Carl Sagan

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Carl Sagan
Carl Sagan Planetary Society.JPG
Carl Sagan, The Planetary Society (1980)
Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 62 ans)
SeattleVoir et modifier les données sur Wikidata
Sépulture
Nom dans la langue maternelle
Carl Edward SaganVoir et modifier les données sur Wikidata
Nom de naissance
Carl Edward SaganVoir et modifier les données sur Wikidata
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Lynn Margulis (de à )
Linda Salzman Sagan (en) (de à )
Ann Druyan (de à )Voir et modifier les données sur Wikidata
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Dorion Sagan (en)
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Jeremy Sagan (d)
Sasha Sagan (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
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The Demon-Haunted World (d), Pale Blue Dot (d), CosmosVoir et modifier les données sur Wikidata
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Carl Edward Sagan [kɑɹ ˈseɪɡən][1], né le à Brooklyn (New York) et mort le à Seattle (Washington), est un scientifique et astronome américain. Il est l'un des fondateurs de l'exobiologie, et a soutenu le programme SETI de recherche d'intelligence extraterrestre. Il est également connu pour avoir réalisé la série documentaire de vulgarisation scientifique Cosmos, diffusée à la télévision sur plusieurs continents. Il est aussi connu pour son militantisme en matière de scepticisme scientifique.

Biographie[modifier | modifier le code]

Carl Edward Sagan naît le à Brooklyn (New York) ; son père est un immigré ukrainien, sa mère est d'origine austro-hongroise. Dès sa tendre enfance, il s'abreuve de livres scientifiques, se passionne pour l'astronomie et, selon ses propres dires, se « drogue à la science-fiction ».

Dans les années 1950, il commence à s'intéresser à l'origine de la vie, une préoccupation qui ne l'abandonnera plus[2].

Après des études secondaires à Rahway, achevées[3] en 1951, Sagan, alors âgé de 17 ans, s'inscrit à l'Université de Chicago, l'un des seuls établissements américains d'enseignement supérieur acceptant des jeunes de moins de 18 ans. Le chancelier de l'université, Robert Hutchins, entendait faire de son université une « méritocratie[4] », et, pour cette raison, n'avait pas d'égard pour l'âge des impétrants. D'ailleurs, il s'était assuré la collaboration des plus grands scientifiques de l'après-guerre, dont Enrico Fermi et Edward Teller, mettant à leur disposition l'observatoire Yerkes[4].

Au cours de ses années de licence, Sagan travaille dans le laboratoire du généticien H. J. Muller et consacre son mémoire aux origines de la vie, sous la direction du physico-chimiste Harold Clayton Urey. Sagan adhère à la Ryerson Astronomical Society[5], obtient sa licence ès Arts en 1954, sa licence ès sciences (1955) et sa maîtrise de physique (1956), puis soutient sa thèse de doctorat, consacrée à l'« étude physique des planètes[6],[7],[8],[9] », en 1960.

Il passe ses mois d'été avec l'astronome Gerard Kuiper, le physicien George Gamow et le chimiste Melvin Calvin. Le titre de sa thèse témoigne de l'influence de Kuiper qui, tout au long des années 1950, avait été président de la commission « Étude des conditions physiques sur les Planètes et Satellites » de l'Union astronomique internationale[10]. En 1958, les deux hommes travaillent sur un dossier classé secret défense, le « Projet A119 » de l'US Air Force, visant à faire exploser une bombe atomique sur la Lune[11].

Carl Sagan devient professeur puis directeur de laboratoire à l'Université Cornell, contribuant à la plupart des missions automatiques d'exploration spatiale du système solaire. Il est ainsi sollicité pour créer un message inaltérable et universel, qui pourrait être compris par une intelligence extraterrestre ; ce message est gravé sur une plaque et apposé sur les deux sondes Pioneer. Plus tard, il participe également à la création du contenu du disque des sondes Voyager.

Il est également connu pour avoir co-rédigé un article annonçant les dangers de l'hiver nucléaire. Pendant la première guerre du Golfe, Sagan prédit que la fumée engendrée par les incendies des puits de pétrole du Koweit, allumés par les forces militaires irakiennes pour couvrir leur retraite, entraînera des conséquences proches de l'hiver nucléaire si on les laisse brûler pendant des mois (le problème était qu'on manquait d'équipes pour les éteindre plus rapidement[12]). Au cours d'un débat, Fred Singer prédit qu'au contraire les fumées ne dépasseront pas 1 000 m et que les vents et les pluies les dissiperont en quelques jours[13]. Finalement, aussi bien l'hypothèse de Sagan que celle de Singer se sont révélées incorrectes : les fumées des incendies se sont élevées beaucoup plus haut que ce qu'avait annoncé Singer (près de 4 000 m) et ont perduré pendant près d'un mois[14], mais bien qu'elles aient absorbé 75 à 80 % des radiations solaires dans le golfe Persique, elles n'ont eu qu'un effet négligeable sur le climat mondial[15].

Sagan est surtout connu du grand public pour ses œuvres de vulgarisation scientifique. Il a écrit et raconté la série de documentaires télévisés Cosmos (treize épisodes vus par 10 millions de téléspectateurs lors de leur diffusion initiale[16]) dans laquelle il développe, entre autres, un calendrier cosmique. Celui-ci est souvent repris par la suite dans plusieurs livres et documentaires de vulgarisation de l'astronomie[17],[18].

Il fonde en 1980 The Planetary Society, une organisation à but non lucratif qui participe — et en est parfois l'initiatrice — à plusieurs projets de recherche en astronomie et astronautique.

Il est l'auteur de plusieurs livres de vulgarisation, dont Cosmos, tiré de la série, et Un point bleu pâle, sur la place de l'Humain et de la Terre dans l'Univers. Il a aussi écrit un roman, Contact, publié en 1985, centré sur le programme SETI et l'hypothèse d'une réception d'un signal d'origine extraterrestre, dont l'adaptation au cinéma est sortie en 1997[n 1] (soit quelques mois après sa mort). Ce livre a reçu le prix Locus du meilleur premier roman en 1986.

Sagan est l'un des pères fondateurs d'un des groupes sceptiques nord-américains, le Committee for Skeptical Inquiry, qui considère qu'aucune preuve de l'existence du paranormal n'a été apportée à ce jour. Si son ouvrage UFO's – A scientific debate est ouvert à la possibilité que l'hypothèse extraterrestre puisse expliquer le phénomène OVNI, il devient de plus en plus sceptique, au fur et à mesure qu'il vieillit, vis-à-vis des prétentions de l'ufologie (voir à ce sujet le modèle sociopsychologique du phénomène ovni). Il critique énormément l'ufologie — en tant que pseudo-science — dans son dernier ouvrage, The Demon-Haunted World: Science As a Candle in the Dark, considéré comme un classique du scepticisme scientifique.[réf. nécessaire]

En 1994, il attaque Apple pour avoir nommé le projet de développement du Macintosh 7100 « Carl Sagan ». Il est débouté par les juges, néanmoins Apple décide de renommer le projet en « BHA », pour « Butthead Astronome » (« Astronome stupide » en français)[19].

Atteint depuis longtemps de myélodysplasie, Carl Sagan meurt d'une pneumonie le à l'âge de 62 ans.

Prix, distinctions et hommages[modifier | modifier le code]

Vision of Mars: A message to the Future[modifier | modifier le code]

La sonde Phoenix, qui a quitté la Terre le , a emporté à son bord un message audio de Carl Sagan destiné aux futurs Martiens[23]. La sonde s'est posée sur Mars en . Le message de Carl Sagan est inclus au mini-CD « Vision of Mars : A message to the future », un projet de la Planetary Society, qui contient des romans et des nouvelles de science-fiction à propos de la planète rouge.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Il avait en fait envisagé de concevoir un film sur le sujet dès 1979, produisant avec son épouse Ann Druyan un scénario (film treatment (en)) de plus de 100 pages, mais, le projet stagnant, il a résolu de le développer en un roman. Au final, le film a mis 18 ans à être réalisé.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Prononciation en anglais américain retranscrite selon la norme API.
  2. Jean Claude FALQUE, « CARL SAGAN », sur Encyclopædia Universalis (consulté le 10 février 2018)
  3. D'après Keay Davidson, Carl Sagan: A Life, New York, John Wiley & Sons, (ISBN 0-471-25286-7, OCLC 41580617, LCCN 99036206), p. 23-24
  4. a et b Poundstone 1999, p. 14
  5. « Ryerson Astronomical Society », sur Ryerson Astronomical Society (RAS), Université de Chicago Département d’Astronomie et d’Astrophysique de l’université de Chicago (consulté le 22 août 2012)
  6. Carl Sagan, Physical Studies of the Planets, Université de Chicago, , ii
    A thesis in four parts submitted in partial fulfillment of the requirements for the degree of Doctor of Philosophy in the Department of Astronomy, University of Chicago, June, 1960.
  7. « Graduate students receive first Sagan teaching awards », University of Chicago Chronicle, University of Chicago News Office, vol. 13, no 6,‎ (lire en ligne)
  8. D’après Tom Head, Conversations with Carl Sagan, Jackson, MS, University Press of Mississippi, (réimpr. 1re) (ISBN 1-57806-736-7, OCLC 60375648, LCCN 2005048747), xxi.
  9. D’après Ray Spangenburg et Kit Moser, Carl Sagan: A Biography, Westport, CT, Greenwood Publishing Group, (ISBN 0-313-32265-1, OCLC 55846272, LCCN 2004015176), p. 28.
  10. D'après Joseph N. Tatarewicz, Space Technology & Planetary Astronomy, Bloomington, IN, Indiana University Press, coll. « Science, technology, and society », (ISBN 0-253-35655-5), p. 22
  11. D'après Paolo Ulivi, Lunar Exploration : Human Pioneers and Robotic Surveyors, Springer, , 363 p. (ISBN 185233746X).
  12. « Tous les puits de pétrole en feu au Koweït sont éteints - Les Echos », sur www.lesechos.fr (consulté le 18 mars 2018)
  13. "First Israeli scud fatalities oil fires in Kuwait", Nightline, ABC News, January 22, 1991.
  14. « Environmental Exposure Report: Oil Well Fires », U.S. Department of Defense, (consulté le 15 septembre 2014)
  15. Hobbs PV, Radke LF, « Airborne studies of the smoke from the kuwait oil fires », Science, vol. 256, no 5059,‎ , p. 987–91 (PMID 17795001, DOI 10.1126/science.256.5059.987, lire en ligne)
  16. Sylvie Crossman et Edouard Fenwick, Californie : le nouvel age, Paris, Éditions du Seuil, coll. « Points. Actuels » (no A55), (1re éd. 1981), 221 p. (ISBN 978-2-020-06348-7, OCLC 299375191), p. 63
  17. Gaétan Morissette et Sophie Descoteaux (préf. Laurent Drissen), Astronomie: premier contact, Sainte-Foy, Québec, Éditions Le Griffon d'argile, , 370 p. (ISBN 2894431945 et 9782894431948)
  18. Collectif d'auteurs. Rythmes cosmiques, spectacle multimédias présenté à l'ASTROLab du Parc national du Mont-Mégantic.
  19. (en) « TIL Carl Sagan sued Apple for using his name as an internal code for the Macintosh 7100. In response Apple changed the name to BHA (Butthead Astronomer). », sur reddit (consulté le 2 février 2017)
  20. (en) « Tylo/fr - Kerbal Space Program Wiki », sur wiki.kerbalspaceprogram.com (consulté le 1er juin 2018)
  21. « Nightwish - Sagan »
  22. « Matt Hollywood & The Bad Feelings - Matt Hollywood & The Bad Feelings », sur Discogs (consulté le 7 avril 2019)
  23. (en) message audio de Carl Sagan

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]