Statue chryséléphantine de Zeus à Olympie

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Merveilles du monde
Statue chryséléphantine de
Zeus à Olympie
Image illustrative de l'article Statue chryséléphantine de Zeus à Olympie
Gravure tirée de Le Jupiter Olympien ou l'art de la sculpture antique par Quatremère de Quincy
Localisation
Coordonnées 37° 38′ 16″ N 21° 37′ 48″ E / 37.6378, 21.63 ()37° 38′ 16″ Nord 21° 37′ 48″ Est / 37.6378, 21.63 ()  
Pays Grèce
Ville Olympie
Construction
Date ca. -432
Durée environ 5 ans
Matériaux principaux or et ivoire
Constructeur Phidias
Utilité religieuse
Destruction
Date 461
Cause feu

La statue chryséléphantine de Zeus à Olympie est une œuvre du sculpteur athénien Phidias, réalisée vers 436 av. J.-C. à Olympie. Aujourd'hui disparue, elle était considérée sous l'Antiquité comme la troisième des sept merveilles du monde.

Le terme « chryséléphantine » vient du grec chrysós (χρυσός) signifiant « or » et elephántinos (ελεφάντινος) signifiant « ivoire », désignant donc les statues réalisées à l'aide de ces deux matériaux.

Description[modifier | modifier le code]

Selon Pausanias[1], la statue montrait Zeus assis sur son trône, représentation qui remonte à L'Iliade et qui se répand dans l'art grec à partir du VIe siècle av. J.-C.[2] — il semble au reste que le sculpteur se soit volontairement inspiré d'Homère[3]. Le dieu était couronné d'un rameau d'olivier. Dans la main droite, il tenait une statuette de Niké, personnification de la victoire, elle-même représentée couronnée d'un bandeau et d'une guirlande. Ses proportions restent ignorées. De la main gauche, Zeus tenait un sceptre richement décoré, sur lequel un aigle était perché. Drapé dans un himation (manteau) brodé de figures animales et de fleurs, le dieu portait des sandales. Son trône comportait une décoration à la fois sculptée, incrustée (pierres précieuses, ébène) et peinte. Quatre petites Victoires dansantes couronnaient les pieds du trône.

L'ensemble fut réalisé selon la technique chryséléphantine : des plaques d'or (χρυσός / khrusós) et d'ivoire (ελεφαντόδοντο / elephαntόdonto) recouvraient une âme de bois et figuraient respectivement, d'une part les cheveux, la barbe, les sandales et la draperie, d'autre part les parties nues (notamment la peau). La statue mesurait environ douze mètres de haut, dont un mètre pour la base et deux mètres pour le piédestal. Une inscription kalos sur l'un des doigts, « Pantarkès est beau », permet de dater approximativement la statue : le dénommé Pantarkès remporta en 436 av. J.-C. l'épreuve de lutte garçons aux Jeux olympiques.

La statue jouissait d'une très grande célébrité à travers l'ensemble du monde grec. Elle fut incluse dans la liste des sept merveilles du monde. Par vénération pour le sculpteur, l'atelier où il sculpta le colosse avec ses élèves fut conservé jusqu'au Ve siècle apr. J.-C. (il a été retrouvé et fouillé de 1954 à 1958[4]). Par la suite, la statue fut enlevée du temple et rejoignit, à Constantinople, la prodigieuse collection de Lausos, chambellan de Théodose II, qui comprenait entre autres l'Aphrodite de Cnide[5]. Elle disparut dans un incendie en 461, en même temps que les autres statues[6]. Malheureusement, aucune copie en marbre ou en bronze n'est parvenue jusqu'à nous. En revanche, l'œuvre de Phidias a été identifiée de manière plus ou moins sûre sur une série de monnaies romaines frappées de 98 à 198 ap. J.-C.[7]

Postérité et influence[modifier | modifier le code]

L'abbé Barthélémy dans Voyage du jeune Anacharsis en Grèce, vers le milieu du quatrième siècle avant l'ère vulgaire (1843), écrit que « le Jupiter d'Olympie servira toujours de modèle aux artistes qui voudront représenter dignement l'Être suprême. »

La statue est à l'origine de la représentation du Christ pantocrator de l'art byzantin. Elle a inspiré Daniel Chester French pour sa représentation d'Abraham Lincoln au Lincoln Memorial et Salvador Dalí, dans son tableau La statue de Zeus, à Olympie peint en 1954.

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Description de la Grèce [détail des éditions] [lire en ligne] (V, 11, 1-9).
  2. Ken Dowden, Zeus, Routledge, 2006, p. 24.
  3. Dion Chrysostome, XII, 25.
  4. Alfred Mallwitz et Wolfgang Schiering, Die Werkstatt des Pheidias in Olympia, 2 tomes = Olympische Forschungen 5 (1964) et 18 (1991).
  5. Georgius Cedrenus, Historiarum compendium, 322 C, vol. I, p. 564.
  6. Cyril Mango, Michael Vickers, E.D. Francis, « The Palace of Lausus at Constantinople and Its Collection of Ancient Statues », dans Journal of the History of Collections, no 4-1 (1992), p. 89-98.
  7. Richter, p. 166.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

  • Lexicon Iconographicum Mythologiæ Classicæ (LIMC), Artemis Verlag, 1981-1997, no 89.
  • (en) Gisela M. A. Richter, « The Pheidian Zeus at Olympia », dans Hesperia, vol. 35, no 2 (avril-juin 1966), p. 166-170.