Déméter

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Déméter et Perséphone (Coré) remettant à Triptolème les grains pour apprendre l'agriculture à l'humanité, relief votif ou cultuel d'Éleusis, v. 440 av. J.-C., Musée national archéologique d'Athènes

Dans la mythologie grecque, Déméter (en grec ancien Δημήτηρ / Dêmếtêr qui dérive de Γῆ Μήτηρ / Gễ Mếtêr, « la Terre-Mère » ou de Δημομήτηρ / Dêmomếtêr, « la Mère de la Terre », de δῆμος / dễmos, « la terre, le pays ») est la déesse de l'agriculture et des moissons. Les Romains l'associèrent à Cérès. La Théogonie d'Hésiode en fait une fille des Titans Cronos et Rhéa, sœur de Zeus, de Poséidon, d'Hadès, d'Hestia et d'Héra et la mère de Perséphone.

Mythe[modifier | modifier le code]

Août — Le Triomphe de Céres, par Cosmè Tura (v. 14761484)

Quand Hadès, souverain des morts, enleva Perséphone pour en faire son épouse, sa mère, Déméter, partit à sa recherche et négligea les récoltes de la Terre. En prenant la forme d'une vieille femme nommée « Doso », elle erra pendant neuf jours. Se rendant compte qu'une famine menaçait les mortels, Zeus se décida à envoyer Hermès au royaume d'Hadès pour lui demander de rendre Perséphone à sa mère. Mais Perséphone avait mangé six pépins de la grenade qu'Hadès lui avait offerte, en guise de dernière ruse pour la garder avec lui, la tradition voulant que quiconque mange dans le royaume des morts ne puisse le quitter. Zeus s'entendit pour que Perséphone passât l'hiver aux Enfers et le reste de l'année avec sa mère. C'est de ce mythe qu'est né le cycle des saisons dans la mythologie grecque.

Mais Déméter n'eut pas que Perséphone. Le héros Iasion s'unit à elle dans un champ labouré trois fois et lui donna un fils qui fut appelé Ploutos et devint la personnification de la richesse. Homère mentionne que Zeus, par jalousie, foudroya Iasion. Unie à Poséidon, elle conçut aussi Arion, un cheval immortel, et une déesse mystérieuse, dont il était interdit de prononcer le nom : aussi désignait-on cette fille de Déméter sous le vocable de Despina (« la Maîtresse ») [1]. La légende rapporte qu'ayant conçu Despina durant sa quête de Perséphone, Déméter la fit élever par un Titan du nom d'Anytos[2].

Déméter enseigna aux humains le travail des semis et du labour. Durant son errance sous la forme de Doso, elle rencontra Céléos, roi d'Éleusis. Pour le remercier de son accueil, elle prit avec elle les fils du roi, Démophon et Triptolème, tenta de rendre le premier immortel et enseigna au second l'art de l'agriculture. Celui-ci devait en retour enseigner cet art au reste des humains. Certaines traditions mentionnent qu'elle lui aurait aussi donné des grains de blé afin qu'il les répandît sur la Terre.

Culte[modifier | modifier le code]

Bacchus et Céres, nymphes et satyres, par Sébastien Bourdon (2e moitié du XVIIe siècle)

Dans Les Travaux et les Jours, Hésiode revient fréquemment sur Déméter, et il y donne de nombreux détails sur les rites religieux entourant la fertilité et le travail de la terre. On reconnaît que cette déesse est l'une des divinités les plus favorables aux humains et qu'elle se réjouit dans la paix et le labeur. Plusieurs auteurs s'entendent pour dire qu'elle ne faisait pas partie des douze dieux de l'Olympe, puisqu'elle préfèrerait rester près de la terre et des champs. Aux mystères de Déméter, chaque initié lui sacrifiait un porc ; on célébrait les mystères de Déméter au lac de Lerne en Argolide. Selon Pausanias dans sa Description de la Grèce, une grande quantité de temples et sanctuaires dédiés à Déméter parsemaient le pays, témoignant de l'importance de son culte.

Déméter était honorée dans les mystères d'Éleusis, un culte célébrant le retour à la vie et le cycle des moissons. L’Hymne homérique à Déméter, donne la meilleure description qui puisse nous documenter sur l'origine du culte.

Elle était également honorée aux mystères de Samothrace sous la forme de la déesse Axieros, la déesse principale des Grands Dieux.

Épiclèses, attributs et sanctuaire[modifier | modifier le code]

Déméter dans les arts[modifier | modifier le code]

  • Déméter est souvent représentée assise et portant une gerbe d'épis de blé tressés. On la voit parfois munie d'une torche, à la recherche de sa fille bien-aimée. On retrouve souvent près d'elle les produits de la terre et ses animaux sacrés, la couleuvre et la truie. Sa fille Perséphone apparaît assez souvent à ses côtés.
  • Déméter est une des 1 038 femmes représentées dans l'œuvre contemporaine de Judy Chicago, The Dinner Party, aujourd'hui exposée au Brooklyn Museum. Cette œuvre se présente sous la forme d'une table triangulaire de 39 convives (13 par côté). Chaque convive étant une femme, figure historique ou mythique. Les noms des 999 autres femmes figurent sur le socle de l'œuvre. Le nom de Déméter figure sur le socle, elle y est associée à la déesse serpent, cinquième convive de l'aile I de la table[3].

Sources[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Pausanias, Description de la Grèce [détail des éditions] [lire en ligne], VIII, 25, 5.
  2. Ibid., VIII, 37, 1.
  3. Musée de Brooklyn - Déméter

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]

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