Hector

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Achille gardant le corps d'Hector, coupe athénienne à figures rouges, v. 490-480 av. J.-C., musée du Louvre

Dans la mythologie grecque, Hector (en grec ancien Ἕκτωρ / Héktôr) est un héros troyen de la guerre de Troie. Fils du roi Priam et de la reine Hécube, il est tué par Achille qui veut venger la mort de Patrocle.

Mythe antique[modifier | modifier le code]

Fils du roi Priam et d'Hécube, il est le frère de Pâris, l'époux d'Andromaque et le père d'Astyanax. Priam, incapable de combattre en raison de son âge, en fait le général en chef des Troyens. C'est le plus vaillant des guerriers présents lors de la guerre, à l'exception d'Achille. Il défait de nombreux héros grecs et en tue 24, chiffre parmi les records des guerriers (Achille tue 28 troyens).

Le Destin décrète que tant qu'il vivra, les murs de Troie ne tomberont pas. Après la mort du compagnon d'Achille, Patrocle, tué par Hector, le héros grec reprend les armes. Hector et Achille s'affrontent une première fois, celui-ci tue le frère d'Hector, Polydore, le Troyen lance alors sa javeline vers Achille, mais Athéna en détourne le coup ; quand Achille se rue vers Hector, Apollon intervient pour le cacher dans une nuée.

Corps d'Hector ramené à Troie, bas-relief d'un sarcophage romain, v. 180-200, musée du Louvre

Malgré les admonestations de ses parents, Hector est de nouveau entraîné au combat par Athéna ayant pris les traits de son frère préféré, Déiphobe. Au début du duel, apogée de l’Iliade, il demande au Péléide de respecter son cadavre, mais Achille refuse. Hector lui lance son épieu, sans succès, puis est lui-même atteint à la clavicule par l'épée d'Achille. Son cadavre est attaché au char de son vainqueur, et traîné vers le camp grec, puis autour du tombeau de Patrocle. Selon Virgile, il est également traîné trois fois autour des murailles de Troie (le détail vient probablement du Cycle troyen).

Son père Priam doit venir supplier Achille dans le camp grec pour obtenir sa dépouille. Hector est incinéré en grande pompe, et ses cendres sont placées dans une urne d'or, enveloppée de pourpre, enterrée non loin des remparts. Le dernier vers de L'Iliade conclut ainsi :

Ὣς οἵ γ’ ἀμφίεπον τάφον Ἕκτορος ἱπποδάμοιο.
« C'est ainsi que fut honoré Hector aux bons chevaux. »
(trad. Frédéric Mugler)

Prince modèle, fils obéissant, frère exemplaire, époux fidèle et attentionné pour sa femme Andromaque, père attentif pour leur fils Astyanax, d'une grande sagesse, Hector est souvent considéré comme le véritable héros de l'Iliade.

Dion de Pruse écrit dans son Xe Discours dit que c'est Hector qui tua Ajax

Après l'Antiquité[modifier | modifier le code]

Moyen Âge et Renaissance[modifier | modifier le code]

Le personnage d'Hector reste très populaire jusqu'à la Renaissance à travers deux 'faux', les récits apocryphes de Darès de Phrygie et de Dictys de Crète. Le Moyen Âge lui rend hommage dans le Roman de Troie (1160-1170) de Benoît de Sainte-Maure, la Historia destructionis Troiae écrit par Guido delle Colonne, Il Filostrato de Giovanni Boccaccio, mais surtout dans les Vœux du Paon (1312-1313) de Jacques de Longuyon, où il figure pour la première fois dans le groupe des Neuf Preux, motif qui connaîtra une vogue durable, notamment dans l'iconographie. C'est ainsi que l'on retrouve encore aujourd'hui Hector dans les jeux de cartes sous les traits du valet de carreaux. Idéal du chevalier courtois, c'est à lui que pense Christine de Pisan lorsqu'elle rédige "l'Épistre de Othea déesse de prudence envoyée a l'esperit chevaleureux Hector de troye (1400-1401). Le texte se présente sous la forme d'une lettre que la Sagesse aurait composée à l'intention du jeune Hector, âgé de quinze ans, afin qu'il devienne le plus preux des preux[1].

La popularité d'Hector inspire aux poètes le désir de poursuivre son histoire à travers celle de ses fils. Un Roman de Landomatha, dont le plus ancien manuscrit date probablement de 1335-1340, a pour héros Landomatha, fils d'Hector et d'Andromaque, conquérant de l'Asie[2]. Au XVIe siècle, Jean Lemaire de Belges[3] lui invente un fils, Francus, ancêtre fondateur des Francs qui, sauvé par Jupiter au moment de la chute de Troie, aurait fui vers l'ouest et fondé la ville de Paris en hommage à son oncle. Ronsard reprendra cette filiation fantaisiste dans la Franciade.

De l'ère baroque au XIXe siècle[modifier | modifier le code]

Certains épisodes de la vie d'Hector ont connu une grande popularité auprès des peintres, notamment celui des grands adieux d'Hector à Andromaque déjà évoqués au théâtre par Jean Racine (Andromaque), ou celui de la déploration d'Andromaque[4]. C'est d'ailleurs grâce à son tableau La Douleur d'Andromaque que Jacques-Louis David est reçu à l'Académie.

Sources[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]

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