Denis Sassou-Nguesso

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Denis Sassou-Nguesso
Denis Sassou-Nguesso en 2009.
Denis Sassou-Nguesso en 2009.
Fonctions
11e président de la République du Congo
En fonction depuis le 25 octobre 1997
(16 ans, 10 mois et 28 jours)
Élection 10 mars 2002
Réélection 12 juillet 2009
Premier ministre Isidore Mvouba (2005-2009)
Prédécesseur Pascal Lissouba
9e président de la République du Congo
8 février 197931 août 1992
Prédécesseur Joachim Yhombi-Opango
Successeur Pascal Lissouba
4e président de l'Union Africaine
Juillet 2005 – Juillet 2006
Prédécesseur Olusegun Obasanjo
Successeur John Kufuor
Biographie
Date de naissance 23 novembre 1943 (70 ans)
Lieu de naissance Drapeau : France Edou (AEC)
Nationalité Congolaise
Parti politique Parti congolais du travail
Conjoint Antoinette Sassou-Nguesso
Enfant(s) Édith Bongo
Profession Militaire

Denis Sassou-Nguesso
Président de la République du Congo

Denis Sassou-Nguesso est un militaire et homme politique congolais né le 23 novembre 1943 à Edou. Il a été président de la République populaire du Congo de 1979 à 1992 et est le président en exercice de la République du Congo depuis 1997, date de son retour au pouvoir par les armes après avoir renversé le président élu Pascal Lissouba dans les premiers mois de la guerre civile du Congo-Brazzaville.

Biographie[modifier | modifier le code]

Famille[modifier | modifier le code]

Denis Sassou N'Guesso est né en 1943 à Edou, petit village aux environs d'Oyo, dernier enfant adoptif de Julien Nguesso et Émilienne Mouebara. Il est marié à Antoinette Tchibota et est père de plusieurs enfants, issus de plusieurs femmes. Par le mariage de sa fille Édith, il a été le beau-père d'Omar Bongo, président de la République du Gabon de 1967 à 2009.

Formation et carrière militaire[modifier | modifier le code]

Il fait l'école primaire à Edou, puis à Owando, alors appelé Fort-Rousset. De 1956 à 1960, il est élève au collège normal de Dolisie pour devenir instituteur.

Après l'obtention de son brevet, il passe avec succès un concours de sélection d'élèves-officiers de réserve. En 1961, il suit la préparation militaire supérieure à Bouar en Centrafrique, avant la formation de l'École interarmes des officiers de réserve de Cherchell en Algérie.

Rentré au Congo en 1962, il est reversé dans le cadre des officiers d'active avec le grade de sous-lieutenant. L'année suivante, il intègre l'École d'application de l'infanterie de Saint-Maixent-l'École. Il en sort avec le grade de Lieutenant et devient parachutiste.

Il est l'un des premiers officiers du Groupement aéroporté, premier bataillon parachutiste de l'armée congolaise, créé en 1965 sous le commandement du capitaine Marien Ngouabi.

De 1968 à 1975, il commande successivement le Groupement aéroporté, l'armée de terre et la Zone militaire de Brazzaville (ZAB), puis dirige la Sécurité d'État (services de renseignement du Congo). Il devient capitaine, puis commandant (il devient par la suite colonel - 1978 - puis général d'armée - 1989).

L'ascension politique (1968-1977)[modifier | modifier le code]

À partir du milieu des années 1960, Sassou N'Guesso est dans la mouvance des officiers progressistes conduite par Marien Ngouabi, qui mène une fronde sourde contre le pouvoir de Massamba-Débat. Leur contestation atteint son paroxysme en juillet 1968. Le capitaine Ngouabi et le sous-lieutenant Eyabo sont arrêtés le 29. Les parachutistes se mutinent et les libèrent le 31. Le 2 août, ils libèrent d'autres prisonniers politiques, (Félix Mouzabakani et Pierre Kinganga). Massamba-Débat, affaibli, est contraint d'accepter une recomposition politique. Le 16 août, un Conseil national de la révolution (CNR) est créé et investi de l'essentiel des pouvoirs. Il est dirigé par Ngouabi et Sassou N'Guesso en est un des trente-neuf membres.

Le 31 décembre 1969, il fait partie des membres fondateurs du Parti congolais du travail (PCT), nouveau parti unique d'idéologie marxiste-léniniste, au pouvoir sous le nouveau régime de la République populaire du Congo. Il devient membre du Bureau politique après le congrès extraordinaire du PCT de mars 1970 qui suit le putsch manqué du lieutenant Pierre Kinganga.

La session extraordinaire du comité central du PCT qui se tient du 5 au 12 décembre 1975 met en évidence de fortes contradictions internes au sein du parti unique. Plusieurs décisions importantes sont prises. Joachim Yhombi-Opango, Martin M'beri et d'autres membres sont exclus du Comité central. Le Bureau politique est dissous et un État major spécial révolutionnaire de cinq membres est institué et en reprend les pouvoirs jusqu'au prochain Congrès extraordinaire du PCT. Sassou N'Guesso en est un des cinq membres, avec Marien Ngouabi, Jean-Pierre Thystère-Tchicaya, Louis Sylvain-Goma et Jean-Pierre Gombe. Louis Sylvain-Goma est nommé Premier ministre en remplacement de Henri Lopes.

Le 28 décembre sur délégation du Conseil d'État, exécutif de la république qui réunit l'EMSR et d'autres corps constitués, il est nommé par décret présidentiel Ministre de la Défense et de la Sécurité.

Le Comité militaire du Parti (1977-1979)[modifier | modifier le code]

Le 18 mars 1977 aux environs de 14 h 30, une fusillade éclate dans l'enceinte de la résidence présidentielle de Marien Ngouabi. Peu après, le corps sans vie du président est conduit à l'hôpital militaire de Brazzaville, distant de quelques centaines de mètres. Les médecins constatent aussitôt son décès.

En sa qualité de Ministre de la Défense, Sassou Nguesso fait procéder dans les heures qui suivent à l'arrestation de plusieurs personnalités politiques et à la mise aux arrêts de certains membres de la garde présidentielle. L'interpellation de l'ancien Chef d'état-major de l'Armée de Terre Luc Kimbouala-Kaya à son domicile se termine tragiquement.

Il dépêche un avion à Pointe-Noire pour ramener Thystère-Tchicaya et Jean-Pierre Gombe, qui s'y trouvent en séjour. Au cours de la réunion de crise qui se tient dans la soirée au Ministère de la Défense, il convainc les 3 autres membres de l'EMSR de la nécessité d'instituer un Comité militaire du parti, doté des pouvoirs exécutifs de la République, en remplacement de l'EMSR, vu la gravité de la situation. Dans la nuit, Thystère-Tchicaya, numéro Un du régime après la disparition de Ngouabi, réunit le Comité central et fait entériner la création du CMP.

Du 19 mars au 2 avril 1977, le CMP fonctionne de façon collégiale, les onze membres n'ayant aucune attribution spécifique. Le gouvernement reste en place. Le CMP institue une commission d'enquête et une cour martiale, qui juge à la sauvette et à huis clos les personnes inculpées dans l'attentat contre le Président Ngouabi. Massamba-Débat, accusé d'avoir commandité l'assassinat de son successeur, est exécuté le 25 mars 1977. Le cardinal Émile Biayenda, dans ce climat tumultueux, est enlevé et assassiné dans des conditions mal élucidées. Des membres de la garde de Ngouabi, dont le lieutenant Mboro et le caporal Ontsou sont passés par les armes pour complicité ou défaillance. Le capitaine Barthélemy Kikadidi, en fuite, est condamné à mort par contumace. Les anciens ministres Pascal Lissouba et Claude-Ernest Ndalla sont condamnés à la prison à vie.

Le 2 avril 1977, Sassou-Nguesso prononce l'oraison funèbre de Marien Ngouabi. Le 3 avril, Le CMP promulgue un acte fondamental qui abroge la Constitution de 1973. Sa structure définitive est rendue publique : Yhombi-Opango en est le président, et de droit Président de la République du Congo. Sassou-Nguesso est le premier vice-président, chargé de la coordination des organisations de masses du parti. Louis Sylvain-Goma, deuxième Vice-président du CMP, est nommé Premier ministre et forme un gouvernement dans lequel Sassou-Nguesso conserve le poste de Ministre de la Défense. Il est incontestablement l'un des hommes forts du régime.

À partir du deuxième semestre de l'année 1978, il entre en conflit larvé avec Yhombi-Opango, cultivant dans l'opinion l'image d'un homme simple, affable, proche du peuple et fidèle à la ligne de Marien Ngouabi. La crise culmine avec la diffusion par le capitaine Pierre Anga, partisan de Yhombi-Opango au sein du CMP, d'un document intitulé « Ce qui nous divise et les moyens de conjurer une crise dans un processus révolutionnaire » qui impute au Ministre de la Défense les défaillances de la sécurité présidentielle de Ngouabi au moment de l'attentat et l'accuse de manœuvres pour saper l'autorité du président du CMP. Sassou-Nguesso exige et obtient la suspension du capitaine Anga pour diffamation.

En début d'année 1979, coalisé avec les barons du PCT marginalisés par Yhombi-Opango (Thystère-Tchicaya, Pierre Nze, Bokamba-Yangouma, etc), il pousse les organisations de masse du PCT (CSC, URFC et UJSC) à réclamer la tenue d'une session extraordinaire du Comité central, mis en veilleuse depuis l'institution du CMP. La réunion s'ouvre le 5 février 1979. Dès le premier jour, Yhombi-Opango, mis en minorité, est contraint d'accepter la dissolution du CMP et la fin de son mandat à la tête de la République.

Au sommet de l'État (1979-1990)[modifier | modifier le code]

Le 8 février 1979, le Comité Central nomme Sassou Nguesso président provisoire et convoque le 3e Congrès extraordinaire du parti. Celui-ci se tient fin mars 1979 et l'élit président du comité central du PCT, et de droit président de la République pour cinq ans. Il nomme Louis Sylvain-Goma Premier ministre, et conserve lui-même le poste de ministre de la Défense. Le 8 juillet, il fait adopter par référendum une nouvelle Constitution, qui pour l'essentiel remet en vigueur les institutions politiques d'avant le CMP. Le 14 août, il élargit tous les prisonniers politiques (condamnés de l'affaire Ngouabi et autres).

Aux débuts de son mandat, il se positionne par rapport à Marien Ngouabi. À la fois dans la continuité, affectant la même simplicité et la même proximité au peuple, et en rupture, se posant comme l'homme des actions concrètes. Les premiers mois sont difficiles, la situation financière de l'État est préoccupante et les caisses de l'État vides. La deuxième année, l'envolée des cours du pétrole et la mise en exploitation du champ pétrolier de Likouala au large de Pointe-Noire, permettent une certaine détente. L'année du centenaire, Brazzaville subit un embellissement notable (généralisation de l'éclairage public, construction du pont du centenaire, mise en circulation de bus de transport urbains publics et aménagement d'espaces communs de qualité).

La mise en production de nouveaux gisements pétroliers en 1981 et 1982 (Yanga, Sendji) accroit significativement les recettes de l'État et procure une prospérité certaine au pays. Le gouvernement porte l'âge de la retraite de 50 à 55 ans, augmente légèrement les salaires des fonctionnaires et la bourse des étudiants et lance un plan quinquennal de développement ambitieux (1982-1986). Celui-ci vise à aménager le territoire et permettre le décollage économique du pays. Plusieurs routes et ponts sont construits, ainsi que de nombreux édifices publics dans les principales villes du pays. Les entreprises publiques reçoivent d'importantes subventions pour assurer leur relance. La CORAF, raffinerie nationale, entre en production en 1982.

À mi-parcours, la chute des cours du pétrole conduit à l'abandon de plusieurs projets inscrits dans le plan. Dans le domaine économique, les résultats sont mitigés, la plupart des entreprises peinant à être rentables. En outre, la politique de grands travaux publics a eu pour effet, l'aggravation des pratiques de corruption. L'État qui a financé le plan quinquennal par l'endettement extérieur, fondé sur les espérances des recettes pétrolières futures, a du mal à supporter le service de la dette.

Le 3e Congrès ordinaire du PCT de 1984 réélit Sassou-Nguesso à la tête du pays pour cinq années. Il assume également les fonctions de Chef du gouvernement et de Ministre de la Défense. Le numéro Deux du régime Thystère-Tchicaya est démis de ses fonctions et mis en résidence surveillée. Le Président nomme Ange Édouard Poungui Premier Ministre.

En 1985-1986, sous la pression des institutions de Bretton Woods, il adopte un programme d'ajustement structurel (PAS), avec le gel des avancements et des recrutements dans la fonction publique. Certains monopoles d'État sont supprimés. Il obtient un ainsi un rééchelonnement des dettes vis-à-vis de ces institutions. Un accord de rééchelonnement de la dette est également signé avec le Club de Paris. En octobre 1985, il promulgue le Code de la famille, combinaison du code civil et des différents usages coutumiers.

Le 11 novembre 1985, il essuie une grande manifestation de lycéens à Brazzaville et Pointe-Noire. Ceux-ci protestent contre une nouvelle réglementation d'attribution de la bourse aux étudiants, dans le cadre du PAS. Le projet est abandonné.

En 1986, il institue une cour révolutionnaire, chargée de juger les auteurs de l'attentat à la bombe contre le cinéma Star et celui de l'aéroport de Maya Maya à Brazzaville, qui avaient fait quelques morts. Le procès se tient durant le mois d'août avec comme principaux accusés, Thystère-Tchicaya, Claude Ernest Ndalla et le colonel Blaise Nzalakanda. Le tribunal les condamne à des peines diverses. En août 1986, il est élu à la tête de l'Organisation de l'unité africaine pour une année, dans une période marquée par l'engagement de l'OUA contre l'apartheid et en faveur de la libération de Nelson Mandela.

En juillet 1987, il fait arrêter l'ancien président Yhombi-Opango, libéré trois ans plus tôt, ainsi que d'autres personnalités militaires et civiles, de l'ethnie kouyou pour la plupart : (Henri Eboundit, Jean-Michel Ebaka, Lecas Atondi-Momondjo…). Ils sont accusés d'atteinte à la sûreté de l'État. Le capitaine Anga, qui refuse de se laisser arrêter se réfugie dans la forêt proche d'Ikonongo. Il sera abattu un an plus tard par l'armée. La traque d'Anga s'accompagne de grandes brutalités sur les habitants du pays kouyou de la part des militaires.

En juillet 1989 se tient le 4e congrès ordinaire du PCT. Sassou Nguesso est reconduit à la tête du Parti et de l'État pour cinq ans. Il conserve les fonctions de Chef du gouvernement et de Ministre de la Défense. Il nomme Alphonse Souchlaty-Poaty, au poste de Premier ministre. En 1990, il négocie des contrats d'exploration avec les majors américaines afin de relancer l'industrie pétrolière.

L'ouverture démocratique (1990-1992)[modifier | modifier le code]

Les grands bouleversements internationaux du début de la décennie (chute du mur de Berlin, fin de l'apartheid et libération de Nelson Mandela, ouverture démocratique du bloc de l'Est, fin du parti unique au Bénin et au Zaïre) suscitent un certain activisme dans le microcosme politique et une grande attente dans l'opinion nationale. Denis Sassou-Nguesso s'efforce de conserver le pouvoir dans un contexte marqué par le mécontentement populaire et l'agitation sociale, dont témoigne notamment la grève générale des 14-15 septembre 1990.

En janvier 1990, Le président monte une commission ad hoc chargée de réfléchir aux changements en cours dans les pays d'Europe de l'Est et leurs implications au niveau national. En mars 1990, l'ancien Premier ministre Poungui démissionne du PCT. En juin 1990, lors du sommet France-Afrique à La Baule, François Mitterrand invite les dirigeants africains à libéraliser la vie politique et annonce que l'aide française sera désormais assujettie aux efforts de démocratisation de chaque pays africain.

Début juillet 1990, le comité central du PCT décide de la séparation du parti et de l'État, définit le multipartisme comme un objectif à atteindre après une phase de transition et accorde une plus grande liberté aux citoyens dans la vie quotidienne. Un référendum pour l'adoption d'une constitution fondant le multipartisme est annoncée pour février 1991. Dans l'intervalle, les autres partis politiques ne sont pas encore autorisés. Une semaine plus tard, il fait arrêter Célestin Gongara-Nkoua, Clément Mierassa et Michel Ngangouo pour conspiration tendant au renversement des institutions. Sous la pression Le 14 août, dans son discours à la nation, il annonce la libération de tous les prisonniers politiques et confirme sa volonté d'ouvrir le pays au multipartisme.

Le congrès de la Confédération syndicale congolaise (CSC) de septembre 1990 s'ouvre sur la déclaration d'indépendance du syndicat unique vis-à-vis du PCT. Les délégués réclament la hausse des salaires, ainsi que le dégel des avancements dans le fonction publique, et s'invitent sur le champ politique en exigeant une ouverture démocratique immédiate. Sassou N'Guesso les convoque à son palais et s'efforce de les mettre au pas. En vain[réf. nécessaire]. Il suspend alors le congrès de la CSC et en dissout le comité directeur. Il constitue un directoire provisoire, qui a à sa tête Simon-Pierre Gouoniba-Nsari. Le secrétaire général de la CSC, Jean-Michel Bokamba-Yangouma, réplique en appelant les travailleurs à une grève générale. Celle-ci est suivie par tous. Sassou N'Guesso demande à l'armée de mater les dirigeants syndicaux, mais il se heurte au refus du général Mokoko, Chef d'état-major général des FAC. Au bout de trois jours de paralysie générale du pays, il est contraint de céder. La CSC peut reprendre son congrès et le pouvoir lui donne satisfaction sur toutes ses revendications.

La session du comité central du PCT de fin septembre 1990 confirme le recul du pouvoir. Elle décide l'instauration immédiate du multipartisme et la prochaine convocation d'une conférence des partis. Elle annonce un congrès extraordinaire du parti unique en décembre pour entériner la nouvelle donne. Une loi sur les partis, autorisant la création d'autres partis politiques, est votée par l'Assemblée nationale.

Dans les mois qui suivent la libéralisation de la vie publique, une multitude de partis et associations politiques sont créées. Aussi bien par les opposants de longue date que par des personnalités qui, précipitamment, prennent leurs distances avec le PCT. La contestation sociale grandit et des grèves sectorielles éclatent dans le pays, affectant à la fois l'économie et l'administration (industrie pétrolière, transport, écoles, université, etc). Plusieurs journaux privés voient le jour, dont beaucoup se positionnent contre Sassou N'Guesso et le PCT. L'impopularité du Président atteint des sommets dans l'opinion.

En décembre 1990 le Congrès extraordinaire du PCT met fin officiellement à la primauté du parti sur l'État et abandonne le marxisme-léninisme comme idéologie. Alphonse Souchlaty-Poaty, en séjour en France, démissionne de son poste de Premier ministre. Pierre Moussa, ministre du Plan est désigné pour assurer la vacance.

Le 8 janvier 1991, Sassou N'Guesso nomme Louis Sylvain-Goma Premier ministre et le charge de former un gouvernement d'union nationale pour assurer la transition vers la démocratie et préparer une conférence des partis chargée d'élaborer une nouvelle constitution. Devant le refus de la classe politique à souscrire à cette démarche, il s'incline et annonce la convocation d'une conférence nationale. L'équipe gouvernementale sortante est reconduite pour gérer les affaires courantes. Dans le courant du mois de janvier, le général Yhombi-Opango est indemnisé pour l'expropriation de ses biens personnels lors de sa chute en 1979. il reçoit près d'un milliard de francs CFA

La Conférence nationale se tient du 25 février au 10 juin, réunissant 1 100 personnes (représentants des partis et associations politiques, représentants des institutions de l'État et personnalités). Au terme d'un bras de fer avec le gouvernement qui dure toute la première semaine, la conférence impose sa souveraineté et s'arroge le droit de légiférer. Durant les premières semaines, les délégués s'appliquent à la dénonciation de la pratique du pouvoir (népotisme, corruption, surveillance policière, exclusion, répression), la gestion économique et les mœurs privées du Chef de l'État. Plusieurs témoignages le mettent en cause dans l'assassinat de Marien Ngouabi. Il est également accusé d'enrichissement personnel. Sommé par les délégués à la Conférence de demander pardon au pays pour ses erreurs et fautes politiques, il s'adresse à la Nation dans un discours diffusé sur les médias où il dit assumer toutes les dérives de la classe politique depuis l'indépendance.

La Conférence nationale élabore et promulgue un Acte fondamental qui restaure les emblèmes de la première république et aménage une transition démocratique de douze mois. Si Sassou N'Guesso conserve la fonction de président de la République, celle-ci est dépouillée de tous ses pouvoirs au profit d'un Premier ministre élu par la CNS. Le Conseil supérieur de la République, parlement mis en place pour la période de transition, est chargé de faire élaborer une nouvelle constitution.

Durant la transition, les difficultés financières et les maladresses du gouvernement Milongo permettent au Président d'améliorer sa cote de popularité. Ses relations avec le gouvernement de transition sont peu harmonieuses. En août 1991, il doit digérer l'arrestation de son frère Maurice Nguesso et de Justin Lekoundzou Itihi Ossetoumba, ancien Ministre des Finances, pour détournement de l'argent public. La déstabilisation d'André Milongo par le Haut commandement militaire en janvier 1992 lui est imputée par l'opinion publique. La médiation du Président du Conseil supérieur de la République Mgr Nkombo permet de maintenir le "gentlemen agreement".

Élection présidentielle de 1992[modifier | modifier le code]

En mars 1992, la nouvelle constitution est massivement adoptée par référendum. Elle est de type semi présidentielle, avec un parlement bicaméral. La durée du mandat présidentiel est de 5 ans.

Les élections locales et législatives de 1992 relèguent le PCT au rang de troisième force politique du pays, derrière l'Union panafricaine pour la démocratie sociale de Pascal Lissouba et le Mouvement congolais pour la démocratie et le développement intégral de Bernard Kolelas. À l'élection présidentielle d'août 1992, Sassou-Nguesso obtient 16,87 % des voix, en troisième position derrière Lissouba et Kolélas. En position d'arbitre pour le second tour, il s'accorde avec Lissouba pour le deuxième tour de la présidentielle et leurs partis respectifs signent un accord de gouvernement. Le leader de l'UPADS arrivé en tête au premier tour avec plus de 39 % de voix, l'emporte nettement au deuxième tour.

Le 31 août 1992 Sassou-Nguesso effectue la passation de pouvoir avec Pascal Lissouba. Pour la première fois depuis 1968, il est déchargé de toute responsabilité publique.

La traversée du désert (1992-1997)[modifier | modifier le code]

Des le début, l'UPADS et le PCT peinent à mettre en application leur accord de gouvernement. Les divergences surgissent dès la formation du gouvernement. Le PCT qui ne reçoit que trois portefeuilles ministériels dans l'équipe de Stéphane Bongo-Nouarra, s'estime floué et dénonce immédiatement l'alliance avec le parti du nouveau président. L'ancien parti unique demande à ses ministres de se retirer du gouvernement. Lors de l'élection du Président de l'Assemblée nationale, André Mouele du PCT se fait élire aux dépens de Ange Édouard Poungui, apparenté UPADS, grâce aux voix du MCDDI et ses alliés. La tendance au renversement des alliances se confirme avec la signature de l'accord URD-PCT & Apparentés le 30 septembre 1992. La nouvelle coalition, majoritaire à l'Assemblée, demande à Pascal Lissouba de nommer un des siens à la tête du gouvernement. Devant le refus de Lissouba, l'opposition dépose une motion de censure contre le gouvernement Bongo-Nouarra, qui est renversé le 31 octobre. Deux semaines plus tard le Président Lissouba dissout l'Assemblée nationale et demande à l'équipe Bongo-Nouarra de gérer les affaires courantes jusqu'aux prochaines élections législatives anticipées. Les troubles qui s'ensuivent dans la capitale se résolvent avec la mise en place d'un gouvernement d'union nationale dirigé par Claude Antoine da Costa.

Durant la campagne électorale, Sassou Nguesso et ses nouveaux alliés Kolelas et Thystère-Tchicaya ne ménagent pas leurs efforts pour l'emporter. Cependant, ces élections législatives anticipées aboutissent à un conflit armé entre les 2 camps, l'opposition contestant les résultats. De juin 1993 à janvier 1994, le pays est plongé dans un climat de guerre civile, avec des combats sporadiques entre les milices de l'URD-PCT et celles de la Mouvance Présidentielle. Sur le terrain, les ninjas de Kolelas se montrent plus actifs que les cobras de Sassou-Nguesso, du côté de l'opposition. L'arbitrage d'un collège de juristes africains qui atteste la défaite de l'opposition permet de dénouer la crise, fin janvier 1994.

Quelques mois plus tard, Denis Sassou-Nguesso se retire à Oyo. Plusieurs officiers originaires du Nord du pays, forcés au désœuvrement par le gouvernement, puis radiés, se rapprochent de lui et encadrent la milice privée qui l'entoure. En 1995, il s'exile volontairement en France, où il réside dans sa villa du Vesinet. Durant cette période, son allié Kolelas se rapproche progressivement de Lissouba.

La guerre civile (mai 1997-octobre 1997)[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Guerre civile du Congo-Brazzaville.

Le 26 janvier 1997, il revient au Congo. À Brazzaville comme à Pointe-Noire, il est accueilli avec ferveur par des foules immenses. Il s'attelle à la préparation de la campagne présidentielle et entreprend une tournée à travers le pays. L'escale d'Owando donne lieu à un épisode tragique, le 10 mai. Avant son arrivée dans la ville, Jacques Okoko député du Rassemblement pour le développement et la démocratie d'Owando décrète qu'il n'est pas question que Sassou N'Guesso soit porté en tipoye dans la ville. La tension monte. Des partisans du RDD tentent de perturber la parade de Sassou N'Guesso à travers la ville. L'incident se termine par la mort d'un militaire, abattu par la garde de Sassou N'Guesso. Après le départ de celui-ci, ses partisans sont pris à partie et doivent fuir Owando. On dénombre 8 morts.

Le 31 mai 1997, un code de bonne conduite est signé par l'ensemble de la classe politique congolaise sous l'égide de Federico Mayor, Directeur Général de l'UNESCO.

Le 2 juin, 4 militaires de l'entourage de Yhombi-Opango sont attaqués et tués par les cobras milice de Sassou Nguesso dans les environs d'Oyo. Le climat est tendu dans le pays.

Aux premières heures du jour, le 5 juin 1997, un détachement militaire lourdement armé encercle la résidence privée de Sassou-Nguesso dans le quartier de Mpila. Immédiatement, celui-ci réplique et ouvre le feu, s'estimant menacé. Au cours de la journée, le ministre de l'Intérieur, Philippe Bikinkita, justifie le déploiement militaire autour de la résidence de Sassou-Nguesso et le présente a posteriori comme étant une simple opération de police visant l'arrestation de Pierre Aboya, officier impliqué dans la fusillade d'Owando qui aurait trouvé refuge chez l'ancien président. Peu d'observateurs jugent crédible la justification du gouvernement. Cependant, Le général Sassou N'Guesso est dans un état de préparation inattendu, mobilisant très rapidement de nombreux miliciens (les cobras) et soldats en rupture, dotés d'un armement neuf, abondamment pourvus en munitions et encadrés par des officiers expérimentés de l'armée régulière. En quelques heures, les forces de Sassou N'Guesso repoussent la force publique et établissent leurs positions. Dans les jours qui suivent, le gouvernement fait intervenir toutes les forces fidèles disponibles (soldats de l'armée régulières et miliciens zoulous et cocoyes) et la capitale devient le siège de violents combats. Plusieurs civils pris entre deux feux sont tués. Les populations doivent évacuer les quartiers de Poto-Poto et Moungali et le Centre-Ville. L'armée française exfiltre les ressortissants étrangers.

Une médiation nationale est montée, dirigée par Bernard Kolélas, et tente d'établir le dialogue entre le président Pascal Lissouba et Sassou-Nguesso. Cette entreprise n'obtient aucun résultat concret. Après les premières semaines de combat, la guerre s'enlise et chaque faction campe sur ses positions. De part et d'autre, les combattants se livrent au pillage dans les maisons et commerces désertés. Au mois de septembre 1997, Lissouba nomme Bernard Kolélas au poste de Premier ministre et celui-ci engage sa milice dans le conflit.

Une médiation internationale tente de ramener la paix au Congo. Omar Bongo invite les deux belligérants à Libreville afin de mettre sur pieds un schéma de sortie de crise. Plusieurs chefs d'États africains participent au sommet. Pascal Lissouba ne daigne pas s'y rendre et délègue Kolélas. La conférence n'a guère de résultats concrets.

Le 15 octobre 1997, l'armée angolaise s'engage dans le conflit aux côtés de Sassou-Nguesso et fait pencher la balance en sa faveur. Le 15 octobre, les forces de Lissouba sont défaites. Pascal Lissouba et ses proches quittent le pays. Les forces de Sassou-Nguesso, appuyées, outre l'armée angolaise, par des soldats tchadiens et des mercenaires rwandais, contrôlent les principales villes du pays. Le nombre de morts de la guerre civile est estimé à environ 400 000. Des massacres sont perpétrés, en particulier dans la région du Pool.

Le retour au pouvoir (1997)[modifier | modifier le code]

Denis Sassou-Nguesso et George W. Bush, le 5 juin 2006.

Le 25 octobre 1997, Sassou-Nguesso se proclame président de la République et promulgue un Acte fondamental qui aménage une transition de durée flexible. Quelques jours plus tard il publie son gouvernement. On y retrouve essentiellement les personnalités qui faisaient partie de son équipe gouvernementale dans les années 1980.

Dans une capitale ravagée par quatre mois d'un conflit violent, les problèmes à régler sont multiples (pénuries diverses, sécurité, remise en état des infrastructures publiques, remise en route des administrations…). Progressivement, le gouvernement reconstruit la capitale.

À partir du milieu de l'année 1998, il doit faire face à une recrudescence de violence dans la région du Pool. Les miliciens ninjas de Kolélas font montre d'une recrudescence d'activités subversives, sous la conduite du pasteur Ntumi. Dès le mois d'août 1998, ils arrêtent le trafic ferroviaire dans le Pool. Le 18 décembre 1998, ils tentent d'investir Brazzaville. Les cobras les repoussent et exécutent également des centaines d'habitants des quartiers de Bacongo et Makelekele, soupçonnés de sympathie avec les rebelles. Les deux quartiers se vident pour plusieurs mois. Les habitants trouvent refuge dans les autres quartiers de la ville, dans les villages du Pool ou en RDC. Les cobras se livrent alors au pillage des maisons désertées.

Les jours suivants, les régions de Niari de la Lékoumou et de la Bouenza, ancien fief de Lissouba, s'embrasent à leur tour. Là également, les combats font plusieurs morts. Les miliciens cocoyes sabotent le barrage de Moukoukoulou. C'est aux prix de négociations avec les chefs de guerre que le gouvernement parviendra à normaliser la situation dans cette zone. La rébellion de Ntumi, quoique de moins en moins virulente, reflue et finit par s'incruster dans la zone Kindamba.

En mai 1999, des centaines de réfugiés revenant de RDC sont enlevés par la garde présidentielle puis entassés vivants dans des conteneurs jetés dans le fleuve. C'est l'affaire des disparus du Beach de Brazzaville.

En 2000, Sassou-Nguesso fait juger par contumace les principaux dignitaires du régime de Lissouba pour des motifs divers (crimes économiques ou actes de torture). Lissouba, Yhombi-Opango, Kolelas, Moungounga-Kombo Ngila, Benoit Koukébéné, etc, sont condamnés à des peines lourdes.

Au début des années 2000, l'industrie pétrolière congolaise retrouve un second souffle avec la mise en production de quelques gisements (Kombi-Likalala, Tchibeli, Bondi). Par ailleurs, les contrats de partage de production, en vigueur depuis 1995 accordent à l'État une plus grande part dans la répartition de la rente pétrolière. Le gouvernement essaye de remettre en état la voie ferrée Brazzaville – Pointe-Noire mais n'y parvient pas à cause des ninjas dans le pool et des milices armées le long du chemin de fer, et les militaires fanatiques (cobras) dans les trains qui sèment la terreur. La SNPC créée en 1999 sur les cendres d'Hydro Congo pour gérer les hydrocarbures, commercialise elle-même le brut de la république. La nouvelle poussée des cours du brut accroît les recettes budgétaires. Le traitement des ministres est porté à 4 millions de FCFA par mois et celui des parlementaires à 2 millions. La rémunération des magistrats aussi est significativement améliorée. Cependant, les grilles salariales en vigueur depuis le milieu des années 1960 restent inchangées pour les agents publics.

En 2001, une arnaque pyramidale est montée par un ressortissant angolais, Salu Umberto Brada, avec l'approbation des autorités congolaises. Au bout de quelques mois, sous la pression de la COBAC, elle cesse ses activités, après avoir escroqué des milliers de Congolais.

Référendum et élection présidentielle de 2002[modifier | modifier le code]

En 2002, Sassou-Nguesso fait adopter par référendum une nouvelle constitution. Elle garantit les libertés fondamentales. Un régime de type présidentiel est instauré et la durée du mandat du Président de la République est fixée à 7 ans. L'âge limite pour la candidature à la magistrature suprême est de 70 ans. Le gouvernement est dirigé par le Chef de l'État.

L'élection présidentielle se tient en mars 2002. Un seul des candidats qu'il doit affronter, André Milongo, jouit d'une réelle notoriété. À deux jours du scrutin, l'ancien Premier Ministre retire sa candidature, arguant que les jeux sont faits d'avance. Sassou-Nguesso est élu très confortablement au premier tour à la suite d'élections très contestées.

Son mandat s'ouvre sous le slogan de la Nouvelle espérance. De grands chantiers sont entamés à travers le pays, sous la conduite de la délégation aux grands travaux. Une municipalisation accélérée des principales localités du pays est lancée. Elle est censée moderniser les villes du Congo.

Au cours des années suivantes, deux initiatives gouvernementales provoquent un malaise dans l'opinion. En 2005, c'est la régate dénommée Route de l'Équateur organisée par le Congo entre Marseille et Pointe-Noire alors que les Congolais manquent de tout (médicaments, denrées alimentaires, eau, électricité, etc.). Elle coûte officiellement 4 milliards de FCFA. En 2006, c'est la construction d'un mausolée à la gloire de Savorgnan de Brazza à un coût supérieur à 10 milliards de FCFA.

En 2006, Sassou-Nguesso assure pour un an la présidence de l'Union africaine, à la suite d'un compromis pour éviter que le poste ne soit occupé par Omar el-Béchir, Président du Soudan.

En 2007, l'âge de la retraite est porté de 55 à 60 ans et le salaire minimum est rehaussé de 35 000 à 40 000 FCFA (environ 7 euros de plus). Cependant, la portée sociale de ces mesures est limitée. En dépit des slogans, le Congo recule en termes d'indice de développement humain. L'appauvrissement des populations, débutée à la fin des années 1980, continue de s'accentuer. 70 % des Congolais vivent sous le seuil de pauvreté (moins de 1 dollar USpar jour). Dans le même temps, une petite catégorie de gens, principalement des membres de l'élite au pouvoir, s'enrichit ostensiblement. La corruption dans la fonction publique s'aggrave, profitant notamment aux agents des douanes et des autres régies financières, ainsi qu'aux agents de la police qui en viennent à arrêter des véhicules sans motifs valables, uniquement pour demander de l'argent.

Sur le plan de la politique intérieure, alors qu'une information judiciaire est ouverte en France pour l'affaire des disparus du Beach, la cour criminelle de Brazzaville ouvre en 2005, le procès de plusieurs officiers de haut rang sur les mêmes chefs d'accusation. Au terme des débats, tous les accusés sont acquittés. Sassou-Nguesso fait amnistier ses adversaires politiques en exil, condamnés quelques années auparavant. Les uns après les autres, ceux-ci regagnent le Congo.

En juillet 2008, lors de l'enterrement de Jean-Pierre Thystère-Tchicaya à Pointe-Noire, des émeutes éclatent et les manifestants s'en prennent ouvertement à Sassou. En juin 2009, lors des élections locales, la participation ne dépasse pas les 5 %. Le RMP (rassemblement pour la majorité présidentielle) nouveau parti destiné à soutenir la candidature de Sassou-Nguesso à l'élection présidentielle de 2009 obtient 364 sièges de conseillers sur 864.

Élection présidentielle de 2009[modifier | modifier le code]

En juillet 2009, fort du soutien de Ganao, Kolélas, Yhombi-Opango, etc, il se présente de nouveau à l'élection présidentielle. En dépit des réclamations de l'opposition, ce sont les listes électorales de 2002 qui sont de nouveau utilisées. Des 13 candidats en présence, il est le seul réellement actif durant la campagne. Le scrutin se tient le 12 juillet dans un climat de grande indifférence de la part des citoyens. Il est élu dès le premier tour avec 78 % de voix. Cependant, le taux de participation officiel (66 %) laisse sceptiques de nombreux observateurs. Le 15 septembre 2009, il forme un nouveau gouvernement, au sein duquel le poste de Premier ministre est de nouveau supprimé. En 2016, selon la constitution le général-président doit quitter le pouvoir au terme de son mandat, mais tout porte à croire que le riche président Sassou va modifier la constitution pour obtenir un nouveau mandat.

Scandales[modifier | modifier le code]

En 2006, le journal britannique The Times a affirmé, sur la base de copies de la note d'hôtel que, pendant un séjour de cinq nuits à New York dans l'hôtel Waldorf Astoria, la suite occupée par Sassou Nguesso aurait accumulé des frais de £12 000 et un montant total de £73,006[1].

Pour assister à l'assemblée générale de l'ONU en septembre 2006, alors qu'il était président en exercice de l'Union africaine, lors d'un autre séjour de cinq nuits, ses collaborateurs et son équipe diplomatique auraient occupé 44 chambres, provoquant une facture de £130 000, toujours au compte de l'État congolais. Le journal britannique The Sunday Times, lui aussi propriété du magnat Ruppert Murdoch, ironise en précisant que ce montant dépasse de loin le très faible montant de l'aide humanitaire consentie au Congo par le Royaume-Uni en 2006[2]. Dernier détail accablant pour la moralité du dictateur : ces notes extravagantes ont été payées en liquide.

Depuis juin 2007 Denis Sassou Nguesso est selon ses partisans, la cible en France d’une tentative de déstabilisation, par le biais d’une guérilla judiciaire. Il s'agit d'une plainte dite « des biens mal acquis » visant également les présidents gabonais et guinéo-équatorien. Plainte déposée par l’avocat d’affaires William Bourdon à travers son association Sherpa et la section française de l’ONG anti-corruption Transparency International.

Le 18 juin 2007, le Parquet de Paris a ouvert une enquête préliminaire[3] à l'encontre de Denis Sassou Nguesso, Omar Bongo et leur entourage, accusés par trois associations françaises, dont le FCD qui regroupe des congolais démocrates[4], de "recel de détournement de fonds publics". Le chef de l'État congolais et sa famille possèdent, en effet, en région parisienne, de nombreux biens mal acquis [5]. En janvier 2008, le journal français Le Monde révélait les conclusions de l'enquête de police qui avait fait suite à la plainte. Plus de 18 appartements et hôtels particuliers ont été identifiés comme appartenant au président congolais et à sa famille, tous situés à Paris et dans la région parisienne[6].

Denis Sassou Nguesso déclare ne posséder aucun compte à son nom en France. Selon l'enquête de l'Office central de répression de la grande délinquance financière de 2007, 112 comptes bancaires français sont dénombrés au nom de sa famille[7].

Le 31 mars 2009, ouverture d'une enquête sur des comptes qui appartiendraient à Édith Bongo, fille de Denis Sassou-Nguesso et épouse d'Omar Bongo, décédée le 14 mars 2009, soupçonnée d'avoir servi de prête-nom à Omar Bongo et Denis Sassou-Nguesso auprès de plusieurs établissements bancaires, afin de dissimuler des capitaux provenant de détournements de fonds publics à Monaco, enquête qui fait suite au courrier de l'association Sherpa au prince Albert II et au procureur de Monaco demandant l'ouverture d'une information judiciaire et le gel des avoirs financiers à Monaco d'Édith Bongo[8].

Le 5 mai 2009, la doyenne des juges du pôle financier de Paris Françoise Desset juge recevable la plainte déposée en décembre 2008 pour "recel et détournement de fonds publics" par Transparency International France et l'Association Sherpa visant Denis Sassou-Nguesso et deux autres chefs d'États africains Omar Bongo (Gabon) et Teodoro Obiang (Guinée équatoriale) soupçonnés de posséder en France des biens mal acquis financés par de l'argent public détourné. Cette décision est prise contre l'avis du parquet qui dispose de cinq jours pour faire appel[9]. Le 8 mai 2009 le parquet a fait appel de cette décision et le 29 octobre 2009, la Cour d'appel de Paris juge irrecevable cette plainte. Le 9 novembre 2010 la Cour de cassation annule la décision de la Cour d'appel et rend possibles les poursuites.

Parcours politique[modifier | modifier le code]

Chronologie des fonctions principales[modifier | modifier le code]

Distinctions[modifier | modifier le code]

Ouvrages[modifier | modifier le code]

  • Le manguier, le fleuve et la souris, éditions Jean-Claude Lattès, 1997 (ISBN 2-7096-1792-7).
  • Parler vrai pour l'Afrique - Entretiens avec Edouard Dor, Michel Laffon, 2009 (ISBN 2749911060).
  • L'Afrique, enjeu de la planète : Les nouveaux défis du développement durable, Jacques Marie éditeur, 2009 (ISBN 2358100129).

Sources[modifier | modifier le code]

  • J-P Thystère-Tchicaya, Itinéraire d'un africain vers la démocratie, Édition du Tricorne, 1992
  • R. Bazanguissa-Ganga, Les voies du politique au Congo, Karthala, 1997
  • D Sassou N'Guesso, Le manguier, le fleuve et la souris, JC Lattès, 1997.
  • J-M Nkouka-Menga, Chronique politique congolaise, L'Harmattan, 1997.
  • Ph. Moukoko, Dictionnaire général du Congo-Brazzaville, L'Harmattan, 1999.
  • J. Bitala-Bitemo, Théâtre d'ombres. Congo-Brazzaville 1992-1997, Présence Africaine, 2001.
  • J.-C. Mayima-Mbemba, Assassinats politiques au Congo-Brazzaville, Ed. ICES, 2004 - ISBN 2-910153-30-4.
  • A-R Massema, Crimes de sang et pouvoir au Congo-Brazzaville, L'Harmattan, 2005.
  • J.-C. Mayima-Mbemba, La violence politique au Congo-Brazzaville, L'Harmattan, 2008 - ISBN 978-2-296-05216-1.
  • Fédération des Congolais de la Diaspora, Sassou Nguesso ou l'irrésistible ascension d'un pion de la françafrique, L'Harmattan, 2009

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Liens sur des sites contestataires au régime de Denis Sassou Nguesso[modifier | modifier le code]