Special Frontier Force

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La Special Frontier Force ou SFF (en français Forces spéciales des frontières) est une force paramilitaire de l'Union indienne, fondée en 1962 pour, selon Amitava Sanyal, lutter contre l'armée chinoise au Tibet[1] et, selon Bertrand Odelys, assurer la surveillance de la frontière chinoise[2]. Aussi connue sous le nom de code Establishment 22, prononcé two two), elle fut mise en place à la fin de la guerre sino-indienne, avec pour objectif principal de mener des opérations secrètes derrière les lignes chinoises dans l'éventualité d'une nouvelle guerre sino-indienne. Son QG est sis à Chakrata (en) dans l'État septentrional de l'Uttarakhand. Elle a joué un rôle dans la guerre d'indépendance du Bangladesh en 1971 puis a pris part à plusieurs actions militaires, l'opération Bluestar à Amritsar en 1984, l'opération Meghdoot sur les pentes du glacier de Siachen (Cachemire) en 1984, l'opération Vijay contre les rebelles soutenus par le Pakistan, à Kargil, dans l'État du Jammu-et-Cachemire, en 1999.

Historique[modifier | modifier le code]

Création en 1962[modifier | modifier le code]

C'est le 14 novembre 1962, vers la fin de la guerre sino-indienne, que le gouvernement de Nehru ordonna la formation d'une force d'élite de guérilla incorporant essentiellement des réfugiés tibétains[3],[4]. Selon le Lt Col M. C. Sharma, son objectif principal était de diriger des opérations secrètes derrière les lignes chinoises dans l'éventualité d'une nouvelle guerre sino-indienne[5]. Un accord fut signé entre les chefs de l'armée Chushi Gangdruk (qui fournirait des volontaires), le service de renseignement indien (RAW) et la CIA (qui fournirait l'armement)[6]. Environ 5 000 hommes, pour la plupart des Khampa, furent recrutés pour former le noyau de cette force spéciale[7].

Recrutement[modifier | modifier le code]

Forte de 12 000 hommes à sa création et ayant monté à 20 000 hommes vers 1970 avant de redescendre à moins de 10 000 hommes aujourd'hui[8], les Forces spéciales des frontières sont censées être formées, à ce que rapporte Amitava Sanyal, de volontaires ; dans les faits, les jeunes Tibétains des villages d'enfants tibétains ayant fini leur scolarité sans atteindre un certain niveau, sont censés s'engager dans le régiment[9]. Tashi Dhundup, un journaliste vivant à Kathmandou, écrit que lorsqu'il était à l'école centrale des Tibétains à Mussoorie, une bonne partie des élèves de Terminales au lieu de rentrer dans leur famille à la fin de l'année, étaient emmenés à bord de camions de l'armée indienne afin de suivre une formation militaire au sein de la SFF[10].

Rôle dans la troisième guerre indo-pakistanaise en 1971[modifier | modifier le code]

Illustration montrant les unités militaires et les mouvements des troupes durant la troisième guerre indo-pakistanaise, 2 - 16 décembre 1971.

En 1971, lors de la troisième guerre indo-pakistanaise, selon M. C. Sharma, le dalaï-lama donna son accord pour que les Forces spéciales des frontières combattent l'armée pakistanaise dans les Chittagong Hill Tracts en tant que Mukti Bahini (en)[11]. Selon le philosophe communiste italien Domenico Losurdo, des photos de 1972 montrent le dalaï-lama passant en revue, en compagnie du général indien Sujan Singh Uban, la Special Frontier Force[12]. Selon le journaliste Manas Paul, le dalaï-lama a toujours maintenu ses distances vis-à-vis des Forces spéciales des frontières, sans soutenir l'initiative indienne ni s'y opposer[13].

Rôle dans d'autres actions militaires indiennes[modifier | modifier le code]

En dehors de son déploiement contre l'armée pakistanaise dans la guerre d'indépendance du Bangladesh en 1971, le régiment a pris part à plusieurs actions militaires, l'opération Bluestar à Amritsar en 1984, l'opération Meghdoot sur les pentes du glacier de Siachen (Cachemire) en 1984, l'opération la plus récente étant l'opération Vijay, affrontement entre l'Inde et des rebelles soutenus par le Pakistan, à Kargil, dans l'État du Jammu-et-Cachemire, en 1999[14].

Organisation[modifier | modifier le code]

La SFF regroupe environ 10 000 hommes (chiffre de 1999) ayant tous reçu leur brevet de parachutistes. Ils bénéficient d'un entraînement de combat en jungle et en haute montagne. Elle dispose depuis 1979 d'une unité antiterroriste basée sur l'aéroport de Sarsawa (Uttar Pradesh), appelée Special Counter-Terrorist Unit (ou SCTU) et forte d'une centaine d'hommes. L'armement principal comprend le fusil d'assaut Tavor 21 (5,56 mm) et le fusil de précision Galil SR (7,62 mm), fabriqués par IWI (Drapeau d’Israël Israël)[citation nécessaire] [15].

Références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Amitava Sanyal, The curious case of establishment 22, in The Hindustan Times, 2009 : « Though it was raised to fight the Chinese army in Tibet, it has fought in several theatres of war except that one. »
  2. Bertrand Odelys, Dharamsala, Chroniques tibétaines, Albin Michel, 2003, (ISBN 2226142592 et 9782226142597), pp. 37-51, 92-104.
  3. (en) Lt Col M. C. Sharma, Paramilitary Forces Of India, Gyan Publishing House, 2008, (ISBN 8178357089 et 9788178357089) p. 251
  4. (en) Kenneth Conboy, Paul Hannon, Elite Forces of India and Pakistan, Osprey Publishing, 1992, (ISBN 1855322099 et 9781855322097) p. 23
  5. (en) M. C. Sharma, op. cit., p. 253 : « Its main goal was to conduct covert operations behind Chinese lines in the event of another Indo-China war. »
  6. (en) M. C. Sharma, op. cit., p. 251-252 : « Chushi Gangdruk leaders were contacted for recruitment of Khampas into this new unit. [...] A formation agreement was signed in 1962. The parties to this formation agreement were the Indian Intelligence Service (RAW), the CIA (for weaponry till 1972) and Chushi Gangdruk. »
  7. M. C. Sharma, op. cit., p. 252 : « An initial strength of 5000 men, mostly Khampa were recruited at its new Mountain Training Facility at Chakrata, Dehradun. »
  8. Amitava Sanyal, The curious case of establishment 22, op. cit. : « it was early 1963 when the first batch of about 12,000 Tibetans was brought to Chakrata, 100 km from Dehradun. [...] The total number of soldiers, though, has changed — swelling to about 20,000 around 1970 and then whittling down to below 10,000. »
  9. Amitava Sanyal, The curious case of establishment 22, op. cit. : « It’s supposed to be a group of volunteers; but all school-passing Tibetan children not making a certain grade are still expected to join it. »
  10. (en) Tashi Dhundup, Not their own wars, Himal Southasian, 24 décembre 2007 : « While at school at the Central School for Tibetans in Mussoorie, my classmates and I used to sing a song that went, “Chocho mangmi la madro, haapen bholo yoki rae”, which translates to “O brother don’t go to the army, they will make you wear those loose half-pants”. Although we sang this song in every grade, it was only years later that the true meaning of those words finally dawned on me. Each year as the seniors graduated, we would see trucks waiting at the school gate – Indian Army trucks, all set to cart many of the graduating students off to the barracks for training. At the time I was confused, and wondered why these new graduates were not simply going home. It was only much later that I came to understand the involvement of Tibetans in the Indian Army. »
  11. M. C. Sharma, op. cit., p. 252 : « The SFF never had a chance of being used in operations against its intended enemy, Red China, but it was used against East Pakistan with the consent of His Holiness the Dalai Lama in 1971. About one-third of its full strength was developed adjacent to the Chittagong Hill Tracts as Mukti Bahini. »
  12. Domenico Losurdo, Le Dalaï Lama, champion de la non-violence ?, Mondialisation.ca, 19 août 2008.
  13. (en) Manas Paul, Phantom Warriors of 1971, Unsung Tibetan Guerrillas, 20 décembre 2010 : « The Dalai Lama [...] and his Dharamshala officials always maintained a distance from them neither supporting nor opposing the Indian initiative. »
  14. Amitava Sanyal, The curious case of establishment 22, op. cit. : « Since then, the regiment [...] has participated [...] in Operation Eagle (securing Chittagong hills during the Bangladesh War of 1971 [...]), Operation Bluestar (clearing Amritsar’s Golden Temple in 1984), Operation Meghdoot (securing the Siachen glacier in 1984) and Operation Vijay (war with Pakistan at Kargil in 1999). »
  15. J.-P. Husson, Encyclopédie des Forces Spéciales du Monde, tome 1, Histoire & Collections, 2000.[réf. incomplète]

Ouvrages[modifier | modifier le code]

Culture populaire[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]