signifier que la vie est moissonnée comme le blé.

Les sculpteurs et les peintres ont conservé cette faux à la Mort, et se sont fait un plaisir de lui donner les traits les plus hideux. C'est, le plus souvent, sous la forme d'un squelette qu'ils la représentent.

Les attributs communs à Thanatos et à la Nuit sont les ailes et le flambeau renversé ; mais Thanatos est encore distingué par une urne et un papillon. L'urne est censée contenir des cendres, et le papillon prenant son essor est l'emblème de l'espoir d'une autre vie.

Homère[modifier | modifier le code]

C'est dans l'Iliade (Homère)[1] que l'on trouve une des premières personnifications de la mort sous les traits de Thanatos.

« Purifie Sarpédon, hors de la mêlée, du sang noir qui le souille. Lave-le dans les eaux du fleuve, et, l'ayant oint d'ambroisie, couvre-le de vêtements immortels. Puis, remets-le aux jumeaux rapides, Hypnos et Thanatos, pour qu'ils le portent chez le riche peuple de la grande Lycie »

Euripide[modifier | modifier le code]

Dans la plus ancienne pièce d'Euripide connue, Alceste, Thanatos est armé d'une épée et se désaltère du sang répandu sur les tombes. Héraclès reprendra Alceste à Thanatos bien qu'il eût par son épée voué Alceste aux enfers.

« Je marche sur elle pour l'initier par mon épée; car ceux dont cette épée a consacré la chevelure sont voués dès lors aux dieux des enfers[2] »

Postérité[modifier | modifier le code]

En psychanalyse, Sigmund Freud nomme « Thanatos » la pulsion de la mort du plaisir (de la frustration en somme, ce qui n'a rien à voir avec la pulsion de mort proprement dite) qui, selon lui, habite chaque être humain. Il l'oppose à la pulsion de la vie du plaisir (de la satisfaction donc), « éros ». La pulsion de vie étant la libido.

Sources[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Iliade, chant XVI, vers 667-675
  2. Alceste, prologue

Annexes[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]