Chromathérapie

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La chromathérapie, chromothérapie, chromatothérapie, ou « cure des couleurs » sont les différents noms usuels d'une médecine non conventionnelle utilisant des lumières colorées projetées sur le corps ou de façon localisée[1]. Cette pratique prône le traitement de maux et maladies par des longueurs d'ondes (« couleurs ») obtenues au travers de filtres ou autres moyens. Ces techniques sont considérées comme des pseudo-sciences[2] et comme du charlatanisme[3],[4],[5], et ne doivent pas être confondues ou assimilées avec des méthodes à l'efficacité avérée de photothérapie[6].

Histoire[modifier | modifier le code]

Avicienne (980-1037) évoque la chromothérapie dans Qanûn. Il voit la couleur comme un élément important dans le diagnostique et le traitement médical. Il écrit que "la couleur est un symptôme de maladie observable" et il développe une charte qui relie la couleur à la température et à la condition physique du corps du patient. Son point de vue est : le rouge agite le sang, le bleu ou le blanc le refroidit et le jaune réduit la douleur musculaire et l'inflammation[7].

Critiques[modifier | modifier le code]

Les articles de recherches publiés n'apportent pas d'éléments scientifiques suffisants pour prouver l'efficacité des pratiques de chromothérapie[8]. Par ailleurs, les hypothèses émises dans ces travaux n'ont parfois aucun fondement en physique. Aucun mécanisme d'action des couleurs sur l'organisme autre que le mécanisme de la vision n'est scientifiquement décrit, indique Sébastien Point dans un article paru dans la revue sceptique Science et pseudo-sciences qualifiant la chromothérapie (à ne pas confondre avec la luminothérapie) de « pseudo-médecine »[8]. Dans une conférence tenue en octobre 2016 puis dans un article récemment paru dans la revue américaine de référence 'Skeptical Inquirer', cet auteur a également insisté sur les risques que certaines pratiques utilisant des couleurs projetés peuvent faire courir pour la santé oculaire des utilisateurs, en cas d’utilisation de LEDs bleues pour éclairer le visage sans contrôle de la distance et de la durée d'exposition [9],[10].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Pierre Lemarquis, Portrait du cerveau en artiste, Odile Jacob, (ISBN 978-2-7381-7851-0, lire en ligne), p. 154
  2. (en) SS Carey, A Beginner's Guide to Scientific Method, Belmont, Wadsworth Publishing, , 3e éd., poche (ISBN 978-0-534-58450-4)
  3. Jean-Marie Abgrall, Les charlatans de la santé, Documents Payot, (ISBN 2-22889-194-0)
  4. Raso, Jack. (1993). Mystical Diets: Paranormal, Spiritual, and Occult Nutrition Practices. Prometheus Books. p. 256-257. (ISBN 0-87975-761-2)
  5. Swan, Jonathan. (2003). Quack Magic: The Dubious History of Health Fads and Cures. Ebury Press. p. 216. (ISBN 978-0091888091)
  6. (en) R H Dobbs et R J Cremer, « Phototherapy. », Archives of Disease in Childhood, vol. 50, no 11,‎ , p. 833–836 (ISSN 0003-9888, DOI 10.1136/adc.50.11.833).
  7. Samina T. Yousuf Azeemi et S. Mohsin Raza, « A Critical Analysis of Chromotherapy and Its Scientific Evolution », Evidence-based Complementary and Alternative Medicine, vol. 2, no 4,‎ , p. 481–488 (ISSN 1741-427X, PMID 16322805, PMCID PMC1297510, DOI 10.1093/ecam/neh137, lire en ligne)
  8. a et b Sébastien Point, « Chromothérapie : toutes les couleurs de la fausse science », SPS, no 312,‎ (lire en ligne)
  9. http://www.sfrp.asso.fr/medias/sfrp/documents/manifestations/Journees_scientifiques/2016_10_04/2016_10_04_POINT_S.pdf
  10. S.Point, the danger of chromotherapy, numero 4, vol.41, Skeptical Inquirer

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

  • Christian Agrapart, Michèle Delmas et Georges Spido, La Chromatothérapie et ses applications,  éd. Interligne 77, , 221 p. (OCLC 461918084) Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Christian Agrapart et Michèle Agrapart-Delmas, Guide thérapeutique des couleurs : manuel pratique de chromatothérapie, médecine énergétique : principes, technique et indications, Dangles, , 180 p. (OCLC 300050687) Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Christian Agrapart, Chromatothérapie des points d'acupuncture,  éd. CEREC, 2000
  • Christian Agrapart, Se soigner par les couleurs : guide pratique de chromatothérapie, Vannes,  éd. Sully, , 184 p. (OCLC 494526664) Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Maurice Mussat, Les mouvements d'énergie en acupuncture : le Yi-King, Paris,  éd. Librairie Le François, , 360 p. (OCLC 419604764) Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Michèle Agrapart-Delmas, Quand la couleur guérit, Paris, éditions Trédaniel, , 256 p. (OCLC 690472791) Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Pierre Van Obberghen, Traité de couleur thérapie pratique, Paris, éditions Trédaniel, , 447 p. (OCLC 470722728) Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Sébastien Point, the danger of chromotherapy, Skeptical Inquirer, number 4, volume 41.