Escadron

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L'escadron est un type d'unité militaire utilisé dans plusieurs armées. Le mot escadron est probablement issu de l’italien squadrone « troupe armée », dérivé lui-même de l'italien squadra « brigade » (cf. escadre) à l'aide du suffixe augmentatif -one (cf. ballon)[1],[2]. L'italien squadra correspond au mot français équerre (ancien français esquierre « carré, à angle droit ») et remonte comme lui au latin vulgaire *exquadra, non attesté[3],[4].

Dans les forces terrestres des pays francophones, l'appellation d'escadron marque l'appartenance d'une unité aux armes dites « à cheval » (ou se référant à leur héritage et à leurs traditions), l'unité équivalente dans les armes dites « à pied » étant la compagnie. Par contre, dans les forces aériennes, le terme escadron est utilisé pour traduire l'anglais squadron[5].

Canada[modifier | modifier le code]

Un escadron est une unité militaire dans l'Armée canadienne et dans l'Aviation royale canadienne.

Armée canadienne[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Armée canadienne.

Dans l’armée de terre du Canada (Armée canadienne ou Canadian Army), l’escadron (squadron) est une unité comparable à la compagnie (company).

Les régiments appartenant à l’arme blindée (armour) ou au génie de combat (combat engineers) sont composés d’escadrons alors que les bataillons d’infanterie sont composés de compagnies (les régiments d’artillerie sont quant à eux composés de batteries).

Certains escadrons ne sont pas rattachés à des régiments : ce sont les escadrons de reconnaissance, qui sont rattachés directement aux groupe-brigades ainsi que les escadrons de transmission et les escadrons de guerre électronique, qui sont rattachés à des secteurs géographiques.

Un escadron blindé est commandé par un major, il comprend quatre troupes (troops) et compte en général 68 personnes[6].

Aviation royale canadienne[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Aviation royale canadienne.

Dans l’armée de l’air du Canada (Aviation royale canadienne ou Royal Canadian Air Force), l’escadron (squadron) est une unité aérienne ou terrestre, qui appartient à une escadre (wing).

Par exemple, le 4ème Escadre, dont l’état major est à Cold Lake, Alberta, comporte notamment les unités suivantes (liste non-exhaustive)[7]:

  • 409e Escadron d’appui tactique - équipé d’avions CF-18 Hornet;
  • 410e Escadron de soutien au combat - équipé d’hélicoptères CH-146 Griffon;
  • 1er Escadron de maintenance (Air);
  • 42e Escadron de radar;
  • 10e Escadron d’instruction technique appliquée;
  • 4e Escadron du génie construction;
  • Escadrille de la Réserve aérienne de la 4e Escadre.

À noter que, jusqu’à la fin des années (19)80, le terme « escadrille » était utilisé comme traduction française du mot anglais « squadron » mais on lui a substitué à cette époque le mot « escadron »[8].

De nos jours, une escadrille (flight) est la subdivision d'un escadron. Par exemple, le 400e Escadron tactique d'hélicoptères (ETAH), hébergé sur la Base des Forces canadiennes (BFC) Borden, Ontario compte six escadrilles : trois escadrilles aériennes, une escadrille d'entretien, une escadrille de soutien administratif et l'escadrille de quartier général de l'escadron[9].

À noter toutefois, que tous les escadrons ne sont pas divisés en escadrilles[10].

Par ailleurs, le mot escadrille reste également en usage pour certaines unités indépendantes appartenant notamment à la réserve (par exemple l'Escadrille de la Réserve aérienne de la 4e Escadre citée ci-dessus).

Un escadron aérien regroupe habituellement de 15 à 24 appareils, sous les ordres d'un lieutenant-colonel.

France[modifier | modifier le code]

Un escadron est une unité militaire, dans l'armée de terre, la gendarmerie et l'armée de l'air.

Armée de terre[modifier | modifier le code]

Un escadron est une unité regroupant environ cent vingt personnes - ou une douzaine de véhicules - sous le commandement d’un(e) capitaine (3 galons). Dans l’Armée de terre française, l’escadron - comme la compagnie ou la batterie - est une unité élémentaire[11], qui appartient généralement à un corps de troupe[12] (le plus souvent, ce corps de troupe, également appelé formation administrative, est un régiment[13]). La subdivision d'un escadron est le peloton. Un escadron compte habituellement cinq pelotons dont un de commandement.

Dans l'Armée de terre moderne, l'escadron est l'équivalent dans les armes dites « à cheval » de la compagnie dans les armes dites « à pied ». Ainsi, un régiment de l'arme blindée cavalerie (ABC) ou du train est composé d'escadrons alors qu'un régiment d'infanterie (ou du génie etc.) est composé de compagnies.

Toutefois, cette correspondance entre escadron et compagnie n'a pas toujours existé car, sous l'Ancien Régime et jusqu'à la fin du Premier Empire, il y avait également des compagnies dans la cavalerie[14]. L'escadron était alors une formation tactique regroupant en général plusieurs compagnies de cavalerie et correspondait donc plutôt au bataillon dans l'infanterie.

Apparu au XVIe siècle l'escadron était une formation compacte sur plusieurs rangs qui se substitua progressivement aux formations « en haie » (sur un seul rang) utilisées depuis l’époque de la chevalerie. Adopté lors de l'apparition des armes à feu et notamment du pistolet à rouet[15], l'escadron resta la formation de combat de la cavalerie lorsque l'épée, puis le sabre devint l'arme principale du cavalier mais son format évolua considérablement : de plusieurs centaines d'hommes sur plusieurs rangs [16]à l'époque de la guerre de Trente Ans, l'escadron passera à une centaine sur deux rangs à partir de la guerre de Sept Ans.

Le nombre de compagnies composant l’escadron fluctua entre deux et quatre jusqu’à la fin du Premier Empire [17]. Finalement, lors de la Seconde Restauration de 1815, on finit par fusionner l'escadron et la compagnie et cette dernière appellation disparut dans la cavalerie[18].

Dans l'arme du Train, qui a été créée en 1807, l'appellation de compagnie a subsisté jusqu'au 1er juillet 1968, date à laquelle les compagnies sont devenues des escadrons. Entre ces deux dates, l’échelon supérieur à la compagnie était, suivant la période, un bataillon, un escadron, un groupe, une brigade ou un régiment.

Enfin, l’appellation d’escadron a également été utilisée au XIXe siècle dans l’artillerie à cheval et dans le train d’artillerie. Toutefois dans l'artillerie, le terme était rarement utilisé car l'escadron ne constituait pas une unité combattante : ses composantes - compagnies ou parfois même demi-compagnies - étaient détachées séparément auprès des différents corps auxquels elles fournissaient un appui.

Aujourd’hui, l’escadron est une unité beaucoup plus autonome que son ancêtre du temps de la cavalerie montée car les conflits modernes ne nécessitent que rarement le déploiement de régiments complets. En conséquence, en opérations, un escadron est souvent détaché de son régiment et employé au sein d’une formation temporaire – le plus souvent interarmes - créée pour remplir une mission particulière dans une période donnée : groupement blindé ou groupement tactique interarmes (GTIA) pour un escadron appartenant à l’Arme Blindée Cavalerie; bataillon logistique (BATLOG) ou bataillon de commandement et de soutien (BCS) pour un escadron du Train.

Dans la cavalerie sous l'Ancien Régime, l'escadron était commandé par le plus ancien de ses capitaines jusqu'à ce qu'on crée en 1788, le grade de chef d'escadron. Mais le grade fut rapidement supprimé et quand il fut rétabli quelques années plus tard, un chef d'escadron avait habituellement sous ses ordres plusieurs escadrons. On prit donc l'habitude d'écrire "chef d'escadrons", au pluriel dans la cavalerie et de conserver le singulier dans les autres armes.

Gendarmerie nationale[modifier | modifier le code]

Comme dans l'Armée de terre, l'escadron est une unité élémentaire comparable à la compagnie mais contrairement à celle-ci, la Gendarmerie utilise parfois les deux appellations au sein de la même subdivision d'arme. Ainsi par exemple, la gendarmerie départementale et la garde républicaine, comportent toutes les deux des escadrons et des compagnies.

Aujourd’hui, la Gendarmerie utilise l’appellation d’escadron pour quatre types d’unités :

Ainsi, dans la gendarmerie, le terme d'escadron semble être réservé à des unités montées (cavalerie de la garde républicaine), très mobiles (escadrons de la gendarmerie mobile) ou fortement motorisées (escadrons départementaux de sécurité routière de la gendarmerie départementale et escadron motocycliste de la garde républicaine).

Un escadron de gendarmerie regroupe environ cent vingt personnes[19] sous le commandement d'un capitaine ou un...chef d'escadron. Un escadron est subdivisé en pelotons [20]. L'échelon supérieur est un groupement dans la gendarmerie départementale ou dans la gendarmerie mobile. Dans la garde républicaine, c'est un régiment.

Armée de l'air[modifier | modifier le code]

Enfin, l'escadron est l'unité opérationnelle de base de l'Armée de l'air française, dans laquelle le terme d'escadron a remplacé celui de groupe à partir de 1949 dans un but de standardisation avec les alliés de l'OTAN qui mettaient en œuvre des "squadrons".

Réservé à l'origine aux seules unités de chasse, l'appellation d'escadron est maintenant utilisée non seulement pour la quasi-totalité des unités aériennes[21], mais également pour des formations terrestres de nature et de taille très diverses. Ainsi, par exemple, un escadron de chasse regroupe une vingtaine d'avions, répartis en général en trois escadrilles, sous les ordres d'un lieutenant-colonel, alors qu'un escadron de protection de base aérienne est une formation terrestre, commandée par un capitaine ou un lieutenant.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Albert Dauzat, J. Dubois, H. Mitterand, Larousse étymologique, éditions Larousse 1971. p. 274a sous escadre et escadron
  2. Site du CNRTL : étymologie d'"escadron"
  3. Albert Dauzat, J. Dubois, H. Mitterand, op. cit. p 272a
  4. Site du CNRTL : étymologie du mot "équerre"
  5. Le mot « squadron » a différentes significations dans les pays de langue anglaise. En effet, dans l’arme blindée britannique moderne, un squadron est une unité de la taille d’une compagnie (c'est-à-dire comparable à un escadron français) alors que dans l'arme blindée cavalerie américaine (qui ne constitue qu'une partie de l'arme blindée), c’est une unité de la taille du bataillon, comme c'était le cas en France sous l'Ancien Régime (dans l'armée US, l’équivalent de l’escadron français est un « troop », le reste de l'arme blindée comporte des « companies »). Dans les forces aériennes de tous les pays de langue anglaise, le squadron est l'équivalent d'un escadron ou d'un groupe français. Enfin, dans les forces navales US actuelles, le terme squadron désigne une formation administrative d'unités du même type (appelée en français une flottille ou une escadrille suivant le type de navires).
  6. Source : Site officiel de l'Armée canadienne (www.forces.gc.ca) page "Formations de l'Armée de terre"
  7. Source : Page "/Qui nous sommes/Carte de l'ARC" sur le site de l'Aviation royale du Canada
  8. Source : Aviation royale canadienne, département Histoire et Patrimoine. Voir également instruction CanForGen 003-89 du 14 février 1989.
  9. Source page "400e Escadron tactique d'hélicoptères (ETAH)" sur le site de l'Aviation royale du Canada. http://www.rcaf-arc.forces.gc.ca/1w-1e/sqns-escs/page-fra.asp?id=375
  10. Sources : Aviation royale canadienne, département Histoire et Patrimoine et service de relations publique de la 4e Escadre.
  11. C'est la plus petite unité administrative; elle est placée sous les ordres d'un capitaine qui est responsable de l'administration, de l'instruction et de la capacité opérationnelle de son unité.
  12. Le corps de troupe est placé sous le commandement d'un officier supérieur qui est responsable de l'administration, de l'instruction et de la conduite opérationnelle de son unité. Pour cela il dispose de ses commandants d'unités et d'un état-major regroupant les différents services dont le corps a besoin pour fonctionner (services administratifs, services techniques, service médical, base arrière, bureau opération-instruction).
  13. Certains escadrons sont directement rattachés à des brigades, même s’ils sont supportés administrativement par des régiments. Par exemple, l'escadron d'éclairage et d'investigation (EEI 7) de la 7e brigade blindée est rattaché au 1er régiment de chasseurs à Verdun.
  14. Quant à l'arme du train, elle comporta des compagnies jusqu'en 1968 (voir ci-dessous).
  15. Une des tactiques les plus connues de l'époque, la Caracole, voyait chaque rang décharger successivement ses armes sur l’ennemi avant d’aller se reformer à l’arrière de la formation.
  16. Les auteurs de l'époque mentionnent jusqu'à 15 voire 20 rangs. Le retour de la primauté de l'arme blanche - et de la charge - se traduisit par une réduction progressive du nombre de rangs jusqu'à deux à partir de la guerre de Sept Ans.
  17. Avec une première apparition de l’escadron-compagnie entre 1776 et 1788. Voir article : Escadron (Armée de terre française).
  18. Général Susane, Histoire de la cavalerie française, tome 1.
  19. Sauf pour les escadrons départementaux de sécurité routière (EDSR) de la gendarmerie départementale, dont l'effectif varie en fonction de la taille des départements où ils sont implantés et de la nature de leur réseau routier et autoroutier.
  20. Les EDSR de la gendarmerie nationale comportent également des brigades.
  21. L'appellation de groupe a cependant été conservé par quelques unités comme le Groupe Aérien Mixte 56 Vaucluse, spécialisé dans les opérations spéciales ou le Groupe de ravitaillement en vol 02.091 Bretagne qui porte cette dernière appellation depuis 2004. À noter également que l’Escadron de chasse 2/30 Normandie-Niemen a repris récemment l’appellation traditionnelle de régiment qu’il avait portée pendant la seconde guerre mondiale au sein de l’Armée Rouge.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]