Ladakh

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34° 10′ N 77° 35′ E / 34.17, 77.58

Localisation du Ladakh traditionnel

Le Ladakh "pays des hautes passes" (ལ་དྭགས། wylie : la-dwags) est une région de l'État indien du Jammu-et-Cachemire, située dans sa partie orientale, et dont elle occupe plus de la moitié de la superficie.

« "Ladakh, est la translitération en persan du Tibetain "La-dvags", qui est garanti par la prononciation du mot dans plusieurs districts tibétains."[1] »

Cependant, c'est l'une des régions les moins peuplées du pays. Parfois appelé le Petit Tibet, le Ladakh est célèbre pour ses paysages montagneux et sa culture bouddhiste tibétaine. Sa ville la plus importante est Leh (གླེ་).

Route empierrée à travers la haute montagne avec des drapeaux colorés sur ses cotés


Géographie[modifier | modifier le code]

Le désert de Moon.
Photo ancienne du monastère d'Hemis

Le Ladakh est la région de l'Inde à l'altitude moyenne la plus élevée, une grande partie de son territoire dépassant les 3 000 m. Il comprend une partie du Karakoram et de l'Himalaya ainsi que la vallée supérieure de l'Indus.

Le Ladakh historique se composait de plusieurs régions distinctes, la plupart aujourd'hui sous administration indienne :

  • la vallée supérieure de l'Indus, une région plutôt peuplée,
  • les vallées éloignées du Zanskar, au sud, et de la Nubra, au nord, auxquelles on accède par une des routes carrossables les plus hautes du monde (col de Kardung, 5 359 m),
  • l'Aksai Chin, sous administration chinoise, inhabitée,
  • le Purig, la vallée de Kargil et de Suru à l'ouest, à population majoritairement chiite, où se trouve Kargil, la seconde ville du Ladakh par sa population.

La région de Skardu, de population entièrement musulmane, sous administration pakistanaise, est parfois rattachée à la géographie ladakhie. Cependant, la région de Skardu est une région distincte du Ladakh et est appelée "Baltistan".

Aujourd'hui, le Ladakh appartient à l'État du Jammu-et-Cachemire, il est divisé en deux tehsil : le tehsil de Leh et le tehsil de Kargil qui englobe le Zanskar. Actuellement, le statut administratif du Ladakh préoccupe de plus en plus les partis politiques locaux qui dénoncent l'islamisation de la région et la perte de l'identité culturelle et religieuse du Ladakh à cause du statut de cette immense région plus étendue que l'état dans lequel elle est située.

Le gouvernement indien est en train d'étudier la création d'un état à majorité bouddhiste séparé du Jammu-et-Cachemire.

Population[modifier | modifier le code]

Il conviendrait de nommer les habitants du Ladakh les Ladakhpa (ལ་དྭགས་པ།), mais l'usage occidental s'est arrêté sur le terme Ladakhi. À la différence du Jammu hindou et du Cachemire principalement musulman, le Ladakh est une région majoritairement bouddhiste, la plupart des Ladakhis suivant la forme tantrique du bouddhisme, le Vajrayāna, ou bouddhisme tibétain. On y trouve, en effet, un nombre élevé de monastères bouddhistes comme Spituk, Tikse, Hemis, Alchi, Stongdey et Lamayuru, gompa ayant la signification de monastère.

La plupart des habitants de la région parlent le ladakhi, un dialecte proche du tibétain. On note cependant des différences nettes concernant la grammaire et la prononciation. De ce point de vue, le ladakhi est parfois considéré comme une langue tibétique proche du tibétain ancien. Il est assez facile, pour une personne parlant le tibétain, d'apprendre le ladakhi. L'inverse est moins évident.

Économie[modifier | modifier le code]

La crise du Cachemire ayant rendu cette région, autrefois très prisée des touristes, extrêmement peu sûre, hormis la ville de Srinagar, le gouvernement indien favorise un transfert d'activités touristiques vers le Ladakh oriental, bouddhiste, et ses possibilités de trekking, la région n'étant quasiment pas affectée par les évènements de la partie occidentale de l'État. Le tourisme est ainsi en train de devenir la première source de revenus de cette région dont l'économie était, autrefois, essentiellement basée sur une agriculture de subsistance.

Depuis le début des années 80, une association française, le Groupe énergies renouvelables, environnement et solidarités, promeut l’utilisation des énergies renouvelables, notamment par la construction de maisons bioclimatiques à l’énergie solaire ainsi que des serres solaires (en) pour la culture de légumes. Un Ladakhi, ingénieur à la retraite, a inventé la construction de glaciers artificiels en utilisant des murs de pierre, favorisant l'apport d'eau pour les agriculteurs, l'eau de ces glaciers fondant plus tôt au printemps, elle permet de semer plus tôt, améliorant les récoltes[2].

Aujourd'hui, l'agriculture qui était auparavant de subsistance commence de plus en plus à se transformer en agriculture intensive, surtout dans la vallée de l'Indus et dans les vallées entourant Leh.

Transports[modifier | modifier le code]

Le couloir principal pour les échanges et le commerce du secteur a été déplacé de l'itinéraire "Col de Zoji-La - Kargil vers Srinagar" pour celui de la route de montagne de "Manali-Leh" depuis l'Himachal Pradesh. Leh comporte un aéroport d'où partent des vols quotidiens pour Delhi et Srinagar. Des vols desservent également les villes de Chandigarh et Jammu[3].

Récemment, le gouvernement a prévu de construire une voie ferrée reliant Leh et la vallée de l'Indus au reste du pays par le biais de la Vallée du Cachemire et de Manali.

Histoire[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Histoire du Ladakh.
Le monastère de Tikse
L'étendu Territorial du Ladakh pendant le règne du roi Nyimagon vers 975 A. D.-1000 A.D.comme décrit dans A History of Western Tibet by A.H. Francke, 1907

Des gravures dans la roche , retrouvées dans de nombreux endroits du Ladakh indiquent que la région a été& habituée dès le Néolithique.

Tibétanisé au Xe siècle, le Ladakh était auparavant peuplé de tribus Dardes et Mons. Au Xe siècle, Nyimagön, un descendant des rois du Tibet s'installe à Shey et forme ainsi la première dynastie tibétaine du Ladakh, les Lhachens. À la charnière des XVe et XVIe siècles, une branche cousine prend le pouvoir sous le nom de dynastie Namgyal. Le Ladakh fut autrefois un royaume indépendant de religion bouddhiste. Au XVIIe siècle, à la suite d'une rupture de ses relations avec le Tibet, le 5e Dalaï Lama tente de l'envahir. Le Cachemire aide alors le Ladakh dans la restauration de sa souveraineté, mais cette aide a un prix arbitré par le traité de Temisgam en 1684 : la conversion du roi ladakhi à l'islam et la construction d'une mosquée à Leh, sa capitale (déjà construite en 1666 sous la contrainte d'Aurangzeb). Au début du XIXe siècle, les Dogras du Jammu voisin et du Penjab s'intéressent au Ladakh. Après plusieurs invasions, le général Zorawar Singh parvient à soumettre les ladakhis et continue sa conquête vers le Tibet où il se fera tuer. Le traité de paix tibéto-ladakhi de 1842 est signé à la résidence du Gulâb Singh. Le Tibet et le Ladakh confirment leurs frontières respectives et renouvellent leur engagement d'amitié. Tout comme pour le conflit de 1681-83, cette guerre a un caractère plus économique que religieux ou territorial ; en effet, le but étant de contrôler le commerce de la laine. Le traité de paix tibéto-ladakhi de 1842 est confirmé en 1852 par un nouvel accord commercial[4].

La Principauté du Jammu-et-Cachemire finira d'ailleurs par envahir le royaume, mettant fin à son indépendance et entraînant, à terme, son intégration dans l'Inde britannique.

Le territoire originel du royaume est maintenant divisé entre l'Inde, le Pakistan et l'Aksai Chin, un district conquis par la Chine à la suite du conflit sino-indien de 1962.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Francke(1926) Vol. I, p. 93, notes.
  2. Un regard environnemental sur l'environnement, RFI, Arnaud Jouve, Anne-Cécile Bras
  3. Network map - Indian Airlines
  4. Histoire du Tibet de Laurent Deshayes 1997 Éditeur : Fayard Pages 194 et suivantes(ISBN 978-2213595023)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Anne Delaballe, Les nourritures du partage et de la discorde : étude des relations sociales entre bouddhistes et musulmans du Ladakh au travers de l'analyse des échanges alimentaires, École des hautes études en sciences sociales, Paris, 2006, 374 p. (thèse de doctorat d'Ethnologie et anthropologie sociale)
  • Pascale Dollfus, Lieu de neige et de genévriers : organisation sociale et religieuse des communautés bouddhistes du Ladakh, Ed. du CNRS, Paris, 2005, 282 p. (ISBN 2-271-06369-8)
  • Patrick Kaplanian, Le Ladakh et l'Himalaya de l'Ouest, Éd. de l'Adret, Paris, 2003, 400 p. (ISBN 2-907629-66-2)
  • Valérie Labbal, Travail de la terre, travail de la pierre. Des modes de mise en valeur des milieux arides par les sociétés himalayennes : L'exemple du Ladakh, Université de Provence, 2001, 440 p. (thèse de doctorat d'Anthropologie)
  • Helena Norberg-Hodge, Quand le développement crée la pauvreté : l'exemple du Ladakh, Fayard, Paris, 2002, 280 p. (ISBN 2-213-61141-6)
  • Laurent Pordié, La médecine des frontières : influences, humeurs et identités chez les amchi du Ladakh, Himalaya indien, Université Paul Cézanne (Aix-Marseille), 2008, 407 p. (thèse de doctorat d'Anthropologie)
  • Christiane Roussin, Huit jours suffiront-ils ? : à la découverte du Ladakh, Himalayan dialect, 2009, 183 p. (ISBN 2-9519486-4-6)
  • Claude Gouron, 20 jours au ladakh : voyage photographique au cœur de l'Himalaya indien, Montagne sans frontières, 2009, 152 p. (ISBN 978-2-9536416-1-5)
  • Salomé Deboos, "Être musulman au Zanskar, Himalaya indien", Editions Universitaires Européennes, 2010,244 p. ISBN 978-613-1-52976-4
  • Le collège Salvador Allende a organisé un cross l'année 2011/2012 pour l'association "Les enfants du Ladakh. "

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]