Thétis

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Dans la mythologie grecque, Thétis (en grec ancien Θέτις / Thétis) est une Néréide (nymphe marine), fille de Nérée et de Doris (une Océanide). Elle ne doit pas être confondue avec sa grand-mère Téthys, une divinité marine primordiale.

Mythe[modifier | modifier le code]

Elle est élevée par Héra. Désirée par Zeus et Poséidon, Zeus songe à l'épouser, mais Thémis prédit qu'elle donnerait naissance à un fils plus fort que son père[1], et les dieux se hâtent de la donner en mariage à un mortel. Mariée ensuite contre son gré à Pélée, roi de Phthie en Thessalie, elle déclare dans l’Iliade[2] :

« Seule entre les déesses de la mer, Zeus m'a soumise
À un mortel, l'Éacide Pélée, et fait entrer
Malgré moi, au lit d'un mortel, qui traîne en son palais
Une vieillesse amère[3]. »

Enlèvement de Thétis par Pélée, face A d'un pélikè attique à figures rouges, manière du Peintre de Léningrad, v. 460 av. J.-C., musée du Louvre

Thétis, se métamorphosant sans cesse pour lui échapper, c'est Chiron, qui a élevé Pélée, qui lui explique comment gagner Thétis : il doit la maintenir fermement pendant qu'elle change d'apparence jusqu'à ce qu'elle cède de fatigue, et finit par lui promettre d'exaucer son vœu de l'épouser. S'ensuit la cérémonie des noces sur le mont Olympe, durant lesquelles Éris, déesse de la discorde, furieuse de ne pas avoir été invitée, lance une pomme « à la plus belle », ce qui causera le jugement du mont Ida (voir l'article Pâris).

Mère de sept fils[4], elle les plonge dans le feu pour les défaire de leur nature mortelle. Six n'y résistent pas, Achille, le septième, est sauvé par son père. Par la suite, elle se consacre à son fils, tentant de le préserver (en le plongeant dans le Styx pour le rendre invulnérable) et en l'empêchant de partir pour Troie, où elle sait qu'il mourra, selon un oracle consulté à sa naissance. Bien qu'elle lui ait expliqué le choix qui l'attendait (vivre vieux et inconnu ou mourir jeune mais couvert de gloire), elle échoue.

Elle continue d'aider son fils en terre troyenne : elle intervient auprès de Zeus pour qu'il accorde l'avantage aux Troyens, quand Achille se retire dans sa tente[5]. Elle demande ensuite à Héphaïstos de lui forger de nouvelles armes, après qu'Hector a enlevé les anciennes de la dépouille de Patrocle[6]. Elle tente une dernière fois de le dissuader d'affronter Hector, lui prédisant une mort proche s'il y va, mais encore une fois, elle n'y parvient pas.

Plusieurs dieux sont redevables à Thétis : Dionysos d'abord, qui enfant se réfugie auprès d'elle, poursuivi par Lycurgue[7]. Elle recueille également Héphaïstos, quand il est jeté du haut de l'Olympe[8]. Enfin, elle sauve Zeus des chaînes quand Athéna, Héra et Poséidon veulent l'emprisonner, en faisant appel à Briarée, l'un des Hécatonchires, pour le délivrer[9].

Iconographie[modifier | modifier le code]

Le Mariage de Thétis fut très souvent représenté dans la peinture :

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Selon le Prométhée enchaîné d'Eschyle, c'est Prométhée qui le prédit. Cette version ne se retrouve pas ailleurs.
  2. Chant XVIII, 368-467
  3. Homère, Iliade [détail des éditions] [lire en ligne] (XVIII, 432-435).
  4. Selon la scholie à Apollonios de Rhodes, IV, 816, c'est dans le chant II de l'Aigimios que se trouve cette version du mythe
  5. Iliade (I, 493-533).
  6. Homère, Iliade [détail des éditions] [lire en ligne], Chant XVIII, 368-467
  7. Iliade (VI, 130-140).
  8. Hymnes homériques [détail des éditions] [lire en ligne] (Aphrodite, 316-321).
  9. Iliade (I, 396-406).
  10. Vincent Pomarède, 1001 peintures au Louvre : De l’Antiquité au XIXème siècle, Musée du Louvre Editions,‎ 2005 (ISBN 2-35031-032-9), p.273

Sources[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]

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