Chromathérapie

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La chromathérapie, chromothérapie, chromatothérapie, ou « cure des couleurs » sont les différents noms usuels d'une pseudo-médecine utilisant des lumières colorées projetées sur le corps ou de façon localisée[1]. Cette pratique prône le traitement de maux et maladies par des longueurs d'onde (« couleurs ») obtenues au travers de filtres ou autres moyens. L'efficacité de ces techniques n'ayant pas pu être prouvée, celles-ci sont considérées comme des pseudo-sciences[2] et comme du charlatanisme[3],[4],[5], et ne doivent pas être confondues ou assimilées avec des méthodes à l'efficacité avérée de photothérapie[6].

Histoire[modifier | modifier le code]

Avicienne (980-1037) évoque la chromothérapie dans Qanûn. Il voit la couleur comme un élément important dans le diagnostic et le traitement médical. Il écrit que « la couleur est un symptôme de maladie observable » et il développe une charte qui relie la couleur à la température et à la condition physique du corps du patient. Son point de vue est : le rouge agite le sang, le bleu ou le blanc le refroidit et le jaune réduit la douleur musculaire et l'inflammation[7].

Augustus Pleasonton (en) (1801–1894), général durant la Guerre de Sécession, publie en 1876, The Influence Of The Blue Ray Of The Sunlight And Of The Blue Color Of The Sky, à propos des effets de la couleur bleue sur la culture des plantes, l’élevage des animaux et la santé des gens[8].

En 1933, Dinshah P. Ghadiali (1873–1966), pilote puis colonel de l'armée américaine, publie un livre théosophique sur la colortherapy[9] avant d'être accusé d'agression sexuelle et incarcéré.

Dans les années 70, Jean-Michel Weiss dépose un brevet de générateur à permutations rapides de couleurs réalisé par la Société Sagem: le « création W color » sous la forme d'un générateur d’impulsions colorées permettant de changer de couleur jusqu’à 100 fois par seconde sur une palette de 256 variantes[10]. Il a alors comme élève Gilles Diederichs.

En 1976, l’OMS reconnait la chromothérapie comme l’une des principales thérapies alternatives ou complémentaires, décision ratifiée en 1983, sans être reconnue en France par l’Académie nationale de médecine[11].

Dérives sectaires[modifier | modifier le code]

En 1990, la MIVILUDES dénonce comme dérive sectaire l'association Femmes Internationales Murs Brisés qui développe le "Chromassonic", appareil lumineux multicolore[12].

En janvier 2011, le magazine Sciences et Avenir critique les travaux du psychothérapeute Christian Agrapart, élève de l'acupuncteur Jean-Claude Darras[13], admirateur de Jacques Benveniste[14]) et marié à la criminologue, Michèle Agrapart-Delmas[15].

En avril 2013, la MIVILUDES dénonce à nouveau l'utilisation de la chromathérapie par un psychothérapeute radié de l'Ordre des médecins, Dominique Bourdin[16],[17].

Critiques[modifier | modifier le code]

Les articles de recherches publiés n'apportent pas d'éléments scientifiques suffisants pour prouver l'efficacité des pratiques de chromothérapie[18]. Par ailleurs, les hypothèses émises dans ces travaux n'ont parfois aucun fondement en physique. Aucun mécanisme d'action des couleurs sur l'organisme autre que le mécanisme de la vision n'est scientifiquement décrit, indique Sébastien Point qui qualifie la chromothérapie (à ne pas confondre avec la luminothérapie) de « pseudo-médecine »[18]. Ce chercheur a également insisté sur les risques que certaines pratiques de chromotherapie peuvent faire courir pour la santé oculaire des utilisateurs, en cas d’utilisation de LEDs bleues pour éclairer le visage sans contrôle de la distance et de la durée d'exposition[19],[20].

Dans la culture populaire[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Pierre Lemarquis, Portrait du cerveau en artiste, Odile Jacob, (ISBN 978-2-7381-7851-0, lire en ligne), p. 154
  2. (en) SS Carey, A Beginner's Guide to Scientific Method, Belmont, Wadsworth Publishing, , 3e éd., poche (ISBN 978-0-534-58450-4)
  3. Jean-Marie Abgrall, Les charlatans de la santé, Documents Payot, (ISBN 2-22889-194-0)
  4. Raso, Jack. (1993). Mystical Diets: Paranormal, Spiritual, and Occult Nutrition Practices. Prometheus Books. p. 256-257. (ISBN 0-87975-761-2)
  5. Swan, Jonathan. (2003). Quack Magic: The Dubious History of Health Fads and Cures. Ebury Press. p. 216. (ISBN 978-0091888091)
  6. (en) R H Dobbs et R J Cremer, « Phototherapy. », Archives of Disease in Childhood, vol. 50, no 11,‎ , p. 833–836 (ISSN 0003-9888, DOI 10.1136/adc.50.11.833).
  7. Samina T. Yousuf Azeemi et S. Mohsin Raza, « A Critical Analysis of Chromotherapy and Its Scientific Evolution », Evidence-based Complementary and Alternative Medicine, vol. 2, no 4,‎ , p. 481–488 (ISSN 1741-427X, PMID 16322805, PMCID PMC1297510, DOI 10.1093/ecam/neh137, lire en ligne, consulté le 26 septembre 2017)
  8. Collins, Paul. (2001). Banvard's Folly: Tales of Renowned Obscurity, Famous Anonymity, and Rotten Luck. Picador. p. 229. (ISBN 0-330-48689-6)
  9. Schwarcz, Joe. "Colorful Nonsense: Dinshah Ghadiali and His Spectro-Chrome Device". Quackwatch.
  10. La santé par les couleurs : méthode Weiss Chavelli Alternativesanté
  11. Méthode : la chromothérapie, Psychologies
  12. Dérives sectaires en santé : la Miviludes alerte contre des "pseudo thérapeutes déviants", Vidal
  13. « La Rencontre du Blanc et du Noir », Dr Christian Agrapart, Chromatotherapie
  14. Interview du Dr Agrapart, Chromatothérapie
  15. Olivier Hertel, La couleur ne fait pas la santé", Sciences et Avenir n° 767, janvier 2011
  16. Dérives thérapeutiques et dérives sectaires : la santé en danger (Auditions), Sénat
  17. Santé: gare aux dérives sectaires, Le Figaro
  18. a et b Sébastien Point, « Chromothérapie : toutes les couleurs de la fausse science », SPS, no 312,‎ (lire en ligne)
  19. Exemple d’utilisation inappropriée des lampes à LEDs La chromothérapie, SFRP
  20. S.Point, the danger of chromotherapy, numero 4, vol.41, Skeptical Inquirer
  21. https://www.cairn.info/revue-bulletin-de-psychologie-2005-6-page-633.htm
  22. https://www.cairn.info/revue-communications-2010-1-page-195.htm
  23. Biographie, Claude Bellegarde
  24. Comment l’arc-en-ciel est devenu LE symbole LGBT ?, Madmoizelle
  25. High-Tech Ways to Extend Your Life, Oprah
  26. https://www.architecturaldigest.com/story/is-chromotherapy-the-real-deal
  27. The Way de Ken Lum, Paris Art
  28. Rufo ouvre son hôpital pour ados, 20 minutes
  29. Agathe Westendorp, « L’hôpital des troubles de l’enfance », La Provence,‎ (lire en ligne [PDF])
  30. [1], Pleine vie

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

  • Maurice Mussat, Les mouvements d'énergie en acupuncture : le Yi-King, Paris,  éd. Librairie Le François, , 360 p. (OCLC 419604764)* Christian Agrapart, Michèle Delmas et Georges Spido, La Chromatothérapie et ses applications,  éd. Interligne 77, , 221 p. (OCLC 461918084)
  • Christian Agrapart et Michèle Agrapart-Delmas, Guide thérapeutique des couleurs : manuel pratique de chromatothérapie, médecine énergétique : principes, technique et indications, Dangles, , 180 p. (OCLC 300050687)
  • Christian Agrapart, Chromatothérapie des points d'acupuncture,  éd. CEREC, 2000
  • Christian Agrapart, Se soigner par les couleurs : guide pratique de chromatothérapie, Vannes,  éd. Sully, , 184 p. (OCLC 494526664)
  • Jean-Michel Weiss et Maurice Chavelli, Se soigner et guérir par les couleurs, Editions du Rocher, , 341 p. Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Dominique Bourdin et Sylvie Bourdin-Darsonval, Chromothérapie et Luminothérapie,  éd. Eyrolles,
  • Michèle Agrapart-Delmas, Quand la couleur guérit, Paris, éditions Trédaniel, , 256 p. (OCLC 690472791)


  • Pierre Van Obberghen, Traité de couleur thérapie pratique, Paris, éditions Trédaniel, , 447 p. (OCLC 470722728)

Bibliographie critique[modifier | modifier le code]

  • Sébastien Point, the danger of chromotherapy, Skeptical Inquirer, number 4, volume 41. Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Sébastien Point, « Chromothérapie : toutes les couleurs de la fausse science », Science et pseudo-sciences, no 312,‎ (lire en ligne). .

Article[modifier | modifier le code]

  • "Sentir sa couleur de la santé par les teintes ? Quel détournement du modèle oriental", par Bernard Andrieu, Communications 2010 (n° 86), p 195 à 209[1]