Homéopathie

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Timbre allemand célébrant le bicentenaire de l'homéopathie en reprenant l'axiome édité par Hahnemann : « similia similibus curentur ».

L’homéopathie ou homœopathie (du grec ὅμοιος / hómoios, « similaire » et πάθος / páthos, « souffrance » ou « maladie ») est une pratique pseudo-scientifique de médecine alternative inventée par Samuel Hahnemann en 1796. La croyance sur laquelle se base l'homéopathie est celle d'une possibilité de soigner un patient en diluant très fortement des substances qui, si elles étaient concentrées, provoqueraient des symptômes similaires à ceux qu'il rencontre. Au-delà d'un certain nombre de dilutions, les remèdes homéopathiques sont dépourvus de principes actifs[1]. L'homéopathie ne constitue pas un traitement plausible, étant donné que les principes sur lesquels la méthode de traitement repose, que ce soit à propos du fonctionnement des médicaments, des maladies, du corps humain, des fluides et des solutions, sont contredits par un large ensemble de découvertes faites en biologie, psychologie, physique et chimie dans les deux siècles suivant son invention[2],[3],[4],[5],[6].

Au-delà de l'absence de mécanisme explicatif plausible, les études cliniques à grande échelle ont en outre montré que l'homéopathie ne présente aucune efficacité supérieure à l'effet placebo, et ce pour toutes les maladies considérées, ce qui suggère que les effets subjectifs ressentis sont dus à l'effet placebo et à l'évolution naturelle de la maladie[7],[3],[8],[9],[10]. Bien que certains articles aient rapporté des résultats positifs[11],[12], de multiples revues systématiques suggèrent que ces cas exceptionnels sont des faux positifs (qui sont nécessairement attendus sur de grandes quantités d'articles), sont dus à des méthodes de recherche discutables, ou reflètent des biais de publications tels que l'« effet tiroir », qui veut que les études aux résultats négatifs sont moins facilement publiées.

La persistance de l'utilisation de l'homéopathie par certaines populations, en dépit de son absence avérée d'efficacité, a fait que dans les communautés scientifiques et médicales, elle est considérée comme une absurdité[13], du charlatanisme[14], et une imposture[15]. Elle est critiquée sur le plan éthique lorsqu'elle se fait au détriment de traitements efficaces[16],[17], et l'Organisation mondiale de la santé met en garde contre son utilisation dans le traitement de maladies graves comme le SIDA ou bien le paludisme[18]. Son utilisation lors de désordres psychogènes ou psychosomatiques permet cependant aux médecins de bénéficier d'une médication sans effets secondaires, et dont l'efficacité repose sur l'effet placebo, afin d'éviter de prescrire des thérapeutiques conventionnelles potentiellement iatrogènes[19] ; cette méthode pose de sérieux problèmes éthiques et fait l'objet de nombreux débats.

Entre autres, des évaluations par le National Health and Medical Research Council en Australie, le House of Commons Science and Technology Committee (en) au Royaume-Uni et l'Office fédéral de la santé publique en Suisse ont toutes conclu que l'homéopathie est inefficace et se prononcent contre tout financement de cette pratique[20],[21].

En septembre 2017, le Conseil scientifique des académies des sciences européennes, qui réunit l'ensemble des académies des sciences, a publié un rapport dénonçant d'une part l'inefficacité de cette méthode alternative au delà de l'effet placebo, mais aussi que la promotion et l'usage de produits homéopathiques posent des risques significatifs, tout d'abord en entrainant un délai pour le patient de rechercher des soins médicaux appropriés et basés sur des preuves, ou même en empêchant les patients d'avoir simplement recours à des soins médicaux[22],[23],[24].


Histoire[modifier | modifier le code]

Samuel Hahnemann, fondateur de l'homéopathie.
Article détaillé : Histoire de l'homéopathie.

En 1796, le médecin saxon Samuel Hahnemann pose les bases de l'homéopathie dans un essai[25],[26], puis c'est en 1810 qu'il parachève sa théorie avec la publication d'Organon der Heilkunst (« Organon de l'art de guérir »)[27].

Cette approche venait de l'observation que le quinquina, utilisé à faible dose pour lutter contre les symptômes du paludisme, provoquait à forte dose des fièvres ressemblant superficiellement à cette maladie. Il lui vint alors l'idée qu'une petite dose de poison pourrait avoir un effet soignant sur une pathologie aux symptômes analogues[28] : c'était la naissance de l'homéo-pathie, art de soigner par le « même », ou selon la citation latine d'Hahnemann, « Similia similibus curentur », « le même soigne le même ». À la même époque se développait la vaccination[29], qui reposait également sur l'inoculation d'un « mal » pour en guérir un autre proche, et ces deux approches ont parfois été comparées même si le mécanisme d'action, qui mobilise dans le cas de la vaccination le système immunitaire (et est donc préventif et non curatif), n'a rien à voir avec les principes proposés par Hahnemann[28] (voir la section Différence entre homéopathie et vaccination).

Hahnemann n'a jamais proposé de mécanisme d'action précis de sa théorie : il se contente de généraliser une observation empirique, pour laquelle il préfère favoriser une interprétation d'ordre surnaturel[30]. Le principe de dilution extrême n'apparaît que plus tard (face à la nécessité de ne pas sur-empoisonner le malade), ainsi que les diverses théories explicatives comme celle de la mémoire de l'eau ou celle des « trous blancs » et des « hyperprotons », qui voient le jour à la fin du XXe siècle, mais toujours dépourvues de réelle démonstration scientifique[28].

Dans les années 1830, l'homéopathie commença à se répandre en France, mais aussi aux États-Unis. Les pharmaciens refusant de confectionner ces produits à la suite de la condamnation d'Hahnemann pour exercice illégal de la pharmacie en 1820, les disciples d'Hahnemann durent les fabriquer eux-mêmes. En France, le Docteur Comte Sébastien Des Guidi[31] crée en 1830 la Société Homéopathique Lyonnaise. Ses élèves furent à l'origine du développement de l'homéopathie en France. Il s'agit en particulier des Dr Dufresne, Petroz, Curie, Mabit[32], etc.

À la mort d'Hahnemann, en 1843, l'homéopathie déclina légèrement en Europe mais se développa aux États-Unis, bien que ses praticiens y soient considérés comme des charlatans par l'Association médicale américaine[33].

Ce n'est qu'au début du XXe siècle, avec l'apparition des premiers laboratoires puis l'engouement pour les médecines alternatives, qu'elle commença son histoire industrielle et sa large diffusion auprès des patients.

Par glissement sémantique, le terme « homéopathique » est devenu en langage courant synonyme d'une dose minime d'un produit, par référence à l'une des caractéristiques de l'homéopathie, alors que la signification originelle du terme homéopathie est traiter selon le principe de similitude : la substance choisie pour traiter la personne malade est dite « homéopathique du malade ».


Absence d'efficacité[modifier | modifier le code]

Un grand nombre d'études scientifiques ont testé l'efficacité de l'homéopathie et les nombreuses méta-analyses synthétisant leurs résultats ont systématiquement démontré que l'effet des médicaments homéopathiques n'est pas supérieur à celui de l'effet placébo, et que les médicaments homéopathiques ne contenaient aucune substance susceptible d'avoir un effet sur un quelconque trouble. L'homéopathie peut également s'avérer dangereuse pour la santé des personnes y ayant recours dans la mesure où ces derniers ne vont pas prendre de traitement dont l'efficacité a été reconnue[34]. La communauté scientifique a demandé que cesse la recherche sur l'homéopathie[35].

Méta-analyses[modifier | modifier le code]

Méta-analyses du Lancet[modifier | modifier le code]

En 2005, la revue médicale The Lancet publie une méta-analyse des études médicales sur l'homéopathie :

Un groupe de huit chercheurs de nationalités suisse et britannique dirigé par le docteur Aijing Shang (département de médecine sociale et préventive, université de Berne) a effectué une analyse des publications médicales de 19 banques électroniques, comparant l'effet placebo à l'homéopathie et l'effet placebo à la médecine conventionnelle. Les résultats de cette étude ont été publiés dans The Lancet[36].

Cette analyse a relevé :

  • une moyenne de 65 patients par étude (de 10 à 1 573 patients) ;
  • en moyenne, une nette supériorité d'effet de la médecine conventionnelle sur le placebo ;
  • l'absence de supériorité de l'homéopathie sur l'effet placebo.

Les critères de sélection des études valables ont été critiqués par Ludtke et Rutten dans le Journal of Clinical Epidemiology. D'après eux, si la méta-analyse de Shang avait incorporé les études portant sur 66 patients et plus (le nombre médian), tel qu'indiqué ci-dessus, un effet significatif en faveur de l'homéopathie aurait été mis en évidence[37].

Les auteurs de cette critique se référent également à une autre méta-analyse publiée dans le Lancet[38], qui avait évalué trois études comme étant de bonne qualité, alors que Shang et al. les ont rejetées comme étant de trop faible qualité. L'analyse du Journal of Clinical Epidemiology met en évidence que les critères menant à ce rejet ne sont pas explicités par Shang et al.

Cependant, selon Maurizio Pandolfi qui a publié, dans le European Journal of Internal Medicine, un article[39] mettant en exergue le peu d'objectivité de Ludtke et Rutten dans leur analyse, la sensibilité aux critères de sélection ne semble pas aussi élevée que ce qui a été donné ci-dessus : selon lui, l'impact d'autres études de « haute qualité » non incluses par Shang et al. dans leur méta-analyse ne permet pas de conclure à un effet de l'homéopathie supérieur à celui du placebo. De même, d'autres études dont le protocole expérimental ne permettait pas d'en déduire une qualité irréprochable (tests en double aveugle, groupe témoin, etc.) ont été ajoutées et prises en compte sans raison particulière[précision nécessaire] par Ludtke et Rutten : ces études, selon l'auteur, « de peu de rigueur » étaient celles qui permettaient de conclure de façon erronée à un effet de l'homéopathie supérieur au placebo.

Deux méta-analyses publiées dans le Lancet éclairent le débat sur l’efficacité de la thérapeutique homéopathique : en août 2005, le Lancet publie une méta-analyse de Aijing Shang et coll. dont la conclusion semble clore[non neutre] le débat sur l’efficacité des médicaments homéopathiques : « Les effets de l’homéopathie ne sont pas significativement différents de l’effet placebo[40] ». Une précédente méta-analyse publiée dans le Lancet en septembre 1997 par Klaus Linde et coll.[41] concluait, elle : « Les résultats de notre méta-analyse ne sont pas compatibles avec l’hypothèse selon laquelle les effets cliniques de l’homéopathie sont complètement dus à l’effet placebo. » mais ajoutait que, du fait de la faible qualité méthodologique, des études devraient d'abord reproduire les résultats annoncés.

Le Lancet publie en novembre 2007 les résultats de 5 méta-analyses concluant qu'il n'y a pas d'effet significativement différent d'un effet placebo quand les études respectent les critères méthodologiques.

Selon les standards médicaux actuels, une étude méthodologiquement correcte doit être randomisée en double-aveugle, et contre un placebo. Les « faiblesses méthodologiques » pointées par les méta-analyses correspondent souvent à l'absence de test en double aveugle. C'est-à-dire que dans ces études soit le médecin soit le patient soit les deux savent quel traitement est réellement pris par le patient.

Il existe un autre biais, appelé biais de publication, par lequel les essais qui ne montrent pas de différence ne sont pas publiés[42]. Ce type de biais, par l'effet tiroir, a faussé plusieurs méta-analyses qui n'en tenaient pas compte[43].

L’un des paramètres des études randomisées conventionnelles exige que les patients soient répartis en groupes (diagnostiques) bien définis : par exemple asthme, bronchite chronique obstructive, infarctus du myocarde, etc. selon des critères qui relèvent de la médecine conventionnelle. Or, selon certains homéopathes, dont le docteur Bernard Poitevin, un des principes de l'homéopathie est la « singularité » du patient. Il serait donc contraire aux principes de l’homéopathie d’étudier l’efficacité de tel ou tel remède de façon générale et, toujours selon le docteur Poitevin, une « évaluation réellement objective de l'homéopathie » n'a pas encore été réalisée[44]. Ces éléments sont également développés dans un article publié en 2002 : « Médecine intégrative et recherche systémique sur les effets thérapeutiques : Enjeux de l’émergence d’un nouveau modèle pour les soins primaires[45] ». Pourtant, les méthodes permettant de réaliser des analyses plus objectives ne sont pas connues. Toutefois, les indications de certains complexes homéopathiques[46] en vente libre font souvent référence à la nosologie conventionnelle, comme à un « asthme », ou à un « angor », alors que ces « maladies » devraient être analysées et caractérisées par des modalités propres à un patient déterminé, selon les principes de l'homéopathie.

La méta-analyse du National Health and Medical Research Council de 2015[modifier | modifier le code]

En 2015, le National Health and Medical Research Council australien a publié une analyse de 225 études contrôlées et plus de 1800 publications scientifiques portant sur l'efficacité de l'homéopathie[47]. La conclusion de l'étude est qu'« aucune étude crédible n'a pu démontrer que l'homéopathie améliorait mieux l'état d'un patient qu'un placebo »[48]. L'agence australienne a donc déconseillé à ses ressortissants d'avoir recours à cette méthode dans le choix de leur traitement, quelle que soit la nature du trouble[49]. L'avis de l'agence a fait l'objet d'une déclaration officielle synthétisant les résultats de l'étude et les recommandations sanitaires et médicales[49].

Le chercheur responsable de l'étude, le professeur Paul Glasziou, a par la suite expliqué qu'« [il] pouvait comprendre pourquoi Samuel Hahnemann - le fondateur de l'homéopathie - était insatisfait de l'état des pratiques médicales du XVIIIe siècle, comme les saignées ou les purges, et qu'il a estimé nécessaire de trouver une meilleure alternative. Cependant, je pense qu'il serait aussi déçu par l'échec collectif de l'homéopathie d'aujourd'hui à poursuivre sa démarche de recherche innovante, et qui continue plutôt à poursuivre son chemin dans une impasse thérapeutique[50] »[51].

Organisations de santé[modifier | modifier le code]

D'une manière générale, les organisations de santé de plusieurs pays – le National Health Service britannique[52], l'American Medical Association[53], la Federation of American Societies for Experimental Biology (en)[54] et le National Health and Medical Research Council australien – ont chacune publié des rapports concluant qu'« aucune source crédible ne démontre l'efficacité de l'homéopathie sur un quelconque problème de santé[52] ». En 2009, un membre de l'Organisation mondiale de la santé, Mario Raviglione, a critiqué l'utilisation de l’homéopathie pour traiter des cas de tuberculose ou de diarrhée[55].

Homéopathie et effet placebo[modifier | modifier le code]

Les études citées précédemment considèrent que l'effet des médicaments homéopathiques est le même que celui du placebo auquel ils étaient comparés. Cela signifie en pratique que dans les cas où une amélioration de l'état du patient est observée celle-ci ne peut être reliée de manière spécifique au traitement en lui-même. Dans cet effet placebo, il y a la confiance du patient et du médecin dans le médicament[56] mais aussi les capacités d'adaptation naturelles du sujet. Un sujet qui n'aurait pas pris de médicament aurait quand même guéri rapidement.

Relation entre patient et thérapeute[modifier | modifier le code]

Selon certains homéopathes, et tout en reconnaissant que « la démarche médicale est a priori la même pour tous les médecins », la consultation du médecin homéopathe serait plus longue que celle auprès du généraliste et contribuerait à un effet positif sur l'état général du patient[57] dans l'esprit des recherches des groupes Balint.

Dans son ouvrage La Vraie Nature de l'homéopathie[58], Thomas Sandoz considère à ce titre que l'homéopathie n'est pas une médecine mais un « procédé de réassurance » et un « rituel profane de conjuration ».

Dangers de l'homéopathie[modifier | modifier le code]

Homéopathie et soins médicaux[modifier | modifier le code]

Le recours à l'homéopathie se révèle dangereux s'il occasionne un retard de soins médicaux indispensables[59],[60]. Par exemple, en mai 2017, la presse rapporte l'émoi suscité en Italie par le décès d'un enfant âgé de sept ans à la suite d'une infection provoquée par une otite qui n'avait été soignée que par homéopathie[61]. En 2012, en France, un médecin a soigné une patiente atteinte d'un cancer du sein avec de l'homéopathie à l'exclusion de tout autre traitement, et cette patiente est morte quelques mois plus tard[62]. Selon Nick Beeching, docteur en médecine de l'université royale de Liverpool, « il est irresponsable pour un travailleur de la santé de promouvoir l'utilisation de l'homéopathie à la place du traitement éprouvé pour une maladie parfois mortelle ». Et il affirme que « lorsque l'homéopathie est utilisée à la place de traitements efficaces, des vies sont perdues »[63].

Le Syndicat national des médecins homéopathes français réfute l'effet nocif en ce qui concerne la perte de chance ou les retards de traitement imputés à l'homéopathie : selon le syndicat, « les médecins homéopathes sont avant tout des médecins » à même de « faire un choix éclairé sur le traitement à dispenser après un diagnostic et un pronostic rigoureux »[64].

Effets secondaires et autres risques[modifier | modifier le code]

Les médicaments homéopathiques ne contenant aucune substance active, ils sont souvent perçus comme dépourvus d'effets secondaires, mais, comme pour tout médicament, les personnes ayant une intolérance à un excipient à effet notoire tel que le lactose, le saccharose ou l'alcool doivent éviter les formes qui le contiennent.

Selon Patrice Couzigou, professeur de médecine émérite à l'université de Bordeaux, l'homéopathie pourrait être l'une des causes « de la dépendance médicamenteuse française débutant dès l'enfance par une culture de prescription (homéopathique ou allopathique) ». ll définit la « dépendance médicamenteuse » comme étant associée à une consommation de médicaments non nécessaire, qui devrait être remplacée par une approche non médicamenteuse. Il considère qu'il existe déjà « assez de produits sans activité thérapeutique réelle dans la pharmacopée française pour ne pas en rajouter ». Selon lui, il faudrait dérembourser l'homéopathie. Il estime que lui donner une image positive est défavorable aux approches non médicamenteuses[65].

En 2017, la Food and Drug Administration (FDA) a lancé une mise en garde visant des produits homéopathiques pour les douleurs dentaires des bébés. Ces produits sont suspectés d'avoir causé le décès de 10 enfants et l'hospitalisation de 400 autres. Les produits contenaient une trop grande quantité de belladone, une plante toxique. Fin 2017, la FDA a indiqué qu'elle allait renforcer la réglementation pour les produits homéopathiques, concernant notamment les produits qui contiennent des composants potentiellement toxiques[66].

Critique scientifique des principes de l'homéopathie[modifier | modifier le code]

Les principes de l'homéopathie entrent en contradiction avec les connaissances scientifiques modernes, sur le plan de la physique, de la chimie, de la physiologie ou de la biologie :

  • La dilution telle qu'elle est généralement pratiquée aboutit à une absence de molécule active dans la préparation absorbée par le patient et donc à l'impossibilité d'une réaction chimique ;
  • Comment deux remèdes homéopathiques qui sont chimiquement indiscernables l'un de l'autre peuvent-ils avoir des effets différents[67] ?
  • Pour les médications conventionnelles, si la concentration de la solution est réduite, l'effet thérapeutique tend vers zéro. Pourquoi les composés homéopathiques se comporteraient-ils différemment[67] ?
  • Tous les échantillons d'eau présentent des traces d'impuretés (naturelles et artificielles). Si les médications homéopathiques diluées à des concentrations infinitésimales ont des effets si importants, pourquoi les autres échantillons d'eau n'ont-ils pas d'effets similaires[67] ?
  • De même des impuretés et contamination sont apportées par les excipients solides (sucre, lactose, xylitol) et par les équipements utilisés pour leur préparation et leur stockage (contenants de fabrication, machines de production et d'emballage, emballage final) ;
  • La dynamisation en tant qu'opération mécanique n'aurait pas de conséquences en matière d'activité biochimique, à part l'aération et l'homogénéisation du mélange ;
  • Il n'existe pas d'étude peer-reviewed permettant de valider le principe de similitude, celui-ci contredisant par ailleurs l'étiologie médicale des agents pathogènes issue des travaux de Robert Koch et Louis Pasteur dans la seconde moitié du XIXe siècle ;
  • Pourquoi la loi de similitude s'appliquerait-elle aux ingrédients homéopathiques alors qu'elle n'a jamais été observée pour toute autre substance utilisée en médecine conventionnelle[67] ?
  • Concernant les principes de similitude, on peut observer les mêmes processus réactionnels et les mêmes symptômes pour des pathologies différentes (par exemple, le streptocoque et l'exposition à doses toxiques au mercure). Comment peut bien apparaître, alors, l'analogie[68] ?

Étude EPI 3[modifier | modifier le code]

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En octobre 2017, le laboratoire Boiron, leader mondial de l'homéopathie, présente les résultats d'une vaste étude qu'il a financée, conduite entre 2005 et 2012 et portant sur 825 médecins et 8 559 patients. Elle concerne trois types d'affections : les infections des voies aériennes supérieures, les douleurs musculo-squelettiques, et les troubles anxio-dépressifs et du sommeil. Ces pathologies représentent 50 % des consultations chez les médecins généralistes en France. Selon les résultats de cette étude, les patients concernés par ces affections et soignés par homéopathie voient une évolution de leurs symptômes comparable à celle des patients soignés de façon conventionnelle. Les taux de complication sont eux aussi comparables[69],[70].

Selon Sciences et Avenir, cette étude ne peut juger de l'efficacité de l'homéopathie, mais « a tenté d'évaluer son intérêt pour les politiques de santé publique »[69]. Selon Le Moniteur des pharmacies, cette étude « ne démontre pas l'efficacité de l'homéopathie »[70]. Selon le Quotidien du Pharmacien, cette étude montre que « l'homéopathie n'est pas moins efficace que l'allopathie » pour ces symptômes[71].

Selon Les décodeurs, il est important de noter que cette étude ne porte pas sur les médicaments eux-mêmes mais compare deux types de prises en charge. Comme le notent les auteurs de l'étude EPI3, « l’interaction entre le médecin et le patient » peut expliquer en partie les résultats obtenus, et créer les conditions d'un effet placebo. Les auteurs estiment que leur étude ne permet pas de comparer l'efficacité de la médecine conventionnelle et l’homéopathie, dont « l’efficacité au-delà de l’effet placebo reste à prouver ». Les décodeurs font aussi remarquer que l'étude suit des patients qui n'ont pas forcément le même profil selon qu'ils consultent un homéopathe ou un médecin conventionnel : ainsi, par exemple, les patients des homéopathes sont plus souvent non fumeurs, avec un indice de masse corporel plus faible, un niveau d'études supérieur. Cela induit des différences statistiques qui limitent la robustesse des résultats. Les décodeurs ajoutent : « Le nombre limité de patients sur certains troubles étudiés, ajouté à l’inefficacité de certains traitements conventionnels et à l’absence de contrôle de certaines variables rendent les résultats peu concluants pour l’homéopathie [...] »[72].

L'étude a coûté 6 millions d'euros, a été coordonnée par un cabinet totalement indépendant (Laser), dirigée par Lucien Abenhaïm, supervisée par un comité scientifique présidé par Bernard Bégaud et incluant des personnalités ne faisant pas partie du monde de l'homéopathie[73],[69]. Elle a fait l'objet de 11 publications dans des revues scientifiques internationales.

Les résultats de l'étude montrent aussi que les patients soignés avec l'homéopathie ont consommé deux fois moins de médicaments que ceux traités avec l'« allopathie », et trois fois moins en ce qui concerne les psychotropes. La consommation des anti-inflammatoire non stéroïdien est inférieure de 48 %[73]. L'étude montre aussi que les patients qui consultent des médecins homéopathes expriment plus fréquemment un mal-être psychologique et ont une meilleure santé physique[69]. Les médecins de l'étude sont soit des médecins homéopathes, soit à pratique « mixte », soit conventionnels, mais l'étude montre qu'en réalité un médecin « conventionnel » sur cinq a une pratique « mixte », prescrivant lui aussi régulièrement de l'homéopathie. De la même façon, les médecins homéopathes utilisent aussi des médicaments allopathiques, même s'ils utilisent en priorité l'homéopathie pour les affections bénignes[73].

Les résultats de cette étude indiquent que les patients suivis par les médecins homéopathes coûtent 35% moins chers à la Sécurité sociale, le coût estimé comportant les frais de consultation ainsi que de prescription. Le journal Le Monde affirme qu'une étude invalide cette conclusion : conduite en Allemagne, publiée en 2015, et portant sur 44 500 personnes suivis pendant 33 mois[65], l'étude publiée dans Plos One indique que les patients utilisant l'homéopathie « ont des coûts plus élevés » que ceux qui n'utilisent que les soins conventionnels, du fait notamment du retard de prise en charge médicale pour les affections sérieuses[64]. Selon le professeur Patrice Couzigou, « le coût paradoxalement plus élevé avec des produits moins chers est expliqué par une consommation médicale plus élevée »[65].

Avis de la communauté scientifique sur l'homéopathie[modifier | modifier le code]

La communauté scientifique remet unanimement en cause les principes et l'efficacité de l'homéopathie[64].

Malgré une certaine popularité dans certains pays — principalement la France, qui est aussi le plus gros producteur —, l'efficacité thérapeutique de l'homéopathie n'a pas été démontrée[67]. La communauté scientifique et médicale considère que l'homéopathie est une pseudo-science[74], entrant en contradiction avec les connaissances actuelles en chimie et en biologie établies après les principes fondamentaux de l'homéopathie, eux-mêmes proposés il y a plus de deux siècles. En particulier, ils font remarquer que l'essentiel des dilutions homéopathiques sont telles que l'excipient ne contient plus une seule molécule du remède dilué et ne peut donc agir chimiquement. En outre, le fait que certains patients disent observer des effets est contesté par des méta-analyses publiées[75] qui concluent que l'homéopathie n'a pas fait la preuve de son efficacité clinique au-delà de l'effet placebo[76].

Le National Health and Medical Council australien a conclu que l'homéopathie était inefficace, et a ainsi déconseillé son utilisation et son remboursement[77],[64]. Une commission parlementaire a demandé en 2010 au ministère de la santé britannique de retirer les produits homéopathiques de la liste des médicaments remboursés[78], mais malgré les appuis d'un expert fortement opposé à l'homéopathie, Edzard Ernst, le retrait n'était pas effectif en 2012, le ministère de la santé estimant que ces produits répondaient à une demande existante[79].

En France, l'autorisation de mise sur le marché est obligatoire pour les produits homéopathiques utilisant des souches homéopathiques à faible dilution, les produits utilisant uniquement des souches à forte dilution, sans indications thérapeutiques ni posologie, nécessitent seulement un enregistrement auprès de l'ANSM (Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé)[80]. Si le fournisseur du produit homéopathique doit garantir son innocuité, la preuve de son efficacité thérapeutique n'est en revanche pas requise[81] contrairement aux médicaments classiques. L'Académie nationale de médecine considère qu'il s'agit d'une « méthode imaginée il y a deux siècles à partir d’a priori conceptuels dénués de fondement scientifique » et recommande la suppression de sa prise en charge[82].

En 2017, le Conseil scientifique des académies des sciences européennes a conclu qu'il n'y a « aucune preuve solide de l’efficacité des produits pour traiter les maladies, ou même les prévenir (…), même s’il y a parfois un effet placebo »[22],[23],[64].

Usage[modifier | modifier le code]

Utilisation dans le monde[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Homéopathie en Nouvelle-Zélande.

La pratique de l'homéopathie est inégalement répartie dans le monde, et l'homéopathie apparaît comme une mode essentiellement française[83], et secondairement suisse. L'emploi de cette méthode en tant que médecine s'est aussi fortement développé au Brésil, en Argentine et au Pakistan[84], mais reste presque totalement absente dans 200 autres pays. Selon les laboratoires Boiron (principaux promoteurs et producteurs mondiaux), au cours des trente dernières années, l’homéopathie s’est également développée en Afrique du Sud, en Tunisie, au Maroc, au Venezuela, en Israël, en Australie, etc.[85]. Selon un article de The Lancet de 2007, près de 250 000 homéopathes exercent en Inde, plus de 100 millions de personnes ne dépendent que de l'homéopathie pour se soigner, et le marché croît de 25% par an[86]. D'après The Lancet, très peu de médecins sont présents en zones rurales en Inde, et les indiens pauvres y vivant n'ont pas d'autre choix que de consulter des homéopathes ou des praticiens de l'ayurveda, qui sont plus accessibles, mais aussi moins chers[86]. En Grande-Bretagne, cinq hôpitaux sont utilisateurs (marginaux) de traitements homéopathiques. Six universités organisent un enseignement d'homéopathie validé par un diplôme (« Bachelor of Science ») même si cette pratique est contestée par des médecins et des scientifiques, comme ce fut le cas en particulier à l'occasion d'un colloque en 2007 qui évoquait l'efficacité des produits homéopathiques dans la lutte contre le SIDA[87].

L'industrie homéopathique est dominée au niveau mondial par les Laboratoires Boiron, domiciliés à Lyon, qui représentent 2 800 emplois et 420 M€ de capital[Quand ?][88], et possèdent 20 filiales, essentiellement en Europe et Amérique du Nord[89]. Boiron affirme que dans le monde 400 000 professionnels de santé prescrivent des produits homéopathiques, et que 25 % des Belges et 30 % des Espagnols ont déjà utilisé ses produits[89].

L'association humanitaire « Homéopathes sans Frontières » travaille sur la prise en charge de malades dans les pays pauvres, notamment en Afrique, et également pour la formation des soignants locaux. Elle est à ce titre accusée de faire un dangereux prosélytisme pouvant détourner les populations locales de traitements efficaces, par exemple concernant le VIH[90].

Situation légale

L'homéopathie est couverte par des réglementations assez différentes selon les pays.

L'Espagne et l'Italie considèrent comme la France que l'exercice de l'homéopathie relève de la médecine et exigent donc que les homéopathes possèdent un diplôme de docteur en Médecine.

Au Brésil, l'homéopathie est une spécialité médicale reconnue au même titre que les autres depuis 1992. Tout médecin peut donc se spécialiser en homéopathie.

En Allemagne, certains remèdes homéopathiques peuvent être prescrits, comme d'autres médicaments, par des professionnels de santé non-médecin comme les sages-femmes ou les kinésithérapeutes, voire des personnes sans référence particulière (Heilpraktiker) [réf. nécessaire].

En Grande-Bretagne, la British Medical Association a appelé en juin 2010 au déremboursement total des remèdes homéopathiques. Elle a également réclamé que les produits homéopathiques soient retirés de la vente en pharmacies à moins qu'ils ne soient clairement présentés comme des placebos[91].

Dans certains pays, les remèdes homéopathiques sont remboursés par les mécanismes d'assurance maladie, au même titre que les autres médicaments. Dans d'autres pays, comme l'Allemagne (depuis 2003), l'Espagne, la Finlande, l'Irlande, l'Italie, la Norvège et la Suède, l'homéopathie n'est pas prise en charge par les systèmes de santé.

Les préparations homéopathiques sont en général en vente libre sans ordonnance (pour l'automédication). Dans certains pays, leur vente est réservée aux pharmacies, comme pour les médicaments.

En Europe, les remèdes homéopathiques doivent obtenir une autorisation de mise sur le marché, mais leur évaluation clinique ne repose pas obligatoirement sur des essais cliniques[92]. L'homéopathie est décrite à la pharmacopée européenne.

En France[modifier | modifier le code]

Usage[modifier | modifier le code]

Selon une étude Ipsos de 2012 commandée par les Laboratoires Boiron, en France, 56 % des personnes utiliseraient des médicaments homéopathiques, dont 36 % de manière régulière[93],[94], en grande partie des femmes[95]. Cependant, selon la même étude 44% des français s'estiment « assez mal » ou « très mal » informés sur l'homéopathie[95]. Une étude Ipsos de 2015 commandée par les Laboratoires Boiron indique que 25 % des généralistes prescriraient de l'homéopathie[96]. Selon un article de France Culture consacrée aux pseudo-sciences, en 2018, en France, près du tiers des médecins prescrivent, de manière occasionnelle, des traitements homéopathiques[97].

Prescription[modifier | modifier le code]

En France, il faut être médecin pour pratiquer l'homéopathie[84]. L'exercice médical de l'homéopathie est reconnu depuis 1997 par le conseil de l'Ordre des médecins[98]. Toutefois, comme le relève Jean Brissonnet (ancien vice-président de l’AFIS), compte tenu de l'absence de validation scientifique, l'exercice de l'homéopathie par des médecins ne semble pas respecter l'article 39 du code de déontologie médicale[99] lequel dispose que : « Les médecins ne peuvent proposer aux malades ou à leur entourage comme salutaire ou sans danger un remède ou un procédé illusoire ou insuffisamment éprouvé. Toute pratique de charlatanerie est interdite[100] ». Le code de déontologie et le code de santé publique impliquent de potentielles sanctions ordinales comme pénales pour la pratique de méthodes insuffisamment éprouvées, là où la pratique de l'homéopathie reste tolérée.

Autorisations de mise sur le marché[modifier | modifier le code]

Comme les médicaments en accès direct[101] les préparations homéopathiques peuvent être « prescrites » (c'est-à-dire recommandés, ces prescriptions n'ayant aucune valeur légale ou médicale) par des professionnels de santé non-médecins comme les sages-femmes, les kinésithérapeutes ou toutes sortes d'intervenants en médecine non conventionnelle.

Les médicaments homéopathiques (comme certains médicaments à base de plantes à usage culinaire) qui remplissent les conditions de l’article L.5121-13 du Code de la santé publique peuvent bénéficier d’une procédure simplifiée d’enregistrement : ils ne nécessitent pas l’autorisation de mise sur le marché (AMM) qui est ici remplacée par un enregistrement auprès de l'ANSM[80] (anciennement AFSSAPS). En fonction de la dilution et des indications thérapeutiques, certains médicaments homéopathiques requièrent cependant une AMM[102] à l'exemple du sirop Stodal (no AMM : 3400932760565[103]).

Remboursement[modifier | modifier le code]

En France, les médicaments homéopathiques représentent 0,3 % des dépenses totales de santé et entre 1,2 et 2 % des remboursements de la CNAM[104]. Certaines préparations homéopathiques peuvent être partiellement remboursées (à hauteur de 30 %[105]), en dépit de l'absence d'efficacité avérée. Selon certains journalistes, les deux principales raisons à cet état de fait seraient que « les Français y croient » (ils en sont les principaux consommateurs à l'échelle mondiale), d'ailleurs, d'après le journal Le Monde, c'est environ 100 millions d'euros qui sont consacrés à la vente de médicaments homéopathiques chaque année en France, et surtout (cause possible de la précédente), que « le principal labo spécialisé au monde, Boiron, est Lyonnais, et qu’il emploie 2 500 personnes (il contrôle d’ailleurs Dolisos, l’autre géant du secteur) »[106]. Il s'agit en effet d'un marché à plus de 620 millions d'euros pour ce géant industriel[105], qui possède un quasi monopole mondial sur le secteur puisque l'homéopathie est essentiellement française.

Déremboursement[modifier | modifier le code]

En 2004, l'Académie nationale de médecine a demandé le déremboursement des préparations homéopathiques en présentant l'homéopathie comme une « méthode obsolète » fondée « à partir d’a priori conceptuels dénués de fondement scientifique » et « comme une doctrine à l’écart de tout progrès »[82]. Cette demande de déremboursement a été refusée, après avis du ministère de la Santé, au motif que l'usage de l'homéopathie était très répandu en France, et qu'un déremboursement grèverait au bout du compte les finances de la Sécurité sociale, les patients se tournant alors vers des produits plus coûteux et remboursés à 100 %, avec une augmentation des risques d'interactions médicamenteuses[107].

Quatorze ans plus tard, le , plus de cent médecins s'insurgent dans une tribune publiée par Le Figaro contre le marché grandissant de l'homéopathie et les risques qu'il fait peser sur les patients, autant en ce qui concerne le retard de traitement réel que l'escroquerie, et s'insurgent contre le remboursement de ces préparations, qui creuse selon eux le déficit de l'assurance maladie pour rien[108]. Ils exigent en particulier une séparation plus nette entre la médecine scientifique et les pratiques ésotériques relevant de la charlatanerie, dont ils demandent l'exclusion de l'exercice médical. En riposte, le Syndicat national des médecins homéopathes français déclare le déposer plainte auprès du Conseil national de l'Ordre des médecins contre les 124 signataires de la tribune pour « non-confraternité, non-respect du code de déontologie » parce qu'ils « ne veulent plus reconnaître notre titre de médecins[109] ».

En août 2018, la ministre de la Santé, Agnès Buzyn, demande à la Haute Autorité de santé (HAS) de rendre un avis sur l'efficacité de l'homéopathie et sur le bien-fondé de sa prise en charge par l’assurance maladie avant fin février 2019[110], annonçant le déremboursement de ces médicaments si leur efficacité n'était pas prouvée[111]. En attendant cet avis, l’université de Lille suspend son diplôme d'homéopathie et l'université d'Angers supprime le sien[112]. En janvier 2019, le Collège national des généralistes enseignants publie un communiqué de presse très critique contre l'homéopathie, qualifiée de « méthode ésotérique », et appelle à un arrêt du remboursement des médicaments homéopathiques[113],[114]. Dans un projet d'avis adopté le , la commission de la transparence de la HAS se déclare « défavorable au maintien de la prise en charge par l’Assurance-maladie des médicaments homéopathiques », soulignant qu'« aucune étude n’a démontré la supériorité en termes d’efficacité (morbidité) de l’approche homéopathique par rapport à des traitements conventionnels ou au placebo »[111]. L’avis définitif, défavorable, est publié en juin 2019[115], au terme d'une procédure contradictoire incluant l'audition des trois laboratoires concernés : Boiron, Lehning et Weleda[111],[116]. La décision rendue par la HAS marque la fin du processus d'évaluation scientifique. Le président de la République, Emmanuel Macron, opte finalement pour un déremboursement total[117], qui sera effectif en 2021[118],[119]; les laboratoires Boiron menacent de déposer un recours auprès du Conseil d’État[120].

Aux États-Unis[modifier | modifier le code]

Depuis le 15 novembre 2016, la Federal Trade Commission a émis un rapport obligeant les médicaments homéopathiques à se soumettre à la loi d'étiquetage des produits médicaux : les médicaments homéopathiques dont l'efficacité n'a pas pu être démontrée par des études scientifiques fiables doivent afficher sur leur notice « 1) there is no scientific evidence that the product works; and 2) the product’s claims are based only on theories of homeopathy from the 1700s that are not accepted by most modern medical experts. » (« Il n'existe aucune preuve scientifique que ce produit est efficace ; les revendications de ce produit sont fondées sur la théorie de l'homéopathie formulée au XVIIIe siècle, qui n'est pas reconnue valide par la plupart des experts médicaux modernes »[121]). En 2011, le français Boiron s’est trouvé confronté à deux « class actions », des actions de groupe de consommateurs estimant avoir été floués par les publicités des spécialités Coldcalm et Oscillococcinum. Boiron présentait ce dernier produit aux États-Unis comme un remède contre les symptômes des états grippaux (« flu-like symptoms »). En mars 2012, le groupe a transigé avec les plaignants, débloquant 12 millions de dollars pour éteindre l’action.

Plus récemment, en août 2014, l’allemand Heel a décidé de se retirer des États-Unis et du Canada. Aux États-Unis, il était la cible de deux « class actions », là encore pour des allégations présumées trompeuses. Il a ainsi évité une procédure longue et potentiellement embarrassante, puisqu’elle l’aurait probablement amené à devoir démontrer le bien-fondé de ses assertions[122].

En Suisse[modifier | modifier le code]

En 1999, le ministère de la santé a annoncé que plusieurs médecines « alternatives » (dont l'homéopathie) seraient prises en charge par l'assurance-maladie de base pour une période d'essai de six ans[123].

À l'issue de cette période d'essai en 2005, ces thérapies ont finalement été écartées en raison de leur « incapacité à répondre à l'exigence légale d'efficacité »[123].

Le , alors que l'OFSP estimait que l'homéopathie était inefficace, un référendum sur un article constitutionnel portant sur la prise en compte des médecines complémentaires est adopté à 50,15 %[124] : en 2012, les traitements alternatifs sont à nouveau couverts par l'assurance maladie pour une nouvelle période d'essai.

Le 29 mars 2016, le ministère de la santé accorde à l'homéopathie et trois autres thérapies complémentaires (dont la médecine traditionnelle chinoise, la médecine anthroposophique et la phytothérapie) le même statut que la médecine conventionnelle, pour une entrée en vigueur en mai 2017[123]. Cependant seuls les frais de traitements administrés par des médecins certifiés sont pris en considération.

Dynamique de prescription par les médecins[modifier | modifier le code]

Des chercheurs britanniques ont cherché à comprendre dans quelle dynamique des médecins prescrivaient des préparations homéopathiques à leurs patients. Ils ont ainsi voulu savoir si ce type de prescription était associé à des habitudes particulières de soins ou à des caractères particuliers de l'exercice de leur profession.

En étudiant les médecins généralistes anglais, ils ont mis en évidence que la prescription d'homéopathie est significativement corrélée à des pratiques de soin de moins bonne qualité, et en particulier avec une faible affinité de ces praticiens avec la médecine scientifique en général, et des méthodes qui permettent d'évaluer et de sélectionner les traitements les plus appropriés en fonction de connaissances régulièrement mises à jour, tout au long de leur carrière. Ils ont ainsi mis en évidence une tendance de fond à s'éloigner d'une pratique scientifiquement fondée de la part de ces praticiens, chez qui la prescription d'homéopathie ne serait alors que l'une des manifestations[125].

À la fin de son ouvrage Les médecines douces, des illusions qui guérissent, le Dr J.-J. Aulas écrit :

« Souvent déçu par la science, le médecin se tourne vers la magie et ses prouesses alléchantes. Il faut dire que la formation universitaire qu’il a reçue, durant au moins sept ans, ne l’incite pas à user d’esprit critique ; elle aurait même plutôt tendance à lui faire gober n’importe quoi. Une réforme radicale des études médicales introduisant une plus grande sensibilisation à la méthode scientifique et rationnelle ainsi qu’un enseignement de sciences humaines devraient permettre au futur médecin d’avoir une perception plus critique des diverses illusions médicales[28] »

Homéopathie vétérinaire[modifier | modifier le code]

En 1833, Guillaume Lux introduit l'homéopathie pour soigner les coliques et les problèmes de marche des chevaux[126]. L’homéopathie est parfois utilisée sur les animaux domestiques ou de ferme pour traiter des pathologies courantes : dermatoses, problèmes de lactation, de comportement sexuel, de croissance, de mise bas, pathologies de l’appareil locomoteur, pathologies respiratoires, pathologies digestives.

Les normes de l'agriculture biologique restreignent l'usage de la médecine conventionnelle en dehors du contrôle d'un médecin vétérinaire et conseillent d'utiliser l'homéopathie, ainsi d'autres traitements dits naturels comme la phytothérapie et les oligo-éléments, « à condition qu’ils aient un effet thérapeutique réel sur l’espèce animale concernée, et aux fins spécifiques du traitement[127]. »

Certains vétérinaires sont spécialisés dans ce domaine[128].

Les erreurs et biais qui peuvent donner l’impression fausse d’une efficacité de l’homéopathie en médecine humaine valent aussi en médecine vétérinaire[129].


Principes allégués de l'homéopathie[modifier | modifier le code]

Comme expliqué plus haut, l'homéopathie n'a pas d'effet meilleur que le placebo.

Cependant, elle repose sur des principes — fantaisistes — énoncés par Hahnemann de 1796 à 1810[130],[131].

  • La « similitude » : à un malade qui présente certains symptômes on administre une substance (végétale, minérale ou animale) qui provoquerait des symptômes semblables chez un sujet sain : Similia similibus curentur (« que le semblable soit soigné par le semblable »).
  • « l'individualisation » : ce principe énonce qu'il n'y a pas de soin universel d'une maladie, d'un symptôme, et que l'on doit adapter le soin en fonction du patient. Les produits homéopathiques administrés peuvent donc différer d'un patient à l'autre, même s'ils présentent les mêmes symptômes ou si les analyses effectuées donnent des résultats identiques. Mais dans la pratique, certaines préparations homéopathiques très connues, comme Oscillococcinum ou le Sédatif PC, ne respectent pas le principe d'individualisation puisqu'elles sont présentées comme pouvant traiter le symptôme quelle que soit la personne.
  • L'utilisation technique de dilutions infinitésimales : la nécessité de diminuer la toxicité des substances choisies par application du principe de similitude a conduit Hahnemann à diluer, puis à fortement agiter ses préparations. Après chaque dilution, la préparation est secouée (succussions) énergiquement, manuellement ou mécaniquement, ce qui lui permettrait de conserver ses effets pharmacologiques malgré des dilutions importantes.

Critique du principe de similitude[modifier | modifier le code]

L'homéopathie s'est fondée sur le principe de similitude. Ce principe dispose qu'une personne atteinte d'une affection peut être traitée au moyen d'une substance produisant chez une personne en bonne santé des symptômes semblables à ceux de l'affection considérée[132]. Les connaissances médicales modernes ont cependant montré l'invalidité de ce principe simpliste. Tout au plus, on sait désormais que n'importe quelle substance peut être toxique puis mortelle à haute dose, et parfaitement indifférente à un dosage suffisamment faible (même les plus puissants poisons). Ce principe est connu depuis la Renaissance : le médecin suisse Paracelse établissait déjà au XVe siècle que « Rien n'est poison, tout est poison : seule la dose fait le poison. »[133].

Critique du principe de dilution par la science contemporaine[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Dilution (homéopathie).

Le médicament homéopathique est obtenu par une succession de dilutions d'une teinture mère. La plus utilisée, la dilution par 100 est notée « CH » pour centésimal hahnemannienne. Elle correspond à 100 dilutions successives du composé et se comprend par la formule suivante : n dilutions CH = 100n = 10–2n dilutions soit une concentration en produit actif divisée par 102n. Par exemple : 12 CH = 1/1 000 000 000 000 000 000 000 000 ou 10–24 de la concentration initiale.

D'après la théorie moléculaire de la chimie contemporaine dont les bases ont été posées par John Dalton et Amedeo Avogadro dans la première moitié du XIXe siècle, le nombre de molécules présentes dans quelques dizaines de grammes d'un composé chimique correspond à l'ordre de grandeur du nombre d'Avogadro soit environ 6,022⋅1023 molécules, les valeurs de dilution de 12CH et au-delà aboutissent statistiquement à moins d'une molécule active par dose. Dès lors d'un point de vue chimique il est impossible que le composé supposément actif exerce une action dans le corps du malade puisque par définition, aucune réaction chimique ne peut avoir lieu en l'absence de réactif[134],[135]. L'absence relative de « molécule active » constitue un des arguments fondamentaux des opposants à l'homéopathie pour contester la possibilité même théorique d'un effet autre que celui du placebo.

Différence entre homéopathie et vaccination[modifier | modifier le code]

La vaccination est parfois citée en exemple de l'application d'un principe de similitude[136],[137] (administration d'un agent infectieux pour apprendre au corps à se défendre contre ce dernier). Mais la vaccination et le médicament homéopathique diffèrent cependant sur des points notables :

  • Le vaccin repose sur un mécanisme parfaitement étudié connu et maîtrisé, celui de l'immunité, alors que l'homéopathie, dans l'hypothèse où elle aurait une efficacité ne déclenche aucun mécanisme biologique connu, toutes les tentatives de démonstration du contraire ayant échoué[2], comme l'illustre l'affaire de fraude célèbre, la mémoire de l'eau, portant justement sur la réaction entre une substance diluée à l’extrême et des Basophiles. Les médicaments homéopathiques ne peuvent pas déclencher les mécanismes de l'immunité car ils ne contiennent aucune substance immunogène[138]. Seules les allégations homéopathiques rapprochent l'homéopathie et la vaccination. De plus la vaccination relève d'un traitement prophylactique (prévention) visant à entraînant le système immunitaire à se défendre contre un agent pathogène futur tandis que le médicament homéopathique est également utilisé en thérapie, une fois le mal déclaré[139],[140]. La vaccination antirabique peut être administrée après la contamination, mais avant que le virus ne gagne les centres nerveux.
  • le vaccin est appliqué de manière identique à tout un chacun, non de façon adaptée à tel ou tel patient ; celui-ci, d'ailleurs, n'étant pas visiblement malade, ne présente donc pas de symptôme spécifique propre à guider un médecin qui suivrait le principe homéopathique d'adaptation du traitement au patient.
  • différence de nature du produit actif : la vaccination utilise des produits liés à la cause de la maladie (microbes ou virus désactivés ou partie reconnaissable par le système immunitaire) ; l'homéopathie utilise souvent un produit différent de celui qui est cause de la maladie, en recherchant un produit causant un symptôme aspécifique voisin sur le patient ;
  • différence de dose : l'efficacité du vaccin peut varier d'un individu à un autre, mais la dose est calibrée pour provoquer une réaction adéquate du système immunitaire sur la plupart des vaccinés ; le produit homéopathique est, lui, administré en une quantité généralement bien plus faible, censée influencer fortement l'efficacité ;
  • le mécanisme d'action de la vaccination est maintenant scientifiquement démontré, contrairement à l'homéopathie.

L'homéopathie fut formulée à une époque où l'on ne comprenait pas pourquoi la vaccination avait un effet, et dans ce cadre, les propositions d'Hahnemann avaient un sens qu'elles ont perdu depuis.

En novembre 2016, l'agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) publie un communiqué rappelant qu'aucun médicament homéopathique ne peut être considéré comme un vaccin[141].

Préparation homéopathiques[modifier | modifier le code]

Les préparations homéopathiques peuvent être fabriquées à partir de composés chimiques, de plantes, de champignons, d'animaux ou de minéraux.

Formes galéniques[modifier | modifier le code]

Globules.
Bouteille de Rhus Tox.

Les remèdes homéopathiques sont généralement présentés sous trois formes galéniques :

  • Formes solides : la solution diluée à la CH voulue, et dynamisée, est utilisée pour imprégner :
    • Des granules, de la taille d'une tête d'allumette, en tube d'environ 80, à prendre 2, 3, 5 ou 10 par prise.
    • Des globules de saccharose présentés en tube contenant une dose unique ; les globules sont environ dix fois plus petits en volume que les granules.
    • De la poudre en flacon ou sachet-dose.
  • Formes liquides
    • Gouttes (en flacon) - généralement des teintures mères, ou dilutions de teintures mères, de plantes ;
    • Ampoules buvables.
  • Formes semi-solides

Les granules et globules sont la forme pharmaceutique la plus utilisée en homéopathie. Ils sont utilisés généralement par voie sublinguale, c'est-à-dire en laissant fondre sous la langue.

  • Homéopathie injectable

En France, en raison de l'absence d'efficacité démontrée et du risque lié à cette voie d'administration, l'AFSSAPS (aujourd'hui ANSM) a émis des réserves sur l'usage des médicaments homéopathiques injectables[142].

Le cas emblématique de l'Oscillococcinum[modifier | modifier le code]

L'Oscillococcinum a été conçu par Joseph Roy de manière empirique[143], en secouant des « oscillocoques », un microbe que Roy déclara avoir découvert dans divers cas d'infection et en particulier dans des cas de grippe – même si l'on sait aujourd'hui que la grippe n'est pas due à des microbes mais à un virus (Influenzavirus). Roy attribua par la suite à son oscillocoque diverses autres maladies telles que le cancer, la syphilis, la tuberculose ou encore la rougeole, faisant de son invention une panacée.

L'existence de l'oscillocoque n'a jamais été confirmée depuis et les observations de Roy n'ont jamais été reproduites. De ce fait, Oscillococcinum est simplement une préparation à base d'autolysat filtré de foie et de cœur de canard de Barbarie (censés contenir des oscillocoques), décomposé 40 jours et dynamisé à la 200e korsakovienne, pour laquelle il n'existe pas de pathogénésie complète. Selon certains homéopathes[144], Oscillococcinum n'est donc pas prescrit de façon homéopathique, c'est-à-dire par application du principe de similitude. Son mode de fabrication s'apparente cependant à celui d'autres remèdes homéopathiques et il possède le statut officiel de médicament homéopathique dans la plupart des pays où il est commercialisé[145], dont la France.

Aux États-Unis, une class action de citoyens s'estimant dupés a été déposée contre Boiron pour publicité mensongère[146],[147] : en mars 2012, le groupe a préféré payer 12 millions de dollars aux plaignants pour éteindre l’action plutôt que de devoir démontrer l'efficacité de son produit.

En 2019, une enquête réalisée au Québec montre qu'environ un tiers des pharmaciens recommandent ce produit, un tiers délivre un message ambigu, un tiers le déconseille formellement, et que la majorité de la profession en reconnaît l'inefficacité[148].

Risque de dérive sectaire[modifier | modifier le code]

Selon l'Union nationale des associations de défense des familles et de l'individu victimes de sectes, « les problèmes de santé offrent un excellent créneau aux sectes à l'heure où l'attraction des nouvelles médecines, douces ou parallèles, situe différemment la médecine traditionnelle : sophrologie, acupuncture, homéopathie, naturopathie... »[149].

Une étude de l'université d'Oxford, basée sur les données du système de santé britannique, a montré que les médecins qui prescrivent de l'homéopathie sont aussi ceux qui ont par ailleurs les plus mauvaises pratiques médicales, telles que définies par les auteurs de l'étude. Plus les médecins sont prescripteurs d'homéopathie et plus ils tendent aussi à prescrire les traitements ayant le moins bon rapport qualité/prix, ou ceux faisant l’objet d’alertes de pharmacovigilance. Pour le blog de scepticisme scientifique La Théière Cosmique, cette étude montre qu'il existe une tendance certaine d'augmentation des pratiques médicales non scientifiquement fondées et que l'homéopathie en fait partie[125]. Selon l'Association française pour l'information scientifique, les médecins manquent de formation scientifique, et, de façon inquiétante, de nombreux médecins homéopathes sont membres de « sectes guérisseuses ». L’Ordre du Temple Solaire a vu le jour dans un cabinet d'homéopathe, deux homéopathes isèrois qui dirigeaient leurs patients vers la secte suisse Methernita ont été suspendus deux mois, deux autres dans le Nord-Pas-de-Calais membres de la secte du « Mouvement du Graal » sont soupçonnés de porter une responsabilité dans la mort deux jeunes femmes atteintes de cancer, l'un a été radié, l'autre en procédure disciplinaire, et deux autres homéopathes, adeptes de la secte IVI, ont été jugés pour homicide involontaire pour s'être occupés d'une malade d'un cancer de la main avec de l'homéopathie et des « harmonisations »[28].

L'homéopathie dans les arts[modifier | modifier le code]

Au cinéma[modifier | modifier le code]

Le film L'Oiseau d'argile fait la critique de l'homéopathie en opposition à la médecine conventionnelle.

Notes et références[modifier | modifier le code]

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    • que l’homéopathie est une méthode thérapeutique et qu’elle doit être réservée aux docteurs en médecine ; la notion de base étant le diagnostic. Ce n’est pas une spécialité ni un exercice exclusif ;
    • qu’une expérimentation et une évaluation scientifique soient réalisées par des méthodes adaptées consensuelles ;
    • que les médecins appliquant cette méthode acquièrent une formation adaptée et l’entretiennent (FMC) ;
    • que l’Université crée un DIU servant de base à la reconnaissance de la mention « homéopathie » ;
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  148. « Du sucre contre la grippe », plus.lapresse.ca, consulté le 14 mars 2019.
  149. Union Nationale des Association de Défense des Familles et de l'Individu victimes de sectes, « Définition d'une secte selon l'ADFI », sur prevensectes.com.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Principes de l'homéopathie selon ses promoteurs[modifier | modifier le code]

  • Samuel Hahnemann, Traité des maladies chroniques et leur traitement homéopathique, Paris, 3e  éd. française,  éd. Maisonneuve, 1969, 322 p. (OCLC 37745550)
  • Samuel Hahnemann, Études de médecine homéopathique, Paris,  éd. Maloine, 1989, 2 volumes (632-516 p.) fac-similé de l' éd. de Paris, Baillière, 1850-1851. (OCLC 462002464)
  • Christian Boiron, Jean Rémy, L'homéopathie, un combat scientifique, Paris, Albin Michel, 1990, 196 p. (OCLC 23069615)

Analyse critique de l'homéopathie[modifier | modifier le code]

  • Florian Gouthière, Santé, science, doit-on tout gober ?, Paris, Belin, coll. « Essais », (ISBN 978-2-410-00930-9).
  • J. Brissonnet, Les Pseudo-médecines, Book-e-Book, collection Zététique, 2003 (ISBN 2-915312-02-8).
  • Dr J.J. Aulas, Les Médecines douces, des illusions qui guérissent, éditions Odile Jacob, 1993 (ISBN 2-7381-0211-5)
  • Dr Norbert Bensaïd, Le Sommeil de la raison (éditions du Seuil), 1988
  • (en) NHMRC Statement on Homeopathy and NHMRC Information Paper - Evidence on the effectiveness of homeopathy for treating health conditions
  • (en) House of Commons, Science and Technology Committee - Fourth Report : Evidence Check 2: Homeopathy, février 2010. Lire en ligne
  • « L’appel de 124 professionnels de la santé contre les «médecines alternatives» », Le Figaro,‎ (lire en ligne)

Histoire[modifier | modifier le code]

  • Olivier Faure (dir.), Praticiens, patients et militants de l'homéopathie aux XIXe et XXe siècles (1800-1940), Boiron / Presses universitaires de Lyon, 1992, 242 p. (ISBN 2-85742-080-3 et 2-7297-0429-9) ;
    Actes du colloque de Lyon, octobre 1990.
  • François Gassin et Alain Sarembaud, Histoire d'un syndicalisme de 1932 à nos jours : les médecins homéopathes français, Centre d'enseignement et de développement de l'homéopathie, 2005, 362 p. (ISBN 2-915668-15-9).
  • Céline Couteau et Laurence Coiffard, « Ces grains de sucre sèment la discorde : la (très) longue saga de l’homéopathie », The Conversation,‎ (lire en ligne)

Radio[modifier | modifier le code]