Até

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Dans la mythologie grecque, Até (en grec ancien Ἄτη / Átê), qu'il faut prononcer Ate[1], est la déesse incarnant la Faute et l'Égarement.

Mythe[modifier | modifier le code]

Selon Homère, elle est la fille aînée de Zeus et est suivie par ses sœurs les Lites, tandis qu'Hésiode en fait la fille d'Éris, déesse de la Discorde, engendrée au commencement du monde.

Elle est réputée pour avoir égaré Zeus lui-même, sur l'ordre d'Héra : lorsqu'il fait l'annonce qu'un héros de son sang (Héraclès) doit naître, et qu'il régnera sur tous ces voisins, Héra l'oblige à en faire le serment. Puis, après qu'il s'est exécuté, la déesse va précipiter la naissance d'Eurysthée, fils de Sthénélos (descendant de Zeus). Fou de colère en découvrant le subterfuge, Zeus empoigne Até par les cheveux et la projette hors de l'Olympe, lui interdisant à jamais d'y remettre les pieds. Até chute en Phrygie, sur une colline qui prend son nom, et où Ilos fondera par la suite Troie.

Bien qu'Homère ne le précise pas explicitement, tout semble indiquer dans le passage de l’Iliade, mentionnant qu'Até est bien la fille d'Héra en même temps que celle de Zeus : Héra est chez Homère la première épouse en date de Zeus (ils se sont unis sous le règne de Cronos à l'insu de leurs parents), dont Até est clairement présentée comme la fille aînée, et le rôle d'allié ou d'auxiliaire d'Héra — notamment dans ses vengeances à l'encontre des maîtresses et des enfants adultérins de Zeus — est généralement réservé à ses propres enfants :

La légende d'Até tentant d'interférer, afin de complaire à Héra, sur le destin d'Héraclès avant même la naissance de ce dernier, apparaît comme un doublon de celle, plus tardive, présentant Ilithyie, déesse de l'Enfantement, tentant d'empêcher Alcmène de mettre son fils au monde.

Au chant XI des Dionysiaques, Até tient un rôle exactement analogue d'auxiliaire des vengeances d'Héra en provoquant la fin d'Ampélos, le satyre éromène de Dionysos, qu'Héra traite en ennemi juré et persécute tout au long du poème :

« Cependant Até, l'homicide déité, aperçoit l'intrépide chasseur [Ampélos], errant à travers les monts, loin de Bacchos. Aussitôt, elle prend l'apparence gracieuse d'un adolescent de son âge, et, afin de complaire à la marâtre [Héra] du divin rejeton de la Phrygie [Dionysos], s'adresse à lui [Ampélos] d'une voix douce, en ces termes perfides […] »

— Nonnos de Pannopolis, Dionysiaques, XI

Il semble qu'Hésiode, en se démarquant de la tradition de l’Iliade et en faisant d'Até et d'Éris des descendantes de Nyx (la Nuit) plutôt que de Zeus, a voulu retrancher de la postérité de ce dernier deux de ses représentantes les plus notoirement néfastes et malveillantes : Éris, explicitement nommée comme la sœur d'Arès[2], apparaît bien, elle aussi, comme une fille de Zeus et d'Héra.

Sources[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Eric Robertson Dodds, « Les excuses d'Agamemnon », in Les Grecs et l'irrationnel, Flammarion, coll. « Champs », 1999 (1re édition 1965).
  • (de) W. Havers, « Zur Semiasologie von griech. ἄτη », Zeitschrift für vergleichende Sparchforschung, n° 43 (1910), pp. 225.