Ryke Geerd Hamer

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Ryke Geerd Hamer
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Ryke Geerd Hamer, né le à Mettmann en Allemagne et mort le à Sandefjord en Norvège[1], ancien médecin très controversé, est l'inventeur de la nouvelle médecine germanique qui prétend guérir le cancer[2].

Il a été condamné à 19 mois de prison en Allemagne en 1997 pour « exercice illégal de la médecine » et, après s'être réfugié quelque temps en Espagne, à trois ans de prison ferme en 2004 en France[3] (il a bénéficié d'une libération conditionnelle en 2006[4]).

Biographie[modifier | modifier le code]

En 1963, Hamer obtient son doctorat de médecine. Il pratique sa profession pendant plusieurs années à la clinique universitaire de Tübingen puis à Heidelberg. Le 8 août 1978, Dirk, le fils de Hamer, est blessé accidentellement par balle par le prince Victor-Emmanuel de Savoie alors qu'il dort sur un yacht près de l'île de Cavallo[5] et meurt de ses blessures le 7 décembre de la même année.

Peu de temps après la mort brutale de son fils Dirk, Ryke Geerd Hamer se voit diagnostiquer un cancer des testicules. Par la suite, il cherche si tous les patients atteints de cancer n'auraient pas, comme lui, subi auparavant un choc psychologique.

En octobre 1981, alors qu'il est médecin-chef interniste d'une clinique pour cancéreux en Bavière, il prétend avoir trouvé « un nouveau système pour […] l'apparition, la localisation et le déroulement du cancer » : c'est le Dirk Hamer Syndrome (DHS). Il est alors contraint de quitter la clinique.

L'autorisation de pratiquer la médecine lui est retirée le 8 avril 1986 à la suite d'un procès en Allemagne[6], la décision soulignant que la cause en était la « structure de personnalité particulière » de Hamer qui ne le rendait plus apte à respecter l'éthique de sa profession et à se remettre en cause, et non pour ses thèses elles-mêmes. Mais il continua à pratiquer par la suite, ce qui lui valut d'être emprisonné en Allemagne pendant 12 mois de 1997 à 1998 puis en France à Fleury-Mérogis de septembre 2004 à février 2006. À partir de mars 2007, il s'exile en Espagne où les médecins espagnols le tiennent pour responsable de la mort de plusieurs dizaines de personnes[7].

Postulats[modifier | modifier le code]

Selon Ryke Geerd Hamer, la maladie suivrait 5 lois biologiques[8], ce qu'il nomme « la loi d'airain » :

  1. tout cancer, ou maladie équivalente, résulte d'un choc psychique vécu dans l'isolement ; cette altération visible au scanner cérébral se manifeste par une altération visible au niveau du cerveau : le foyer de Hamer[9] ;
  2. la phase de « conflictolyse » (solution du conflit) : la « vagotonie » qui engendre l'apparition d'un œdème cérébral ;
  3. la localisation du relais cérébral spécifique à l'organe s'opère ;
  4. la liaison concernant le système ontogénétique des microbes est établie ;
  5. la loi de compréhension du bon sens biologique est un « programme spécial de la nature ».

La localisation du cancer dans un organe correspondrait au type de stress psychologique : conflit mère-enfant, perte de confiance, déception sexuelle, perte d'enfant, etc. Selon ses recherches, la correspondance vécu-cerveau-symptôme serait vérifiée avec une probabilité de 90 %[8].

Les affaires[modifier | modifier le code]

Le cas Olivia Pilhar[modifier | modifier le code]

En Autriche, Olivia Pilhar, 6 ans en 1995, est diagnostiquée avec une tumeur de Wilms. Ses parents consultent Hamer qui diagnostique pour sa part l'existence de « plusieurs conflits » et propose un traitement que les parents suivent. La santé de l'enfant se détériore, la tumeur grossit jusqu'à faire 4 kilos, ses chances de survie n'étaient plus évaluée qu'à 10 %[10]. Une cour de justice autrichienne exigea qu'un traitement conventionnel lui soit appliqué, avec chimiothérapie. L'enfant a survécu après ce traitement[11]. Les parents ont été condamnés à 8 mois de prison avec sursis[12].

Thèses antisémites[modifier | modifier le code]

Hamer prétend que la chimiothérapie et la morphine seraient utilisées par une conspiration juive dans l'objectif d'un génocide de la population non juive[13],[14],[15]. De même, il explique le rejet de ses thèses et la révocation de son autorisation à exercer la médecine comme le résultat d'une conspiration juive[15]. Ce genre de propos lui valent régulièrement d'être accusé d'antisémitisme[16] et de faire soutenir ses thèses par des négationnistes, tels que Iwan Götz[17].

Critique médicale et scientifique de ses thèses[modifier | modifier le code]

Pour l'Association française pour l'information scientifique (AFIS) : « On pourrait assimiler la thérapeutique de cette médecine alternative à la psychothérapie. La médecine soigne le corps et la psychothérapie le psychisme mais dans le cas qui nous intéresse, le corps est dépossédé de son essence, de toute consistance, il n’est plus qu’un objet, un miroir de nos angoisses dans les mains du thérapeute. Il s’agit là d’une dérive pernicieuse de la médecine « psychosomatique ». Nos investigations sur la biologie totale et la Médecine Nouvelle nous ont amené à penser qu’il est de notre devoir de dénoncer les pratiques en relation avec ces pseudo-théories représentant un danger mortel potentiel pour tout patient qui y aurait recours[18]. »

Selon la ligue suisse contre le cancer, aucun cas de personne ayant été soignée par la méthode Hamer n'a jamais été publié dans la littérature médicale et les témoignages dans ses livres sont « dépourvus des données indispensables pour une évaluation médicale sérieuse » et que les présentations publiques de ses recherches ne sont « scientifiquement pas convaincantes[2]. » De même, le centre allemand de recherche contre le cancer[19] la deutsche Krebsgesellschaft[20], l'association médicale allemande et le conseil allemand des consommateurs[21] ont exprimé leurs désaccords avec les théories de Hamer.

Des promoteurs de méthodes alternatives pour le cancer expriment également leur scepticisme et critiquent ses provocations et sa façon de présenter ses thèses[22].

L'application des méthodes de Hamer est condamnée dans certains pays.

Hamer et ses théories ont été soutenues par le conférencier belge Jean-Jacques Crèvecœur, qui a réalisé un documentaire à son sujet intitulé « Seul contre tous » et dans lequel il compare Hamer à Galilée et par l'ancien médecin Claude Sabbah, en France, qui a développé la « biologie totale » inspirée des thèses de Hamer, puis par son élève Gérard Athias et Christian Flèche avec le « décodage biologique » (tous ces dérivés, reprenant certains aspects de la thèse d'Hamer et en rejetant d'autres, étant présentés comme des détournements de ses travaux par Hamer).

Survie des patients traités par Hamer[modifier | modifier le code]

Dans une lettre à la cour de cassation que le Dr Hamer envoie le 2 décembre 2004 depuis sa prison de Fleury-Mérogis, il prétend que le procureur du Ministère public du Tribunal de Wiener Neustadt (Autriche) aurait consigné à son propos que « plus de 90 % (6 000) des patients traités par lui avaient survécu, ajoutant que le taux habituel de survie de patients traités traditionnellement est seulement 2 à 3 %, selon le centre allemand de recherche sur le cancer à Heidelberg[23]. » Mais il n'est fourni aucun document officiel pour étayer cette assertion. La seule étude disponible serait fournie par le magazine Spiegel qui fait état d’« une enquête menée par les autorités en Allemagne, établissant que sur cinquante patients passés entre les mains de Hamer, seuls sept ont survécu[2] ».

Publications[modifier | modifier le code]

  • (en) Dr Ryke Geerd Hamer, Summary of the New Medicine, E-Fuengirola, Amici di Dirk, , 3e éd. (ISBN 978-84-930091-9-9)
  • (de) Dr Ryke Geerd Hamer, Einer gegen alle, Alhaurín el Grande, Amici di Dirk, , 1e éd. (ISBN 978-84-96127-15-9)
  • (de) Dr Ryke Geerd Hamer, Krebs und alle sog. Krankheiten, Amici di Dirk, (ISBN 978-84-96127-12-8)
  • (de) Dr Ryke Geerd Hamer, Vermächtnis einer Neuen Medizin, Cologne, Amici di Dirk, , 3e éd. (ISBN 978-3-926755-00-1)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (de) « "Wunderheiler" Ryke Geerd Hamer ist tot », sur derstandard.at
  2. a, b et c (en) Swiss Study Group for Complementary and Alternative Methods in Cancer, SCAC, « Hamer's 'New Medicine' » [PDF], Swiss Cancer League, (consulté le 7 mai 2011)[PDF]
  3. Hamer and Co
  4. « LE COUAC », sur leparisien.fr, 15 novembre 2008
  5. Paul Cassia, Robert Badinter, un juriste en politique, Fayard, 2009
  6. Arrêt de la Cour administrative de Coblence, Urteilsbegründung Az 9 215/87
  7. Tor Bach, Kristin Grønli et Erik Tunstad, « Norway – Jewish-conspiracy nuts soar to new heights of lunacy », Searchlight,‎
  8. a et b Pierre Lance, Savants maudits, chercheurs exclus, tome 3, p. 201 à 225, Guy Trédaniel Éditeur, Paris, 2006, (ISBN 2844456545) (OCLC 469755254)
  9. Jean-Yves Bilien, « La Médecine Nouvelle Germanique », Enquêtes de santé août-septembre 2010, numéro 2, page 21
  10. (en) rédaction, « Parents on trial for cancer treatment refusal », The Independent, London,‎ (lire en ligne)
  11. (de) Antje Windmann, « So schön ist Krebs-Kind Olivia heute », Bild,‎ (lire en ligne)
  12. (de) rédaction, « Opfer und Medienstar: Der Fall Olivia Pilhar », Die Presse,‎ (lire en ligne)
  13. (de) « Dr.med.Mag.theol. Ryke Geerd Hamer – Germanische Neue Medizin – Dr. Hamer: DAS SPIEL IST AUS! », Dr-rykegeerdhamer.com, (consulté le 20 novembre 2011)
  14. (de) « Dr.med.Mag.theol. Ryke Geerd Hamer – Germanische Neue Medizin – Dr Hamer an die Staatsanwaltschaft München », Dr-rykegeerdhamer.com, (consulté le 20 novembre 2011)
  15. a et b (de)« Germanisch gegen Krebs », TAZ 30 janvier 2006
  16. 1998-2008, une décennie de luttes sociales, Patrick Schindler, Monde libertaire, 2009
  17. (en) German New Medicine: Hamer’s ‘Chief Rabbi’ Ezra Iwan Götz Convicted for Title Abuse.
  18. La « biologie totale » sous la loupe
  19. (de) Krebsinformationsdienst des Deutschen Krebsforschungszentrums Heidelberg über die „Therapie nach Hamer“ (PDF, Stand 2006) [PDF]
  20. (de) Software cy:con, www.cy-con.de, « Deutsche Krebsgesellschaft e. V. – Statement about the "Germanischen Neuen Medizin" (GNM) », Krebsgesellschaft.de (consulté le 20 novembre 2011)
  21. (de) « News in the Hamburger Morgenpost »(ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?), Archiv.mopo.de, (consulté le 20 novembre 2011)
  22. (en) Ventegodt S, Andersen NJ, Merrick J. « Rationality and irrationality in Ryke Geerd Hamer's system for holistic treatment of metastatic cancer » ScientificWorldJournal 2005;5:93–102. PMID 15702221
  23. (en) « Letter to the Cour de Cassation, Paris (2.12.2004), Dr. med. Mag. theol. Ryke Geerd Hamer, Maison d'Arrêt Fleury-Mérogis, To the Cour de Cassation », sur www.coordiap.com

Documentaire télévisé[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]